La nuit de ma mort

La nuit de ma mort

promotion

5.0
avis
622
Vues
31
Chapitres

Christophe se retrouve brutalement dans une étrange aventure. Après avoir perdu le contrôle de son véhicule, il découvre une autre forme de vie. Par son métier de chasseur de fantômes et sa fascination pour le paranormal, il comprend vite qu'il n'appartient plus au monde des vivants. Entre la recherche de la vérité sur la vie après la mort et un bilan profond de son existence terrestre, Chris va ouvrir des portes auxquelles il ne s'attendait pas. Rencontres étranges, prises de conscience... les conséquences de son accident auront un impact majeur sur les événements qu'il expérimentera. À PROPOS DE L'AUTEURE Sandrine M. Buttin s'est toujours intéressée aux questions métaphysiques. Entre documentaires sur les EMI – expériences de mort imminente –, témoignages sur les apparitions de fantômes et lectures sur le paranormal, elle apporte dans cette aventure particulière un regard différent. Ouvrir le champ des possibles par l'imagination pour laisser la réponse à cette éternelle question à l'interprétation de chacun avec, peut-être, un petit plus. La nuit de ma mort est le quatrième roman de l'auteure.

Chapitre 1 No.1

Àma sœur, Véronique Keatley qui a toujours cru en moi.

I

C'est arrivé

Je n'ai pas compris ce qui s'est passé. Tout est allé tellement vite. En une fraction de seconde, ma vie a basculé dans les obscurs sentiers du trépas.

Il devait être aux alentours de minuit, je rentrais chez moi en empruntant une route sur laquelle je ne circulais jamais entre Satigny et Ferney-Voltaire. J'étais épuisé. J'avais passé une bonne partie de la journée et de la soirée chez des gens pour prendre des mesures sur les esprits occupant leur maison. Drôle d'histoire, j'y reviendrai.

Je n'ai pas vu ce renard ou cette biche courir sur la chaussée devant ma voiture. La nuit était sombre, je venais de quitter le tunnel qui traversait une partie de la forêt. Les arbres qui la bordaient filtraient toute source de lumière, seuls les phares de ma voiture me guidaient. J'étais seul. D'ailleurs, je ne me souviens pas si l'animal a survécu ou non. Je ne l'ai jamais revu.

Étrangement, je ne me rappelle pas non plus la douleur, non aucune souffrance. Mais cette singulière sensation de rêver, d'être somnolent. Je suis resté à côté de mon corps, observant les secours s'affairer autour de ma voiture, la désincarcérant comme on éventre une épave. Les cris, le bal des gyrophares, les bruits du métal, tout ceci me concernait, mais aussi bizarre que cela puisse paraître, je ne réalisais pas la gravité de la chose.

Il paraît que le cerveau coupe l'analyse des chocs et qu'il fuit tout ce qui a trait à sa propre mort. Un individu ne peut pas penser de manière saine à sa disparition. Il peut l'envisager et la comprendre pour les autres, mais pas pour lui-même. Je me rappelle avoir lu cela dans un article d'une revue scientifique. C'est passionnant ce que le corps humain est capable de faire.

Ce qui ressemble le plus à ce que je peux vous décrire, c'est que la réalité dans la mort est proche des images que l'on regarde sur les écrans. Tout semble être en deux dimensions. Mais à bien y réfléchir, je pense que c'est parce que la personne morte se trouve elle-même dans une dimension supérieure à celle des vivants. Un filtre de plus, juste un !

Puis, je me suis retrouvé dans l'ambulance, j'étais l'ambulance, je regardais mon enveloppe charnelle qui était déjà recouverte d'un drap blanc. Je ne voyais pas mon visage. J'écoutais le personnel soignant qui discutait à voix basse, j'étais avec eux, j'étais entre eux. Je n'étais pas triste, je n'ai pas pensé une seconde à la suite, je n'avais plus peur. Comment suis-je arrivé à accompagner ma dépouille à la morgue ? Aucune idée. Sans doute de la téléportation, comme dans les films de science-fiction. Dans le monde des morts, il suffit de penser à l'endroit où l'on veut se rendre pour s'y trouver ; c'est instantané. Le temps n'existe pas, cette notion disparaît et on ne le réalise pas tout de suite. On continue à se fier à ce repaire, mais il n'est plus tangible.

En revanche, il me semble avoir assez vite intégré que j'étais mort. Il n'y a pas eu de lumière ni de « tunnel » ; pas tout de suite en tout cas, comme dans les documentaires sur les expériences 1de mort imminente que j'avais pu voir. Il s'est passé quelque chose de similaire, mais après ma mise en terre.

Les jours qui ont suivi mon décès, je me suis baladé au gré de mes envies, j'ai expérimenté cette facilité de déplacement et m'en suis délecté. C'est comme dans les rêves, ceux où l'on vole, sauf que c'est réel. C'est une liberté, une joie permanente. J'en ai profité pour rendre visite aux personnes que j'avais connues dans ma vie, je voulais savoir si ma disparition les touchait. Par contre, j'ai mis plus de temps pour me confronter à mes proches, je n'étais pas prêt à être face à leur tristesse ni à ressentir cette douleur. J'avais peur de la vivre et qu'elle me ramène dans cette réalité que je fuyais.

J'ai revu ma famille le jour de mes obsèques, mais je ne suis pas resté. À la place, je suis allé rendre visite à celle que j'avais quitté le soir de mon accident, car je voulais des réponses. Je savais que ces personnes souffraient de phénomènes paranormaux et que des fantômes, soit des âmes comme moi – du moins je le supposais – s'y trouvaient.

Ma surprise fut une déception.

J'ai erré dans cette maison, j'ai essayé de toucher des objets, de déplacer des meubles, d'appeler à l'aide, mais en vain. Je suis simplement resté là, constatant mon impuissance à me faire entendre et remarquer. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé.

Il me semble que cette période de solitude et d'apprentissage a dû durer trois semaines. Ce qui me permet de me rappeler ceci, ce sont les dates. Ma mort est arrivée fin février, le 25. Je m'en souviens, car il faisait froid, et la neige était tombée quelques jours auparavant. Mon enterrement est intervenu une semaine après. Puis, il me semble me souvenir de ma première rencontre avec un autre défunt, le 10 mars.

J'ai cherché mes semblables partout où je pensais les trouver. Je suis retourné au cimetière, à l'hôpital, dans les églises. Je me suis rendu sur des lieux d'accident. Personne, pas âmes qui vivent. Quelle ironie.

Finalement, j'ai croisé Marie en vieille ville de Genève, assise sur un banc à attendre le bus. J'ai su qu'elle était un fantôme quand j'ai vu quelqu'un s'assoir sur elle, la faisant disparaître comme un hologramme. J'ai attendu que le vivant s'en aille pour m'approcher.

Elle semblait être là depuis longtemps. Sa tenue vestimentaire rappelait celle de la belle époque des années 30. Sa coiffure remontée en chignon épinglé sous un chapeau ne laissait pas de doute sur son temps.

Ne sachant comment l'aborder, j'ai voulu commencer par me présenter et là, ce fut le blanc.

Planté devant Marie, elle me regardait sans vraiment me voir, puis elle me parla.

- Vous êtes nouveau n'est-ce pas ?

Et vous ne savez plus comment on vous nommait.

- Oui en effet.

- Dans ce cas, il n'y a qu'une chose à faire, cher Monsieur, vous rendre là où l'on vous a mis.

Les cimetières ne sont pas là uniquement pour que les vivants se souviennent des morts, mais aussi pour que les morts se rappellent qui ils ont été.

Certes, ils sont vides, mais il n'en demeure pas moins qu'ils restent des lieux de passage...

En un clignement de paupières, nous nous retrouvâmes à côté de ma pierre tombale au cimetière Saint-Georges. Elle pointa du doigt.

« Christophe Meyer, 1980 – 2020 »

En me regardant d'un sourire plein de douceur et de compassion, la vieille femme me salua.

- Enchantée, M. Meyer.

Je me nomme Marie Von Hart.

Venez ! Je vais vous montrer, mon corps se trouve de l'autre côté de la parcelle.

Sa stèle était là depuis plusieurs décennies, l'érosion avait fait son travail et les ravages du temps s'étaient inexorablement attaqués à la décrépitude de la pierre. Cependant, je pouvais encore distinguer de faibles écritures sous la mousse et les feuilles mortes.

« À notre bien-aimée mère et épouse, Marie Von Hart, née Gaillard, 1877 – 1929 ».

- Je peux vous poser une question ?

Pourquoi êtes-vous encore sur Terre ? Il n'y a donc pas d'issue, nous sommes bloqués ici, où sont les autres ?

Marie, le regard perdu dans le vague, ne me répondit pas immédiatement.

- Chaque histoire est différente. Je suis restée ici pour attendre mon mari, mais quand son tour fut venu, je n'étais pas à ses côtés. Il est parti sans moi et je ne me suis pas pardonné de l'avoir manqué. Puis, je suis restée pour attendre ma fille. Mais elle a mis fin à ses jours. Les suicidés ne passent pas par la case fantôme. La sanction pour eux est l'expiation. Ils demeurent dans le purgatoire pour apprendre de leurs actes. Ils sont considérés comme de mauvais élèves. Ils demeurent dans une autre dimension, le temps d'apprendre de leurs erreurs. C'est un autre chemin.

- Mais pourquoi rester si vous n'avez plus de raison d'être là ?

- Oh, mais je voyage mon ami. Le temps n'est qu'illusion pour nous.

En me regardant, Marie me sourit puis s'évapora dans le crépuscule.

Seul, posté à côté de cette pierre, l'unique personne avec laquelle j'avais été en mesure de communiquer me laissa sans réponse.

Étrangement, aucune anxiété ne vint me tirailler, j'observais ce champ de mausolées à l'affût d'autres spectres qui, comme moi, seraient en quête d'explications.

En m'approchant du portail, je fis ma seconde rencontre. Un homme d'une cinquantaine d'années vêtu d'un costume militaire et coiffé d'une casquette m'interpella bruyamment.

- Meyer Christophe ?

- Oui, à qui ai-je l'honneur ?

- Sergent Pelet pour vous servir.

Marie vous a amené ici et je prends le relai. Suivez-moi, l'instruction va commencer dans quelques minutes.

- L'instruction ? Quelle instruction ?

Le gradé fit mine d'ignorer ma question et, flottant au milieu de ce champ de repos, me guida sans que je comprenne comment, dans un immense hall industriel grouillant d'ectoplasmes de toute nature.

Un personnage s'adressa à nous par télépathie. Jamais je n'avais connu une telle expérience. Sans que je puisse le réaliser pleinement, cette étrange sensation s'était imposée à moi. Si je tente de l'expliquer, c'est comme des pensées qui viennent s'immiscer dans votre imaginaire, mais par le biais d'un narrateur externe. À ce jour, je ne sais toujours pas qui a communiqué avec moi. Dieu ? Un être de lumière, ou un extraterrestre ?

Tout est allé tellement vite, on ne peut pas apprécier l'événement. Quand j'en parle et j'y pense, c'est comme retenir un nuage avec un filet. Il s'évapore, il disparaît. Tout ceci paraissait extrêmement logique et fluide. Il ne m'en reste qu'un souvenir bref et instantané.

En substance, j'ai compris que nous étions réunis pour nous rendre dans l'autre monde, que les guides viendraient chercher chacun d'entre nous. Mais je suis resté à quai. J'ai vu une sorte de tunnel, j'ai vu la lumière, mais j'ai refusé de suivre ce chemin. Je sentais que je devais rester sur Terre. Quelque chose manquait.

Je devais poursuivre mon travail dans une vie parallèle.

Lors de ma mort, j'ai perdu tous mes repères, mon identité, mes connaissances. En voyant mon nom gravé sur le marbre, une partie de mes souvenirs est revenue. Mais c'est quand j'ai rencontré mon guide que les choses se sont enfin éclairées.

Après avoir refusé de prendre le passage, un « ange », qui s'est présenté à moi sous le patronyme de « Vic », m'a expliqué qui j'étais et pourquoi il était préférable que je reste encore un peu sur Terre.

Je me suis souvenu de ma vie humaine. Depuis mon adolescence, je chassais les fantômes. Je visitais tous les lieux abandonnés chargés d'histoires. Je ressentais les énergies et cela me fascinait, voire m'obsédait. J'ai suivi une formation universitaire en histoire et en biologie. Puis, j'ai continué mes recherches dans le paranormal où j'ai rencontré des scientifiques qui, tout comme moi, étaient déterminés à percer le mystère de la vie après la mort. Je me suis remémoré les prénoms de deux de mes amis : Yves et Frédéric.

Des flashbacks de nos aventures m'ont été remémorés. Comme les scènes d'un film qui ont été choisies, ciblées ; des piqures de rappel en quelque sorte.

J'ai cru comprendre au travers de ces souvenirs que ma mission en tant que chasseur de fantômes devait continuer dans l'au-delà pour aider l'humanité à comprendre la mort et en percer son mystère

Je devais trouver le moyen de communiquer avec les vivants. Après m'être retrouvé seul dans cet étrange hall d'usine. Je me rendis chez Yves. Je savais que mon ami ingénieur aurait tout l'attirail me permettant de lui parler.

Fort de cette idée, j'atterris au centre de son labo. Il ne s'y trouvait pas

Je me mis à observer la pièce. Des câbles, des ordinateurs, des appareils de mesures, des enregistreurs numériques, des radios, une planche Ouija, des caméras et des lampes infrarouges étaient soigneusement rangés. Sur son bureau, un article de presse parlant de mon accident était étalé, une tasse de café posée dessus. À côté de son ordinateur principal, une photo de nous avec Frédéric que nous avions prise lors de notre première mission. Je me suis surpris à ressentir une émotion de tristesse et de mélancolie. Je ne pensais pas qu'en étant devenu fantôme de tels sentiments me seraient encore donnés. Les stigmates de cette première aventure revenaient en un éclair, les rires et les voix se firent entendre, je revivais chaque moment, je voyais la maison, je sentais l'odeur de moisi, je ressentais la chaleur étouffante de cet été qui imprégnait l'intérieur de cette bâtisse. Comme si cette séquence de vie était mon présent. Après cette étrange parenthèse temporelle, les mots de Marie me firent échos. « Le temps n'est qu'illusion». Je vivais une expérience quantique sans que je ne puisse l'expliquer rationnellement. Frustré, ce que j'aurais voulu absolument décrypter et analyser, si j'avais vécu un tel événement vivant, s'évanouit comme un rêve au réveil.

En attendant Yves, je me suis exercé à toucher les objets qui habillaient la pièce. D'abord, je tentais de déplacer une photo, puis d'attraper un crayon. Rien. Mes mains traversaient chaque bibelot et j'en ressentais leur structure moléculaire. Je compris, là également, de manière complètement intuitive que l'énergie qui constituait la matière n'était plus la même que la mienne.

Il fallait que je trouve un moyen pour modifier mon carburant spectral pour entrer en interaction avec les sens de ce monde. Mon ancien univers.

Peu à peu, je réalisais à quel point il était difficile, voire impossible, de communiquer avec les humains.

Je me mis à la place des fantômes que j'avais pourchassés toute ma vie. Sans doute que la plupart d'entre eux entraient en contact avec les vivants de manière involontaire. Comment pouvaient-ils maîtriser leur énergie ? Nous avaient-ils observés ? Avons-nous réellement pu entrer en contact avec eux ? Je me mis à remettre en question toutes mes expériences, même les plus folles.

Cependant, j'étais intimement persuadé qu'Yves et Frédéric devaient essayer avec moi ! Peut-être l'avaient-ils déjà envisagé ?

La nuit était tombée, j'avais passé ma journée, enfin c'est ce que j'imaginais, à attendre mon ami chez lui. Par moment, en tant qu'ectoplasme, j'ai des absences. Je pars, je me déconnecte. Mais je ne sais absolument pas où je suis. Rester sur terre est un acte très gourmand. Est-ce que ces absences sont une sorte de sommeil ?

Yves arriva enfin, en regardant la montre de la cuisine, il était 22 heures 30. Je l'observais depuis le fauteuil du salon et je me mis à l'appeler. C'était la première fois que je fis l'effort de prononcer des mots. Car le langage se fait uniquement par la pensée dans le monde des morts. On ne réfléchit absolument pas à notre manière de communiquer.

Ma propre voix me surprit. Je l'appelais dans le vide. Je me mis ensuite à un parler plus fort, toujours aucune réaction. Puis, je hurlais son prénom au milieu de son salon. Il tourna la tête, il avait entendu quelque chose. Je recommençai.

- Yves !

Ce dernier, qui avait allumé la radio, l'éteignit. Il demeura dans le silence à l'affût du moindre bruit.

Je l'appelai à nouveau. Contemplant mon ami, je vis son visage s'illuminer, m'avait-il entendu ?

- Christophe ? C'est toi ?

Fou de joie, j'aurais pu en pleurer. Mais cette sensation disparut comme un souvenir. Je crois que le fait d'être décédé, par moment, c'est comme une personne qui est amputée d'un membre. Son cerveau se rappelle des sensations, alors que la jambe n'est plus. Mais un esprit n'a plus de corps, plus de cerveau non plus. Nous ne sommes que le produit de notre propre imagination et de notre conscience. Apprendre à vivre, si j'ose m'exprimer ainsi, en tant que spectre, n'est pas une mince affaire.

Premièrement, notre identité physique disparaît, notre corps ne nous appartient plus. Nous n'avons plus aucune prise sur quoi que ce soit, nous flottons dans une atmosphère sans oxygène, plus d'apesanteur, comme dans l'espace en quelque sorte. Nous traversons tout, nous ne sommes qu'énergie. Un concentré d'énergie telles de minuscules supernovas ayant implosé sur elles-mêmes. Aucun sentiment de lourdeur, plus de limites. Intégrer toutes ces nouvelles données prend du temps. Après l'exaltation de la découverte, il y a l'apprivoisement et l'apprentissage. Cependant, nous sommes tout de même attirés par une sorte de force. Au début, je ne comprenais pas ce que c'était, je pourrais les décrire comme étant semblables à la force magnétique des aimants. Les pôles positifs et négatifs positionnés de telle manière à nous attirer ou nous expulser.

Soudain, je me rappelais nos dernières découvertes. L'énergie nucléaire, bien qu'extrêmement dangereuse, était notre solution pour enfin entrer en contact avec les défunts. En effet, nous suivions de près les découvertes sur le boson de Higgs, communément appelé « particule de Dieu » et son influence sur l'énergie électromagnétique et nucléaire. Cet élément était pour nous la clé qui nous permettrait de faire le lien entre les énergies des mondes qui nous entourent et qui sont inaccessibles à la constitution humaine.

Frédéric s'était procuré des coupes et des vases en ouraline2. Datant du XIXesiècle, ces derniers dégageaient une petite quantité de radioactivité grâce à l'uranium dont ils étaient constitués et, avec laquelle nous avions bon espoir de pouvoir attirer et communiquer avec les esprits. L'idée d'Yves était de combiner les objets en verre d'ouraline avec d'autres sources électroniques, pour créer un une sorte de catalyseur à spectre.

Nous n'avions cependant pas encore pu tester ce projet. Fred s'était longuement renseigné sur les propriétés de l'ouraline et les raisons pour lesquelles on avait jugé opportun d'intégrer de l'uranium dans du verre. Selon la théorie, cet élément avait pour but de renforcer le verre et lui permettre de supporter des températures très élevées, par ailleurs cela lui donnait des couleurs étranges et variées et conférait au verre une brillance sans égal. Dans les années 1830, jusqu'en 1940, on donnait au verre d'ouraline des propriétés médicinales et il était régulièrement utilisé dans les cures thermales et autres thérapies. Ce n'est qu'après 1940 que la dangerosité de l'uranium a été confirmée

Étant mort, je me demandais quelles conséquences aurait ma constitution énergétique face à une infime, mais non des moindres, influence radioactive. Laissant mon ami, je me rendis immédiatement dans le labo et je trouvais le fameux coffret. En m'approchant de la boîte, je ressentis des électrochocs, comme si mon ectoplasme vibrait. Voulant en savoir davantage, je pénétrais dans la boîte. Mon étonnement fut tel, que ce que je m'apprête à exprimer est, je pense, l'une des expériences les plus dingues et bizarres que j'ai testées dans cette nouvelle forme de vie.

Quand je me suis retrouvé à l'intérieur de l'écrin, l'énergie que je dégageais se mit à devenir phosphorescente. Je me mis à distinguer les contours de ma forme spectrale. Je pouvais me moduler à souhait. Il n'y avait aucune limite. Avec la couleur et la brillance que je dégageais, je voyais comme de mon vivant.

Je sortis du coffre et je constatai que la lumière de mon énergie demeurait. Je continuais de briller comme une étoile au milieu du labo. J'étais chargé comme une batterie sortant de charge.

Nous avions eu l'idée du siècle. Cela marchait ! J'étais persuadé que mes amis allaient non seulement m'entendre, mais également me voir.

Fort de mes convictions, je me transportai immédiatement au salon. La lumière était éteinte et plus personne n'était assis sur le canapé. Cherchant du regard une horloge, il était 3 heures du matin

Encore une fois, la notion du temps terrestre m'avait échappé. Dans mon esprit, je n'étais parti qu'une poignée de minutes. Seul dans la maison, je sentis un immense abattement et un désespoir m'envahir.

Je n'appartenais plus à ce monde.

Mes idées, mon identité tout disparaissait inexorablement, je devenais un souvenir, même pour moi.

Il fallait que je me raccroche à ma source. Je n'étais jamais retourné chez moi depuis mon décès. Je ne savais pas ce qu'il était advenu de mes affaires et de mon logement.

J'aurais aimé marcher ce matin-là, j'aurais aimé sentir l'odeur de l'humidité vivifier mes narines. J'aurais tant aimé respirer. L'euphorie que j'avais éprouvée en découvrant ces nouvelles facultés dans la mort était retombée comme un soufflé. La vie me manquait.

Pourquoi n'avais-je pas pu éviter cette bête qui avait surgi de nulle part cette fameuse nuit, pourquoi avait-il fallu que ma mort arrive à ce moment-là. Je repassais le film de mon accident dans mes pensées, je revoyais les arbres défiler à la lumière des phares de ma voiture, je revivais cette fatigue, les émotions que j'avais vécues avec cette famille remplie d'angoisse et de peur. J'analysais chacune de mes paroles et de mes réflexions, je réalisais à quel point je n'étais absolument pas concentré sur mon trajet. La colère, la tristesse et l'angoisse liées à cet événement sur lequel je n'avais eu aucun contrôle me ramenèrent instantanément dans cette forêt. Brusquement dans la pénombre, les phares d'une voiture se firent apercevoir au travers des branches. Je me postai au bord de la route.

De l'autre côté de l'asphalte, je crus entendre des bruits de pas et des craquements de branche. La voiture arrivait. J'espérais que l'animal n'allait pas bondir au milieu de la chaussée et causer un accident identique au mien.

Pris de panique, je courus pour traverser la route et chasser cette bestiole.

Au même moment, je vis le véhicule se rapprocher et freiner sans pouvoir s'arrêter. Il finit sa course en s'encastrant dans le sapin juste à côté de moi.

Je n'en croyais pas mes yeux. Cette voiture ne m'était pas inconnue. C'était la mienne.

*

Continuer

Autres livres par promotion

Voir plus

Inspirés de vos vus

L'infirmière fugitive : Les remords du Roi de la Mafia

L'infirmière fugitive : Les remords du Roi de la Mafia

Salom
5.0

Pendant sept ans, j'ai été les yeux de Dante Costello, le Parrain aveugle de Marseille. Je l'ai arraché au bord de la folie, soignant ses blessures et chauffant son lit quand tous les autres l'avaient abandonné. Mais à l'instant où il a recouvré la vue, ces années de dévotion ont été réduites en cendres. En un seul appel, il a décidé d'épouser Sofia Moretti pour un territoire, me balayant d'un revers de main comme « la fille de la femme de ménage » et un « réconfort » qu'il comptait garder comme maîtresse. Il m'a forcée à le regarder la courtiser. Lors d'un gala, quand un accident chaotique a fait voler en éclats une tour de verres à champagne, Dante s'est jeté sur Sofia pour la protéger. Il m'a laissée là, debout, saignant à cause des éclats de verre, pendant qu'il l'emportait comme si elle était de porcelaine. Il n'a même pas jeté un regard en arrière vers la femme qui lui avait sauvé la vie. J'ai compris à ce moment-là que j'avais vénéré un dieu brisé. Je lui avais donné ma dignité, pour qu'il me traite comme un simple pansement jetable maintenant qu'il était guéri. Il croyait avec arrogance que je resterais dans l'attique, reconnaissante de recevoir ses miettes. Alors, pendant qu'il célébrait ses fiançailles, j'ai rencontré sa mère. J'ai signé l'accord de départ pour cinquante millions d'euros. J'ai fait mes valises, effacé mon téléphone et pris un aller simple pour l'Australie. Le temps que Dante rentre dans un lit vide, réalise son erreur et commence à mettre la ville à feu et à sang pour me retrouver, j'étais déjà un fantôme.

Obsédé par l'ex-femme qui m'a défié

Obsédé par l'ex-femme qui m'a défié

Dragon
5.0

J'ai passé trois ans à soigner Jadon Slater dans l'ombre, l'homme que j'ai arraché à la mort dans un bunker glacial alors que tout le monde l'avait abandonné. Pour la haute société de Manhattan, je ne suis que sa femme "White Trash", une erreur de casting épousée par pitié pendant son coma, une simple tache sur son empire de milliardaire. Lors de son gala d'anniversaire, le masque est tombé brutalement. Jadon a accueilli Cordia, une ballerine manipulatrice, comme sa véritable sauveuse sous les projecteurs. Je les ai surpris sur la terrasse, et ses mots ont agi comme un poignard dans mon cœur : "Camille n'est qu'une décoration temporaire, un contrat légal. Elle ne signifie absolument rien pour moi." Humiliée par les invités et aspergée de vin par une comtesse sans que Jadon ne lève le petit doigt, j'ai réalisé que ma dévotion n'avait servi qu'à nourrir son mépris. Il a oublié la fille qui filtrait l'eau de pluie à travers sa propre chemise pour le maintenir en vie dans ce trou à rats. Il ne voit plus que le prestige de Cordia, l'imposture qui a volé mon histoire pendant que j'encaissais ses silences glacials. Quand j'ai posé l'accord de divorce et mon alliance sur son bureau, il a cru que je bluffais pour attirer son attention. Il était persuadé que sans son nom et sa fortune, je ne serais qu'une gamine sans éducation condamnée à retourner dans sa caravane. Pour lui, j'étais une chose fragile qu'il pouvait briser et jeter selon son bon plaisir. Comment a-t-il pu oublier la chaleur de mon corps contre le sien dans l'obscurité du bunker ? Pourquoi a-t-il choisi de croire au mensonge parfait de la princesse plutôt qu'à la vérité de celle qui a tout sacrifié ? La douleur s'est transformée en une rage froide, et cette fois, je ne compte pas me laisser effacer de l'histoire. Jadon ignore pourtant deux détails cruciaux : je suis "W", le hacker le plus redoutable de la planète, et le "Dr. C", la chirurgienne d'élite qu'il tente désespérément de recruter à prix d'or. J'ai repris mon identité secrète, j'ai saisi sa carte de crédit illimitée et j'ai commandé la robe la plus provocante de Manhattan. Je l'ai retrouvé dans son club privé, je l'ai défié du regard devant ses pairs et je lui ai asséné une gifle monumentale qui a fait le tour des réseaux sociaux en quelques secondes. "Cette gifle, c'est pour les trois années de solitude. Je ne suis plus ta femme, Jadon, je suis ton pire cauchemar." Désormais, je ne serai plus l'épouse invisible. Je vais démanteler son empire pièce par pièce, et il ne s'en rendra compte que lorsqu'il sera déjà trop tard.

Renaissance de la femme adultère

Renaissance de la femme adultère

Honey Goldfish
5.0

Sarah Dans ma première vie, j'ai trahi mon mari et renié toutes les valeurs que mon père m'avait enseignées. Je détestais l'homme que mon père avait choisi pour moi. J'étais prête à tout pour divorcer, même à traîner son nom et aussi le mien dans la boue. Dans ma première vie, j'ai fait confiance aux mauvaises personnes. Je prenais mes ennemis pour des amis et l'homme dont je m'étais entichée n'était en fait qu'un menteur, un voleur, un tricheur! Dans ma première vie, j'ai tout perdu. Mon héritage, la compagnie que mon père avait mis des années à construire... et même tous mes rêves se sont envolés en fumée! Tout ça pour quoi? À cause d'une obsession. Non! De mon infatuation! Dario Marconi ne méritait pas que je lui sacrifie toute ma vie. Je le découvris à mes dépens, le jour de ma mort! Ce n'est que dans mes derniers instants de vie que j'ai réalisé qu'un seul homme m'avait réellement aimée... au point de se sacrifier pour tenter de sauver ma vie, se jetant dans les flammes! Ses yeux bleu gris acier et l'expression de son visage au dernier instant, quand cet édifice en feu s'est effondré sur nous, me hanteront toujours. Damien Lockwood, si nous nous retrouvons dans notre prochaine vie, je te promets cette fois de t'aimer et de te chérir jusqu'à la fin de mes jours! Mais... qui aurait dit que la vie m'offrirait vraiment une seconde chance? Cette fois, je ne referai pas les mêmes erreurs. Cette fois... je vais me racheter du mal que j'ai fait à tous mes proches... et toi le premier, mon cher ex-mari! Bref, cette histoire est l'histoire secrète de la Renaissance d'une femme adultère.

Après l'Infidélité de Mon Mari, J'ai Rencontré Mon Véritable Amour Alpha

Après l'Infidélité de Mon Mari, J'ai Rencontré Mon Véritable Amour Alpha

PageProfit Studio
5.0

Avertissement : Ce livre contient un grand nombre de scènes très intenses réservées aux adultes ! "Regarde dans quel état tu es, ma petite louve", sa voix était basse et menaçante, comme du papier de verre frottant sur ma sensibilité. "Tu es devenue si humide juste à cause de ça ?" Puis il déposa un baiser ferme sur mes jointures. Merde ! Sa langue rugueuse glissait sur mes os fins de doigts, goûtant la sueur salée et la peur sur ma peau. Un frisson violent traversa tout mon corps. Un gémissement incontrôlable s'échappa de mes lèvres. "Ah. Sébastien." Je sentis mes cuisses se frotter l'une contre l'autre, ce satané réflexe trahissant qui serrait mon sexe si fort que je manquais de peu de jouir. Oui, c'est ça, pauvre petite folle désespérée. Je me maudissais dans ma tête. Il retourna ma main, son pouce appuyant avec force-presque douloureusement-sur la peau sensible à l'intérieur de mon poignet. Mon pouls battait là sous sa paume comme s'il devenait fou. "Ça bat si fort", murmura-t-il, son souffle chaud contre ma peau, "est-ce que ça bat pour moi, Séraphina ? Dis-le-moi." Puis il prit un de mes doigts dans sa foutue bouche chaude et humide. Oh mon Dieu. Sa langue rugueuse tourbillonnait, frottait, raclait la peau de mon doigt, une salive chaude imbibant chaque centimètre. Ses yeux ne me quittaient pas, me fixant comme une bête verrouillant sa proie. Il a d'abord sucé doucement, puis soudainement avec force. Quel rythme... Mon dieu, il baisait mon doigt avec sa bouche. "C'est ce que tu veux, Séraphina ? Utiliser ton doigt pour baiser ma bouche ?" Il relâcha mon doigt avec un bruit obscène, comprenant exactement mes pensées. "Imagine que c'est ma queue. Ça te plaît, ma petite louve impure ?" Mon dos s'arqua de manière incontrôlable, comme la pire des catins silencieusement invitante. Un gémissement brisé et honteux s'échappa de ma gorge. "Oui... tellement bon..." Mon parfum s'épaissit, une chaleur florale sauvage et un désir envahissant l'air, avalant les derniers lambeaux de ma raison. Je pouvais sentir sa maîtrise terrifiante craquer. Il voulait m'entendre gémir son nom à l'extase. Il voulait s'enfouir en moi jusqu'à ce que je ne ressente plus que ses coups violents. Il passa à mon majeur, lui accordant la même attention obscène et minutieuse. Sa langue tournoya sournoisement à la base, puis s'enfonça profondément, suçant avec force comme s'il goûtait le miel le plus doux. Merde ! Mes hanches se soulevèrent sans contrôle. Mon autre main s'enfonça dans le tapis, les jointures blanches, la vision se dissolvant dans la tempête de désir qui m'engloutissait entièrement. "J'ai besoin de toi... de remplir ma chatte, Sébastien." -- J'ai grandi en tant qu'humaine dans une meute de loups, mais ironiquement, je suis devenue la compagne de l'Alpha de la meute. Je pensais que j'allais parfaitement m'intégrer dans le monde des loups-jusqu'au jour où j'ai surpris mon compagnon Alpha en train de s'emberlificoter avec une autre louve sur le siège arrière d'une voiture. Avec des mains tremblantes, je l'ai piégé pour qu'il signe les papiers du divorce-jurant silencieusement de me venger. Mais ils ne se sont pas arrêtés. Sa mère a envoyé des brutes pour me détruire. Sa maîtresse a tenté de m'effacer. Même mes collègues voulaient se servir de moi. Cette nuit-là, j'ai failli perdre la vie. Jusqu'à ce que l'Alpha Sébastien me trouve-froid, impitoyable, incomparable. Il disait ne pas avoir besoin de compagne. Mais il me protégeait comme une compagne. Me touchait comme une compagne. Me regardait comme une compagne, comme si je lui appartenais déjà. J'ai essayé de résister à son approche. Je ne voulais pas refaire la même erreur deux fois. Les loups n'accepteraient jamais une compagne humaine. Mais chaque fois qu'il s'approchait de moi, chaque fois que ces mains brûlantes me cherchaient, j'avais toujours faim de lui-j'en voulais plus-cependant, j'avais fini avec les promesses. Jusqu'à ce que je découvre que mon passé n'était pas du tout simple-et que Sébastien avait ses propres raisons de s'approcher de moi -

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre