Comment j'ai tout perdu

Comment j'ai tout perdu

promotion

5.0
avis
460
Vues
23
Chapitres

Un homme bien installé dans la vie possède tout ce qu'il désire. Pourtant, une rencontre, de prime abord anodine, chamboulera son quotidien bien réglé. Comment j'ai tout perdu est un récit qui emmène le lecteur imperceptiblement vers l'abîme... À PROPOS DE L'AUTEUR À la suite d'études supérieures en informatique et ingénierie en formation, Charles Kalvan consacre sa vie à l'écriture. À l'instar des écrivains tels que Robert Merle ou Alexandre Dumas, il inscrit ses récits dans la lignée des œuvres d'aventures et d'actions.

Comment j'ai tout perdu Chapitre 1 No.1

Avant-propos

Cette histoire n'est pas un roman, mais un récit prémonitoire. Je ne savais pas, en effet, qu'en écrivant les lignes qui vont suivre j'allais vivre tout ce que j'étais en train d'écrire.

C'est plusieurs mois après l'achèvement de ce texte que je me suis aperçu que ma vie se déroulait comme je l'avais écrite. Les personnages que j'ai décrits ont bien existé. Je les ai fait apparaître avec un rôle plus ou moins neutre. Mais s'ils apparaissent, c'est qu'une raison inconnue, et de manière inconsciente, je les mis dans ce récit. Pour le lecteur, ils n'auront aucune influence dans le déroulement de l'histoire, mais pour moi, bien après les évènements décrits, j'ai compris leur rôle profond et pour quoi je les ai cités

À travers les rideaux soulevés, je remarquai un ciel pur et sans nuages qui enveloppait les monts enneigés scintillant au soleil. Deux teintes immaculées se côtoyaient en un jour parfait. Ce n'était pas la beauté pure de ces deux couleurs vierges que la perspective m'offrait ce jour-là et que j'admirais. L'esprit rationnel, pratique de mon tempérament excluait toute forme poétique ou romantique. La pureté, la perfection du paysage, la rareté des couleurs offertes de ce panorama qu'un poète aurait la joie de contempler et de louer m'étaient hors d'atteinte. De ce paysage qui proposait les couleurs parfaites à celui qui voulait bien le voir, je n'en observais que le temps clair. Un temps annonciateur d'une bonne journée. J'abaissai rapidement les rideaux et me retournai :

- Super temps, annonçai-je à mes amis, la neige sera bonne cette fois.

- Oui, dit José, on pourra faire une ou deux noires.

- Trop dur pour moi, répliqua Éric, je préfère les rouges.

- On va se régaler, ajouta Bertrand qui se leva en direction de la fenêtre pour vérifier mes dires.

Je me servis un petit noir avant de m'asseoir. Dehors, la station s'animait. Les premiers skieurs commençaient à faire la queue aux remontées. Les commerçants préparaient leurs boutiques et l'odeur du café envahissait les salles déjà bondées.

Bertrand ouvrit le réfrigérateur :

- Dis donc, on n'a pas fait de courses pour aujourd'hui.

- Pas grave, on mangera au restaurant d'altitude. Avec ce temps, ce sera l'idéal pour s'installer en terrasse.

- Bonne idée, répondirent en chœur les trois amis.

- Et ce soir, continuai-je, je propose une fondue au « Cheval blanc ».

En réalité, notre petite troupe ne se préoccupait guère des courses. Le « Cheval blanc » nous tenait lieu de cantine. Le soir, nous y jouions aux fléchettes, au Yam's ou à la belote. Le patron organisait parfois des concours de cartes destinés aux habitués et nous aimions y participer.

Faire les commissions et la vaisselle ne nous procurait aucun enthousiasme. Nous préférions savourer notre amitié autour d'une table de restaurant.

Tous les quatre avions réussi notre parcours professionnel. José, en tant directeur d'une importante concession automobile, Bertrand comme chef cuisinier de renom et moi comme directeur marketing d'un groupe international. Quant à Éric, photographe de métier, il s'installa à son compte. Aboutir dans la vie était pour moi un besoin impérieux qui m'animait constamment : être à l'aise financièrement, pouvoir se faire plaisir à tout moment, sans contrainte. Je détestais l'échec quel que soit le domaine et je faisais toujours face aux difficultés.

Bien que l'envie de skier stimulait notre empressement, nous déjeunâmes tranquillement. Cet instant faisait partie du rituel de notre communauté, nous donnant l'occasion du partage de notre amitié. Puis, une fois habillés et l'appartement rangé et nettoyé, nous prîmes notre équipement et nous nous élançâmes à l'assaut des pistes

Nous quatre venions régulièrement ensemble dans cette station. Chaque année, nous abandonnions femmes et enfants pour nous offrir une tournée en célibataires. Depuis notre adolescence, nous savourions alors des moments de plaisir. Le mariage, il en était convenu ainsi depuis toujours, ne devait pas être un obstacle à nos habitudes. Aussi, nous sortions souvent au restaurant ou au bowling, comme au temps de notre jeunesse, pour ritualiser une amitié qui nous semblait éternelle.

Mon objectif était donc atteint : je jouissais d'une existence confortable. Je maîtrisais ma vie et voulais la guider à l'encontre du poisson qui se laisse porter au gré du courant. Pour profiter pleinement de cette vie, je pouvais offrir à mes amis tous les plaisirs qui me passaient par la tête. Avoir de l'argent ne suffisait pas et pour savourer ces moments, mes amis devenaient indispensables. Une nécessaire amitié profonde devait compenser une existence aussi superficielle que matérielle. Nous nous connaissions depuis l'adolescence et avions vécu ensemble toutes les étapes de la vie qu'un homme pouvait connaître. L'argent entre nous ne devait pas être un tabou, ni un devoir et encore moins une règle. Il ne servait de support qu'au plaisir d'être réunis. Aussi nous passions parfois de très longues minutes à la terrasse d'un café sans parler. Être rassemblés dans notre amitié, sans un mot inutile, formant, alors, l'entité unique de l'entente parfaite.

Le patron du restaurant d'altitude nous connaissait bien pour être de bons clients et nous proposait, maintenant, des plats non-inscrits sur la carte pour notre plus grande joie. Ce jour-là, le serveur nous trouva une place dans une terrasse bondée que favorisait ce jour idéal. Nous nous installâmes et prîmes notre temps pour manger. Quand nous fûmes au dessert, la terrasse s'était vidée de la plupart des skieurs, pressés de retourner sur les pistes. Le patron nous offrit le café et nous parla un moment. Le restaurant se désemplissait rapidement. Presque plus personne ne s'attardait. Un homme pourtant, non loin, semblait apprécier l'instant convivial et nous regardait avec intérêt certain. José reposa sa tasse ayant avalé la dernière gorgée et ordonna :

- Bon, les gars ! On y va ?

- C'est parti ! répliqua Bertrand.

Sur ce, il se leva, suivi de nous tous.

- À demain et bonnes descentes, nous lança le propriétaire tout en débarrassant la table.

Le patron rassembla quelques tasses et leva la tête. De sa terrasse, il aperçut toute la vallée que le temps clair et pur lui permettait de voir. Rarement, une telle vue s'offrait à lui de son restaurant. Il distinguait la route sinueuse, qui en lacets désordonnés, se laissait guider par le torrent qu'elle suivait et qui se perdait dans la vallée. Au pied de celle-ci, il observait nettement les toits d'ardoise du petit village niché dans un creux et, plus près, en contrebas, la station bouillonnante de vie. Il se permit quelques secondes pour contempler ce panorama d'une journée exceptionnelle, comme l'ultime moment avant l'inéluctable dégradation, comme la fleur montrant ses plus beaux atours avant de faner lentement dans son vase. Il se rendit bien compte alors du privilège que la nature lui offrait et qui dure le temps d'un présent, celui que l'on découvre avant de le poser pour l'oublier. Devant lui, il vit un homme qui, dos tourné au paysage, ne se souciait pas du spectacle et buvait son café, en observant notre petit groupe partir. Le patron fulminait en silence, pensant que ce particulier ferait mieux de regarder le paysage plutôt que braquer des yeux les gens ou les filles. Mais, pressé par le travail, il retourna à sa tâche et détourna le regard de ce bouquet de couleurs pures et fraîches qu'un Dieu a bien voulu offrir au plus commun des mortels.

Continuer

Autres livres par promotion

Voir plus

Inspirés de vos vus

Ma sœur m'a volé mon compagnon, et je l'ai laissé faire

Ma sœur m'a volé mon compagnon, et je l'ai laissé faire

PageProfit Studio
4.8

« Ma sœur menace de prendre mon compagnon. Et je la laisse le garder. » Née sans louve, Séraphina est la honte de sa meute-jusqu'à ce qu'une nuit d'ivresse la laisse enceinte et mariée à Kieran, l'Alpha impitoyable qui n'a jamais voulu d'elle. Mais leur mariage d'une décennie n'était pas un conte de fées. Pendant dix ans, elle a enduré l'humiliation : pas de titre de Luna. Pas de marque de lien. Seulement des draps froids et des regards encore plus glacials. Lorsque sa sœur parfaite est revenue, Kieran a demandé le divorce le soir même. Et sa famille était ravie de voir son mariage brisé. Séraphina n'a pas combattu mais est partie en silence. Cependant, lorsque le danger a frappé, des vérités choquantes ont émergé : ☽ Cette nuit-là n'était pas un accident ☽ Son « défaut » est en réalité un don rare ☽ Et maintenant, chaque Alpha-inclus son ex-mari-voudra la revendiquer Tant pis, elle en a assez d'être possédée. *** Le grondement de Kieran vibrait à travers mes os alors qu'il me plaquait contre le mur. Sa chaleur transperçait les épaisseurs de tissu. « Tu penses que partir est aussi simple, Séraphina ? » Ses dents effleurèrent la peau intacte de ma gorge. « Tu es à moi. » Une paume brûlante glissa le long de ma cuisse. « Personne d'autre ne te touchera jamais. » « Tu as eu dix ans pour me revendiquer, Alpha. » Je découvris mes dents en un sourire. « C'est drôle comme tu te rappelles que je suis à toi... seulement quand je m'éloigne. »

Abandonnée à l'autel, j'épouse le milliardaire méprisé

Abandonnée à l'autel, j'épouse le milliardaire méprisé

Moon
4.6

Le silence pesait comme une chape de plomb sous les voûtes de la cathédrale Saint-Patrick, écrasant Anya Vance qui attendait seule devant l'autel dans une robe de soie représentant toutes ses économies. Le témoin s'approcha alors pour murmurer l'impensable : Blake était parti rejoindre Chelsea, sa « meilleure amie » prétendument évanouie aux urgences, l'abandonnant le jour de leur mariage devant toute l'élite de New York. Les murmures des trois cents invités se transformèrent instantanément en un venin social, tandis qu'Anya voyait sa future belle-mère esquisser un sourire de victoire. Humiliée publiquement et traitée comme un déchet par l'homme qu'elle avait soutenu envers et contre tout, elle réalisait que sa loyauté n'avait été qu'un paillasson pour la cruauté de cette famille. Une rage glaciale remplaça sa douleur, alimentée par l'injustice d'être la victime d'un spectacle macabre orchestré par ceux qu'elle aimait. Pourquoi devait-elle porter seule le poids de cet échec alors que Blake l'avait sacrifiée sans la moindre hésitation pour une autre femme ? Dans un geste de défi pur, Anya déchira sa traîne de dentelle et ignora la sortie pour se diriger vers l'ombre du fond de l'église où siégeait Asher Sterling, le paria handicapé et ruiné de la famille. Elle s'arrêta devant son fauteuil roulant, le regard brûlant de défi face aux flashes des photographes qui commençaient à crépiter. « Asher Sterling, épousez-moi maintenant et faisons de ce jour leur pire cauchemar. » Le scandale commençait, et cette fois, Anya ne serait plus la victime, mais l'incendie.

La trahison froide et amère du milliardaire

La trahison froide et amère du milliardaire

Ella Star
5.0

Je venais de survivre miraculeusement au crash du jet privé de mon mari. Le corps couvert d'ecchymoses et le bras en écharpe, je me tenais sous la pluie devant l'hôpital, attendant désespérément qu'Adrien vienne me chercher. Sa Bentley s'est bien arrêtée, mais ce n'est pas vers moi qu'il a couru. Sous mes yeux, il a sorti une femme blonde de la voiture avec une tendresse infinie, la portant comme si elle était en verre, ignorant totalement sa propre épouse qui venait de frôler la mort quelques heures plus tôt. C'était Cassandre, son ex. En les suivant discrètement jusqu'à l'aile VIP, la vérité m'a frappée plus violemment que le sol lors du crash. J'ai entendu le médecin féliciter Adrien pour le bébé. Douze semaines. Le calcul était simple : il l'avait conçue le jour exact de notre troisième anniversaire de mariage, pendant qu'il prétendait être en voyage d'affaires. De retour au manoir, au lieu de s'excuser, Adrien m'a traitée de « résiliente », affirmant que je pouvais tout encaisser car je venais d'un foyer d'accueil, alors que Cassandre était « fragile » et portait l'héritier. Il a gelé mes comptes bancaires et m'a interdit l'accès à mes propres affaires, persuadé que sans son argent, je reviendrais en rampant. Il avait oublié une chose : avant d'être Madame Hauterive, je savais survivre avec rien. Le lendemain, j'ai marché pieds nus dans son bureau en pleine réunion cruciale. J'ai versé un café boueux sur ses contrats de fusion originaux, j'ai retiré les vêtements de luxe qu'il m'avait offerts jusqu'à me retrouver en lingerie, et j'ai récupéré mon vieux passeport dans le coffre. « Tu peux garder ta fortune, Adrien. Mais tu ne m'auras plus jamais. »

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre
Comment j'ai tout perdu Comment j'ai tout perdu promotion Romance
“Un homme bien installé dans la vie possède tout ce qu'il désire. Pourtant, une rencontre, de prime abord anodine, chamboulera son quotidien bien réglé. Comment j'ai tout perdu est un récit qui emmène le lecteur imperceptiblement vers l'abîme... À PROPOS DE L'AUTEUR À la suite d'études supérieures en informatique et ingénierie en formation, Charles Kalvan consacre sa vie à l'écriture. À l'instar des écrivains tels que Robert Merle ou Alexandre Dumas, il inscrit ses récits dans la lignée des œuvres d'aventures et d'actions.”
1

Chapitre 1 No.1

31/07/2023

2

Chapitre 2 No.2

31/07/2023

3

Chapitre 3 No.3

31/07/2023

4

Chapitre 4 No.4

31/07/2023

5

Chapitre 5 No.5

31/07/2023

6

Chapitre 6 No.6

31/07/2023

7

Chapitre 7 No.7

31/07/2023

8

Chapitre 8 No.8

31/07/2023

9

Chapitre 9 No.9

31/07/2023

10

Chapitre 10 No.10

31/07/2023

11

Chapitre 11 No.11

31/07/2023

12

Chapitre 12 No.12

31/07/2023

13

Chapitre 13 No.13

31/07/2023

14

Chapitre 14 No.14

31/07/2023

15

Chapitre 15 No.15

31/07/2023

16

Chapitre 16 No.16

31/07/2023

17

Chapitre 17 No.17

31/07/2023

18

Chapitre 18 No.18

31/07/2023

19

Chapitre 19 No.19

31/07/2023

20

Chapitre 20 No.20

31/07/2023

21

Chapitre 21 No.21

31/07/2023

22

Chapitre 22 No.22

31/07/2023

23

Chapitre 23 No.23

31/07/2023