Ceux qui restent
i je ne pouvais m'y résoudre, il s'agissait certainement de quelque chose de similair
re sur la piste de ce que je vivais aujourd'hui. Mais rien, je ne trouvais rien. J'étais certaine de ne rien avoir oublié, j'avais réellem
e rencontre, nos joies mais ne trouvant pas nos peines... Non, vraiment aucune. Je ne voyais rien qui pouvait ternir toutes ces années. Et puis, six ans, ce n'es
n, à l'aube de notre septième anniversaire. Il avait rassemblé ses affair
je ne suis pas heureu
s n'avaient pas flanché, mon corps m'avait soutenu et j'avais bafouillé
it. C'est juste que...
sa valise résonnaient sur le parquet. Et c'est quand la porte se referma et que j'entendis la valise rebondir bruyamment à chaque marche de
ui me semblaient si vastes, si sécurisants, voilà qu'ils me ramenaient aujourd'hui à ma propre solitude. Les années passaient et le seul moyen que j'avais trouvé pour décharger ce torrent qui me rongeait était de m'installer s
m'était infligé. Vingt-neuf longs mois à errer au cœur de ma vie, échouée au bord du lac à m'imaginer ce que je serais si le destin ne s'était pas joué de moi. J'étais en vie mais, usée de l'intérieur, je me demandais ce que j'avais bien pu faire ou dire pou
encor
e moi et déposa son bl
ttraper fr
t délicatement le bras et je repo
nts ce soir, ça te dit de veni
je te r
sou
peu. Tu bouges p
sortie a
ur des cailloux et tu regardes l'eau pendant des heures. C'es
endre. Elle, si obstinée, droite et solide. Elle ne pouvait pas concevoir de se laisser abattre par un chagrin d'amour. Quand ça l'avait frappé, elle n'avait rien dit, n'en avait plus jamais parlé, avait tourné la page et était passée à autre chose, après des années de relation. À l'époque, je l'avais admiré dans sa réaction. Elle me paraissait si forte. Et aujourd'hui, c'était comme si la solidité qui m'avait tant éblouie m'apparaissait comme de l'austérité, de l'antipathie. La personne qui aurait pu le mieu
sence. De nombreux d'Alice, qui avait sûrement cherché à me joindre avant de me trouver au lac. Le dernier appel était récent et venait de quelqu'un que je ne pou
Ou
jour
? C'e
ude dans le son de sa voix, habitue
de m'appeler
n, c'est pour toi
feignant avec difficult
e t'en fais pas
irer bruyamment à
depuis des semaine
t pas répondre. Et c'est au bout
te voir demain
sa voix la plu
quetsches, celle que tu aimes
ien, mer
ma belle,
ansperceront mon cœur et je les étoufferai pour qu'elle ne les voie pas. Devant ma part de tarte aux quetsches, je masquerai tant bien que mal ma tristesse devant cette femme qui me connaît mieux que personne et devant qui je ne pouvais me cacher complètement. J'avais tellement de respect pour
à avaler quelques bouchées et le reste finissait à la poubelle. Je buvais deux thés sur le canapé, devant une série dont je ne comprenais absolument rien. J'en étais à la fin de la première saison et
quand, de fatigue,
alu
lut
petite mi
t je préparais des cafés. La main sur le levier de la machine à expresso, je regardai le liquide s'écoul
stion de savoir ce que je voulais devenir. Je voulais être nous deux, c'était tout. Et maintenant qu'il n'était plus à mes côtés, tout me semblait terne, vide de sens. Et je ne comprenais plus comment ni pourquoi je devais continuer à avancer. Les semaines étaient longues et rien ne me réchauffait le cœur. Tout était douloureux. Les rues sur lesquelles nous nous baladions, les li
nt pas ce qu'il était, lui qui était toujours, dans mes pensées, si souriant, si solaire... Il était d'autant plus difficile pour moi de comprendre comment il avait pu en arriver à cette décision si brutale et radicale. Lui qui trouvait tant de solutions pour tout le monde, à l'écoute de tous, prévenant et anticipant ses actes afin qu'ils ne puissent nuire à personne... Il
prévoir, dans quelques mois, à l'occasion de ses trente ans, et ce que je n'organiserai pas. Il les fêtera, loin de moi, ailleurs, là où je ne saurais le trouver. Pour moi, Éliot aurait toujours vingt-sept ans. Organiserait-on quelque chose pour lui ? Le passerait-il sur les routes ? Serait-il seul ou aurait-il trouvé, comme à son habitude, une paire d'amis pour partager sa trentaine ? Je l'imaginais curieux, éblouissant, rencontrant des personnes plus différentes les unes que les autres. Curieux de les connaître, il se plongerait avec passion à la découverte de leurs histoires, leurs expériences, buvant leurs paroles et une lueur s'allumerait au fond de ses yeux. Je l'avais vu pendant des
aut découvrir, pour découvrir il faut bouger. Pour bouger, il faut partir. C'était toute une logique inévitable, surtout quand on connaissait Éliot. Mais moi, je n'avais rien vu venir, ou alors je m'étais dit, naturellement, qu'