Le manifeste des ombres

Le manifeste des ombres

promotion

5.0
avis
15
Vues
31
Chapitres

Faire parler une Basque qui n'en a pas envie, c'est comme boire un médoc dans une bouteille que l'on a pas débouchée : la perspective est attrayante mais il n'y a pas grand-chose qui en sort. Le manifeste des ombres est le cheminement d'un journaliste de presse écrite qui, loin des projecteurs des plateaux télé et de ses condisciples ayant perdu leurs flammes pour servir la soupe à une ligne éditoriale dictée par la pensée commune, va découvrir au travers d'informations diffuses un schéma inquiétant. La vérité est toujours dans l'information, c'est ce que l'on y amène qui la corrompt. À PROPOS DE L'AUTEUR Persuadé qu'il était fait pour raconter des histoires, Jean-Philippe Bagur décide d'écrire. Analyste des systèmes d'information de formation, il se tourne naturellement vers l'énigme, le polar, où l'on distille l'information pour mieux la cacher, puis la révéler.

Chapitre 1 No.1

À Margaux et Louis

Préambule

Ils avaient passé la soirée à refaire le monde, sûrs de ce qu'ils en avaient compris.

Ils s'étaient donné rendez-vous dans le Petit-Bayonne, dans un vieux bar, qui pour un euro la sangria, avait permis à des générations d'étudiants bayonnais de s'enivrer de vin et d'avenir.

Ils parlaient fort, parfois trop vite, ils noircissaient la nappe de papier d'idées dont ils pensaient être les seuls dépositaires.

Il y avait Paul, François, Alexis, Louis et puis une copine dont ils n'avaient pas retenu le nom. Elle s'était jointe à eux, bien qu'elle ne fût pas étudiante. Elle avait juste été attirée par la fougue de leurs idées, par le feu de leur foi. Elle les avait écoutés toute la soirée, jusqu'à ce qu'ivres de leurs idées, ils décident que l'heure était

Elle ne les suivit pas, la fête était finie. Elle découpa un bout de nappe sur lequel l'un d'eux avait griffonné quelques lignes. Ce serait un souvenir comme un autre.

Chapitre 1

L'homme prenait un café et le soleil. Assis face à la Nive, il regardait s'écouler les eaux assagies par la plaine. Il scrutait son passé, n'y voyant pas d'avenir.

Il s'appelait Édouard Duroc, mais ses amis, taquins, l'appelaient Pierre.

Il était journaliste de la presse écrite, celle qu'il considérait comme la seule vraie presse, celle qui se donnait le temps de vérifier, de retoucher, d'être vraie. L'image peut mentir, pas les mots. C'était son motto. Pas mal de ses camarades de l'école de journalisme s'étaient orientés vers l'audiovisuel. Ils y avaient gagné en notoriété ce qu'ils avaient perdu en indépendance. Ils avaient oublié les analyses critiques, se contentant de la description d'images pas toujours sourcées ou circonstanciées. Un jour, un de leurs professeurs, un vieux grincheux adorable, patiné par des années de rédaction, leur avait fait voir un reportage télé. C'était un de ses reportages qui servent plus à boucher les trous qu'à apporter une information destinée à faire date. Les élèves s'étaient indignés que l'on puisse colporter de tels mensonges. Le professeur, un sourire narquois en coin, avait rétorqué que ce qui était dans le reportage était vrai.

- Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ? avait demandé un élève.

- C'est simple, c'est vrai parce que ça passe à la télé.

Une image, lorsqu'elle est commentée, devient la preuve évidente du commentaire que l'on fait dessus. Un journaliste de la presse écrite va devoir décrire, argumenter, démontrer son point de vue, là où un journaliste de la presse télévisuelle se contentera d'une image pour étayer ses propos. L'analyse face au péremptoire.

Il s'était donc orienté vers la presse écrite. Quand l'idéal est la recherche d'un absolu, le chemin devient tortueux. De fait, le sien avait été particulièrement compliqué.

Quand il était arrivé sur le marché de l'emploi, la presse écrite prenait de plein fouet l'émergence d'Internet. Les places se faisaient rares. À Paris, elles étaient chères et les grands journaux passaient au numérique. Il n'avait pas voulu faire la pige.

Alors il s'était rabattu sur la presse écrite régionale. Un journal de Bayonne, le Quotidien du Pays basque, lui avait offert d'intégrer son service politique qui, il le comprit très vite, se composait de son unique et inestimable personne. Mais il avait ce qu'il voulait, il était libre de ses écrits

Petit à petit, son côté dandy, un brin anarchiste, sa faculté à regarder au-delà des convenances avait fait de lui une figure du coin. Mais, dans le même temps, ses serres ne s'étaient pas émoussées. Il pouvait manger un jour dans une peña, avec un hobereau local et le descendre le lendemain dans une chronique au vitriol.

Dans le même temps, il voyait d'anciens condisciples, suant d'arrogance sous la chaleur des projecteurs des plateaux TV, servir la soupe à une ligne éditoriale dictée par la pensée populaire. Qu'étaient devenus ses amis avec lesquels ils refaisaient le monde dans sa chambre d'étudiant ? Où était passée leur flamme ? C'était Faust qui passe à la télé.

Jamais Édouard n'avait regretté ses choix. La vie, pour lui, s'écoulait lentement, au bord de la Nive, pas loin de la mer.

Il en était arrivé à un point où il avait du mal à s'éloigner des deux clochers de la Cathédrale de Bayonne.

Édouard reprit sa lecture. Comme chaque jour, il lisait la presse régionale et les quotidiens nationaux, plus pour connaître la doxa du moment que pour les nouvelles qu'elle apportait.

C'était sa revue de presse. Tout à l'heure, il irait au journal, pas pour la conférence de rédaction, il n'en avait trop rien à faire. Écouter ses collègues énumérer leurs articles définitifs sur la dernière réunion municipale de Saint Pierre d'Irrube ou sur la préparation de la fête du thon de Saint-Jean-de-Luz était pour lui du dernier ennui. Et puis, ça ferait plaisir à ses collègues qui, depuis longtemps, ne goûtaient plus ses commentaires et son ton de dandy désabusé.

Dans un des journaux, il trouva une brève sur un pauvre malheureux qui s'était fait brûler son Aston Martin à Bordeaux. Quiconque connaissait Édouard aurait parié sur une remarque acerbe ou ironique sur la vanité du propriétaire, mais, contre toute attente, il nota scrupuleusement sur son carnet la date, le lieu du vandalisme et les initiales du journaliste qui avait rapporté cette nouvelle. Car depuis quelque temps, des faits similaires avaient attiré son attention. Ils avaient eu lieu dans différentes régions de France, mais surtout au Pays basque dans un premier temps et dans le Sud-ouest, dans un second. Édouard se promit de fouiller un peu la chose.

Continuer

Autres livres par promotion

Voir plus

Inspirés de vos vus

Trahi par ma famille

Trahi par ma famille

plume de shadow
5.0

Tiffany Mayfield, atteinte d'un cancer en phase terminale, vit ses derniers instants à l'hôpital, lucide et résignée. En entendant par hasard une conversation entre son mari Shawn et leur fille Yuna, elle découvre leur indifférence glaciale et la place déjà occupée par la maîtresse de Shawn, Queena. Trente années de sacrifices, d'abnégation et d'amour silencieux s'effondrent brutalement. Au moment de mourir, Tiffany nourrit un profond regret : avoir tout donné pour une famille qui ne l'a jamais respectée. Contre toute attente, Tiffany se réveille en 2014, trente ans plus jeune, à l'époque où sa fille est encore enfant et où son mariage semble intact. Consciente d'avoir obtenu une seconde chance, elle décide de ne plus reproduire les erreurs de sa vie passée. Elle prend ses distances émotionnelles, refuse de se sacrifier pour son mari et commence à affirmer son autorité face à une fille capricieuse qu'elle avait autrefois trop gâtée. Cette nouvelle Tiffany n'agit plus par amour aveugle, mais par lucidité et contrôle. Peu à peu, elle élabore un plan clair : reprendre le pouvoir sur sa vie. Elle engage du personnel, retrouve son indépendance financière, renoue avec ses ambitions personnelles et prépare méthodiquement un divorce en rassemblant des preuves de l'infidélité de Shawn. Désormais, elle ne cherche ni l'amour ni la reconnaissance, mais la sécurité, la liberté et la revanche morale. Cette renaissance marque le début d'une reconstruction froide et déterminée, où Tiffany choisit enfin de vivre pour elle-même.

Ma sœur m'a volé mon compagnon, et je l'ai laissé faire

Ma sœur m'a volé mon compagnon, et je l'ai laissé faire

PageProfit Studio
5.0

« Ma sœur menace de prendre mon compagnon. Et je la laisse le garder. » Née sans louve, Séraphina est la honte de sa meute-jusqu'à ce qu'une nuit d'ivresse la laisse enceinte et mariée à Kieran, l'Alpha impitoyable qui n'a jamais voulu d'elle. Mais leur mariage d'une décennie n'était pas un conte de fées. Pendant dix ans, elle a enduré l'humiliation : pas de titre de Luna. Pas de marque de lien. Seulement des draps froids et des regards encore plus glacials. Lorsque sa sœur parfaite est revenue, Kieran a demandé le divorce le soir même. Et sa famille était ravie de voir son mariage brisé. Séraphina n'a pas combattu mais est partie en silence. Cependant, lorsque le danger a frappé, des vérités choquantes ont émergé : ☽ Cette nuit-là n'était pas un accident ☽ Son « défaut » est en réalité un don rare ☽ Et maintenant, chaque Alpha-inclus son ex-mari-voudra la revendiquer Tant pis, elle en a assez d'être possédée. *** Le grondement de Kieran vibrait à travers mes os alors qu'il me plaquait contre le mur. Sa chaleur transperçait les épaisseurs de tissu. « Tu penses que partir est aussi simple, Séraphina ? » Ses dents effleurèrent la peau intacte de ma gorge. « Tu es à moi. » Une paume brûlante glissa le long de ma cuisse. « Personne d'autre ne te touchera jamais. » « Tu as eu dix ans pour me revendiquer, Alpha. » Je découvris mes dents en un sourire. « C'est drôle comme tu te rappelles que je suis à toi... seulement quand je m'éloigne. »

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre