Lyra a toujours cru au lien des âmes sœurs, mais le jour où son compagnon, l'Alpha Lucian, la rejette en public, elle sent son monde s'effondrer. Chassée de la meute, elle disparaît sans laisser de traces. Cinq ans plus tard, elle revient, plus forte et plus déterminée que jamais. Mais elle ne revient pas seule : un petit garçon aux yeux d'or, copie conforme de Lucian, l'accompagne. Face à la vérité qu'elle lui a cachée, Lucian fera tout pour la reconquérir, mais Lyra pourra-t-elle lui pardonner son rejet passé ?
Les voix de la meute s'étaient élevées en un rugissement collectif, un cri de force et de défi, mais au fond, Lyra n'entendait plus rien. Ses oreilles bourdonnaient, son cœur battait à en éclater sa poitrine, et ses yeux étaient fixés sur Lucian. Leurs regards se croisèrent, et dans l'instant suspendu, Lyra ressentit une déchirure si violente qu'elle faillit s'effondrer sur place.
Le sol semblait se dérober sous ses pieds, les murmures de la meute, les rires, les chants, tout s'estompaient peu à peu. Seul le visage de Lucian, pâle et glacé, restait ancré dans son esprit. Ses lèvres bougèrent, et pour la première fois, son regard ne montrait aucun signe de l'amour qu'il lui avait promis.
« Tu n'es pas digne de moi. »
Ces mots frappèrent Lyra comme des pierres lancées avec une telle violence qu'elles brisaient tout sur leur passage. D'abord un choc, puis une douleur sourde, insupportable. Son corps se tendit, ses poings se serrèrent. Elle ne comprenait pas. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas lui. Cela ne pouvait pas être lui qui prononçait ces mots. Lui, son Alpha, son âme sœur, celui qu'elle avait toujours cru voir comme son rocher, son refuge.
« Je n'ai jamais voulu de toi. Jamais. »
Les mots se faufilèrent comme des serpents venimeux, se glissant sous sa peau, s'insinuant dans son âme. Elle sentit sa gorge se nouer. Comment cela pouvait-il être vrai ? Comment cet homme, celui qu'elle avait aimé avec une telle ferveur, pouvait-il être la source de la douleur qu'elle ressentait à cet instant précis ?
La foule, les membres de la meute, observaient, muets, suspendus à chaque mot, à chaque mouvement. Aucun ne bougeait, aucun ne semblait vouloir intervenir. Lyra tourna les yeux vers eux, mais elle ne vit que des visages marqués par une expression d'indifférence glaciale, comme si chacun attendait ce moment, comme si chacun avait su, au fond, que cela finirait ainsi. Aucun regard de soutien, aucune main tendue.
Lucian avait toujours été respecté, admiré, vénéré. Il était l'Alpha. Il incarnait la force, la puissance, l'autorité. Mais à ce moment-là, il n'était plus que l'homme qui venait de détruire son cœur, de briser tout ce qu'ils avaient bâti ensemble.
Il tourna la tête lentement, ses yeux s'abaissant sur elle, pleins de dédain. Le vide qui l'entourait s'aggravait. C'était comme si tout s'était arrêté dans le monde. L'air se bloquait dans ses poumons. Il y avait cette sensation de tout s'effondrer autour d'elle. Chaque souffle devenait difficile à prendre.
« Je suis l'Alpha. Je n'ai pas besoin de toi. » Ses mots étaient froids, tranchants, sans la moindre trace de regret. « Tu es faible. Tu ne comprends même pas ce que cela signifie, être le compagnon d'un Alpha. »
Lyra sentit une chaleur monter dans son visage, une chaleur brûlante et douloureuse. Elle pouvait sentir sa peau se tendre, son cœur se serrer comme un étau autour de ses poumons. Comment ? Comment pouvait-il la repousser ainsi ? Elle n'avait jamais été plus proche de lui, plus dévouée, plus loyale. Et pourtant, à cet instant précis, il la rejetait sans aucun remord, comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle du monde.
Ses mains tremblaient alors qu'elle portait une main à sa poitrine. Elle essayait de respirer, mais chaque inspiration était comme une agression contre son corps. Comment réagir face à un tel coup ? Un coup qui l'isolait, qui la mettait à l'écart de tout ce qu'elle avait connu, tout ce en quoi elle avait cru. Un coup si brutal qu'elle en perdait presque ses repères. Elle n'était plus qu'une ombre, une ombre solitaire sur une scène où elle avait cru qu'elle serait toujours la lumière.
Lucian ne la quittait pas des yeux, et ses bras se replièrent derrière lui, comme pour marquer son autorité, son pouvoir. C'était l'Alpha. Il avait toujours été l'Alpha. Mais aujourd'hui, c'était un Alpha seul, un Alpha sans âme sœur, un Alpha qui venait de briser le lien qu'il avait tissé avec elle depuis des années.
Les murmures commencèrent enfin à se faire entendre, mais Lyra n'arrivait plus à les distinguer. Les voix de la meute se mêlaient dans une cacophonie sourde, comme si le monde autour d'elle était devenu flou et indéfini. Leurs paroles étaient comme des échos d'un autre temps, d'un autre lieu, un endroit où elle n'appartenait plus.
Elle fixa Lucian, cherchant encore une once de chaleur dans son regard, une trace du passé, de ce qu'ils avaient partagé. Mais rien. Rien que du vide.
« Je t'ai donnée tout ce que j'avais. » Elle murmura enfin, sa voix brisée, comme un fil fragile sur le point de se rompre. « Et toi, tu me rejettes. »
Un éclat de douleur passa dans les yeux de Lucian, mais il se détourna rapidement. « Tu n'es rien. Plus rien. Ce lien, ce que tu croyais être... C'était une illusion. »
Lyra sentit la brûlure monter en elle, mais elle ne se laissa pas submerger. Elle serra les poings jusqu'à ce que ses ongles s'enfoncent dans sa paume. Le dégoût qu'elle ressentait pour lui, pour ses paroles, s'ajoutait à la douleur qui la dévorait. Comment avait-elle pu être aussi naïve ? Comment avait-elle pu penser que cet homme, ce leader, celui qu'elle croyait être son égal, pouvait lui faire ça ?
Ses yeux se portèrent sur les autres membres de la meute, mais aucun d'eux ne bougea, aucun n'intervint. Ils attendaient tous. Ils étaient tous spectateurs de cette tragédie. Lyra se sentit soudain plus seule que jamais. Elle n'était qu'une étrangère dans un monde qu'elle croyait connaître, qu'elle croyait avoir construit avec Lucian.
La honte, le dégoût et la douleur se mêlaient en elle, mais au fond, une petite flamme de rage commença à grandir. C'était peut-être ça. Ce qu'il voulait d'elle. C'était ce qu'il avait toujours voulu. La rendre faible, brisée. Mais il s'était trompé. Il ne savait pas qui il venait de repousser.
Dans un élan de fierté et de colère, elle tourna les talons. Elle ne voulait pas lui accorder la moindre dignité en restant là, à attendre un pardon qu'elle ne recevrait jamais. La foule se déplaça pour la laisser passer, leurs regards pleins de jugements dissimulés derrière des airs faussement indifférents.
Elle sortit de l'arène avec toute la dignité qu'elle pouvait rassembler, les pieds fermes sur le sol, son cœur battant fort dans sa poitrine. Elle n'était plus qu'un souffle, une silhouette dans l'ombre, mais elle savait une chose : elle ne se soumettrait pas. Pas maintenant. Pas après tout ce qu'elle avait traversé. Elle n'allait pas se laisser définir par ce rejet. Elle allait disparaître, oui. Mais elle reviendrait plus forte.
Elle n'avait pas encore conscience de l'ampleur de ce qu'elle venait de faire, de ce qu'elle venait de perdre. Mais au fond, dans une partie d'elle-même, quelque chose se savait déjà. Elle ne serait plus jamais la même.
Lyra marcha sans but, son esprit noyé dans un tourbillon de pensées, son cœur fracassé en mille morceaux. Chaque pas qu'elle faisait semblait l'enfoncer davantage dans un abîme qu'elle ne savait plus comment fuir. Ses pieds frôlaient à peine le sol, comme si elle était déjà en train de disparaître, de s'effacer. L'image de Lucian, debout devant la meute, la rejetant si froidement, se redessinait sans cesse dans son esprit. Ces mots, qui s'étaient inscrits en elle comme une marque indélébile, se répétaient en boucle : « Tu n'es pas digne de moi. »
Elle serra les poings, essayant de contenir la rage qui bouillonnait en elle. Une rage dirigée contre lui, contre elle-même, contre la meute qui, dans son silence, avait accepté cette humiliation. Elle savait que personne ne viendrait la chercher. Personne ne comprendrait, et à cet instant, peu importait. Il ne restait plus rien d'elle dans ce monde qu'elle avait cru connaître.
Son corps était un champ de bataille, chaque muscle tendu sous la pression, chaque respiration difficile à saisir. Chaque minute, chaque seconde qui passait, elle sentait l'emprise de cette trahison l'enserrer un peu plus. La honte s'insinuait dans chaque fibre de son être, chaque pensée. Elle avait cru, pendant toutes ces années, que Lucian était son refuge, son âme sœur. Ils s'étaient unis sous les auspices de la meute, leur lien sacré renforcé par le temps. Et maintenant ? Maintenant, il ne restait plus qu'un vide. Un gouffre insondable.
Son esprit vacillait, et pourtant, une seule certitude persistait : elle ne pouvait plus rester là, dans cette meute, avec cette identité qui ne signifiait plus rien. Il fallait qu'elle disparaisse. Il fallait qu'elle se cache, qu'elle disparaisse, qu'elle quitte ce monde où tout ce qu'elle avait construit s'était effondré en un instant.
Lyra se précipita alors dans les bois. Elle savait que c'était là que tout avait commencé. Là, au cœur de ces terres sauvages, elle pourrait se perdre, effacer toute trace d'elle-même, tout ce qui la reliait à ce passé qu'elle voulait enterrer à tout prix. Les arbres, les pierres, tout devenait flou autour d'elle. Elle avait l'impression de fuir non seulement la meute, mais aussi cette partie d'elle-même qu'elle ne reconnaissait plus. Elle se sentait comme une étrangère dans sa propre peau.
Elle ne savait même pas combien de temps elle marcha. Tout était flou, comme une brume épaisse qui enveloppait son esprit. Les ombres des arbres dansaient autour d'elle, et le vent s'infiltrait sous ses vêtements, mais elle ne ressentait plus rien. La douleur, la colère, la honte, tout se mélangeait dans un tourbillon intérieur. Elle avait cru, au fond d'elle, que son amour suffirait à tout réparer, à tout effacer. Mais aujourd'hui, elle comprenait qu'il n'y avait pas de place pour elle dans ce monde. Plus de place dans la meute, plus de place à ses côtés.
Elle se laissa tomber sur le sol, les genoux heurtant la terre froide. Ses mains frémirent lorsqu'elles effleurèrent l'herbe humide. Elle ferma les yeux, cherchant à rassembler ses pensées. Mais rien ne venait. Le vide était total. Lucian était l'Alpha, et elle n'était rien. Ce lien qui les avait unis, cette promesse d'éternité, était désormais une simple illusion.
Elle se leva lentement, essuyant les larmes qui roulaient sur ses joues, inutiles, silencieuses. Elle ne pouvait plus rester ici. Il n'y avait plus rien pour elle. Plus rien.
La nuit était tombée, et avec elle, le froid. Lyra sentit sa chair se tendre sous le choc du vent, mais elle n'y prêta pas attention. Elle se leva une nouvelle fois et commença à marcher, sans destination précise, sans direction. Le monde, tel qu'elle l'avait connu, ne l'accueillait plus.
Il fallait qu'elle disparaisse, qu'elle s'efface. Que ses traces soient effacées, que sa présence soit oubliée. Il n'y avait qu'une seule option : s'éloigner des regards, s'échapper de tout ce qui pouvait la rattacher à ce monde brisé. La forêt semblait l'engloutir, chaque pas la menant plus loin de la meute, plus loin de Lucian.
Elle savait ce qu'elle devait faire. Elle devait effacer son identité, changer son apparence. Mais il y avait une vérité encore plus douloureuse qu'elle devait accepter. Il n'y aurait pas de retour en arrière. Elle avait cru que l'amour pouvait réparer ce qui avait été brisé. Mais maintenant, ce qu'il restait d'elle, ce n'était plus que des miettes d'un passé qu'elle ne pourrait jamais recoller.
Elle s'arrêta finalement, en pleine forêt, épuisée et brisée. Elle regarda autour d'elle, cherchant à repérer quelque chose, un signe de vie, mais il n'y avait rien. Que des arbres, que des ombres. Rien ne semblait réel. Rien ne semblait signifier quoi que ce soit.
Lyra serra les poings et souffla. Elle savait qu'il n'y avait aucune issue facile. Pas pour elle, pas dans ce monde. Alors elle prit une décision, aussi dure soit-elle. Il était temps d'effacer toute trace de son existence. Ses yeux se posèrent sur la rivière qui serpentait devant elle. L'eau était sombre, calme, implacable. Elle pourrait tout effacer, tout emporter avec elle. Ses vêtements, sa trace, son nom, tout ce qui la rattachait à son ancienne vie. Elle savait que c'était la seule façon de se cacher, de disparaître. De tout oublier.
Elle se tourna, décidée, et marcha dans la direction opposée à la rivière. Pas un mot, pas une pensée. Juste la certitude qu'il n'y avait plus rien à attendre. Elle marcherait jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent. Jusqu'à ce qu'elle soit totalement invisible.
Au fond d'elle, elle savait qu'elle pourrait toujours revenir. Mais cela, c'était une pensée qu'elle chasserait bientôt, une pensée qu'elle tenterait d'oublier, tout comme elle effacerait son passé. Elle n'avait plus d'autre choix que de se perdre dans la brume, de se fondre dans l'ombre et de disparaître, comme une spectre perdu dans la nuit.
Tout était fini. Mais la douleur, elle, serait un compagnon fidèle.
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