AprÚs une succession d'évÚnements catastrophiques, l'humanité est au bord de l'implosion. Un « territoire » échappe à ce cauchemar : la Base Cristal Rouge. Sa mission : mener des expériences inimaginables pour donner une derniÚre chance à l'humanité. Une trahison va toutefois troubler la quiétude des chercheurs internationaux situés sur une base spatiale quelque part entre la terre et la lune. Un pouvoir destructeur issu d'une relique historique est entre les mains d'un homme. Une folle course de vitesse s'engage à travers tous les continents. Qui finira par emporter ce jeu clonesque aux relents démoniaques ? Mais aussi, comment résister à un tel pouvoir donné à l'Homme ? à PROPOS DE L'AUTEUR Denis Peeters écrit ce premier roman pour partager avec le plus grand nombre un univers bien à part, aux frontiÚres du réel et du fantasque. Il livre, avec absurdité assumée, une Histoire, la nÎtre, guidée par un scientisme de troublante actualité.
Ă tous ceux pour qui une vie n'aura pas suffi...
Prologue
- Mais... Je ne comprends pas, ma petite chérie ! Tu sais, le tee-shirt de chez Abercrombie est mille fois plus tendance pour ton ùge que celui de ta boutique de nippes ! Et puis c'est dans le Queens! Moi, je n'y mets pas les pieds dans le Queens ! Comme ça, c'est réglé ! fit la vieille et rondouillarde dame fardée, aux cheveux gris tirés par quatre minuscules barrettes.
- Eh bien ! Tu n'as pas changĂ©, dis donc ! rĂ©pondit son interlocutrice, une jeune demoiselle aux beaux et longs cheveux bruns, avec un sourire affectueux. Alors, tu ne m'as toujours pas rĂ©pondu, mamie : tu souhaites toujours vraiment rester ici, aux Ătats-Unis ? N'as-tu pas parfois envie de revenir au pays et de retrouver notre petite famille ?
- Ha ! Oui, bon, parfois oui, peut-ĂȘtre ma petite. Tu sais, ma sociĂ©tĂ©, Smith & Song,dĂ©mĂ©nage Ă la fin de l'annĂ©e et je n'ai vraiment pas l'intention de les suivre Ă Boston. Et puisque je serai trĂšs certainement virĂ©e avec un bon paquet de fric... Alors pour tout te dire tu sais, maintenant j'ai envie de me reposer un peu. Qui sait ? Peut-ĂȘtre que je viendrai vous voir et que je dĂ©ciderai de repartir au pays !
L'épouvantable et étonnant vacarme entendu quelques minutes plus tÎt au-dessus de l'immeuble, n'avait pas plus effrayé que cela les salariés venus travailler dans la tour ce matin-là .
- Certainement un exercice de routine de plus. N'aie pas peur, ma petite chérie, c'est habituel ! Surtout depuis l'histoire qui s'est passée en 98 ! avait affirmé la vieille dame sur un ton rassurant à sa petite-fille légÚrement inquiÚte.
La jeune femme avait atterri sur le Tarmac de l'aéroport Kennedy à New York quelques jours tÎt, pour venir rendre visite à sa chÚre « mamie américaine ». Elle s'était émerveillée devant ces grandes tours de verre et d'acier, toutes plus immenses et belles les unes que les autres.
Ces monstres architecturaux l'avaient fascinée à tel point qu'un matin de septembre elle avait accompagné sa grand-mÚre à son bureau.
D'abord réticente, sa mamie américaine s'était laissé convaincre par cette jolie frimousse de petite fille venue du froid.
FiÚre de montrer à sa progéniture la superbe vue qui s'offrait à elle depuis son vaste bureau, de surcroßt le plus haut de tous, elle en profiterait pour la présenter à ses collÚgues de travail. Qui ne manqueraient pas de la complimenter. Le physique exceptionnellement avantageux de sa petite-fille, ùgée d'une quinzaine d'années, pouvait en faire une proie facile pour les agences de mannequins en recherche permanente de chair fraßche venue des pays de l'Est.
Elles descendirent les escaliers de secours, comme tous les occupants du building autres, avec un certain calme trompeur.
Quelques étages plus tard, la vieille dame semblait un peu moins sûre d'elle.
Une chaleur anormalement élevée et étouffante, produite à travers les murs d'enceinte, ne présageait finalement rien de bon. Un gigantesque incendie s'était-il déclaré ? Des rumeurs un peu alarmantes se firent entendre ici et là .
La grand-mĂšre, une sacrĂ©e femme de tĂȘte, se mit en colĂšre.
- Ăcoutez, arrĂȘtez de parler comme ça ! Vous effrayez ma petite-fille ! Il n'y a pas Ă s'inquiĂ©ter ! Ces exercices sont incroyablement rĂ©alistes, voilĂ tout ! fit-elle d'une voix trop assurĂ©e pour ĂȘtre rĂ©ellement crĂ©dible.
- Mais chĂšre madame, ce n'est pas un exercice d'Ă©vacuation ! Vous vous trompez ! Nous venons d'en avoir la confirmation : quelque chose a explosĂ© ! C'est grave, Madame ! C'est mĂȘme gravissime ! fit un homme au comportement perdu et agitĂ©.
- Viens, ma petite chérie ! Laissons dire ! La panique est une mauvaise réponse.
- Tu as peut-ĂȘtre raison, mais si c'Ă©tait vrai ? Mamie, on devrait peut-ĂȘtre avancer un peu plus vite, tu ne crois pas ?
- Je... Tu vois bien, je ne peux avancer plus vite ! Ah ! Je paie lĂ mes pĂ©chĂ©s mignons ! Ce doit ĂȘtre les chocolats que tu m'envoies, rĂ©pondit la grand-mĂšre avec un juste ton, pour dĂ©dramatiser une situation de plus en plus stressante.
- Allez viens, appuie-toi sur moi, ne t'en fais pas ! Tu sais, mamie, je ne te l'ai pas dit, mais je continue à faire du judo. J'ai trouvé un bon club là -bas !
Soudain, une réelle panique parcourut l'assistance. Piquant le nez. Une forte émanation s'échappa des portes coupe-feu.
- Hey ! Pas d'affolement ! Sinon, nous n'y arriverons jamais ! Descendons calmement ! C'est le seul moyen pour sortir sains et saufs ! fit un célÚbre avocat d'affaires d'une bonne quarantaine d'années, aux tempes grisonnantes.
L'expression fut lùchée comme une bombe. « Sains et saufs ! »
Alors mĂȘme que la majoritĂ© des gens pensaient naĂŻvement â ou espĂ©raient encore â Ă un exercice d'Ă©vacuation, les deux mots maladroitement employĂ©s dans un appel qui se voulait rassurant dĂ©clenchĂšrent pour le coup une prĂ©cipitation effroyable.
Les hommes et femmes se mirent à descendre quatre à quatre des escaliers plutÎt encombrés
Des signes vinrent confirmer les rumeurs les plus alarmistes.
Dans cette descente aux enfers, le faible espoir de s'en sortir fondit brutalement lorsque l'électricité se coupa net et qu'une fumée noire et épaisse s'engouffra brusquement dans la cage d'escalier.
La surprise fut totale et plus aucun doute ne fut permis quant à la gravité de la situation.
- Mamie, je crois que cette fois, nous devrions faire comme les autres, tu ne penses pas ?
- Ma petite chĂ©rie, descends ! Descends le plus vite possible ! Je te rejoindrai dans quelques minutes. Cela a dĂ» se passer plus haut Ă mon avis, nous n'avons donc pas Ă nous inquiĂ©ter. Nous sommes hors de danger ! tenta-t-elle, pour ĂȘtre crĂ©dible aux yeux de sa petite-fille...
- On ne sait jamais. Mais si tu crois que je vais te laisser lĂ , tu rĂȘves ! Non mais, t'es pas bien mamie ? Voyons ! rĂ©pondit-elle pour la dĂ©tendre Ă son tour.
Avec cette hausse inexplicable de la température, les visages en sueur se contractÚrent et les souffles devinrent de plus en plus courts et rythmés.
Un silence religieux s'installa soudainement, comme si tout le monde se concentrait pour descendre les horribles et étroites marches d'escalier en béton.
Ces ĂȘtres piĂ©gĂ©s formant un cortĂšge, paniquĂ©s par une situation plus que tendue, ressemblaient Ă de grands automates dĂ©sarticulĂ©s, de surprenants Pinocchios aux pas saccadĂ©s, aux bras bringuebalants, aux visages crispĂ©s, fermĂ©s et sans expression, comme taillĂ©s dans un bois dur.
C'est au moment oĂč la grand-mĂšre demanda Ă sa petite-fille de faire une pause vraiment nĂ©cessaire que, dans une sensation dĂ©sagrĂ©able, le sol se mit Ă trembler fortement.
Une répétition de sifflements fantasmagoriques, de tintements interminables et de froissements sourds se fit entendre à tous les étages.
En percevant ces bruits ahurissants pour un mardi matin, des employés se mirent à courir comme des fous pour atteindre la sortie, située à plusieurs dizaines d'étages en dessous.
- Attends-moi là , mamie ! Je vais sortir et voir ce qu'il se passe. Tu as bien compris ? Attends-moi là , je reviens tout de suite ! affirma la jeune femme, déterminée.
- Que veux-tu que je fasse d'autre que de t'attendre, ma douce, mon petit trésor ? demanda-t-elle, presque au bord des larmes, en fixant sa petite-fille.
- Bah ! Ne dramatisons pas, mamie ! Tu l'as dit toi-mĂȘme tout Ă l'heure ! rĂ©pondit-elle dans un rire qui sonnait faux.
- Ma chĂ©rie, reprit la vieille dame au visage dĂ©sormais recouvert de poussiĂšre, avec un air exagĂ©rĂ© de grande tragĂ©dienne, sache que je t'aime de tout mon cĆur... C'Ă©tait la premiĂšre fois que sa grand-mĂšre lui lançait en pleine face ce mot d'amour si difficile Ă prononcer. Un mot si impitoyablement tabou dans une famille aux mĆurs endurcies, aux sentiments refoulĂ©s alors qu'ils ne demandaient qu'Ă s'exprimer.
La jeune femme regarda furtivement dans sa direction, comme pour imprimer l'image d'une grand-mĂšre si merveilleuse, si talentueuse, si exceptionnelle.
La seule véritable parente sur qui elle pouvait compter depuis la mort de son pÚre.
Elle sortit en ouvrant la porte coupe-feu de la cage d'escalier.
Elle traversa un long couloir aux luxueuses tentures beige clair et entra dans un bureau désespérément vide.
Une absence totale de vie.
En s'approchant avec prudence des immenses baies vitrĂ©es, elle s'aperçut avec horreur que l'Ă©tage oĂč elle se trouvait Ă©tait encore trĂšs Ă©levĂ©. Une fumĂ©e noire et Ă©paisse, qui s'Ă©levait de la grande tour qui lui faisait face jusqu'au ciel magnifiquement bleu, attira son regard.
« Bon sang ! pensa-t-elle en son for intĂ©rieur. Que peut-il bien se passer ? Ăa a l'air d'ĂȘtre une sĂ©rieuse explosion ! Merde ! »
Tandis qu'elle était figée, hypnotisée par ce spectacle, l'impensable se produisit.
Brusquement, elle entendit un son délicieux, rappelant un battement de fouet de pùtissier remuant une mousse au chocolat dans un récipient. La voix de sa grand-mÚre en train de l'appeler la réveilla.
- Ma chĂ©rie ? Ma chĂ©rie, mais oĂč es-tu passĂ©e ? RĂ©ponds-moi ! Ah, mais oĂč est-ce qu'elle se cache comme ça ? se dit-elle d'un air relativement et inconsciemment dĂ©tachĂ© de toute rĂ©alitĂ©. Ah ! Enfin, te voilĂ ! Bon, ma petite chĂ©rie, les secours ne vont certainement pas tarder. Je te propose de rester lĂ en attendant que tout ce chambardement se calme. Tu en penses quoi ?
La grand-mĂšre ne se doutait alors pas Ă quel point sa proposition allait ĂȘtre immĂ©diatement exaucĂ©e.
Les deux femmes entendirent un incompréhensible et curieux grondement de tÎle se rapprocher redoutablement en direction de l'immense baie vitrée.
La petite-fille eut à peine le temps de prendre la douce et belle main de sa grand-mÚre qu'un faisceau lumineux d'une flamboyance immaculée vint les aveugler pour de bon.
Cette étincelante luminescence divinement radieuse, provenant d'un improbable et étrange phare planté dans le ciel, s'approcha vite et bien.
Et la lumiĂšre fut tellement phosphorescente qu'elle s'atomisa.
Fantastique ! Ce ne pouvait ĂȘtre que sa colĂšre.
Celle de Dieu, Ă©videmment ! pensa la grand-mĂšre
FidÚle et pieuse Russe ashkénaze, elle n'eut le temps que de prononcer son nom :
- Ălohim ! Qu'il te protĂšge ma petite chĂ©rie !
La lumiĂšre s'Ă©teignit, la vie avec...
Chapitre 1 No.1
20/12/2021
Chapitre 2 No.2
20/12/2021
Chapitre 3 No.3
20/12/2021
Chapitre 4 No.4
20/12/2021
Chapitre 5 No.5
20/12/2021
Chapitre 6 No.6
20/12/2021
Chapitre 7 No.7
20/12/2021
Chapitre 8 No.8
20/12/2021
Chapitre 9 No.9
20/12/2021
Chapitre 10 No.10
20/12/2021
Chapitre 11 No.11
20/12/2021
Chapitre 12 No.12
20/12/2021
Chapitre 13 No.13
20/12/2021
Chapitre 14 No.14
20/12/2021
Chapitre 15 No.15
20/12/2021
Chapitre 16 No.16
20/12/2021
Chapitre 17 No.17
20/12/2021
Chapitre 18 No.18
20/12/2021
Chapitre 19 No.19
20/12/2021
Chapitre 20 No.20
20/12/2021
Chapitre 21 No.21
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Chapitre 22 No.22
20/12/2021
Chapitre 23 No.23
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Chapitre 24 No.24
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Chapitre 25 No.25
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Chapitre 26 No.26
20/12/2021
Chapitre 27 No.27
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Chapitre 28 No.28
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Chapitre 29 No.29
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Chapitre 30 No.30
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Chapitre 31 No.31
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Chapitre 32 No.32
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Chapitre 33 No.33
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Chapitre 34 No.34
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Chapitre 35 No.35
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Chapitre 36 No.36
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Chapitre 37 No.37
20/12/2021
Chapitre 38 No.38
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Chapitre 39 No.39
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Chapitre 40 No.40
20/12/2021
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