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Le lagon bleu

Le lagon bleu

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4.2
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Chapitres

Le Lagon bleu relate l’histoire d’une aventure humaine particulière et extraordinaire. Un homme, marqué par la détresse des femmes brisées par leur parcours, décide de tout mettre en œuvre pour les accompagner et les aider à reprendre goût à la vie. À PROPOS DE L’AUTEUR Gilles Vincent est un lecteur au goût éclectique. Influencé à la fois par des bandes dessinées et par des romans policiers, en passant par des auteurs tels que Stendhal, Van Hamm, Läckberg et Hemingway, il signe avec Le lagon bleu son premier roman.

Chapitre 1 No.1

*****

Vendredi, 20 h

Elle soulève sa coupe et comme à chaque début de soirée, nous faisons tinter nos verres en clamant : « À nous ! »

Tous les premiers vendredis de chaque mois, nous nous offrons un bon restaurant, n’hésitant pas parfois à faire les kilomètres qui nous séparent de la capitale.

Christiane, 55 ans, les cheveux courts, épais, mèches blondes, aime porter de belles toilettes, et il n’y a pas mieux que Paris, avec ses théâtres, ses opéras, ses grands restaurants. Là, où les femmes élégantes aiment paraître. Elle peut ainsi mettre en avant sa beauté avec son port de tête affirmé. Habillée de vêtements choisis, élégants, sobres et souvent noirs. Ce soir, elle porte un décolleté généreux.

Nous sommes au casino de Deauville pour un dîner suivi d’un concert. Arrivés face à la mer au pied du Casino Barrière dans sa nouvelle voiture, une BMW X4 noire, toutes options. Un voiturier a pris en charge son nouveau jouet !

Cette voiture, c’est tout elle ; femme d’affaires, belle, distinguée, mais aussi sophistiquée, toujours à la pointe de la mode et des derniers objets connectés !

20 h, ma voisine grignote du pop-corn, je déteste ça, mais je ne dis rien et la laisse faire. Comme souvent, nous sommes au cinéma.

Je suis en compagnie de Clara, une jeune femme de 35 ans ; célibataire, belle brune aux cheveux longs ondulés avec de superbes yeux bleu clair. Elle est psychologue, passionnée de cinéma, de 33 tours et de BD Marvel. Nous nous apprêtons à regarder le dernier Spider-Man, pas très intellectuel ! Mais nous avons tous les deux des goûts éclectiques et nous nous rattraperons la prochaine fois. Ce soir, nous avons envie de buller et de laisser nos cerveaux au repos !

20 h 30, face aux flammes, je suis assis dans un vieux canapé en cuir râpé. Il est encore confortable en dépit de son état, un peu défoncé, et les accoudoirs griffés par le passage des chats de la maison. Ils viennent eux aussi se réchauffer dans cette grande pièce. Une bûche brûle dans une cheminée dont les dimensions font supposer qu’à une certaine époque, on devait pouvoir y faire rôtir un cochon entier. Le sol est fait de larges pavés de pierre blonde, patinés au fil des décennies, il est orné devant la cheminée par un tapis aux motifs orientaux dont l’ancienneté laisse augurer qu’il devait, à l’origine, être de grande valeur. Les fidèles labradors qui s’y sont succédé au fil des générations, restant affalés devant l’âtre, n’ont pas réussi à atténuer la flamboyance de ses couleurs ; seulement quelques traces d’escarbilles l’ont détérioré. Marie est assise elle aussi sur le tapis, le dos appuyé contre le canapé, les jambes repliées, l’épaule contre mes jambes. Elle fume une de ses cigarettes fabriquées maison dont les effluves ne laissent pas de doutes sur la nature de leur composition.

Marie est brune, les cheveux très longs, raides, maintenus en queue de cheval par un banal élastique. Elle a une classe folle, elle évolue dans son éternel pantalon de cheval moulant, beige en tissu stretch, sorte de coton strié, bien épais, dont les renforts en peau à l’intérieur des cuisses sont patinés depuis longtemps par le frottement du cuir de la selle. Elle porte un pull en V couleur camel, un cachemire suffisamment proche du corps pour laisser deviner qu’elle ne porte pas de soutien-gorge, une habitude qui date de sa période baba-cool où elle militait pour la libération de la femme. Marie est un mélange subtil de gauche et d’aristocratie équestre, ce qui ne l’empêche pas d’aimer les belles matières et le mobilier design hors de prix !

21 h, un fin brouillard est en suspension à la surface de l’eau, en raison du contraste entre la température extérieure et les 27 degrés de la piscine. Cela fait une heure que je nage en compagnie de Cécile, c’est notre entraînement du vendredi soir. Cécile, ancienne nageuse, s’est mise au triathlon. Nous partageons la passion du sport et nous essayons de nous retrouver pour quelques sorties. Elle fait partie du club et à ce titre nous bénéficions d’une ligne d’eau et d’un programme d’entraînement. Il fait nuit et nous sommes tel le plancton, éclairés en dessous par les spots de la piscine. Je suis bon nageur, mais avec vingt ans de plus qu’elle, je m’efforce de suivre sa trace, mes mains peuvent presque caresser ses plantes de pieds. C’est elle qui impose le tempo.

Les longueurs s’enchaînent, au rythme de séries plus ou moins longues, avec plaquettes ou palmes quand l’objectif est de faire de la distance. Cécile n’est pas très grande, blonde, les cheveux courts, elle est tonique, très musclée, jamais fatiguée, elle est invulnérable !

Vendredi, 23 h 30

Je rentre fatigué, après un dîner rapide composé d’un subtil mélange de protéines, de légumes et de sucres lents afin de maintenir le niveau d’énergie que requièrent nos corps de sportifs. J’ai quitté Cécile d’une manière très chaste, son planning du lendemain ne lui laissant pas beaucoup de temps pour les prolongations. Aussi, c’est avec un petit baiser que nous nous disons au revoir, une sortie vélo étant programmée pour le dimanche matin. Une fois seul, avant de prendre la route, je consulte ma montre. Sur le cadran, je visualise une cible avec différents cercles, chaque cercle correspond à un éloignement plus ou moins important, le centre de la cible symbolise ma position. Le seul point rouge qui clignote ce soir se trouve sur un cercle suffisamment distant du centre pour que j’aie toute latitude pour rentrer sans problèmes.

Je suis maintenant face au vieil hôtel particulier, situé dans un quartier retiré de la ville, tout au fond d’une ruelle en sens unique. Il est entouré de jardins très denses, des arbres d’essences multiples datant de l’après-guerre cachent la demeure. Tous ces terrains et bâtiments n’ont qu’un seul propriétaire.

Je compose la combinaison sur le digicode, déclenchant ainsi l’ouverture d’immenses grilles de fer forgé. C’est l’entrée principale de l’enceinte. Elle est composée de hauts murs de moellons, surmontés de pointes en fer du même motif et du même vert bouteille que les grilles. Après quelques mètres sur une allée de vieux pavés, j’accède à une petite maison qui devait être anciennement la maison des gardiens. Comme le corps principal, elle est faite d’un assemblage de pierres calcaires et de briques rouges sur le pourtour des fenêtres et des portes. Un vieux rosier anglais d’un ton crème encadre la porte d’entrée.

Je rentre dans un petit vestibule. Le dallage est composé de carreaux de faïence anciens bleu pâle aux motifs marron foncé. Une suspension en laiton avec un globe en opaline blanche éclaire les murs vert d’eau. Je tourne à gauche dans la cuisine. La porte de droite, elle, s’ouvre sur un petit salon-salle à manger, avec un poêle à bois. Une porte au fond donne sur une chambre. La cuisine du même vert est composée d’éléments en Formica, couleur coquille d’œuf.

J’ouvre le frigo qui contient quelques denrées. Je soulève la porte du compartiment conservateur qui, lui, est vide. Je pose donc la main à plat sur la vitre située dans le bas de ce compartiment. Une lumière fluorescente éclaire alors en rétro la paume de ma main, un fin rayon vert balaye toute la vitre, le temps d’analyser et de reconnaître le réseau vasculaire de mes doigts. Une lumière rouge signale la fin de la procédure et je referme le frigo. À cet instant, le vieux buffet en pin sur ma droite s’escamote sans un bruit, laissant la place à un ascenseur, une place. J’entre et pose mon menton sur une tablette concave, je reçois un flash qui scanne ma rétine donnant aussitôt le sésame pour faire descendre l’ascenseur. Je parviens dans un tunnel dont deux lampes LED balisent le sol de chaque côté du couloir. Les LED s’allument au fur et à mesure de mon avancée et s’éteignent derrière mon passage, cela jusqu’à ce que je parvienne à l’entrée de ce qu’ils nomment « le Laboratoire ». Le contraste entre la modernité de ces structures et la vétusté de la maison est sidérant ! Je me rapproche de la porte métallique, il y a un parlophone à droite.

« Vince code R 4 ! »

La reconnaissance vocale étant faite, la porte coulisse.

« Bonsoir, Marjorie. C’est vous qui êtes de garde ce soir !

— Bonsoir, Vince. Votre entraînement s’est bien passé ?

— Oui, mais comme toujours je suis sur les rotules !

— Allez, venez vous reposer, vous êtes le premier à rentrer ce soir ?

— Combien de sortants ?

— Vous êtes quatre. »

Je suis dans une pièce presque vide. Les murs blanc immaculé et le sol composé de larges pavés de verre. Seul un fauteuil, du même type que ceux des cabinets dentaires, occupe le centre de cette salle. Sous le fauteuil, un rail métallique est inséré dans le sol. Les deux pavés de chaque côté du rail sont éclairés par une lumière bleue. Je m’installe en posant mes bras sur les accoudoirs, les mains à plat sur des supports moulés à mes formes, le dos et ma tête sont calés, reposant sur une coque elle aussi prémoulée. Guidé par le cordon lumineux bleu qui le précède, le fauteuil prend aussitôt la direction d’une autre pièce dont la porte s’escamote automatiquement. À peine entré, un autre fauteuil a pris place dans la pièce d’accueil.

Mon fauteuil s’est arrêté devant un pupitre équipé de plusieurs écrans. Le bras droit du fauteuil s’éclaire et enregistre les données de la puce implantée dans la face antérieure de mon poignet. Sur un des écrans, je visualise le récapitulatif du tracé GPS de mon parcours effectué aujourd’hui. Il va corroborer la lecture instantanée faite dans un service situé dans une autre partie du laboratoire. Le fauteuil est maintenant incliné à 45°. Marjorie me pose un bandeau qui me couvre le front et les yeux. Il est en plastique souple, sorte d’élastomère transparent qui vient se fixer de part et d’autre de la têtière du fauteuil. Je l’entends pianoter sur le pupitre et perçois des lumières orange qui défilent de gauche à droite et de droite à gauche à une grande fréquence. Cet appareil enregistre toute la séquence émotionnelle de ma soirée avec Cécile. Il enregistre et synthétise les dialogues échangés ce soir avec elle, pour retenir les faits les plus cruciaux. Ces séquences ne me seront pas soustraites et resteront dans ma mémoire. Une fois le bandeau ôté, Marjorie libère le fauteuil qui prend la direction d’un autre local.

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