La princesse de la Mafia
immense escalier en marbre. - ...cher. Elle parle comme si c'était la première fois qu'elle mettait les pieds ici, alors qu'elle connaît cet endroit presque aussi bien que moi. Elle est venue des di
- Tu n'es pas exactement dans la misère non plus, Mo, soupiré-je. Ton père vous a laissées très à l'aise financièrement. - Ce n'est pas une réserve infinie, réplique-t-elle. Pendant un instant, une ombre traverse son regard. Quelque chose de fragile. Puis elle rejette ses longs cheveux blonds en arrière et l'instant disparaît. Sa mère passe sa vie à voyager, à enchaîner les hôtels de luxe et les plages lointaines. Forcément, ça coûte cher. Mais malgré tout, Monique ne se rend pas compte de la liberté qu'elle possède. Moi, j'échangerais volontiers cette cage dorée contre un peu plus d'indépendance. Elle s'affale sur mon lit, les jambes contre le mur, faisant tourner un tube de gloss entre ses doigts. - Lex nous rejoint à dix heures. Elle vient avec ce connard de Nyx. Je roule des yeux en continuant de me maquiller. Pour Monique, tout homme qui ne lui tourne pas autour est forcément un abruti. - Il a l'air sympa pourtant. - Beurk. Il a une queue de cheval. - Lex aime les mecs aux cheveux longs. Et puis je doute qu'elle s'intéresse à lui pour sa coiffure. Je souris en repensant à ce que Lex m'a confié récemment. - Tu crois qu'il est bien monté ? demande Monique avec sérieux. - Peut-être. - Non. Certainement pas. Je lève un sourcil, amusée. - Comment tu peux le savoir ? Tu l'as vu ? - Pas besoin. Je connais son genre. - Et ce serait ? - Les gentils mecs. Ils sont gentils parce qu'ils ont des petites bites. Je la fixe dans le miroir, sidérée. - Donc selon toi, un mec est gentil uniquement s'il est mal équipé ? Elle hausse les épaules. - Ou alors il ne sait pas s'en servir. - Ton raisonnement est complètement tordu, lâché-je sèchement. Je me sens étrangement sur la défensive pour Lex. Elle n'a jamais été aussi heureuse, et c'est sans doute pour ça que Monique est aussi venimeuse. - Détends-toi, Jo. Depuis quand tu es devenue aussi chiante ? Je ferme les yeux un instant pour me calmer. Peut-être qu'elle n'a pas tort. Ce genre de discussions faisait partie de notre quotidien avant. Mais on a grandi, non ? - Lex est heureuse, c'est tout. Et si elle l'aime bien, la taille n'a aucune importance. - Pas que tu t'y connaisses vraiment, ricane-t-elle. Je regrette aussitôt de lui avoir confié que j'étais