Captive d'un Milliardaire

Captive d'un Milliardaire

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Valentine Cox n'est pas une femme ordinaire : héritière d'un empire de plusieurs milliards, elle pensait que l'argent la protégeait de tout. Jusqu'au jour où, prise en otage à Madagascar par des trafiquants, sa fortune devient à la fois sa seule chance de survie... et sa plus grande malédiction. Pour la ramener vivante, son père engage Nils Eriksen, un mercenaire froid, brutal, habitué à monnayer le danger. Leur rencontre, dans la poussière, le sang et la peur, fait s'entrechoquer deux mondes opposés : le luxe et la jungle, le contrôle et l'instinct, la princesse et le guerrier. Forcés de fuir ensemble, Valentine découvre que l'homme payé pour la sauver est aussi celui qui la déstabilise le plus. Derrière la violence et la rudesse, Nils cache une loyauté farouche et une force qui n'obéit pas à l'argent. Mais quand tout a un prix - la liberté, la protection, la vie - l'amour peut-il rester gratuit ? Entre poursuites, secrets, tension charnelle et affrontement avec un passé dominé par la richesse, Valentine devra choisir : rester la fille d'un milliardaire... ou devenir une femme libre, quitte à tout perdre.

Chapitre 1 Chapitre 1

Madagascar, côte Nord-Est, région d'Analanjirofo

Selon mes lointains cours de biologie, le corps humain est composé à 60 % d'eau ; pourtant, à cet instant précis, dans cette cabane en tôle avec cet homme fou furieux brandissant sa machette sous mon nez, je me sens sur le point de défier toutes les lois de la nature en me transformant en flaque à ses pieds. Au diable mes supposés 40 % de matière solide, j'ai une telle trouille que je suis en train de me liquéfier.

Recroquevillée sur le sol de terre battue, je glapis :

- Aïna ! Merde ! Donne-lui ce qu'il demande !

- Mais ils m'ont dé-dé-déjà tout pris ! répond en claquant des dents ma meilleure amie aux prises avec un jeune Malgache qui la secoue comme un shaker. Qu'est-ce que tu crois ? Que je planque une vidéo dans mon string ?

- Fais ce que tu veux avec ta lingerie mais débrouille-toi pour convaincre ces dingues !

- On n'a plus rien ! leur crie Aïna en malgache pour la énième fois depuis hier. Tout est sur la carte SD et la clé USB ! Vous avez tout ! Tout ! On n'a rien caché ailleurs ! Je le jure ! Les photos, les films ! Je n'ai plus aucune preuve contre vous !

Le type à la machette me hurle dessus en gesticulant vers elle, son arme danse sous mes yeux paniqués au rythme syncopé de ses invectives. Il parle un dialecte du sud, auquel je ne comprends rien, mais je n'ai pas besoin de dictionnaire pour deviner qu'il ne nous croit pas et qu'il n'est pas content. Mais alors pas content du tout.

- Sois plus convaincante ! piaillé-je en pédalant frénétiquement dans la poussière pour me soustraire au fil tranchant de la machette qui vient de passer à quelques centimètres de ma gorge.

- Je voudrais t'y voir ! répond-elle tandis qu'elle se débat contre le jeune Malgache qui la fouille brutalement. Et toi, vire tes sales pattes de là ! s'énerve-t-elle quand il glisse une main dans son short.

Je m'apprête à mourir dans d'atroces souffrances quand il insiste et qu'elle lui retourne une baffe à lui dévisser la tête.

Mais contre toute attente, la scène semble amuser son comparse, qui en oublie de vociférer et de me menacer, pour ne pas perdre une miette du spectacle. Le jeune ne lâche pas l'affaire pour autant, et Aïna a beau se débattre en feulant et griffant comme un chat sauvage, il n'y a pas un centimètre carré de son corps qu'il n'inspecte pas.

D'inquiétude, je me mords les lèvres jusqu'au sang ; même si le jeune ne paraît pas animé d'autre intention que de s'assurer qu'elle ne dissimule plus rien, un rien peut faire déraper la situation et nous basculer dans l'horreur. Aïna est jolie, c'est même une petite bombe, à mon humble avis, et aucun mec normalement constitué ne peut la toucher comme ça sans qu'il lui vienne des idées moralement condamnables. Je retiens mon souffle en priant toutes les divinités passées et présentes, de Zeus à Bouddha, de nous tirer de là fissa.

Indemnes, de préférence.

Quand la fouille s'achève, Aïna est dans un tel état de fureur qu'elle en a momentanément oublié sa peur, et le type est si égratigné de toutes parts qu'on le croirait sorti d'un roncier maléfique.

Cependant, il paraît satisfait de son inspection, et malgré le plaisir évident qu'il a pris à cette fouille poussée, il en reste là. Le gaillard à la machette met fin à notre interrogatoire, non sans m'avoir sèchement sommée de retourner mes poches à mon tour. Je m'exécute sans tergiverser, les mains et jambes tremblantes, et les deux affreux partent enfin en refermant derrière eux la porte branlante.

- Ouf ! soupiré-je en m'affalant mollement dans un coin de la cabane, comme si tous mes os avaient fondu. J'ai bien cru ma dernière heure arrivée.

- Pas trop de risque pour l'instant, répond Aïna en passant à l'anglais, afin de ne pas être comprise de nos geôliers qui, comme la plupart des Malgaches, entendent parfaitement le français mais beaucoup moins l'anglais.

Elle s'écroule à son tour à mes côtés, vidée de tout courage et de toute énergie maintenant qu'elle n'est plus portée par l'adrénaline. Ces types-là ne sont que des sousfifres, des pêcheurs, des paysans, embauchés pour les basses tâches ; ils n'ont aucun pouvoir de décision et ne peuvent pas se permettre de tuer des vazaha sans en avoir reçu l'ordre des barons, les chefs des trafiquants. Trucider des étrangers crée trop de problèmes avec les ambassades et c'est mauvais pour les relations diplomatiques.

Sûr qu'avec ma peau claire et mon accent à couper au couteau, on ne risque pas de me prendre pour une autochtone.

J'aurais « produit d'importation 100 % vazaha » tatoué sur le front que ce ne serait pas plus évident. Mais, si ma nationalité étrangère m'assure une certaine immunité, qu'en est-il d'Aïna, avec ses cheveux noirs tressés, sa belle peau caramel et ses yeux en amande typiquement malgaches ?

- Et toi alors ? m'inquiété-je.

- Moi, je suis née sous une bonne étoile, répond-elle en essayant de sourire. Il faudra bien que ça suffise.

- Blague à part, dis-je, évidemment pas rassurée pour autant. Que vont-ils faire de nous ?

- Il vaudrait mieux qu'on ne soit plus là quand les barons arriveront, avoue-t-elle après un silence. Ni moi, ni toi. Le trafic de bois de rose est très lucratif ; ils n'hésiteront pas à nous découper en morceaux et à faire brûler nos restes sur la plage s'ils nous soupçonnent d'avoir gardé la moindre preuve de leur commerce illégal.

- Tu déconnes ?! m'étranglé-je, à nouveau paniquée.

- J'en ai l'air ? demande-t-elle, mortellement sérieuse.

- Mais on ne tue pas des gens pour du bois !

- C'est une essence rare et précieuse... - Même !

- ... dont la contrebande rapporte des millions de dollars.

Beaucoup assassineraient pour moins que ça.

Regarde cette vieille à Brooklyn qui s'est fait poignarder le mois dernier.

C'était dans tous les journaux. Le mec qui l'a braquée a emporté son alliance et son porte-monnaie avec à peine 30 dollars dedans. Alors que le bois de rose, c'est garanti High profit, low risk, gros profit, petit risque, comme on dit dans le jargon du crime écologique.

C'est une forme de criminalité aussi rentable mais moins périlleuse que le trafic d'armes ou de drogue, elle a le vent en poupe. Ces barons ne vont pas laisser deux nanas réduire leur empire en miettes avec trois vidéos et quelques photos.

- Mais puisque tu leur as tout rendu !

Pas besoin de nous débiter en rondelles !

- On connaît les visages de leurs hommes, l'emplacement de leurs camps, de leurs lieux de coupe et le circuit des rondins. De plus, rien ne leur garantit qu'une fois en sécurité dans notre pays, on ne témoignera pas contre eux, même si on le leur jure sur la tête de notre cochon d'Inde.

- On n'a pas de cochon d'Inde, marmonné-je, soucieuse mais pas tout à fait hermétique à l'humour désespéré de mon amie.

- Raison de plus pour eux de ne pas nous croire, conclut-elle.

Chacune se perd à nouveau dans ses réflexions et le silence tombe sur la cabane. Il n'y a aucune fenêtre dans notre prison improvisée ; l'air est étouffant et la semiobscurité permanente me déprime. Je pense à mes parents, restés chez nous, en Californie, dans notre immense villa sécurisée et confortable, avec vue sur la baie de Santa Monica. Dire qu'ils me croient en train de photographier des lémuriens et manger du zébu au lait de coco... J'ai une furieuse envie de pleurer. Du bout du doigt, je trace des arabesques dans la poussière du sol ; des rayons de lumière percent à travers les tôles disjointes et s'invitent sur mes dessins. Aïna prend ma main et se rapproche jusqu'à se blottir contre moi.

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