Renaître de leur froide trahison

Renaître de leur froide trahison

Vesper Echo

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Le contrat de mariage qui devait fusionner nos deux empires industriels était posé devant moi. J'étais censée lier ma vie à Jean-Christophe de Martel, l'homme que j'aimais depuis l'enfance. Mais cet amour s'était consumé le soir où le lustre en cristal s'était effondré. Quand il s'est écrasé dans un fracas assourdissant, mon fiancé ne m'a pas tirée en arrière pour me mettre en sécurité. Il m'a poussée pour protéger ma cousine, Camille, de son propre corps. Il l'a choisie. D'instinct. Ma propre mère s'est précipitée à ses côtés, me disant plus tard que je devais être plus compréhensive. « Camille a toujours été si fragile, Élie. Jean-Christophe a fait ce qu'il fallait. » C'est à ce moment-là que tout m'est revenu. Dans ma vie précédente, je suis morte seule, dans une chambre d'hôpital glaciale, d'un cancer découvert trop tard. Jean-Christophe était en voyage romantique à Capri avec Camille. Ma mère était à un déjeuner de charité. Ma dernière pensée fut un regret si profond qu'il aurait pu déchirer l'univers. J'avais gâché ma seule et précieuse vie pour des gens qui ne voyaient en moi qu'un simple pion sur leur échiquier. Mais maintenant, j'étais de retour. Le stylo dans ma main, le contrat sur la table. Jean-Christophe voulait Camille. Ma mère l'adorait. Très bien. Qu'ils s'aiment. D'une main ferme, j'ai tiré un trait net sur mon nom sur la ligne de signature et j'en ai écrit un nouveau : CAMILLE FOURNIER. Cette fois, je vivrais pour moi.

Chapitre 1

Le contrat de mariage qui devait fusionner nos deux empires industriels était posé devant moi. J'étais censée lier ma vie à Jean-Christophe de Martel, l'homme que j'aimais depuis l'enfance.

Mais cet amour s'était consumé le soir où le lustre en cristal s'était effondré. Quand il s'est écrasé dans un fracas assourdissant, mon fiancé ne m'a pas tirée en arrière pour me mettre en sécurité. Il m'a poussée pour protéger ma cousine, Camille, de son propre corps.

Il l'a choisie. D'instinct.

Ma propre mère s'est précipitée à ses côtés, me disant plus tard que je devais être plus compréhensive. « Camille a toujours été si fragile, Élie. Jean-Christophe a fait ce qu'il fallait. »

C'est à ce moment-là que tout m'est revenu. Dans ma vie précédente, je suis morte seule, dans une chambre d'hôpital glaciale, d'un cancer découvert trop tard. Jean-Christophe était en voyage romantique à Capri avec Camille. Ma mère était à un déjeuner de charité.

Ma dernière pensée fut un regret si profond qu'il aurait pu déchirer l'univers. J'avais gâché ma seule et précieuse vie pour des gens qui ne voyaient en moi qu'un simple pion sur leur échiquier.

Mais maintenant, j'étais de retour. Le stylo dans ma main, le contrat sur la table. Jean-Christophe voulait Camille. Ma mère l'adorait. Très bien. Qu'ils s'aiment.

D'une main ferme, j'ai tiré un trait net sur mon nom sur la ligne de signature et j'en ai écrit un nouveau : CAMILLE FOURNIER.

Cette fois, je vivrais pour moi.

Chapitre 1

Point de vue d'Éléonore Dubois :

Le contrat qui scellait la fin de ma liberté devait aussi être mon acte de mariage.

« Élie, pour l'amour de Dieu, signe enfin », dit ma mère, Jocelyne Dubois, sa voix aussi nette et froide que le lin blanc immaculé de la nappe. « Jean-Christophe est en route. Les de Martel attendent une confirmation dans l'heure. »

Ses doigts, couverts de bagues qui pourraient financer un petit pays, tapaient un rythme impatient sur l'acajou poli de la table. Le son faisait écho au battement frénétique de l'horloge comtoise dans le hall, chaque tic-tac un compte à rebours vers la fin de mon autonomie.

Je fixais le document. Il était imprimé sur un papier épais et crémeux, le genre de papier qui a l'air important, permanent. Ça sentait l'argent et les avocats. Mes doigts tracèrent le sceau en relief du Groupe Martel entrelacé avec celui des Industries Dubois. Une fusion. Un mariage. Pour eux, c'était la même chose.

Il y a une éternité – ou peut-être juste l'année dernière – j'aurais traité ce moment avec une révérence qu'il ne méritait pas. J'aurais imaginé ma main tremblante d'une joyeuse anticipation, mon cœur battant à l'idée de lier ma vie à Jean-Christophe de Martel. Je l'avais aimé, ou du moins, j'avais aimé l'idée que je me faisais de lui. J'avais aimé le garçon qui m'avait promis de me protéger, l'homme que je croyais entrevoir sous le vernis de l'héritier parfait.

Mais l'amour avait été réduit en cendres, cautérisé par mille petites trahisons qui avaient culminé en un moment d'une clarté aveuglante. Le Gala de la Fondation Dubois. Une nuit de champagne, de faux sourires et une expérience de mort imminente qui m'avait servi de réveil final et brutal.

« J'attends, Élie », insista ma mère, son ton devenant plus sec.

Je saisis le lourd stylo-plume Montblanc plaqué or posé là pour moi. Il était froid contre ma peau. Je ne la regardai pas. Je n'en avais pas besoin. Je connaissais la nuance exacte de déception qui devait assombrir son visage parfaitement maquillé.

JC arriva à ce moment-là, ses pas rapides sur le sol en marbre. Il ne me salua pas. Il se dirigea directement vers la table, les yeux fixés sur le contrat.

« C'est fait ? » demanda-t-il à ma mère, desserrant le nœud de sa cravate en soie comme si l'air de la pièce l'étouffait. Il était anxieux. Je le voyais au léger tremblement de sa main lorsqu'il la passa dans ses cheveux sombres impeccablement coiffés.

Il était beau, d'une beauté foudroyante. Le genre de beauté qui fait tourner les têtes, qui orne les pages des magazines économiques sous des titres comme « Le célibataire milliardaire le plus convoité de Paris ». Il avait une mâchoire forte, des yeux couleur d'océan un jour de tempête, et un sourire qui pouvait désarmer n'importe qui.

N'importe qui sauf moi. Plus maintenant.

Je me souvenais de Camille soupirant théâtralement chaque fois que JC entrait dans une pièce, sa main se posant sur sa poitrine. « Oh, Élie, cette mâchoire pourrait tailler du diamant. Tu es la fille la plus chanceuse du monde », disait-elle, ses yeux non pas sur moi, mais rivés sur lui.

Je regardai JC, mon fiancé, l'homme qui était censé être mon partenaire pour la vie. « J'ai besoin d'une minute pour relire ça correctement », dis-je, ma voix étonnamment stable. « Tu peux aller attendre dehors, JC. Je suis sûre que tu as des choses plus importantes à faire. »

Je savais qu'il en avait. Ou plutôt, quelqu'un de plus important. Camille devait attendre près du téléphone, impatiente d'apprendre que l'affaire – que moi – lui appartenait officiellement.

Un éclair de soulagement traversa son visage, si rapide que je l'aurais manqué si je n'avais pas passé des années à étudier chacune de ses micro-expressions. « Oui. Bonne idée », dit-il, reculant déjà. « Ne prends pas trop de temps. »

Il s'arrêta à la porte, son regard se posant sur ma mère. « Et fais en sorte qu'elle ne fasse rien de... créatif. Camille ne se sent pas bien. Tout ce stress la rend malade. »

La cruauté désinvolte de ses mots, la façon dont il invoquait le nom de ma cousine comme si c'était elle la victime, celle qui faisait un sacrifice, me laissa un goût amer et familier au fond de la gorge. Je ne répondis pas. Je gardai les yeux sur le papier. Argumenter était inutile.

J'avais passé ma vie entière à argumenter, à me défendre, à m'expliquer. Ça n'avait jamais marché. Ils n'entendaient que ce qu'ils voulaient entendre.

JC partit, ses pas s'éloignant à la hâte dans le couloir, et la pièce retomba dans le silence, à l'exception du tic-tac de l'horloge et de la respiration superficielle de ma mère.

Je tenais le stylo, les jointures de mes doigts blanches. Ma main tremblait, non pas de peur, mais d'une rage si profonde qu'elle ressemblait à une maladie physique. Le souvenir du gala m'inonda, net et vif.

L'énorme lustre en cristal de Baccarat, un chef-d'œuvre, avait commencé à osciller. Il y eut un grincement de métal sous tension, puis un hoquet de surprise collectif dans la foule. J'étais juste à côté de JC, ma main sur son bras. Camille était à quelques mètres, dos à nous.

Quand le premier éclat de cristal est tombé, JC ne m'a pas tirée en sécurité. Il ne m'a même pas regardée. Il a bougé comme l'éclair, me bousculant si violemment que j'ai failli tomber, et a jeté son corps sur Camille, la protégeant alors que le lustre s'écrasait.

Il l'a protégée. D'instinct. Sans une seule pensée pour moi, sa fiancée, laissée sur le chemin du verre brisé.

Je n'ai pas été gravement blessée, juste quelques coupures dues aux débris, mais la blessure émotionnelle, elle, était mortelle. En cette fraction de seconde, j'ai vu la vérité. Il ne m'aimait pas. Il ne me choisirait jamais. Il l'aimait, elle.

Ma mère s'est précipitée aux côtés de Camille, s'agitant autour d'elle, vérifiant des blessures qu'elle n'avait pas, tandis qu'un inconnu m'aidait à me relever. Plus tard, à l'hôpital, ma propre mère m'a dit que je devais être plus compréhensive. « Camille a toujours été si fragile, Élie. Jean-Christophe a fait ce qu'il fallait. »

Même quand je mourais, rongée par un cancer découvert trop tard, ils n'étaient pas là. JC était en voyage d'affaires, un voyage que j'ai découvert plus tard être une escapade romantique avec Camille à Capri. Ma mère était à un déjeuner de charité.

Je suis morte seule dans une chambre d'hôpital froide et stérile, le bip des machines pour seule compagnie. Ma dernière pensée cohérente fut un regret si profond qu'il aurait pu déchirer l'univers. J'avais gâché ma seule et précieuse vie pour des gens qui ne voyaient en moi qu'un simple pion sur leur échiquier.

Une seule larme chaude s'échappa et tomba sur le contrat, faisant baver l'encre du premier paragraphe. Je la regardai s'étaler sur le papier.

Non. Pas cette fois.

La pointe acérée du stylo-plume s'enfonça dans la chair tendre de ma paume. La douleur me ramenait à la réalité, une ancre féroce et brillante dans une mer de souvenirs suffocants. Cette fois, ce serait différent.

Mon regard tomba sur la ligne de signature réservée à la mariée. « Éléonore Anne Dubois. »

D'une main assurée, j'ai barré mon nom d'un seul trait net. L'encre noire était définitive, une entaille brutale sur un avenir que je refusais d'accepter. Puis, dans l'espace au-dessus, j'ai écrit un nouveau nom en lettres capitales, nettes et délibérées.

CAMILLE FOURNIER.

Un petit sourire sans joie effleura mes lèvres. JC voulait Camille. Il l'aimait. Ma mère l'adorait, la traitait plus comme sa fille qu'elle ne m'avait jamais traitée. Ils la voyaient comme le trophée. Très bien. Qu'ils l'aient. Qu'ils soient liés l'un à l'autre, non seulement par leur liaison sordide, mais par tout le poids de la fusion Dubois-de Martel. Ce contrat n'était pas seulement un acte de mariage ; c'était un document financier liant le conjoint à des responsabilités d'entreprise spécifiques et à des clauses de partage des bénéfices.

J'ai signé de mon propre nom là où c'était requis – en tant que témoin pour la famille Dubois. Puis j'ai rebouché le stylo, le posant soigneusement à côté du document modifié.

Je me suis levée, ma chaise ne faisant aucun bruit sur l'épais tapis persan. Ma mère était au téléphone dans le couloir, le dos tourné, sa voix un murmure bas.

Je suis sortie de la salle à manger, passant devant ma mère, devant l'horloge qui égrenait le temps, et j'ai franchi la porte d'entrée pour retrouver l'air vif de l'automne. Je n'avais pas de valise. Je n'avais pas de plan.

Mais pour la première fois de ma vie, j'étais libre. Et je n'ai pas regardé en arrière.

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