5.0
avis
7.5K
Vues
34
Chapitres

À la fin du 19ème siècle, la belle Annabella Wallis est promise à un brillant avenir. Issu de l'une familles de les plus respectées de l'aristocratie anglaise, elle est courtisée par le tout Londres. Cependant, elle sait qu'elle n'a pas le pouvoir de choisir son époux car, il y a de cela bien longtemps que sa destinée est lié à Arthur Stuart, lui aussi issu du même milieu. Lors d'un rendez-vous arrangé, le charme, l'intelligence et le flegme du jeune homme la séduit; à tel point que cette union forcée devient presque consentie à ses yeux... Mais une fois mariée, le doux et enivrant Arthur se révèle être tout autre dans l'intimité: un homme manipulateur, violent et querelleur. Alors que tout semble perdu, un événement vient tout changer et peut-être offrir un nouveau départ à ce couple qui a mal débuté son existence....

Chapitre 1 La situation

Assise près du lit où est allongé Arthur, je regarde sa poitrine monter et descendre au rythme des battements de son coeur. Dans la chambre du dispensaire où il a été soigné, j'attends son réveil depuis deux jours. Selon les dires des médecins, son retour à la conscience ne devrait pas tarder.

Je ne sais pourquoi je suis encore là, ce devrait-être le moment parfait pour m'en aller et le laisser à son sort, mais une partie de moi ne s'y résout pas! Je suis encore inquiète pour lui et je veux savoir si il va bien.

Malgré tout ce que nous avons vécus, je ne me réjouirai pas de son décès ou d'une quelconque complication. Les yeux fermés, la tête posé sur l'oreiller blanc, avec ses cheveux noirs en batailles, je ne peux me détourner de lui, tant il semble paisible pour la première fois depuis longtemps.

Une seule est unique question occupe mes pensées depuis que je suis ici: comment en est-on arrivé là?

...

Un an plus tôt

Dans ma chambre de la maison de mes parents à Bristol, je regarde Marguerite arranger le bouquet de fleurs que m'a envoyé Henry Leigh après ma représentation d'hier. Cela fait maintenant quelques mois que je joue du violon lors de cérémonies privées ou d'événements mondain. Le bouche à oreille fonctionne parfaitement et mes parents qui trouvaient cela dégradant au début, sont devenus mes plus fervents supporter. Surtout depuis que cela m'a permis de jouer au château de Windsor, devant le cousin de la reine Victoria...

Nous sommes issue de la lignée des Woodstock devenu ensuite Wallis, qui fait état parmi eux de plusieurs générations de comte de Gloucester. Mon père, l'actuel comte, fait parti depuis peut du Royal Victorian Order, remis en personne par la reine. Faisant de lui l'un des hommes les plus respectés d'Angleterre... et de moi! Mon père et moi sommes fusionnels. Je suis sa seule et unique enfant et il n'a cessé de me couvrir de sa bienveillance depuis ma naissance.

Comme toutes les jeunes filles de bonne famille, j'ai eu accès à une éducation des plus soignées. J'ai bénéficiée de précepteurs privés et de professeurs de musiques plus que talentueux. Dès l'âge de quinze ans, je parlais déjà cinq langues et je dois reconnaitre que j'étais perçu comme une sorte de singe savant par ma famille, mais je m'en accommodais volontiers. Ma mère a toujours été un peu plus excentrique que mon père. Elle passait son temps allongée sur une chaise longue dans le jardin à lire toutes sortes de romans... souvent français... Elle adore la musique et m'a encouragée à poursuivre le violon. C'est d'ailleurs elle qui a organisée mon premier concert. Dans le salon de musique de notre maison. Elle y avait invité quelques amies et pendant l'heure du thé, j'étais chargée de les divertir. Elles ont tant aimées, qu'elles sont revenues plusieurs fois, jusqu'à ce que l'une d'entre elle me convie à participer à un événement chez elle. De fil en aiguille, d'autres sollicitations sont apparues...

Non, vraiment, j'ai eu une enfance merveilleuse... je ne peux pas le nier. Mais maintenant, le temps de la candeur et des balbutiements de la jeunesse semble être révolu. J'ai 20 ans et ce soir, je vais faire la connaissance de celui qui m'est promis. Je ne suis pas plus enchantée que ça, mais c'est ainsi que fonctionne notre monde. Je me disais... que grâce à la musique, j'aurai peut-être un sursis? Mais une carrière de musicienne dans la famille dont je suis issu, ne serait pas envisageable à la vue de mon rang. En tout cas, c'est ce que m'a dit mon père.

De celui que je vais rencontrer ce soir, je ne sais rien! Si ce n'est que c'est un Stuart. De la droite lignée de Marie Stuart, Reine d'Écosse. Ma famille entretient des liens étroits avec eux depuis de longues années et il a été convenu de notre union, bien avant le début de mon adolescence.

Avant de consentir à une rencontre, je me suis entretenu avec mon père comme à chaque fois que quelque chose d'important arrive dans ma vie.

- Suis-je obligé de l'épouser? lui demandais-je, calmement.

- Tu sais, que je ne t'obligerai jamais à épouser qui que ce soit. Tout ce que je veux, c'est que tu fasses sa connaissance et que tu lui laisse une chance. Si il ne te plait pas et que vous n'avez rien en commun. Le choix finale te reviendra...

- Pourquoi encourager cette alliance alors?

- Parce-que quitte a choisir, je préférai que tu finisses avec un Stuart, plus qu'avec un autre... Nous sommes deux familles similaires qui attachons beaucoup d'importance aux traditions. L'union d'un Stuart et d'une Wallis consoliderait nos relations.

- C'est uniquement pour cela? As-tu eu des échos de... lui... cet Arthur Stuart?

- Je l'ai rencontré plusieurs fois.

- Ah bon! Quand?!

- Je l'ai presque vu grandir. C'est pour ça que je sais que vous vous entendrez bien.

- Tu as l'air si sûr de toi.

- Je te connais, c'est tout... et il en tout point digne de toi. Dit-il avec un petit sourire.

- Digne de moi? Nous verrons ça demain! Dis-je perplexe, avant de quitter son bureau.

...

Debout dans le grand salon de réception, nous recevons comme il se doit nos invités. Quelques amis de mes parents ont été conviés afin que cela semble moins formel.

- Tiens-toi droite. Dit ma mère derrière mon dos.

Machinalement, je me raidit avant de me laisser aller à nouveau, ne voulant faire aucun effort.

- Je ne tiens pas à donner de moi une fausse image. Je me tiens comme j'en ai envie et je ne ferai pas d'effort particulier.

- Annabella! S'il te plait, je te demande de juste lui laisser une chance... reste élégante et surtout polis! Me supplie-t-elle.

- Je le suis toujours...

Nous nous interrompons lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années fait son apparition. Il a les cheveux poivre et sel, il se dégage de lui une certaine autorité naturelle. Il est suivi d'une femme de l'âge de ma mère, tout aussi élégante, les cheveux blonds et les yeux bleus. Je les observe avec attention avant d'être attiré par le jeune homme derrière eux. Il est grand, les dépassant d'une tête au moins, la carrure athlétique, les cheveux noirs et des yeux d'un bleu presque cristallin. Il suit ses deux ainés et salut mon père qui vient à leur rencontre. Il est impassible, ne sourit pas, mais ne fait pas la tête non plus. C'est comme-ci il était spectateur de la scène qui se joue devant lui et non acteur à part entière. Soudain, mon père les guide au travers du salon et les mène jusqu'à nous. Je vois ma mère se dandiner sur place.

- Les voilà. Par pitié Annabella...

- Oui, je sais! L'interrompis-je. Je ne vais pas faire de vague. Je serai aimable.

- Bien. Dit-elle rassurée.

Lorsqu'ils se retrouvent devant nous. Je laisse mon père faire les présentations.

- William, Elizabeth, vous connaissez déjà mon épouse, Katherine.

- Katherine! C'est toujours un plaisir. Dit William, en lui faisant le baise main.

- Voici Annabella, ma fille. Poursuit fièrement mon père.

- Bonsoir. Enchantée de faire votre connaissance.

- Nous avons entendu beaucoup de bonnes choses sur vous, mais on ne s'attendait pas à autant de beauté. Dit Elizabeth.

Le jeune homme ne cesse de me scruter des ses grands yeux bleus. J'ai du mal à faire abstraction tant son regard est appuyé, comme-ci il essayait de sonder mon âme.

- Voici Arthur, notre fils.

- Bonsoir. Dis-je poliment.

- Bonsoir. Répond-t-il, avec neutralité.

Mon père, ma mère et ses parents s'observent sans mot dire. Soulager de ce premier contact embarrassant.

- Bon! Et bien, William que diriez-vous de me suivre dans mon bureau, j'ai fait l'acquisition d'une nouvelle collection d'art indien qui devrait vous faire frémir de jalousie. Katherine, tu ne devais pas t'entretenir du nouvel événement que tu prépares avec Elizabeth?

- Oui... Oui! Venez avec moi Elizabeth.

Ils partent tout les quatre, nous laissant Arthur et moi devant la cheminée. Nous les observons quitter les lieux, et lorsque c'est fait, nous nous tournons l'un vers l'autre au même moment.

- Vous... aimez la maison? Dis-je pour faire la discussion.

- Pas vraiment. Dit-il du tac au tac.

- Pardon?

- Écoutez, maintenant qu'ils sont parti, ne nous embarrassons pas d'une discussion futile, j'ai horreur de ça. Je ne suis pas un jeune poussin à qui l'on apprendrait à nager, j'ai 25 ans et je sais que vous êtes tout aussi gêné que moi de participer à cette comédie.

- Je suis embarrassée en effet, mais j'ai la courtoisie de ne pas le dire! Pour qui vous prenez-vous pour me parler ainsi! Vous êtes ici chez moi et je tenais à ce que vous soyez à l'aise, mais visiblement ce n'est pas la même préoccupation pour vous!

J'essaye de m'éclipser mais il me retient par le poignet. Je croise son regard et il me lâche immédiatement.

- Je suis désolé... pardonnez-moi, je ne voulais pas être irrespectueux. C'est juste que... Vous devez être quelqu'un de bien Annabella, je n'en doute pas, mais je n'aime pas qu'on me force la main et c'est ce qu'il se passe en ce moment. Je n'ai jamais vraiment aimé me servir de ma condition pour quoique ce soit. Je suis pianiste et je vis de mon art...

- Vous êtes pianiste? Dis-je, intriguée.

- Oui. Je joue au Royal Albert Hall, à Londres. Dans l'orchestre philharmonique. Contrairement à mes parents, je gagne ma vie, au lieu de végéter dans un domaine et de donner des ordres à des domestiques...

- C'est fantastique... je... je joue du violon. Je ne me suis produite que dans des salons à la capacité réduite, mais mon rêve était de vivre aussi de ma passion... Vous avez de la chance.

- On peut dire ça comme ça... vous faites du violon? Depuis combien de temps?

- Depuis que j'ai 7 ans. Il était à mon grand-père et un jour j'ai demandé à prendre des cours. Je suis tombée amoureuse des harmonies qui en sortait à la première leçon... depuis, mon enthousiasme ne m'a jamais quitté.

- Vous êtes donc une musicienne... c'est surprenant, je ne m'attendais pas à ça...

- Vous vous attendiez à quoi?

- À rien, justement. Mais c'est intéressant.

- Vous habitez à Londres, alors?

- Oui. Depuis cinq ans. Quand j'ai eu mon premier contrat, je n'ai pas hésité une seule seconde.

- Ce doit-être formidable de jouer dans une salle aussi grande et d'entendre des applaudissements.

- Il y a des jours avec et des jours sans, mais il est vrai que j'adore ce que je fais et que je ne voudrais en changer pour rien au monde. Dit-il, sans me quitter des yeux.

- Il y a un piano ici. Voudriez-vous jouer?

Il regarde autour de lui et sonde les personnes présentent.

- Non, merci... mais je serai ravi de jouer lorsqu'ils ne seront plus là... Dit-il, en me décochant un sourire espiègle pour la première fois de la soirée.

- Vu l'heure... ils ne sont pas prêt à partir... le dîner n'a pas été servit.

- Une autre fois alors?

- Demain? C'est dimanche. Nous ne recevons personne le dimanche. À moins que vous ne retourniez à Londres?

- Non, je ne retourne pas à Londres tout de suite... demain après-midi, ce serait une bonne idée... mais cela me contrarierait malgré tout.

- Pourquoi?

- Parce-que vos parents et les miens penseraient qu'ils ont gagnés et je ne souhaite pas leur faire ce cadeau. Vous connaissez le salon de thé Menke's, à l'angle de Glenford Street?

- Oui, bien sûr.

- Il y a un piano. J'y serai vers 14h.

- C'est un rendez-vous? Demandais-je, perplexe.

- Peut-être.

- Ça y ressemble en tout cas.

- Alors s'en est un. Dit-il avec un léger sourire, qui étrangement me secoue jusqu'au plus profond de mes entrailles.

Continuer

Autres livres par Lucius Malfucius

Voir plus

Inspirés de vos vus

Seconde chance : l'épouse que vous méprisiez

Seconde chance : l'épouse que vous méprisiez

Jasper Vale
5.0

Je vivais dans un manoir du 16ème arrondissement, l'épouse trophée et docile du grand German Kramer. Pour tout Paris, nous étions le couple idéal, mais derrière les dorures, je n'étais qu'un accessoire interchangeable au service de son empire. Tout a basculé le jour de mon accouchement, qui s'est transformé en véritable boucherie. Alors que je me vidais de mon sang sur les draps d'une clinique privée, une infirmière paniquée lui a tendu le téléphone pour un dernier adieu. « J'ai une fusion à signer, Bella. Ton instabilité émotionnelle est un passif. Gère-le. On en parlera ce soir. » Le déclic de la communication coupée a été le dernier son que j'ai entendu. Je suis morte seule sous les néons blancs, pendant qu'il vérifiait probablement l'heure sur sa montre de luxe. J'ai réalisé, dans un dernier souffle, que j'avais passé des années à mendier l'attention d'un homme qui me considérait comme un simple meuble encombrant. L'obscurité m'a engloutie avec une haine incandescente. Je revoyais les sourires mielleux de sa stagiaire, Charity, qui s'apprêtait à prendre ma place, mes bijoux et mon lit. Comment avais-je pu être aussi aveugle et soumise face à leur trahison ? Soudain, une inspiration brutale m'a déchiré les poumons. Je me suis redressée d'un coup, trempée de sueur, non pas sur un lit d'hôpital, mais dans ma chambre du manoir. Mes mains ont frôlé mon ventre : il était plat, ma peau était lisse, sans aucune cicatrice. Sur l'écran de mon téléphone, la date affichait cinq ans en arrière. C'était le jour du gala de la Fondation Fisher, le soir exact où ma dignité avait commencé à s'effondrer. German est entré dans la pièce, jeune et arrogant, m'ordonnant de porter la robe blanche qu'il avait choisie pour moi. Je l'ai regardé en silence, sentant une froideur glaciale remplacer la terreur. « Entendu. Amuse-toi bien. » Il ne savait pas encore que la femme fragile qu'il pensait contrôler était restée à la morgue. Ce soir, je ne porterai pas de blanc. Je porterai une robe rouge sang, je m'allierai à son pire ennemi, et je vais racheter chaque parcelle de son empire avant qu'il n'ait le temps de comprendre que la chasse est ouverte.

L'épouse de porcelaine brise ses chaînes

L'épouse de porcelaine brise ses chaînes

SYLVESTRE FABIEN
5.0

L’amour est mort dans mon salon de Park Avenue, tué par une photo pixelisée. Mon mari, Clovis Sharp, me trompait. Je les ai surpris dans le parking souterrain de notre immeuble. Il caressait sa maîtresse, Jenilee, avec une tendresse qu'il ne me montrait plus depuis des mois. Quand j'ai tenté de le confronter, il m'a traitée de paranoïaque et d'hystérique, me tendant sa carte bancaire noire comme on donne un os à un chien pour qu'il se taise. Le soir même, cachée derrière un pilier au club privé "Le Cercle", j'ai entendu la vérité sortir de sa bouche. « Camille ? C'est une bonne décoration. Elle est utile pour les dîners de famille. Mais dès que la fusion avec le groupe Rocha est signée, elle dégage. » Sa maîtresse riait, portant à son poignet mon propre bracelet de mariage que je croyais avoir perdu. Même ma belle-mère a participé à l'humiliation lors du déjeuner dominical, me servant délibérément un plat qui me rendait malade tout en installant Jenilee à la place d'honneur. Quand j'ai osé battre sa maîtresse aux échecs, celle-ci m'a blessée au sang. Clovis a couru vers elle pour la consoler, me hurlant dessus pour avoir gâché la soirée. J'étais l'épouse docile, la Cendrillon qu'ils pensaient avoir domptée, mais je n'étais qu'un pion sacrifié sur l'autel de leur ambition. Comment ai-je pu croire à ce conte de fées alors qu'ils planifiaient ma chute entre deux coupes de champagne ? Je suis partie sous un orage violent et ma voiture a percuté la Maybach blindée de Barron Rose. L'homme le plus puissant et le plus mystérieux de New York m'a couverte de sa veste de luxe, son parfum de santal chassant l'odeur de mon mari. Clovis pense m'avoir brisée, mais il ignore que j'ai déjà commencé à transformer ses cadeaux de culpabilité en trésor de guerre et que j'ai enregistré chaque mot de sa trahison. Le spectacle peut commencer. Je vais lui prendre tout ce qu'il pense posséder, dollar après dollar.

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre