La chute d'une feuille d'automne

La chute d'une feuille d'automne

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Chapitres

1965. Azéline Martin est une jeune fille vivant seule dans le sud de la France. Abandonnée et malheureuse, elle occupe ses journées monotones à l'entretien de la ferme familiale jusqu'au jour où son regard croise celui de Paul. Mais un mystère plane sur ce jeune homme. Qui est-il ? D'où vient-il ? Et pourquoi Azéline l'a-t-elle sorti d'un lac en flamme en plein milieu de la nuit ? À PROPOS DE L'AUTEUR Florian Chauvot a été bercé dans son enfance par les livres. Grâce à eux, il a pu vivre d'innombrables aventures. La chute d'une feuille d'automne est le fruit d'un long processus entamé en 2009. Après plusieurs étapes de réécriture et d'adaptation, l'auteur nous livre enfin l'œuvre qui était enfouie en lui depuis tout ce temps.

Chapitre 1 No.1

*

N'y aurait-il pas eu plus bel anniversaire que ce jour pour Azéline ?

D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle n'avait d'ailleurs jamais eu de beaux anniversaires. Il y en avait toujours eu que pour David ; ah David, le saint, le roi, le petit prince de la famille. L'ainé, l'enfant tant attendu.

Tous les jours depuis sa naissance, elle se demandait comment sa vie aurait pu être si c'était elle qui avait vu le jour la première. Aurait-elle été la sainte, la reine, la petite princesse de la maison ? Cela n'était pas sûr et puis de toute façon, elle ne voulait pas y penser car cela la mettait mal à l'aise. Néanmoins, il est vrai que depuis 21 ans le pire n'a jamais été son père et encore moins son frère, mais sa mère. Qu'avait-elle bien pu lui faire pour toujours la mettre en colère ? Elle n'en savait rien et n'aurait jamais réellement de réponse car celle-ci, comme son père et son frère, était décédée.

Son père, André, était agriculteur et avait connu sa mère ; Régine, durant le marché dominical du village. La scène de leur rencontre ; selon les dires de son père, fut pour le moins, assez cocasse. En effet, la pauvre jeune femme essayait de monter seule son stand de crêpes malgré un vent et une pluie torrentielle qui soufflait ce jour-là. À un moment, la pauvre Régine s'était assommée avec l'une de ses planches et André s'était porté à son secours. Lorsqu'elle fut revenue à elle, le coup de foudre fut immédiat. De ce que son père lui avait raconté sur cette scène (en exagèrent les choses comme à son habitude et en n'oubliant aucun détail), il était allongé au-dessus d'elle, tenant sa tête dans ses bras et lui caressant ses magnifiques cheveux bruns. Lorsqu'elle fut revenue à elle, leurs regards se croisèrent et au milieu de cette place, tout comme le soleil, leur amour venait de naitre ce jour-là. À partir de cet instant, ils ne s'étaient plus jamais quittés ; ces deux personnes s'étaient trouvées et ne faisaient plus qu'un tel le ciel et la terre.

Quelque temps plus tard, avec le consentement du père de la jeune fille, ils s'étaient mariés alors qu'ils étaient à peine majeurs. En effet, André vivait seul dans la ferme familiale depuis ses 16 ans à la mort de ses deux parents d'une grave maladie.

16 ans... un âge assez jeune pour s'occuper d'un si grand hectare de terrain. Heureusement pour lui, ses (seuls) voisins étaient des amis de longue date de ses parents et l'avaient aidé à gérer l'exploitation familiale.

Régine quant à elle vivait avec son père depuis toujours après le décès de sa mère à sa naissance. C'était d'ailleurs un trait devenu assez fréquent dans sa famille. En effet, depuis toujours, les femmes de sa famille mourraient ; pour la plupart, en couche. Mais cela ne l'inquiétait pas car elle voulait plus que tout au monde porter la vie.

Après leur mariage, ils emménagèrent ensemble dans la ferme d'André et celui-ci put compter sur l'aide de sa femme, mais également de son beau-père pour l'entretien de son exploitation.

Sa ferme était située au milieu de nulle part, entourée de champs de blé, de vergers, de prés et d'un magnifique lac. Elle était située à environ une demi-heure à pied du village niché dans la tranquillité du sud de la France. Il y avait en face de cette ferme une autre exploitation ; plus petite que celle d'André, spécialisée dans l'élevage des chevaux. Elle était tenue par ce couple qui lui prêtait main-forte lors des moments de « coup de feu » agricole. Azéline les aimait beaucoup, elle les considérait comme ses grands-parents adoptifs. Ce couple avait eu des jumeaux (un garçon et une fille) assez jeunes qui étaient depuis longtemps partis à Paris vivre leur vie. Néanmoins, ils avaient toujours en eux ce besoin de « pouponner » et ; par conséquent, adoraient prendre soin d'Azéline et de David en l'absence de leurs parents. Ils s'appelaient M. et Mme Daubry mais Azéline les appelait papy et mamie Dauty. C'étaient eux d'ailleurs qui avaient appris à Azéline et à son frère tout ce qu'ils savaient car leurs parents n'avaient pas le temps de leur inculquer quoique ce soit à cause des différentes tâches prenantes et fatigantes à la ferme. De plus, ils ne pouvaient également pas les conduire à l'école du village, compte tenu de l'éloignement de leur exploitation par rapport à celle-ci. Néanmoins, ils les aimaient beaucoup et s'étaient occupés d'eux de la même façon ; sans différence, et ce malgré un laps de temps de 20 ans...

En effet, très vite après leur union, André et Régine avaient eu un fils : David, né en 1924.

Sa naissance avait été sans aucune complication et la vie de ce jeune homme ; jusqu'à son décès prématuré, fut assez heureuse.

C'était un beau jeune homme aux cheveux brun foncé comme ses parents. Néanmoins, il était un peu plus petit qu'eux mais compensait sa taille par sa force. Il était en effet, doté d'une musculature impressionnante. Cela était dû aux nombreux travaux qu'il effectuait depuis tout petit à la ferme pour aider ses parents qui lui avaient ainsi façonné un tel physique

David était un garçon toujours gentil, serviable, souriant et à l'écoute. Il avait cette facilité de compréhension et d'adaptation qui faisait la fierté de ses parents. De plus, c'était un guerrier qui n'avait peur de rien.

Lorsque la seconde guerre mondiale éclata, il avait 15 ans et voulut combattre mais ses parents l'en empêchèrent. Il patienta donc ; avec beaucoup de frustration notamment lors de la capitulation française du 22 juin 1940... frustration qui ne dura que 24 h car le lendemain, il entendit l'appel du Général de Gaulle en direct de Londres et sut quel était son destin.

Après des jours et des jours de négociation, ses parents le laissèrent partir en lui faisant promettre de revenir sain et sauf... promesse qu'il n'a pu tenir.

David fut retrouvé mort en héros pour la France ; tombé au combat, lors du débarquement des Forces Alliées en Normandie le 6 juin 1944.

Cette perte marqua profondément la famille. Mais le plus terrible, c'est qu'en cette année de 1944, Régine était enceinte de son deuxième enfant et n'était pas prête à l'accueillir ainsi. Jusqu'au terme de sa naissance, elle pria les cieux de lui envoyer un second fils afin d'arriver, un tant soit peu, à supporter la perte de son ainé, mais le sort en a décidé autrement.

Ce premier jour d'automne 1944 ; après un accouchement difficile et qui a failli lui coûter la vie, Régine mit au monde une magnifique petite fille. Néanmoins, elle ne la vit pas tout de suite. En effet, à la suite de cela, elle avait dû tenir le lit une semaine afin de refaire ses forces, tellement l'accouchement avait été prenant. Durant ces premiers jours de vie sur terre, Azéline fut donc prise et cajolée par son père.

André, après le décès de son fils, était lui aussi courroucé de chagrin néanmoins, contrairement à sa femme, peu importait le sexe de son deuxième enfant. Pour lui le plus important était de lui donner tout l'amour possible et encore plus pour combler son chagrin. La perte de son fils était insoutenable, mais la naissance de sa fille avait été un pur bonheur ; une renaissance tel un phénix. Tous les jours depuis ce moment, il cacha sa peine afin de ne pas la montrer à sa fille mais de lui transmettre uniquement des ondes positives et du bonheur ; le même bonheur que son frère avait reçu de ses parents et qui maintenant lui était donné à elle. Pour lui, sa fille incarnait le changement telle l'issue de cette guerre.

Parfois le soir, lorsque tout le monde dormait, il sortait et contemplait les étoiles en remerciant son fils et tous les valeureux soldats qui s'étaient battus à ses côtés et avaient comme lui donné leur vie pour que lui, sa femme, sa fille ainsi que le monde entier puissent vivre des jours meilleurs.

André était une personne très superstitieuse, philosophique et mystique. Il pensait que chaque chose, bonne ou mauvaise, arrivait pour une raison mais qu'au final tout se terminait bien. Pour cela, il se rappelait à chaque fois sa rencontre avec sa femme... la pluie lorsqu'ils étaient loin l'un de l'autre puis le soleil lorsqu'ils furent pour la première fois ensemble dans les bras l'un de l'autre.

De plus, il en était également venu à la conclusion que son fils s'était sacrifié pour sa sœur. Son destin était de mourir pour que sa sœur puisse vivre. Cette pensée lui fit couler une larme qui roula le long de sa joue et qui le réconforta. Il savait ce qu'il devait faire pour honorer la mémoire de son fils... donner la meilleure vie possible à sa fille.

Ainsi, il la prénomma Azéline car elle naquit sous un soleil bleu azur du premier jour de l'automne.

Lorsqu'il l'amena pour la première fois dehors et se promena avec elle le long du lac, il vit la première feuille orangée du chêne tomber et s'envoler au loin.

À ce moment-là, il se retourna vers sa fille qui dormait à point fermé et lui dit :

- Assister à la première chute d'une feuille d'automne est, selon la légende, un joli présage. Ta vie sera merveilleuse Azéline, je te le promets.

Mais il ne faut pas croire aux légendes et comme la promesse tenue par son fils, celle-ci fut également non respectée et Azéline l'apprit à ses dépens.

En effet, quelques jours après sa naissance, elle fut prise d'un terrible mal. La petite dormait toute la journée, ne mangeait plus, était devenue toute blanche, était froide comme du cristal et commençait même à perdre ses cheveux.

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