Juste 5ans , pour t'oublier
ndant un court instant. Je referme les paupières et m'étire sur le dos, prenant un moment pour contempler le plafond. Toujours aussi fascinant, pense-je av
u'elle fasse 1m70. - Comment ai-je pu être aussi aveugle ! - Tu te rends compte maintenant ? dis-je en la taquinant en plein milieu du couloir. Elle me lance un regard blasé et reprend son téléphone. - J'avais mes raisons. -Ah, au nom de l'amour ou du porc au four qu'il te cuisinait chaque soir. Elle lève les yeux pour trouver une réplique, mais nous sommes interrompues par notre supérieure, M. Zozo, qui passe près de nous, une thermos fidèle à la main. - Bonjour Adeola, Ife, dit-elle. Vous avez fait un excellent travail sur la campagne de vente de la maison 3C. Son compliment me touche, étant la seule du service à savoir que je suis la fille du président, mais elle ne me favorise pas pour autant. - ... et j'attends de vous encore plus de productivité. Vous êtes mes chevaux de course, conclut-elle avant de disparaître dans son bureau. Nous acquiesçons toutes les deux, et Ife me donne un coup de coude amusé. - Regarde qui rougit ! -Laisse-moi profiter de ce moment. - Oui, oui, mademoiselle OLAMI ! crie-t-elle en courant à travers les bureaux. Je la poursuis malgré tout. - Ne crie pas ! - De toute façon, il n'y a personne pour nous entendre, rit-elle. Je m'arrête, réalisant qu'elle a raison. Il n'y a que nous dans le bureau, mais mon nom de famille m'a toujours mis mal à l'aise. Être la fille d'un des hommes les plus riches d'Afrique de l'Ouest n'est pas une situation qui me plaît pour autant, alors je dis souvent que nos noms ne sont que des homonymes. Elle me fait une petite révérence, et je souris. Installée à mon bureau, je parcours les dossiers laissés de la veille pour choisir par où commencer. Après une demi-heure, je me mets enfin au travail tout en échangeant des faits divers avec Ife. Allongée sur le lit du petit studio d'Ife, je suis poussée vers l'extrémité, manquant de tomber. - Il est temps de rentrer chez toi, princesse. Je fais la moue et tente de récupérer ma place sur le lit. - Non, laisse-moi encore un peu. - Il est presque 22 h, ils vont finir par croire chez toi que tu fréquentes quelqu'un. - Oui, toi, répondis-je en posant mes pieds sur elle. Je serais une excellente petite amie. -Désolée, mais c'est non, dit-elle en enlevant mes pieds. Si je devais sortir avec un Olami, ce serait avec ton père. - Tu as les yeux plus gros que le ventre. - Il faut toujours avoir de grandes ambitions dans la vie, se justifie-t-elle en me poussant encore. - Je te souhaite bien du courage, dis-je en me levant brusquement. Je remets mes chaussures et arrange ma tenue en désordre devant son miroir. Son reflet ne cache pas la lueur de tristesse dans ses yeux lorsqu'elle me regarde. - Tu y retournes ? me demande-t-elle. Je lui souris avec assurance avant de me tourner vers elle. - Il le faut bien, mon père refuse que je quitte la maison. Je m'assois sur la chai