Dans l'ombre des néons

Dans l'ombre des néons

promotion

5.0
avis
173
Vues
14
Chapitres

Un homme, seul, erre dans un hôtel perdu au temps d'hier, d'aujourd'hui et de demain à la fois. Dans les couloirs, les rencontres mystérieuses s'enchaînent. Les murs se déforment parfois tandis que le temps, illusoire, s'égrène sans interruption. Le cauchemar et le réel s'entremêlent de manière incontrôlée. Cet homme devient-il fou, ou est-il au cœur d'un dédale hostile, surnaturel ? Comment lutter contre les forces cauchemardesques qui tentent de s'échapper des profondeurs de l'esprit humain ? À PROPOS DE L'AUTEUR Étudiant en Master de Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, Thomas Frachey est également un sportif de haut niveau. Doué en langues étrangéres, en français en particulier, c'est donc logiquement qu'il décide de suivre un cursus littéraire au lycée. Passionné par le cinéma et la littérature, il a décidé de se lancer dans cette aventure littéraire qui ne fait que commencer.

Dans l'ombre des néons Chapitre 1 No.1

La ville qui comparait devant nous est en tous points semblable à n'importe quelle ville. La cohorte des passants inonde les rues, les véhicules se rangent les uns derrière les autres dans les embouteillages, à quoi s'ajoute la vie des commerces, orchestrant une formidable cacophonie assourdissante. Ce mélange forme un véritable « melting-pot » matériel et organique, où chaque personne et chaque chose se réduisent à une fonction, se placent dans un rang et se soumettent à des devoirs, sous peine d'être exclue ou de disparaître.

La vie est alors synonyme d'obligations, dictées par le temps qui tient et rend les Hommes esclaves de leurs vies. Les enfants doivent aller à l'école et obéir aux adultes, les adultes doivent travailler et se soumettre à leur hiérarchie, tandis que les personnes âgées sont désormais esclaves de leurs corps. En somme, c'est le temps qui prend inexorablement les hommes, tout en imposant un tempo particulier selon les périodes de la vie, pour diriger la société et la vie de chacun. Le temps définit le début et la fin de la journée, le début et la fin du travail, le début et la fin de la vie.

Dès lors, pouvoir prendre son temps est un privilège car l'espace d'un instant, l'Homme se libère du dictat temporel ; mieux encore, c'est lui qui le détient. C'est ce que nous faisons ici, en contemplant cette ville, où le temps ne sera plus qu'une illusion. En effet, nous ne faisons pas confiance au temps. Il se modifie comme bon lui semble, altérant la réalité en étant capable de s'accélérer de manière insaisissable ou au contraire, d'être d'une lenteur insoutenable. Par chance, le temps n'est ici ni notre allié ni notre adversaire. Il se contente de nous accompagner et se glisse à l'arrière-plan dans un rare moment de bonté.

Au loin, nous sommes alors happés par un halo timide qui s'échappe d'un hôtel. Quelconque, le bâtiment est posé là de manière banale, comme lassé du va-et-vient incessant de cette fourmilière humaine et mécanique. Autour de lui, brûlants d'impatience à l'idée de pouvoir concurrencer l'établissement maussade, les boutiques, hôtels et restaurants se sont ornés d'artifices en tous genres et se sont munis de leurs plus beaux apparats. La nuit tombée, les enseignes et les pancartes profitent de l'obscurité pour prendre vie. Luminescentes, pétillantes et scintillantes, elles s'éveillent et font danser les rues dans une frénésie de lumière permanente, tout en hurlant au monde leur existence. Encerclé au cœur d'un tourbillon et d'un déchaînement de feu, le petit hôtel est comme pris dans un étau, aveuglé et nu face à tant d'ardeur et de passion. Ses néons, plus ternes et moroses, peinent à se frayer un chemin à travers l'étincelante concurrence. La couleur rouge pâle qui émane de l'enseigne résiste, à bout de souffle, aux agressions avoisinantes et incarne une ardeur et une gloire d'antan. C'est précisément en observant cette façade agonisante que nous avons porté une attention particulière sur cet hôtel.

Elle est une impérissable mourante qui est à la fois l'âme et le témoin d'une époque que le temps veut effacer. Comme une oasis au milieu du désert, la présence de l'hôtel est de l'ordre d'un heureux inattendu, redonnant vie et espoir à un passé flamboyant. C'est pourtant dans cette quête d'une oasis que la vie d'un homme peut se transformer en mirage et être noyée dans l'infini. C'est ainsi qu'un être a pu se retrouver piégé dans une temporalité hypnotique, figé au temps d'hier, d'aujourd'hui et de demain à la fois, sans issue de secours.

Sur notre chemin, les Hommes se pressent machinalement dans les rues, bousculés par le temps qui ne leur laisse que peu de répit. Nous-mêmes sommes transportés par la marée humaine, qui nous entraîne de rue en rue dans un bourdonnement inaudible. Le spectacle lumineux des enseignes contraste avec la mine terne et assombrie de ses acteurs. Nous portons notre regard sur ces lumières qui prennent de haut les passants et les surplombent de leur éclat

Il est difficile pour les Hommes de rivaliser avec une pareille splendeur, de se faire connaître au monde avec une pareille virtuosité. Pourtant, à mesure que le jour se lèvera, les lumières tireront leur révérence une à une, avant de sombrer le jour, dans le calme et la banalité de l'oubli. Alors, par orgueil et puisque leur beauté est éphémère, les lampes, les ampoules et les néons s'unissent pour tenter de nous aveugler d'émerveillements. Nombreux sont alors les Hommes qui cèdent à la volonté luminescente, rentrant dans les bars, restaurants et boutiques. Ils y voient un refuge à leur vulnérabilité, un moyen de semer le temps ou au contraire un moyen de le rattraper. Le convoi humain se vide et se remplit, çà et là, au gré des enseignes, dans un flux perpétuel.

Nous tournons, lors d'une bifurcation, dans une rue identique aux précédentes, à la différence notoire que la foule a disparu. Seules les lumières hurlent encore dans le silence, en se réfléchissant sur les routes et les trottoirs déserts. Pourtant, plus faible et timide que toutes les autres, l'une d'entre elles se distingue de manière singulière. En levant le regard en direction du jet lumineux, notre attention se fixe une fois encore sur le bâtiment. Cette fois, nous nous sommes rapprochés, ses traits sont nets et nous percevons ses plus infimes détails. Le mot « Hôtel » est composé de néons autrefois écarlates, éclairant avec difficulté une façade d'acier sans véritable trait distinctif. L'enseigne orne le sommet de la structure et domine la rue. La hauteur du bâtiment est peu impressionnante, ridicule même, comparée aux colosses avoisinants qui semblent se prolonger infiniment vers le ciel. Les fenêtres semblent guetter et observer nos moindres faits et gestes dans l'ombre. Fermées, elles paraissent hostiles, les rideaux barricadant et empêchant toute intrusion dans les chambres. Nous les fuyons du regard et remarquons un porche gris, marqué par le tempsSur celui-ci, trône fièrement en son sommet, le mot « Casino », inscrit dans un rouge triste et résigné. Sous le porche, des ampoules pendent comme des stalactites de lumière, éclairant l'entrée du bâtiment. Bien que timides et vieillissantes, elles nous enveloppent de leur aura violacée, tout en nous invitant à pénétrer dans l'édifice.

Comme si elle guidait notre regard, la lumière fait alors apparaître, maladroitement stationnés de part et d'autre de l'entrée, deux pots rectangulaires dans lesquels sont emboîtés des buissons verts à la coupe ronde et millimétrée. Le contraste entre le réceptacle et son contenu donne à ces ornements une mine grotesque et pathétique dont la fonction est d'être les gardiens patauds de l'entrée. La brillance, qui nous paraît un court moment plus intense, semble alors vouloir nous attirer plus près de la porte encore, qui nous apparaît désormais distinctement.

Tout en largeur, elle est une étrange créature de verre et de bois, habillée d'un vitrail raffiné où se dessinent des motifs et des lignes informes, rappelant abstraitement les contours d'un arbre. Le bois vient sceller la grâce et la fragilité du verre, en y ajoutant sa touche de robustesse pour parfaire une porte harmonieuse et élégante. Cependant, dans sa grande pudeur, elle ne laisse rien entrevoir de ce qu'elle rescelle. Seule une timide et paisible luisance orangée émane du vitrail, pareille à l'aube naissante, et vient mourir à nos pieds. Ces rayonnements semblent ainsi, à leur tour, vouloir guider nos pas pour qu'inexorablement nous avancions. À présent en mesure de saisir la poignée, nous nous arrêtons un instant pour l'examiner. Celle-ci se distingue curieusement de l'harmonie générale de la porte. Prise verticale de tirage, la poignée d'un noir délavé rompt avec la poésie du vitrail et du bois par des lignes sévères et rigides. En fer, elle affiche sa confiance par une allure certaine et impassible, convaincue qu'elle est la pièce maîtresse de l'établissement. Depuis des années, il n'est pas un seul individu qui ne soit venu à sa rencontre, pas une seule personne qui n'ait été accueillie par elle. Au fil du temps, si les Hommes vont et viennent, la poignée, elle, demeure, s'imprégnant de leurs passages. Elle a vu défiler des hommes et des femmes aussi médiocres qu'exceptionnels, aussi honnêtes qu'hypocrites et aussi heureux qu'en désarroi, chacun laissant à son passage, une marque indélébile. Alors, face à elle, nous ressentons toute la prestance et la détermination dont elle est solidement armée, entêtée à remplir son rôle de toujours. Avant de la saisir, nous nous retournons une dernière fois pour contempler la rue muette, où dansent les rayons de lumière. Au moment d'entrer, comme leur mission accomplie, les ampoules rouges du porche se sont éteintes.

Continuer

Autres livres par promotion

Voir plus

Inspirés de vos vus

Ma Luna, Mon Enfant, Ma Malédiction

Ma Luna, Mon Enfant, Ma Malédiction

FLORA PLUME

Emely, héritière d'une puissante meute de loups-garous, se réveille un matin dans le lit de l'ennemi juré de son père : l'Alpha Valentin. Cette nuit sans souvenirs va bouleverser sa vie... car quelques semaines plus tard, elle découvre qu'elle est enceinte. Mais comment survivre quand on est une Luna sans compagnon, rejetée par sa famille, et porteuse de l'enfant d'un Alpha rival ? Chassée par son propre père, Emely donne naissance seule à Vennen, un bébé aux yeux dorés, preuve vivante de son lien avec Valentin. Pourtant, lorsque ce dernier apprend l'existence de l'enfant, il refuse de le reconnaître. Pourquoi un Alpha nierait-il son propre sang ? Est-ce la peur, l'orgueil... ou un secret plus sombre ? Livrée à la rue, méprisée par les siens, Emely lutte pour protéger son fils, même quand tout l'univers semble décidé à les détruire. Quand elle se retrouve enfin sur le territoire de Valentin, le destin frappe de nouveau : son âme sœur ne la reconnaît même pas... et la chasse comme une étrangère. Comment l'homme qui partage son âme peut-il la rejeter ? Et que se passera-t-il lorsqu'il découvrira que l'enfant qu'il repousse est son propre héritier ? Entre amour brisé, trahisons, instincts de loup et lien du sang, Emely devra choisir : disparaître... ou se battre pour que son fils ait une place dans ce monde impitoyable. Mais une Luna rejetée peut-elle défier deux meutes et le destin lui-même ?

Ma sœur m'a volé mon compagnon, et je l'ai laissé faire

Ma sœur m'a volé mon compagnon, et je l'ai laissé faire

PageProfit Studio

« Ma sœur menace de prendre mon compagnon. Et je la laisse le garder. » Née sans louve, Séraphina est la honte de sa meute-jusqu'à ce qu'une nuit d'ivresse la laisse enceinte et mariée à Kieran, l'Alpha impitoyable qui n'a jamais voulu d'elle. Mais leur mariage d'une décennie n'était pas un conte de fées. Pendant dix ans, elle a enduré l'humiliation : pas de titre de Luna. Pas de marque de lien. Seulement des draps froids et des regards encore plus glacials. Lorsque sa sœur parfaite est revenue, Kieran a demandé le divorce le soir même. Et sa famille était ravie de voir son mariage brisé. Séraphina n'a pas combattu mais est partie en silence. Cependant, lorsque le danger a frappé, des vérités choquantes ont émergé : ☽ Cette nuit-là n'était pas un accident ☽ Son « défaut » est en réalité un don rare ☽ Et maintenant, chaque Alpha-inclus son ex-mari-voudra la revendiquer Tant pis, elle en a assez d'être possédée. *** Le grondement de Kieran vibrait à travers mes os alors qu'il me plaquait contre le mur. Sa chaleur transperçait les épaisseurs de tissu. « Tu penses que partir est aussi simple, Séraphina ? » Ses dents effleurèrent la peau intacte de ma gorge. « Tu es à moi. » Une paume brûlante glissa le long de ma cuisse. « Personne d'autre ne te touchera jamais. » « Tu as eu dix ans pour me revendiquer, Alpha. » Je découvris mes dents en un sourire. « C'est drôle comme tu te rappelles que je suis à toi... seulement quand je m'éloigne. »

Brûlée par lui, elle renaît en étoile

Brûlée par lui, elle renaît en étoile

Just Fishn'

Je me suis réveillée dans une ambulance, l'odeur âcre de la fumée et de ma propre peau brûlée emplissant mes narines. L'ambulancier tentait désespérément de joindre mon mari, Julien-Marie, pour obtenir une autorisation médicale. Mais sur le petit écran de contrôle de l'ambulance, les informations en direct diffusaient une réalité brutale : mon mari n'était pas inquiet. Il était à Los Angeles, à des milliers de kilomètres, protégeant tendrement son « amie » Sereine des flashs des paparazzis, pendant que je manquais de mourir dans l'incendie de notre penthouse. Quand j'ai enfin réussi à l'avoir au téléphone, il a menti sans ciller. Il a prétendu être en réunion d'affaires urgente, alors que j'entendais distinctement la voix de Sereine se plaindre du service de leur hôtel en arrière-plan. Il a balayé mon traumatisme d'un revers de main, qualifiant l'incendie qui a failli me tuer de simple « accident de cuisine » dû à ma prétendue maladresse. Il pensait que j'étais piégée. Il me voyait comme une épouse trophée sans le sou, une femme docile qui devait le remercier pour chaque miette de sa fortune. Ce qu'il ignorait, c'est que je n'étais pas seulement sa femme décorative. J'étais « L'Architecte », le prête-plume le plus recherché et le plus riche d'Hollywood, cachant une fortune de vingt-quatre millions d'euros sur un compte secret. J'ai arraché ma perfusion, ignoré la douleur de mes brûlures et quitté l'hôpital sans me retourner. Le lendemain, il a reçu un virement de vingt millions d'euros avec pour seul libellé : « Remboursement pour 3 ans de gîte et de couvert. Nous sommes quittes. » Geneviève de Vancy est morte dans les flammes. C'est maintenant à l'actrice qu'il a tenté d'étouffer d'entrer en scène.

La Mariée trahie: Revendiquée par le frère

La Mariée trahie: Revendiquée par le frère

Viola

Je suis entrée dans la suite de l'hôtel avec les makis préférés de mon fiancé, pensant lui faire une surprise. Mais dans l'entrée en marbre, j'ai trébuché sur un escarpin à semelle rouge. C'était celui que j'avais aidé ma meilleure amie, Lila, à choisir la semaine dernière. La porte de la chambre était entrouverte. Julian était au lit avec elle. Quand Lila m'a aperçue dans l'entrebâillement, elle n'a pas paniqué. Au contraire, elle m'a lancé un sourire cruel et a enroulé ses jambes plus fort autour de lui, laissant échapper un gémissement théâtral juste pour m'achever. Le cœur en miettes, j'ai fui vers le dernier étage, dans le penthouse réservé à Grafton, le frère infirme et banni de Julian. Je pensais y trouver un refuge vide et sombre pour digérer la trahison, sachant que sans ce mariage, les soins médicaux de ma mère ne seraient plus payés. Mais dans l'obscurité, une main de fer m'a saisie. Grafton ne s'est pas contenté de me regarder depuis son fauteuil roulant. Il s'est levé. Il se tenait au-dessus de moi, immense, puissant et terrifiant. Il n'était pas infirme. Il m'a coincée contre la rambarde du balcon, menaçant de me jeter dans le vide pour avoir découvert son secret. La peur a laissé place à une froide résolution. Je possédais désormais une arme contre lui, et lui avait le pouvoir impitoyable que Julian n'aurait jamais. J'ai agrippé le poignet de ce prédateur qui feignait la faiblesse et j'ai proposé un échange : « Aidez-moi à détruire Julian et à faire saigner Lila, et je garderai votre secret. »

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre
Dans l'ombre des néons Dans l'ombre des néons promotion Horreur
“Un homme, seul, erre dans un hôtel perdu au temps d'hier, d'aujourd'hui et de demain à la fois. Dans les couloirs, les rencontres mystérieuses s'enchaînent. Les murs se déforment parfois tandis que le temps, illusoire, s'égrène sans interruption. Le cauchemar et le réel s'entremêlent de manière incontrôlée. Cet homme devient-il fou, ou est-il au cœur d'un dédale hostile, surnaturel ? Comment lutter contre les forces cauchemardesques qui tentent de s'échapper des profondeurs de l'esprit humain ? À PROPOS DE L'AUTEUR Étudiant en Master de Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, Thomas Frachey est également un sportif de haut niveau. Doué en langues étrangéres, en français en particulier, c'est donc logiquement qu'il décide de suivre un cursus littéraire au lycée. Passionné par le cinéma et la littérature, il a décidé de se lancer dans cette aventure littéraire qui ne fait que commencer.”
1

Chapitre 1 No.1

08/09/2021

2

Chapitre 2 No.2

08/09/2021

3

Chapitre 3 No.3

08/09/2021

4

Chapitre 4 No.4

08/09/2021

5

Chapitre 5 No.5

08/09/2021

6

Chapitre 6 No.6

08/09/2021

7

Chapitre 7 No.7

08/09/2021

8

Chapitre 8 No.8

08/09/2021

9

Chapitre 9 No.9

08/09/2021

10

Chapitre 10 No.10

08/09/2021

11

Chapitre 11 No.11

08/09/2021

12

Chapitre 12 No.12

08/09/2021

13

Chapitre 13 No.13

08/09/2021

14

Chapitre 14 No.14

08/09/2021