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Chapitre 9
No.9
Nombre de mots : 1403    |    Mis à jour : 30/12/2021

Vlad eut un sourire sardonique en y songeant. Puis, prenant congé de Zaleska, il se dirigea vers son bureau pour se saisir de son téléphone portable

Il sélectionna l’une des touches de rappel avant de poser l’appareil contre son oreille. Après quelques sonneries, il ouït une voix lui répondre. Une voix féminine et mélodieuse qui le faisait fondre à chaque fois qu’il l’entendait :

— Allo ! Vlad chéri, que se passe-t-il ? C’est bien la première fois que tu utilises un de ces instruments diaboliques depuis que tu t’es fendu d’un peu de monnaie pour en acquérir.

— C’est exact, j’aurais pu me contenter de notre contact mental… mais il faut nous entraîner plus que jamais à passer inaperçus au sein des humains. J’ai une question mon ange, quel repas pourrions-nous servir à un invité mortel ce soir ?

Mina était heureuse à l’idée de recevoir du monde. Un peu de fantaisie était plaisant, même si elle ne se plaignait aucunement de son existence présente. Avec Vlad elle avait atteint les objectifs dont elle rêvait adolescente : mener de concert une carrière d’écrivain et d’épouse, avoir ses propres revenus financiers, tout en étant aimée d’un homme et l’aimer en retour. Souvent, lorsqu’elle était encore humaine, avec Lucy, son amie assassinée par les chasseurs, elles s’imaginaient ce que seraient ces « nouvelles femmes modernes. » Cela ne lui était pas tombé tout rôti dans le bec. Avant d’y arriver, elle s’était démenée afin que cette femme moderne idéalisée puisse devenir une réalité. Elle s’était battue aux côtés des suffragettes sous l’impulsion de sa nouvelle amie, Victoria Jefferson. Progressivement, sa lutte constante pour ses droits, non seulement contre la société anglaise, mais contre son propre époux, Jonathan, avait fini par dissoudre les liens de son mariage. Avec le recul, elle s’était rendu compte que c’était bien ce qu’espérait cette Victoria, qui n’était autre que Zaleska sous une fausse identité : la séparer de Jonathan pour l’unir à Vlad. Son mari, jadis aimant, était devenu entre-temps un étranger hostile et violent. Il l’avait insultée, maltraitée et humiliée. Puis, un soir où Jonathan, complètement ivre et puant le parfum à deux pences des prostitués, l’avait frappée au visage, elle s’était défendue. C’était ce qu’attendait sa nouvelle amie, la prétendue Américaine Victoria Jefferson. Depuis des semaines, cette dernière n’avait cessé de l’encourager à se rebeller contre son sort. La dispute s’envenimant, Mina avait fini par brandir un hachoir de cuisine et en blesser Jonathan, alors qu’il déversait une pluie de coups de pied sur une Victoria paraissant inanimée. La blessure fut mortelle. Ce fut néanmoins comme si ce geste, salvateur pour la vie de son amie, avait été indispensable pour lui faire sortir toute sa rage et sa frustration. Dès qu’elle eut grièvement navré Jonathan, Victoria s’était redressée, étonnamment indemne, et avait crié :

— Bois son sang, vite, bois ! Le sang c’est la vie.

C’est à cet instant qu’elle avait découvert que Victoria ne faisait qu’un avec Zaleska. Depuis de nombreux mois, cette dernière mettait tout en œuvre pour provoquer un évènement qui entraînerait Mina à achever sa métamorphose en immortelle, son espèce que leurs ennemis appelaient vampires. La consommation du sang de Jonathan lui fit franchir un passage sans retour. Ainsi devenue l’une des leurs, elle pouvait retourner vers cet amant qui hantait ses nuits. Ce prince des roses qui lui permettrait d’atteindre ce difficile équilibre qu’elle cherchait désespérément depuis toujours, sans l’obtenir jamais jusqu’alors.

Elle n’avait jamais imaginé, pas avant que cela fut, que l’homme, qui lui donnerait la joie de vivre son rêve d’adolescente, serait un immortel et que cet amour serait éternel. Dorénavant, elle ne voulait pour rien au monde revenir en arrière, si cela avait été possible.

Elle s’était épanouie depuis lors sur tous les plans, professionnel, privé et surtout sexuel. Jonathan avait été une expérience décevante. Fruit de son éducation victorienne, il considérait le plaisir féminin comme étant le mal absolu. Il la prenait uniquement quand cela lui plaisait, rapidement sans préliminaires. Après quelques minutes seulement, alors que le corps de Mina commençait à peine à s’échauffer, il lâchait sa semence en elle comme, sinon une corvée, du moins un devoir. Ensuite, il se retirait laissant son épouse frustrée et honteuse d’avoir désiré ressentir du plaisir sans en recevoir nullement. Avec Vlad, c’était au contraire le Kamasoutra réincarné tous les jours. Il ne prenait sa propre jouissance que lorsqu’elle était repue, le cœur prêt à éclater après des orgasmes répétés. Elle ignorait si ces performances étaient dues au fait qu’il était un vampire ou un bon amant. Cette ignorance se perpétuerait car elle n’avait aucune raison ni envie d’avoir une relation avec quelqu’un d’autre pour en avoir le cœur net.

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