La princesse de la Mafia
ui découpe le ciel de Chicago derrière la baie vitrée de mon appartement. - Dis-moi où on en est, lancé-je sans préambule. - Il s'est volatilisé. Il s'est enfoncé sous terre, et il n'a clairement
côtoyer que celui qu'il a remplacé. À vrai dire, je l'apprécie plutôt. Mais ici, il est question de business, et vu les enjeux, je ne peux me permettre la moindre indulgence. S'il ne nous livre pas Pushkin rapidement, nous irons le chercher nous-mêmes. Et ça, pour lui, ce serait très mauvais. - As-tu une idée de l'endroit où il pourrait se cacher ? - J'y travaille. Maintenant que j'ai pu dévoiler ce dans quoi Pushkin était impliqué sans éclabousser Salvatore, et que les preuves sont connues de tous, les choses devraient s'accélérer. Ses fils se sont eux aussi planqués. Ils ont peur. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'on mette la main sur eux et qu'on règle leur compte. - Parfait. - J'ai quelques pistes à suivre demain. Si ça t'intéresse de m'accompagner... Je passe une main sur ma mâchoire. - Impossible. J'ai d'autres problèmes à gérer. - Je te tiendrai informé. - Avant que tu raccroches, j'aurais une autre faveur à te demander. Je n'ai pas grand-chose à lui fournir, mais j'ai besoin de réponses, et vite. Ses réseaux sont étendus. - Je t'écoute. Je me remémore mot pour mot ce que Kristin m'a raconté au sujet du père de son enfant. - Je cherche un type. Je n'ai qu'un prénom, mais je pense qu'il gravite autour de la Bratva. - Il est d'ici ? - Non. Du New Jersey. Enfin, il y était il y a environ six mois. Je ne crois pas qu'il soit originaire de là-bas, mais il opérait clairement dans le coin. - Son prénom ? - Jakob. - Autre chose ? - Grand. Crâne rasé. Vingt-quatre ans. Russe. Je garde pour moi les yeux trop beaux, le sourire ravageur et les abdominaux de rêve - les seuls autres détails que Kristin m'ait donnés. - Pourquoi penses-tu qu'il fait partie de la Bratva ? - Une intuition. Sa façon d'être, ses tatouages, sa paranoïa, la facilité avec laquelle il disparaissait, l'argent... tout chez lui respirait la Bratva. - Je vais me renseigner, mais ce n'est pas grand-chose. Sauf s'il est haut placé, là, peut-être que je pourrai remonter jusqu'à lui. - Un nom complet et une localisation me suffiraient. - Dois-je m'inquiéter de quelque chose ? - Non. J'aide simplement une amie. - Je ferai ce que je peux. Et je te tiens au courant pour Pushkin. Je mets fin à l'appel et reste immobile, les yeux fixés sur la ville illuminée. La situation de Kristin est un fardeau dont je me passerais volontiers en ce moment. Avec tout ce qui repose déjà sur les épaules de Dante et Lorenzo, je devrais compenser, être entièrement concentré... et pourtant, je me disperse à rechercher le père du bébé de Kristin. Et comme si cela ne suffisait pas, il y a l'autre source de distraction. Permanente. Irrésistible. Insolente. Gâtée. Cette putain de boule de lumière qui me fait bander rien qu'en pensant à elle. J'ouvre une application sur mon téléphone et fixe le petit point bleu qui clignote sur l'écran. C'est elle. Joey Moretti. Ma fille à moi. Dans un bar, avec ses amies. Je ne suis pas resté après son entraînement aujourd'hui pour voir ce qu'elle avait choisi