L'homme oublié

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Chapitres

À l'écart des verbiages, les personnages sont prêts à s'exprimer. À la recherche d'un guide, ils subiront les bouleversements du manège de la vie dans une fiction philosophique et passionnelle. Une déchirure sentimentale fera naître des parcelles d'existences déroulées sans retenue et engendrera une impasse intemporelle. Dans cette nature lozérienne complice, la rencontre improbable d'êtres aux destins malheureux nous amène à réfléchir sur les relations parfois manipulatrices des personnages. Certains entrent et sortent de l'histoire dans un espace-temps aléatoire. L'intervention du hasard au service du divin flotte au-dessus des vies. Du passionné Victor à la narcissique Delphine, le temps maintiendra effrontément cette incompréhension amoureuse jusqu'au bout. Heureusement, la camarde programmée les mènera à leurs destinées avec un soupçon d'espoir et de sagesse. À PROPOS DE L'AUTEUR Frédéric Fernandez est né dans le Sud de la France en 1964. Directeur d'agence dans un négoce en matériaux, il est aussi Ambassadeur des Causses et Cévennes où il parcourt les terres de Lozère riches en rencontre et en inspiration.

Chapitre 1 Préface

Il en est des repas comme des livres, certains se dégustent et restent un souvenir heureux. J'avais rencontré Frédéric Fernandez, lors d'un reportage, pour le midi libre, et il nous avait conviés avec mon épouse à un repas de fin de chantier. J'avais apprécié l'humanité de notre convive, puis nos routes se sont éloignées.

Un peu avant midi, mi-juin, je passais la trinque dans un plantier de Carignan, et j'entends vibrer mon téléphone. Un message de Frédéric Fernandez, douze ans après notre dernière rencontre. Il souhaite que je préface son ouvrage. Cela me flatte. Je suis un paysan, bio, et j'ai connu une courte aventure comme romancier. Exprime ta joie et habitue-toi à prendre juste ce dont tu as besoin, pourrez-vous lire quelques pages plus loin. Certaines phrases, certains livres nourrissent à la manière d'un bon repas. Frédéric Fernandez parsème sa prose de mots inusités : compendieuse, épigone, téléologique, épectase, adoniser, cénobite, sororité, mugueter... Les mots choisis ne sont pas dérisoires, écrit-il. J'ai aimé cette phrase, énigmatique, poétique : la peur de savoir qu'il n'était jamais tout à fait à l'abri du bonheur. Et ces emprunts à Spinoza qui nous demande de comprendre plutôt que de juger. Ce que je veux que tu fasses, c'est que tu sortes dans le monde pour profiter de ta vie. Nous vivons une époque vouée à la compétition, à la réussite, où tout doit aller vite. Là, on prend son temps, l'amour n'est pas à consommer puis à jeter dans le caniveau. L'amour importe, la perte de l'être aimé est un fardeau. Un fardeau qui donne aux empreintes de la profondeur. Quand on se retourne, on comprend quel passage a été emprunté. On comprend quelle ouverture choisir pour continuer. S'ouvrir sans rien demander. Dire ses maux avec des mots, pour s'alléger du fardeau.

L'immobilisme génère des regrets, la précipitation des erreurs. Ne faut-il pas dans quelques situations, garder ce compliqué qui chasse l'évidence au naturel ? Le charme ingénieux du compliqué est souvent voluptueux. Le tourbillon particulier de la vie, inaltérable et souverain, usait les chemins aux traces sombres et sinueuses. Voilà quelques phrases, jetées en vrac, qui m'ont touché.

Et puis nous nous sommes retrouvés, douze ans après. La littérature crée des liens. Je connaissais Frédéric parce que je l'avais lu, et j'aimais ses mots. L'écriture est un mystère, comme l'amour. La phrase écrite un jour, sera différente écrite le lendemain ou même quelques heures plus tard. Il y a des jours où il est impossible d'écrire une phrase, ou elles nous apparaissent bancales, inappropriées. La rencontre avec la femme de sa vie est souvent un amalgame de hasards, une concordance des temps. Un sourire d'une seconde change une vie.

Nous ressentons tous les deux la même urgence. Nous avons laissé filer les jours pour tisser un vague regret au reflet argenté. Aurions-nous pu devenir autre chose, là est la question, alors peut être mieux vaut-il ne pas trop s'interroger, mais il y a ce besoin de comprendre. Comprendre, laisser une trace, une balise pour aider ceux qui arrivent derrière. Les livres nous ont aidés, alors nous essayons de poser une petite pierre, que peut-être personne ne remarquera, parce que nos chemins sont peu fréquentés.

Louis Givelet, écrivain paysan Prix du Cabri d'or en 2000, éditorialiste à Le midi libre et au Réveil du midi

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Pendant cinq ans, j'ai joué le rôle de l'épouse trophée de Julien Vianney, souriant docilement à ses côtés lors des galas pendant qu'il volait mes brevets pour bâtir son empire biotech. Tout a basculé le soir de notre anniversaire, quand j'ai découvert qu'il me trompait avec Écarlate de Versailles et qu'il me considérait comme une simple « poule aux œufs d'or » à garder dans l'ombre. Julien m'a jetée à la rue comme un déchet, gelant mes comptes et me traitant de moins que rien, tandis que sa mère m'humiliait devant toute la haute société. J'ai alors compris que la mort de mes parents n'était pas un accident, mais un meurtre orchestré par les Vianney pour s'emparer de mes recherches. Comment avais-je pu cacher mon génie et mon identité secrète d'artiste, « La Tisseuse d'Étoiles », pour un homme qui n'aimait que mon code source ? La haine a remplacé la soumission, une fureur froide nourrie par la trahison la plus abjecte. J'ai alors repris mon nom, le Dr Évelyne Lépine, et j'ai rejoint Aristide de Beaumanoir, le rival le plus féroce de mon ex-mari. Désormais enceinte de l'héritier Beaumanoir, je ne vais pas seulement divorcer : je vais démanteler l'empire de Julien, molécule par molécule, jusqu'à ce qu'il pourrisse dans une cellule de haute sécurité. La révolution commence maintenant. L'architecte est de retour, et elle a soif de justice. Personne ne touche à ce qui m'appartient.

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