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Du Haut-Plateau de Grevurs, il regarde s'éloigner les navires qui, toutes voiles dehors, partent à la découverte de nouveaux mondes. Les yeux emplis d'étoiles, le jeune berger rêve de parcourir les mers. Alors qu'il se voit déjà aux commandes d'un bateau de guerre, Rémi découvre la vérité sur ses origines. Il apprend que sa mère n'est pas celle qu'elle prétend être. Dès lors, cette nouvelle l'oblige à se réfugier dans les profondeurs de la forêt maudite où il comprendra qui il est vraiment et ce que les autochtones attendent de lui. Rémi nous transporte aux confins des océans, sur une île lointaine où les natifs vivent en harmonie avec la nature jusqu'à l'arrivée malheureuse des colons. À PROPOS DE L'AUTEUR Passionné d'art et d'histoire depuis toujours, Jean-Bernard Patrick éprouve un intérêt particulier pour les thrillers et les romans fantastiques qui constituent sa source d'inspiration. Après La Porte : L'Ordre de Foix, paru en 2020 aux Éditions Sydney Laurent, il poursuit son aventure littéraire avec Rémi.

Rémi Chapitre 1 No.1

Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et avec les couleurs de la justice.

Montesquieu

Prologue

- Fuyez ! Gagnez la forêt ! Seule la forêt peut vous protéger de ces ignorants ! Remontez jusqu'au Grand-Lac ! Ne vous arrêtez pas ! Ne lâchez rien ! Courez !

***

Les chiens les poursuivaient depuis plus de trois heures maintenant. La chasse avait commencé aux portes de la forêt, aux abords de la route du Bel.

Nous étions tous réunis en ce premier jour du printemps et comme chaque année, enfants et adultes s'étaient regroupés pour la cueillette des baies de méryl. Ces dernières avaient passé l'hiver à se bonifier. Il fallait à présent les récolter avant que n'apparaisse la nouvelle floraison. La fête du Méryl était une fête ancestrale qui faisait partie des us et coutumes des autochtones de l'île de Gallen.

Mais le Père Réfus, évangéliste de cette terre lointaine, savait que les baies récoltées à l'occasion de la fête du printemps servaient à ces sauvages comme offrande à leurs déités païennes. Il décréta avec l'aval du Gouverneur de Gallen que toute religion autre que celle du dieu unique était strictement interdite. En tant que représentant du roi et au nom de Dieu, ils fixèrent leurs propres règles ! Toute personne dérogeant à ces lois serait punissable de la peine de mort ! L'île de Gallen faisait partie du protocole royal d'évangélisation des nouvelles terres. Le père Réfus en avait la responsabilité et voulait en faire un exemple !

Dès sa prise de fonction, deux ans plus tôt, il fit construire en plus de la cathédrale Royale de Reling, une église sur la presqu'île de Verzon. Une fois l'édifice achevé, il emménagea à la Pointe-du-Ras, à deux pas de la nouvelle maison de Dieu. Son ambition était de mater les autochtones réticents aux lois monothéistes ! À son arrivée, il décréta que tout lien avec les dieux païens devait disparaître. Il obligea les autochtones à couvrir leurs tatouages et en interdit la pratique. Ceux qui exhibaient leurs marques furent châtiés. Quant à ceux qui en arboraient sur le visage, ils furent décapités. La plupart des Melphis au visage recouvert de marques partirent se réfugier dans les profondeurs de la forêt encore inexplorées par les colons, abandonnant leurs biens ou pire encore leur famille aux mains des colonisateurs. Le père Réfus fit également détruire tous les lieux de culte qui n'appartenaient pas à l'Église.

En vertu de son autorité et en tant que représentant de Dieu sur l'île de Gallen, en ce jour de fête du printemps, prétextant que cette dernière avait des intérêts étroits avec les religions interdites, il organisa, avec l'appui du Gouverneur, un génocide sans précédent.

Les chiens et les colons arrivèrent en bandes organisées par la route du Bel et pour certains, par bateaux qui mouillaient dans la Baie-de-Pierre et l'Anse-d'Ine. Des centaines d'autochtones, femmes, enfants, vieillards, hommes vaillants et en pleine santé, furent pris dans une souricière et les hommes blancs poussés, par la folie qui les motivait, lâchèrent leurs chiens enragés sur eux. Les mousquets, dans un bruit de tonnerre incessant, crachaient leurs flammes et leurs billes meurtrières ; les épées zébraient l'air en tous sens, tranchant tous ceux qui étaient à la portée de leur lame. Nul n'y échappait : hommes, femmes, enfants vieillards subissaient l'assaut des tirs et du fer !

Ce jour-là, plus de trente femmes furent jugées et accusées de sorcellerie. Elles périrent, brûlées sur le bûcher commun qui avait été érigé sur le parvis de la petite église de Verzon, devant les yeux injectés de sang du père Réfus et d'une poignée de ses fidèles.

Quant aux survivants qui avaient pu fuir et se réfugier dans la forêt, ils se retrouvaient à présent piégés entre les chiens avides de sang frais et les eaux agitées de la Belle, la Néra et la Diablesse. Une chance pour ces fugitifs que les colons n'eussent pas passé le cours d'eau du Pi, quelques lieues plus en aval. Ils avaient dû rappeler leurs chiens à la nuit tombante et avaient établi leur campement aux abords de la rivière et à la pointe sud du lac Pi.

Nimbar, un jeune homme fort d'une trentaine d'années avait conduit les Melphis dans la forêt, les encourageant à chaque instant, revenant en arrière pour aider femmes et enfants en difficulté, laissant à contrecœur les anciens à leur triste sort. Ces derniers tentaient de ralentir, avec l'aide de leur magie, les colons assoiffés de sang. Arrivés aux berges du Grand-Lac, il avait regroupé les survivants et demandé aux plus vaillants de retourner chercher ceux qui étaient à la traîne. Une chance que leurs tyrans aient décidé de ne pas poursuivre la chasse dans la sombre forêt à la nuit tombée.

Nimbar, après avoir réconforté les siens, leur avait demandé de prier pour que les dieux lui viennent en aide et leur avait promis de les protéger et de les mettre à l'abri. Il avait embrassé son épouse, lui demandant les yeux emplis de larmes de prendre soin de leur fille. Il savait d'ores et déjà qu'il ne verrait pas son enfant grandir. Il attacha ses chaussures à son cou et traversa les eaux tumultueuses de la Diablesse. La forêt était dense de ce côté-ci de la rivière. Nimbar remontait à présent le torrent ; il devait atteindre la cascade se trouvant en amont avant l'aube, sans quoi c'en était fini du peuple des Melphis. Il puisa sa force dans le chant des ancêtres qui lui montrait le chemin en illuminant la mousse et le lichen sur les pierres glissantes du petit torrent qu'il longeait depuis une heure déjà. Il arriva trois heures avant le lever du soleil au pied de la cascade du Grand-Pa. Un méryl millénaire s'y trouvait. Nimbar était venu une fois en ce lieu en pèlerinage avec son père, Maidou, que les colons avaient tué cet après-midi alors que le vieux cueillait les baies avec un groupe d'enfants. Les larmes lui montèrent aux yeux et sa gorge se noua. Il ne comprenait vraiment pas ce que ces hommes, venus de lointains pays, pouvaient bien leur reprocher pour qu'ils décident de tuer ainsi ses frères et sœurs.

Mais c'était fini ! Jamais plus il ne laisserait un seul des siens subir la vindicte de ces envahisseurs. Il essuya ses larmes du bout des doigts, s'installa au pied du grand arbre, ferma les yeux et implora les dieux de lui venir en aide. Les branches et les racines du méryl l'enlacèrent. Nimbar ne faisait plus qu'un avec l'arbre sacré. Le chant des Anciens l'enveloppa. Il se concentra et devint la forêt. Il rampa avec le corps d'un serpent qu'il avait emprunté, suivit le ruisseau, traversa la Diablesse, remonta jusqu'à sa source puis longea le pied de la montagne et dépassa la Pi. De là où il se trouvait, il voyait les feux de camp le long de la rivière et entendait les colons ivres de vin rire et chanter leur victoire. Il pouvait sentir également les effluves du sang de ses congénères qui souillait le pelage des chiens. La colère l'envahit. Le serpent qu'il était entra dans une faille de la montagne. Le reptile céda sa place à la roche, Nimbar ne faisait qu'un avec le granit, il s'enfonça profondément dans la chair de la terre et s'étira jusqu'à la mer. Il poursuivit son cheminement sous l'océan et remonta jusqu'à la pointe du Cap-Éli où il rejoignit le pied de la Montagne-Noire. Puis, dans un cri de douleur, il fit exploser toute sa rage. L'île gronda, trembla et partout où s'était étiré Nimbar, apparurent des roches acérées comme des épées. Une barrière impénétrable s'éleva à moins d'un mile marin, protégeant ainsi la côte ouest et la forêt des Melphores. Des vagues de plus d'une dizaine de yards se brisèrent sur la côte, emportant avec elles un grand nombre de palétuviers. Les navires qui mouillaient dans la Baie-de-Pierre furent balayés par les flots. Les colons qui bivouaquaient le long du Pi furent ensevelis lorsque la terre trembla et sortit ses crocs de granit noir.

Nimbar rejoignit son enveloppe corporelle par la voie des airs dans le corps qu'une chouette lui avait prêté. Il libéra et remercia son hôte. Il ne voulait pas en rester là. Il demanda la permission aux pères de ses pères de protéger la forêt par un sortilège que seuls les siens et les personnes bien intentionnées pourraient franchir.

Les chants des Anciens retentirent dans toute la forêt. Ses congénères savaient que Nimbar avait réussi et qu'ils n'avaient plus à craindre la folie des hommes venus de l'horizon.

Depuis lors, les colons n'osaient approcher la forêt des Melphores qu'ils baptisèrent « Forêt-Maudite-des-Melphores ». Nombreux sont les colons qui pensent encore aujourd'hui que le malheur qui les frappa ce jour-là n'était autre que l'œuvre de la main de Dieu qui par cet acte montrait son mécontentement et vengeait la mort inutile de centaines de Melphis.

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