Je vous salue Marie...

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L'épouse du plus grand promoteur de la côte est des États-Unis est assassinée. Sur son corps est posée une image de la Vierge Marie, signature du « tueur à la Vierge » qui a sévi quatre ans auparavant. Ce nouveau meurtre fait resurgir, chez le lieutenant Mike Perugiano, tous ses démons, ses doutes, et l'échec de n'avoir pu arrêter l'assassin. Y a-t-il dans ce crime de nouveaux indices pour le confondre ? C'est alors que, dans un message macabre, le serial killer propose à Mike un marché impossible... À PROPOS DE L'AUTEUR Jean Favero a toujours été passionné par le roman noir et l'intrigue policière. Bien qu'ayant été bercé dans sa jeunesse par les grands auteurs comme Chase, Chandler et autres, il est friand des plus récents tels que Coben, Chattam, Elroy... À la suite d'une carrière de chercheur au CNRS et comme conseiller scientifique dans les Ambassades de France à Varsovie, Rome et Washington, il se lance dans l'aventure littéraire et signe avec Je vous salue Marie... son premier roman.

Je vous salue Marie... Chapitre 1 No.1

Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.

Sénèque

Chapitre 1

Il était tard, je finissais une journée harassante à écrire des rapports sur des affaires mineures et sans intérêt. Pour couronner le tout, en fermant la porte de mon bureau je me suis fait agresser par un travesti qui venait de se faire embarquer pour prostitution et scandale sur la voie publique. Il était complètement shooté et il avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose ou sur quelqu'un. Après avoir démoli le tiroir d'un bureau resté ouvert, il a dû trouver que je représentais une cible idéale à son défoulement et son pied armé d'un talon aiguille a fusé en direction des parties les plus fragiles de mon anatomie. Heureusement que dans un réflexe j'ai pu éviter le pire et que l'énorme paluche de mon collègue a définitivement calmé ses ardeurs. Vu l'état de sa joue qui semblait vouloir faire la nique à celles de Dizzi Gillespie en pleine action, je crains qu'il soit obligé de se mettre, pour quelque temps, au chômage technique de racoleur de charme. Comme un automate bien réglé, je suis allé récupérer ma voiture au deuxième sous-sol. Ma seule envie, rentrer chez moi, me mettre à l'aise, décompresser en dégustant un bon whisky, avant d'avaler un repas imposé par les quelques restes dispersés dans mon réfrigérateur. Je suis sorti du parking souterrain du bâtiment abritant le poste de police, et me suis engagé dans l'avenue déjà encombrée de voitures des employés quittant leur boulot. J'étais resté enfermé toute la journée dans mon bureau, frigorifié par une clim fonctionnant à plein régime sans aucune possibilité de la couper. On était équipé de vieux appareils qui faisaient un bruit infernal et le mien, placé à hauteur de mon bureau, juste en face de moi, m'envoyait son air vicié en pleine figure, me desséchant les yeux, ce qui n'arrangeait pas le port de mes lentilles de contact. Avec ces vieux engins, il y avait des chances que je me chope la légionellose ! Je détestais la clim ! Comme pour me venger de ces engins malfaisants, je roulais lentement avec les vitres ouvertes pour respirer l'air pur dont j'avais été privé pendant une grande partie de ma journée et pour mieux apprécier la tiédeur de ces jours de la fin avril. J'aimais cette période de l'année où la chaleur, sans être étouffante, s'imposait peu à peu et où les journées commençaient à s'étirer doucement sur des soirées agréables. La ville avait définitivement pris ses couleurs de printemps, et les nombreux espaces verts s'étaient remplis d'azalées multicolores. Les gens qui avaient abandonné leurs manteaux dans lesquels ils étaient engoncés une semaine auparavant, musardaient devant les vitrines des magasins ou prenaient le temps de s'arrêter pour déguster un café sur les terrasses des coffee shops ou des restaurants qui égayaient les trottoirs du centre-ville. Tout le monde semblait plus gai, plus décontracté, plus heureux. J'avais mis un CD de jazz soft et je me laissais tranquillement aller aux accents des improvisations du saxophoniste. Je commençais à bien m'imprégner de ce moment de douce tranquillité, quand ma radio de police s'est mise à grésiller, comme pour me rappeler à l'ordre. Je ne sais pas si c'était l'équipement de ma voiture qui commençait à se faire vieux, mais j'avais toujours l'impression qu'entre deux mots, parfois inintelligibles, le haut-parleur me crachotait les postillons de l'opératrice en plein visage. Je me suis dit que c'était soit l'équipement qui datait soit, ce qui était moins drôle, que mon audition commençait à prendre l'eau. Mon esprit rebelle s'était vite empressé de bannir la deuxième hypothèse, mais il ne fallait pas se leurrer, on n'arrive pas à un an et demi de la retraite sans commencer à sentir que des trucs se déglinguent. Un « code 54d » – personne décédée – était diffusé, et un responsable d'enquête était demandé sur place. Une patrouille venait de repérer près de l'ancien canal à hauteur de la cabane de l'éclusier, une voiture, avec au volant une femme vraisemblablement tuée par balle. C'était sur ma route, et de toute façon à part mon whisky, et ma petite chatte, plus personne ne m'attendait chez moi. De plus, il n'y avait que l'action qui me maintenait en forme. La paperasserie, ventilée par la clim mal réglée, ce n'était pas du tout mon truc. Après avoir donné mon code de référence et mon nom en signalant que je me chargeais de l'enquête, j'ai accéléré à fond. Pour réponse, j'ai eu un « 10-4 » exaspérant et déshumanisé, alors qu'il était aussi simple de me dire « OK, bien compris » ! Avec mon gyrophare amovible collé sur le toit de ma voiture, les lumières rouges et bleues clignotantes de la calandre et la sirène à fond, les véhicules, très nombreux à cette heure de la soirée, s'écartaient comme par enchantement pour me laisser le passage. Je pouvais imaginer les conducteurs entendant la sirène impérative et apercevant dans leur rétroviseur le gyrophare aveuglant s'approcher d'eux à vive allure, sans faire mine de ralentir, avoir une brusque montée d'adrénaline, se demandant un peu affolés, comment ils allaient pouvoir, au milieu de toutes ces voitures, se mettre rapidement sur le côté.

Je savais exactement où était l'endroit signalé par la radio crachotante et de toute façon, vu le nombre de bagnoles de flic arrêtées sur le côté que j'apercevais au loin, je n'aurais pas pu le louper. Dans la nuit qui commençait à tomber, entre chien et loup, plus loup que chien d'ailleurs, les couleurs rouges et bleues tournoyantes des rampes lumineuses des voitures de police éclairaient toute la zone comme de multiples kaléidoscopes. Cela donnait une ambiance théâtrale, celle du moment où le rideau se lève et où le spectateur surpris découvre le décor. Ici, le décor était simple, minimaliste : une voiture arrêtée et à l'intérieur le corps sans vie d'une femme tuée d'une balle dans la tête.

Je me suis garé pendant que des flics en uniforme essayaient de canaliser le flot important de voitures à cette heure de la journée. D'autres policiers étaient en train d'installer la rubalise jaune interdisant l'accès de ce qui pouvait être une scène de crime. La voiture de la victime était légèrement en contrebas sur un petit terre-plein, près de l'ancienne maisonnette de l'éclusier à l'abri des regards et ne pouvait que difficilement être vue de la route. Le sentier en terre battue qui longeait le canal offrait une piste agréable aux promeneurs et aux joggeurs. Je ne pensais pas me retrouver un jour dans cet endroit pour le boulot. Je venais y courir quelques fois le dimanche quand il faisait beau, si je n'avais pas envie de flemmarder à la maison, si mon survêtement était propre, si j'estimais que je devais perdre des kilos, si je me disais qu'il fallait que je me remue les fesses, si... enfin... pas très souvent. L'endroit était agréable, malheureusement, à cette époque de l'année, l'eau stagnante du canal laissait s'étendre des mousses vertes qui favorisaient la prolifération d'insectes pas toujours très sympathiques. Il faut dire que j'avais une répulsion physique pour ce genre de bestioles ! Il ne fallait pas chercher plus loin pourquoi, en ce moment, alors que la chaleur commençait à s'installer, la région était infestée de moustiques ! Légèrement en contrebas de la route, protégé des bruits de la circulation, cet endroit demeurait tranquille et paisible et seuls quelques cris d'oiseaux déchiraient le silence. Rien n'aurait pu faire penser qu'il pouvait abriter une scène horrible. La voiture était garée normalement, pas de trace de dérapage sur l'herbe humide, pas de portière ouverte, rien qui puisse attirer l'attention. Cela aurait très bien pu être la voiture de deux amoureux à la recherche d'un peu d'intimité. Le patrouilleur à moto, arrivé le premier sur les lieux, m'a indiqué qu'un gars qui promenait son chien avait fait la macabre découverte et avait aussitôt averti la police. Il était d'ailleurs toujours là, un peu à l'écart, et attendait, quelque peu impressionné par le dispositif policier, qu'on prenne sa déposition. Précautionneux de l'environnement, sa main gantée tenait un ramasse-crottes qui semblait avoir récemment servi. L'individu aux cheveux grisonnants d'environ 65-70 ans était accompagné d'un gros chien, style berger allemand, qu'il retenait fermement par le collier pour l'empêcher de gambader autour de la voiture. C'est d'ailleurs en essayant de rattraper son chien qui s'était échappé qu'il avait vu le véhicule. Intrigué, il s'en était approché et avait compris que quelque chose de dramatique s'était passé ; il avait alors averti la police. Le flic avait pris une rapide déposition et lui avait demandé de se tenir à l'écart pour que son animal ne perturbe pas la recherche d'indices éventuels. Les collègues allaient l'interroger dans le détail, mais je savais d'avance qu'il n'y aurait rien à en tirer. Dans ses premières déclarations au patrouilleur, il avait dit n'avoir rien vu de suspect ni rien entendu, pas même une détonation, ce qui indiquait qu'il était arrivé sur les lieux pas mal de temps après les faits. Plus haut sur la route, des voitures attirées par la concentration inhabituelle de bagnoles de police s'étaient arrêtées un peu plus loin, provoquant un embouteillage monstre. Mais on n'y peut rien, c'est comme ça, les gens sont toujours attirés par le macabre, friands de sensations fortes surtout quand ils savent qu'eux même ne risquent rien. C'est quoi ? Un accident ? Un meurtre ? Peut-être plusieurs morts complètement écrabouillés ? C'est dégueulasse, mais on veut voir, ne rien louper et pouvoir raconter tout ça le soir au moment du repas... « Tu sais chérie, en rentrant du boulot ce soir... c'était horrible. »

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Je vous salue Marie... Je vous salue Marie... promotion Romance
“L'épouse du plus grand promoteur de la côte est des États-Unis est assassinée. Sur son corps est posée une image de la Vierge Marie, signature du « tueur à la Vierge » qui a sévi quatre ans auparavant. Ce nouveau meurtre fait resurgir, chez le lieutenant Mike Perugiano, tous ses démons, ses doutes, et l'échec de n'avoir pu arrêter l'assassin. Y a-t-il dans ce crime de nouveaux indices pour le confondre ? C'est alors que, dans un message macabre, le serial killer propose à Mike un marché impossible... À PROPOS DE L'AUTEUR Jean Favero a toujours été passionné par le roman noir et l'intrigue policière. Bien qu'ayant été bercé dans sa jeunesse par les grands auteurs comme Chase, Chandler et autres, il est friand des plus récents tels que Coben, Chattam, Elroy... À la suite d'une carrière de chercheur au CNRS et comme conseiller scientifique dans les Ambassades de France à Varsovie, Rome et Washington, il se lance dans l'aventure littéraire et signe avec Je vous salue Marie... son premier roman.”
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Chapitre 1 No.1

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