PIÈGÉ PAR SON PROPRE DÉSIR

PIÈGÉ PAR SON PROPRE DÉSIR

Moucharaf Owen

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Marc Dumas, fils modèle et héritier, vit dans l'ombre de son père, l'intraitable Daniel. Lors d'une soirée, il croise le regard d'une femme envoûtante qui danse avec son père. Une fascination violente et interdite s'empare de lui. Il ignore qu'elle se nomme Brunette, la nouvelle compagne de Daniel. Aveuglé par le désir, Marc s'engage dans une relation coupable avec elle, croyant conquérir un mystère. C'est un piège dont il ne mesure pas les conséquences. La révélation de cette trahison pulvérise sa famille, brise son père, et le plonge dans un abîme de culpabilité. Des années plus tard, marqué par la chute, Marc tente de se reconstruire. La seule lumière dans ses ténèbres : Liam, son fils, né d'un amour de jeunesse avec Chloé, et qu'il a perdu de vue.

PIÈGÉ PAR SON PROPRE DÉSIR Chapitre 1 Chapitre 1

Chapitre 1

La maison des Dumas était une somptueuse bâtisse de pierre et de verre, jadis remplie des éclats de rire de la mère de Marc, Éloïse. Mais depuis son départ il y a trois ans, les murs s'étaient imprégnés d'un silence si épais qu'il semblait étouffer la lumière elle-même. Chaque meuble, chaque bibelot, résonnait du vide laissé. Daniel Dumas, le père, un homme de cinquante-cinq ans dont la carrure puissante n'avait pas supporté le poids de son chagrin, y errait comme une âme en peine. Il avait aimé Éloïse d'un amour tranquille et absolu, et sa mort avait amputé son existence de son pilier le plus solide.

​Marc, son fils, avait beau avoir vingt ans et être étudiant en médecine, il portait le deuil avec la même intensité silencieuse. Il comprenait la solitude de son père, il la partageait, mais il savait aussi que la vie ne pouvait pas s'arrêter.

​Alors, quand Daniel avait annoncé son intention de se remarier, Marc n'avait exprimé aucune objection. Il y avait même vu une lueur d'espoir. L'espoir que cette froideur qui régnait entre eux, ce besoin constant de se consoler mutuellement, puisse enfin céder la place à une chaleur nouvelle. Daniel n'avait pas cherché une passion dévorante ; il cherchait le réconfort, la présence qui chasserait le spectre de l'absence. C'est pour cela qu'il avait choisi Brunette.

​Brunette. Le prénom lui-même évoquait une douceur inattendue. Âgée de trente ans, elle était l'antithèse d'Éloïse, non dans sa bonté, mais dans sa vitalité. Là où l'ancienne maîtresse de maison avait été tout en grâce réservée, Brunette était tout en lumière. Ses cheveux sombres encadraient un visage aux traits fins, éclairé par des yeux clairs qui semblaient ne vouloir voir que le beau dans le monde. Elle entrait dans la vie de Daniel et de Marc comme une force de la nature, sans agressivité, mais avec une détermination silencieuse à repousser les ombres.

​Le mariage, modeste mais élégant, venait d'avoir lieu. Daniel, dans son costume impeccable, paraissait dix ans plus jeune. Un sourire, sincère, réapparaissait enfin sur ses lèvres. Il tenait la main de Brunette avec une gratitude presque vénale, comme s'il tenait un trésor fragile et essentiel à sa survie.

​Marc avait observé la cérémonie de loin, en dépit de sa place au premier rang. Il avait analysé chaque geste, cherchant la faille, le signe que cette femme n'était pas sincère. Il n'avait rien trouvé. Brunette était douce, attentionnée avec son père, respectueuse du souvenir d'Éloïse.

​Marc se tenait dans l'encadrement de la porte du salon, un verre à la main. Il la regarda se pencher pour écouter une anecdote que Daniel racontait à un ami. Le contraste était saisissant : Daniel, le visage marqué par les soucis, Brunette, fraîche comme une fleur de printemps.

​C'est à cet instant précis que le sentiment glissa de l'approbation filiale au trouble interdit.

​Marc avait toujours vu les femmes avec la distance clinique de l'étudiant en médecine, les analysant par leur physiologie. Mais en regardant Brunette, il ne voyait plus un système nerveux ou une structure osseuse ; il voyait un tout parfait et douloureusement séduisant. Il se surprit à suivre le mouvement de son cou lorsqu'elle riait, la finesse de ses poignets, la manière dont la lumière capturait la courbe de sa nuque.

​Une voix dans sa tête, la voix de la raison et de la morale, hurlait : « C'est la femme de ton père. »

​Il redressa les épaules et fit un pas en arrière, se concentrant sur le tintement des glaçons dans son verre. C'était la fatigue, le stress des études, la pression du deuil... n'importe quelle excuse, mais pas ça. Pas cette attirance physique et émotionnelle, à vif, pour celle qui venait de jurer fidélité à son propre père.

​- Marc, tu t'ennuies ?

​La voix était douce, légèrement enrouée, et venait de lui. Il se retourna. Brunette était là, le fixant avec une curiosité bienveillante. Son visage était à quelques centimètres du sien.

​- Non, Brunette, je réfléchis. J'ai des examens qui approchent, mentit-il.

​Elle sourit, et ce sourire fut un choc. Il n'était pas coquet, il était sincère et désarmant.

​- Ne travaille pas trop, Marc. Daniel m'a dit à quel point tes études sont importantes. Tu es un brillant jeune homme.

​- Et vous, vous n'avez pas besoin de dormir après cette longue journée ? demanda-t-il, la voix étrangement raide.

​- J'ai dormi l'esprit léger. Enfin. Pour la première fois depuis longtemps.

​Elle fit une pause et posa doucement sa main sur son bras, un geste anodin, de belle-mère à beau-fils.

​- Je veux que cette maison redevienne un foyer heureux, Marc. Vous deux... vous êtes toute ma nouvelle vie.

​Le contact était bref, mais il laissa un courant chaud le long de son bras. Il se sentit rougir. Il ne parvenait pas à détacher ses yeux des siens. La pureté de son intention rendait la sienne, pleine de désir naissant, encore plus coupable. Il s'écarta légèrement, sous le prétexte de chercher de l'eau.

​Le lendemain matin, la réalité du mariage de Daniel le rattrapa. Il n'y aurait pas de lune de miel prolongée. Le travail d'ingénieur conseil de Daniel dans le secteur de l'énergie l'obligeait à des déplacements fréquents et imprévus.

​- Je suis désolé, ma chérie, dit Daniel à Brunette à l'aube, embrassant tendrement son front. Ce contrat à Milan ne peut pas attendre. C'est juste trois jours, je reviens vite.

​Brunette lui sourit avec une patience admirable : - Vas-y, mon amour. Je te promets que la maison sera là quand tu reviendras.

​Daniel se tourna ensuite vers Marc, qui buvait son café en silence.

​- Marc, mon grand, tu as tes cours. Mais... prends soin d'elle, d'accord ? La maison est grande.

​Ce fut cette phrase, prononcée avec la confiance absolue d'un père à son fils, qui frappa Marc comme un coup de poing. Prends soin d'elle. Daniel lui confiait son bonheur, inconscient qu'il venait de confier au loup la garde de l'agneau.

​Quelques minutes plus tard, le bruit de la voiture de Daniel s'évanouissait sur l'allée. Le silence revint. Mais ce silence-là était différent. Ce n'était plus le vide du deuil, c'était le silence de l'attente, lourd, électrique.

​Marc rangea machinalement sa tasse et s'apprêta à monter dans sa chambre, son refuge. Il devait se plonger dans ses livres et ignorer l'autre présence dans la maison.

​Alors qu'il arrivait au pied des escaliers, il l'entendit. Brunette était dans la cuisine, chantonnant doucement en rangeant la vaisselle. Le son était léger, mélodieux, et il remplissait les vastes pièces avec une facilité déconcertante. C'était la première fois qu'un chant s'élevait dans cette maison depuis la mort de sa mère.

​Marc resta immobile, le pied sur la première marche. Il savait qu'il devait monter. Il devait se confiner dans son rôle de fils étudiant et invisible. Il devait s'éloigner d'elle, de cette promesse de vie qui était désormais interdite.

​Pourtant, ses muscles refusaient de bouger. Il ne pouvait s'empêcher d'écouter le chant. Il ferma les yeux, sentant la présence de Brunette derrière le mur de la cuisine, incroyablement proche, incroyablement disponible.

​Dans son esprit, une voix murmurait : Si tu restes... si tu restes juste un instant, tu pourrais lui parler. Tu pourrais juste... l'aider à ranger.

​Il s'ouvrit les yeux. La culpabilité était déjà là, brûlante, mais elle était désormais mêlée à une curiosité dangereuse. Il se détourna de l'escalier, le cœur battant, et fit un pas vers la cuisine.

​Je dois m'éloigner.

​Mais il voulait tellement rester.

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