Le PDG Qui Ne Sourit Jamais

Le PDG Qui Ne Sourit Jamais

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Humiliée par son ex dans un ascenseur bondé, elle se retrouve quelques minutes plus tard face à Walker, son patron - l'homme le plus froid et le plus craint de toute l'entreprise. Toujours impeccable, toujours silencieux, toujours dangereux, Walker n'a jamais besoin de hausser la voix pour imposer sa loi. Elle sait que la moindre erreur pourrait lui coûter son travail. Elle sait aussi que Walker la voit, la juge... et peut-être la comprend mieux que quiconque. Entre son ex toxique, un bureau glacial et un PDG dont la présence fait trembler son cœur autant que ses mains, elle se retrouve prise dans une spirale où le pouvoir, la peur et le désir se mêlent dangereusement. Et elle est loin d'imaginer que Walker, derrière ses airs de tyran, cache quelque chose de bien plus troublant qu'une simple autorité.

Chapitre 1 Chapitre 1

Une envolée de frissons.

Comme une onde de choc qui se propage sur et sous ma peau. Une irradiation dans tout mon corps. Des poils presque invisibles qui se dressent sur ma nuque comme si on y soufflait le chaud et le froid à la fois. Mon pouls qui tape un peu plus fort dans les veines sur mes poignets. Un truc qui s'anime au fond de mes tripes, comme un petit animal sauvage qui se réveille, tapi dans l'obscurité, aussitôt prêt à bondir. Les fourmillements d'excitation dans les jambes. Le souffle un peu court. Le sang qui afflue partout, trop vite. Le cœur qui s'emballe comme si c'était chaque fois la première fois : elle me procure toujours le même effet. Ça ne fait que trois mois mais son cri a plus de pouvoir sur moi que celui de n'importe qui. J'arrête ce que je fais. Ce que je mange. Ce que j'écoute. Je lâche tout et je cours. Juste pour elle.

L'alarme de la caserne me fait le coup à chaque fois. C'est trop bon. J'adore ça.

J'entends ce son résonner dans mes oreilles longtemps après qu'il s'est tu. Je l'entends le soir, quand je ne suis plus de garde. Je l'entends parfois la nuit, ça me réveille et je saute sur mes pieds comme si j'étais appelé, alors que personne ne m'a rien demandé. Je me rendors en souriant comme un con heureux d'avoir trouvé sa voie. Le boulot qui lui colle à la peau.

Un comble, pour un mec qui ne savait pas quoi faire de sa vie jusqu'à 20 ans. Et qui passait surtout son temps à la gâcher.

C'est terminé.

À la caserne 95, l'alarme s'éteint et la voix féminine de la régulation égrène dans le haut-parleur les numéros d'engins réquisitionnés. Camion de pompiers. Escouade de sauvetage. Ambulance. Ceux qu'on appelle les soldats du feu bossent dans un autre bâtiment de la caserne. On se retrouve parfois en intervention mais on ne se fréquente pas vraiment. Sauf histoire de cœur ou de cul. Pareil avec l'autre équipe de secouristes avec laquelle on tourne pour enchaîner les gardes. Cette fois, c'est à nous. À moi de jouer.

Un coup d'œil à mon chef et son petit mouvement du menton me donne le top départ. En bon rookie, dernier arrivé, le bleu de la bande, je fais ce qu'on me demande. Si le commandant des services paramédicaux me dit de bouger : je bouge. Warren râle, comme d'habitude. Le chef n'aime pas trop mettre les mains dans le cambouis, mais cette fois, manque de personnel oblige, il doit venir aussi.

Le plus souvent, on part deux par deux. Si on est plus nombreux à être réquisitionnés, c'est qu'il doit y avoir des dégâts. Rafferty prend le volant. Bishop et Gibbs montent à l'arrière sur les strapontins et s'attachent. À l'avant, sur le siège passager, le chef Warren enclenche la sirène qui me vrille les tempes. Je grimpe en dernier à l'arrière et je claque la porte pendant que l'ambulance file déjà vers East Garfield Park. Le coup d'accélérateur me fait valser, je me cogne contre la vitre et Rafferty se marre.

– Problème d'équilibre, Cruz ? Tu devrais penser à t'attacher.

Je lui souris.

– J'y songerai quand tu penseras à mettre tes lunettes pour conduire,vieux... Chef, juste pour savoir, on a encore le droit d'être au volant quand on devient presbyte ?

Raffy ne doit avoir que 35 ou 36 ans mais ici, il fait partie des anciens. Et il a déjà plus de sel que de poivre dans les cheveux. On se charrie tous, c'est le jeu. Leur petit bizutage ne me dérange pas. Et mon esprit, mon cœur, mon corps sont ailleurs. Déjà dans l'intervention.

La vitesse, l'adrénaline, la nouveauté, l'inconnu qui nous attend : tous ces ingrédients ajoutent encore des frissons aux frissons. Sous mon uniforme, tout vibre. Je ne suis que stimulation, euphorie, impatience, extase totale.

Si seulement une femme pouvait me faire le quart de cet effet-là.

Warren éteint la sirène, le trafic est fluide devant nous. Il coupe aussi sa radio accrochée à son épaule, qui était en train de répéter l'ordre de mission. Il a besoin d'un auditoire pour rager contre le système, ça faisait longtemps.

– Trois départs en six mois, vous y croyez, vous ? grogne le chef. Trois femmes ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ? Un congé maternité, deux démissions. Si tu fais ce job, tu évites les mômes et les burn out, non ? M'enfin, il paraît que ça se fait plus de dire ça.

– Il paraît, chef.

Rafferty acquiesce mollement, puis prend un virage sec qui m'écrase contre la paroi de l'ambulance. Clin d'œil dans le rétroviseur, ça l'amuse. Gibbs et Bishop sont au spectacle. Je leur présente mon plus beau doigt d'honneur... et je vois Bishop tiquer en direction de mes mains tatouées.

– Tes tatouages, Cruz. Enfile tes gants.

– « Les tatouages visibles sont tolérés chez les secouristes et les pompiers tant qu'ils ne sont pas offensants. » Je ne suis pas obligé de les cacher, même pour tes beaux yeux, Bishop. Tu veux que je te donne le numéro de page du manuel où tu es censé avoir appris ça ?

– Je préfère être en binôme avec un mec qui respecte les règles, pas quiles contourne. Ta coupe de cheveux en bordel, ça aussi c'est réglementaire, j'imagine ?

– Lâche-le un peu, tente Gibbs.

– Cruz peut se défendre tout seul, non ?

– Si ça te fait plaisir, soupiré-je. Mais donc, ta coupe en brosse, on peutaussi s'en servir pour les chiottes ou pas ?

Ça ricane dans l'ambulance – excepté le principal intéressé. On m'a collé Casey Bishop comme binôme à mon arrivée et on ne m'a pas franchement demandé mon avis. J'ai vite compris que ça n'allait pas coller entre lui et moi, mais c'est comme ça, je n'allais pas pleurnicher pour demander à changer. C'est juste que pour mes trois premiers mois de secouriste, j'aurais bien aimé bosser avec quelqu'un d'autre qu'un robot sans âme, qui n'aime rien de plus que suivre les règles à la lettre et obéir au chef.

– Tout ce que je vois, moi, continue Warren dans un grognement, c'estque je suis encore obligé de recruter des rookies qui ne savent rien faire, pour combler les trous. Et des filles par-dessus le marché, pour ces foutus quotas.

Tranquille, il poursuit son monologue sorti du Moyen Âge. Je pensais qu'être un homme noir l'empêcherait de s'en prendre à d'autres minorités. Mais on se trompe souvent sur les gens.

– On va encore m'envoyer n'importe qui, des gamines qui ont eu leurdiplôme de secouriste dans une pochette-surprise, des anciennes sur le retour qui ont fait une pause marmot ou qui auraient mieux fait de penser à une reconversion dans un joli petit bureau. M'enfin, on ne peut plus rien penser comme on veut, ces temps-ci. Et plus rien dire, ça va de soi.

Il est en boucle. À seulement 43 ans, mon supérieur a un peu de mal à raccrocher les wagons de l'évolution de la société. Et j'ai bien envie de lui répondre que pour un type qui ne peut plus rien dire, il en a déjà beaucoup dit. Mais je me la ferme. Je me concentre sur le job.

– Vous avez l'ordre de mission, chef ?

– Qu'est-ce que t'as, Cruz, tu trouves que je blablate trop, peut-être ? Tu nous dis si on te dérange là-derrière ?

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