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Vendue à Mon Insue

Vendue à Mon Insue

L'odeur des lys et du désinfectant m'a soulevé le cœur ce matin-là. Allongée dans le lit de Marc, le frère de mon défunt mari Paul, je ne pouvais m' empêcher de penser à ma fille Léa, rongée par une leucémie agressive. Six mois auparavant, Paul avait « disparu », laissant derrière lui des dettes colossales et un diagnostic de suicide. Marc, l'homme d'affaires brillant, était apparu tel un sauveur, réglant tout, même les frais d'hôpital de Léa. Puis, alors que ma fille s' apprêtait à recevoir une greffe de moelle osseuse, je l'ai entendu. Marc. Au téléphone. « Ne t' inquiète pas, Paul. Elle ne se doute de rien. » Paul ? Mon mari ? Il était vivant ? Le rire de Marc, froid, glaçant, a résonné dans le couloir. « Le donneur pour Léa ? C' est toi, imbécile. C' était la condition. Tu donnes ta moelle, tu sauves ta précieuse fille, et en échange, tu disparais pour de bon et tu me laisses ta femme. » Le monde s'est écroulé. La mort de Paul, un mensonge. Mon chagrin, une farce. Les larmes, la gratitude, la soumission... tout était une blague cruelle. Il m' avait vendue. Mon mari m' avait vendue à son propre frère pour échapper à ses dettes. Marc, ce manipulateur, avait tout orchestré, nourri par une jalousie dévorante. Et moi ? Je n'étais qu'un trophée, une monnaie d'échange. Un vase s' est brisé. Marc est apparu, le masque tombé. La violence de sa trahison a surpassé toute douleur que j'avais pu ressentir. Ils m'avaient sous-estimée. Allongée dans cette cage dorée, j'ai séché mes larmes. La faiblesse a laissé place à une détermination glaciale. La vengeance. Une petite, dure, et résistante graine venait de germer en moi.
La Trahison de L'Époux Médecin

La Trahison de L'Époux Médecin

La voiture a dérapé, un cri de métal a déchiré la nuit, puis le monde est devenu douleur. Ma tête a heurté la vitre, une décharge électrique m' a parcourue, se concentrant sur mon ventre où ma fille de neuf mois dormait. À l' hôpital, les contractions ont commencé, se mêlant à la douleur de mes blessures. J' ai aperçu Marc, mon mari, ma bouée de sauvetage. Mais il ne cherchait pas son épouse ensanglantée ni notre enfant à naître. « Docteur Fournier, votre femme est ici, elle a été dans l'accident. Et votre cousine, Mademoiselle Sophie Dubois, vient d'arriver aussi. Elles sont toutes les deux en travail. » Son regard s'est figé, puis s' est rempli d'une tendresse inconnue. Il s'est précipité vers la chambre de Sophie, la « lumière de la lune », sans même me jeter un regard. Mon cœur s'est brisé. Le médecin a prononcé le mot : « césarienne d' urgence ». J'ai respiré, enfin. Puis Marc est entré, son masque chirurgical déjà en place. « Pas de césarienne, » a-t-il lancé, sa voix froide comme la glace. « Elle peut accoucher par voie basse. Je suis le chef de service. Je n'ai pas le temps à perdre ici. Sophie a une crise de panique. Elle a plus besoin de l'anesthésiste que Jeanne. Après tout, une femme qui accouche, ça a toujours mal. Ce n'est pas une maladie. » Chaque mot était un coup de poignard. Il m' abandonnait, me laissait souffrir, seule. Les draps se sont souillés d' un vert écœurant. « Le bébé est en grande souffrance ! » Autour de moi, la panique montait, mais Marc ne venait pas. Il était juste à côté, avec Sophie, pendant que moi et notre enfant mourions littéralement. La haine, froide, pure, a remplacé la peur. La douleur s'est estompée, le noir m' a envahie. Était-ce la mort ? Une délivrance ? « On la perd ! Son cœur s' arrête ! » Puis la voix du Docteur Mercier, ferme, impérieuse : « Jeanne, m' entendez-vous ? Battez-vous. Pour votre bébé. Césarienne d'urgence maintenant ! » Le cri faible, mais si vivant, de ma fille. Puis encore le noir. J'étais survivante, mais à quel prix ? Le réveil fut brutal. Le téléphone a sonné. « C'est Marc Fournier. Allez dans ses affaires, elle a acheté du lait en poudre spécial d'Allemagne. Sophie en a besoin pour son fils. Apportez-le-moi dans la chambre 302. » Il ne demandait pas si j' allais bien, ni de notre fille. Seulement le lait, pour ELLE. L'infirmière, blessée pour moi, a chuchoté : « Il… Il a déjà pris le lait hier soir, Madame Fournier. Il a dit aux infirmières de la nurserie que, de toute façon, vous n'en auriez probablement plus besoin. » La rage m' a transpercer. Il me croyait morte, et il distribuait déjà mes affaires. Ce n'était pas de la négligence. C'était une tentative d'effacer mon existence. Je ne pleurerais plus. Je survivrais, et il le paierait cher. Très cher.