SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME

SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME

Ma Plume

3.5
avis
19.1K
Vues
248
Chapitres

Gwendolyn émergea du même rêve, une fois de plus. L'homme aux traits indistincts, l'intimité familière, et cette fois, l'éclat froid d'un diamant glissé à son doigt. Le geste acheva de la convaincre : ce n'était que le fruit de son imagination. La réalité la rattrapa dans un choc violent, un seau d'eau glacée qui l'éveilla en sursaut, haletante et trempée. Ses yeux, encore embués, distinguèrent les silhouettes de Candace, sa belle-mère, et de Felicia, sa demi-sœur, qui la toisaient avec un mépris non dissimulé. Elles lui apprirent qu'elle s'était effondrée lors de la réception familiale. Puis elles lui jetèrent la nouvelle, brutale : elle était enceinte. À dix-huit ans. Le désarroi fut instantané, aussitôt remplacé par une colère froide. Elle comprit. « Vous m'avez droguée », accusa-t-elle, la voix basse et tremblante de rage. « C'est vous qui avez monté tout ça. » Sans réfléchir, elle se rua sur elles, les griffes sorties, aveuglée par un besoin viscéral de leur faire mal. Mais des mains vigoureuses l'agrippèrent par les bras, la maintenant fermement. Les gardes du corps, déjà en place. Candace et Felicia ricanaient, leurs moqueries pleuvant sur elle comme des coups. « Tu crois vraiment que quelqu'un voudrait de toi ? » lança Felicia, cruelle. « Le vieillard que tu as réussi à attirer s'est déjà enfui. Il ne veut plus jamais entendre parler de toi. » L'humiliation brûla plus que l'eau froide. Puis le regard de Candace se fit plus sombre, plus dangereux. Elle sortit un couteau. L'héritage de la famille, expliqua-t-elle avec une froideur terrifiante, devait revenir à sa fille. Gwendolyn était un obstacle qu'il fallait éliminer. La terreur submergea la colère. Gwendolyn se débattit, appela à l'aide de toute la force de ses poumons. Personne ne vint. La lame s'enfonça, déchirant la chair, et une douleur si aiguë, si absolue, qu'elle sembla aspirer toute la lumière. Alors qu'elle s'effondrait sur le sol, le regard voilé, une dernière pensée, plus solide que l'acier, se forma dans son esprit : elle se vengerait. Elle les détruirait. Avant que les ténèbres ne l'emportent, elle entendit les ordres de Candace, donnés sans la moindre émotion. « Débarrassez-vous du corps. Faites en sorte qu'on ne la retrouve jamais. »

SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME Chapitre 1 CHAPITRE 1

Le souffle rauque d'un homme emplissait ses rêves, suffocant et proche, jusqu'à ce que Gwendolyn Ashton comprenne, à mi-chemin entre l'angoisse et l'émerveillement, qu'elle n'avait pas quitté le monde des songes. Ces nuits-là se répétaient, toujours la même scène - une chambre à la lumière tamisée, une silhouette masculine dont les traits demeuraient à chaque fois flous, comme taillés dans l'ombre. Lorsqu'elle tendait la main pour effleurer ce visage, elle ressentait la chaleur d'une paume qui la retenait. La bague en diamant apparaissait, immaculée et trop réelle entre leurs doigts enlacés.

Ensuite venait la frénésie, un désir presque vorace qui consumait ses doutes et emplissait son corps d'une certitude charnelle.

Toujours, au point culminant, elle se réveillait - haletante, en sueur - incapable de dire si la bague était restée autour de son cou ou si elle n'avait été que l'éclat d'un songe. Ce matin-là, la froideur d'une éclaboussure sur sa joue la ramena à la réalité : quelqu'un l'avait réveillée. « Q-Que faites-vous toutes les deux ? » balbutia-t-elle, le cœur encore battant comme un tambour. Les silhouettes rassurées de sa belle-mère, Candace Dannings, et de sa demi-sœur, Felicia Ashton, se découpaient sur le fond riche d'un salon qui respirait l'aisance. Elles échangèrent ce regard glacial et satisfait que Gwendolyn connaissait si bien : l'un de ces regards qui se nourrissent des chutes d'autrui.

Candace croisa les bras, la voix marmorée d'un mépris soigneusement poli. « Tu t'es évanouie au banquet, Gwendolyn. Le médecin a confirmé ce que nous craignions. Tu es enceinte. À dix-huit ans. Imagine la honte. » Les mots frappèrent Gwendolyn comme des coups. Elle secoua la tête, répétant leur impossibilité, sentant la terre se dérober sous ses pieds. Son regard glissa vers la chaîne qui reposait contre sa poitrine : une petite présence froide, comme une question laissée sans réponse.

La colère monta quand la vérité - ou du moins une possibilité - se fit jour. Candace prétendait apaiser ses cauchemars en lui donnant un verre de lait avant de se coucher. Gwendolyn comprit dans un éclair qu'elle avait été droguée. Sa voix se perça enfin, tremblante mais furieuse : « C'est vous ? Vous m'avez empoisonnée pour me faire passer pour ce que je ne suis pas ? » Felicia rit, un bruit sec qui ressemblait à un crachat. « Alors, tu as fini par comprendre. Tu as aimé le lit du vieux, hein ? Il avait soixante-dix ans, non ? » Ses railleries cherchaient à la réduire à rien, à la rendre indigne aux yeux de tous.

Ne supportant plus l'humiliation, Gwendolyn saisit un oreiller et s'élança. Elle donna des coups, tira les cheveux de Felicia, tenta de sauter sur Candace. Deux gardes, imposants et impassibles, la maîtrisèrent. L'odeur du cuir et de la sueur de la lutte emplissait la pièce, mais la rage de Gwendolyn n'en fut pas atténuée. Elle cria, pesta, chercha des alliés dans la demeure - la maisonnée resta muette, comme si le silence lui-même prenait parti contre elle.

Candace, indifférente, marmonna une phrase qui glaça son sang : « Si tu disparais, Felicia sera l'aînée, l'héritière parfaite. » Ses yeux brillaient d'un calcul glacial. Felicia, amusée, ajouta une pointe de cruauté : « Il t'a promis le mariage si tu tombais enceinte. Il s'est enfui. Tu n'es bonne qu'à être roulée dans la boue. » Les mots étaient des lames. Gwendolyn rugit, tenta de se dégager, mais la poigne des gardes était inébranlable. Candace sortit un couteau, long et luisant, et siffla un ordre. Le silence retomba plus lourd encore lorsque la lame trancha l'air.

« Au secours ! » hurla Gwendolyn, chaque syllabe emplie d'une peur totale. Personne ne répondit. La pièce semblait s'être faite complice. La lame s'abattit. La douleur explosa dans tout son corps et, pour un instant, le monde se teinta de rouge. Les sens de Gwendolyn se brouillèrent ; des images furtives traversèrent son esprit - la bague, la voix, l'étreinte - mêlées à la froideur d'un sol qui se rapprochait. Elle sentit le goût du fer. Une haine sourde jaillit en elle, plus vive que la souffrance : elle n'accepterait pas cet outrage. Elle jura, d'un regard devenu défi, qu'elle survivrait et leur ferait payer ce qu'elles avaient fait.

Candace ricana, satisfaite, tandis que Felicia se prenait pour la nouvelle favorite. « Maintenant, plus rien ne t'en empêche, » dit Candace d'un ton détaché. Puis elle donna l'ordre aux gardes, d'une voix comme une sentence : « Débarrassez-vous de son corps. » Mais la nuit qui suivit - si la nuit suivit - ne fut pas celle d'un enterrement définitif. Le monde bascula, et sous la douleur, Gwendolyn percevait une détermination qui se formait comme une armure. Son corps, brisé mais vibrant d'une volonté farouche, refusa la concession. Elle s'accrocha à la vie avec la même férocité que lorsqu'elle s'était débattue, et un instinct de survie, peut-être teinté d'une force inconnue, commença son œuvre.

Dans les recoins sombres de la demeure, des ombres observaient, des alliances se recomposaient. Le murmure d'un prénom - le même qui revenait dans ses rêves - effleura sa conscience comme une promesse lointaine. Était-ce le même homme qui hantait ses nuits et à qui on avait offert une bague imaginaire ? Ou bien n'était-ce là qu'un fil fragile, un confort dérisoire dans l'abîme ? La chambre où l'on avait essayé de l'enterrer contenait des témoins silencieux : le cliquetis des bijoux, la poussière d'un passé riche, et la respiration lente d'une maison qui avait décidé de tourner la page sans remords. Pourtant, Gwendolyn sentit en elle l'éveil d'une force nouvelle, d'un refus obstiné d'être effacée. Même blessée, elle s'accorda une promesse : se relever, découvrir la vérité et exiger justice. Ou la prendre.

Gwendolyn se remémora son enfance, passée entre les rayons feutrés de la bibliothèque du manoir et les chuchotements des adultes sur l'héritage. Sa mère était partie quand elle était jeune ; depuis, elle oscillait entre humilité et résistance, consciente qu'elle n'était jamais tout à fait la bienvenue. La trahison qu'elle venait de subir fit naître en elle une détermination farouche. La bague, même si elle semblait née d'un rêve, pouvait être le fil d'une machination. Qui avait intérêt à la faire passer pour une femme perdue ? Qui connaissait ses nuits agitées et ce mystérieux amant imaginaire ? Les souvenirs flottaient, morcelés, mais une certitude s'imposait : survivre n'était que le début.

Une rage réfléchie prit le pas sur la panique. Elle allait chercher des preuves, écouter les serviteurs, fouiller les archives du manoir, interroger ceux qui savaient. Si nécessaire, elle userait des mêmes armes - mensonge, stratégie, séduction - pour retourner la situation à son avantage. Elle n'accepterait plus d'être manipulée. Et si l'homme des rêves existait vraiment, il trouverait désormais une femme qui n'était plus victime mais adversaire : sculptée par la douleur, armée d'une volonté de fer. Le manoir Ashton, avec ses portraits sévères et ses couloirs silencieux, avait déclenché une tempête. Bientôt, pensait-elle, les masques tomberaient.

Gwendolyn sourit faiblement ; sa revanche serait douce, méthodique et inéluctable. Elle attendrait le bon moment.

Six ans plus tard.

La pluie fouettait le pare-brise de la vieille Fiat tandis que Gwendolyn fonçait dans la nuit d'Avenport. Il était presque vingt-deux heures. Le moteur toussait à chaque virage, mais elle n'avait pas le temps de s'en soucier. Son unique pensée se résumait à un cri muet : Sauvez ma fille.

Les pneus crissèrent lorsqu'elle se gara brusquement devant l'entrée de l'hôpital Fourton, ignorant les protestations du gardien. « Hé ! Vous ne pouvez pas stationner là ! » hurla-t-il, mais Gwendolyn n'entendait plus rien. Pieds nus, vêtue d'un simple pyjama trempé, elle prit sa petite fille dans ses bras et courut à travers les portes automatiques.

Juliette brûlait de fièvre. Son petit corps convulsait faiblement contre sa poitrine. « Docteur, je vous en supplie, sauvez ma fille ! » cria-t-elle, la voix brisée par la panique. Un médecin surgit aussitôt, prit l'enfant dans ses bras et appela une équipe. « Ne vous inquiétez pas, madame. Nous allons nous en occuper. Attendez dehors, s'il vous plaît. »

Continuer

Autres livres par Ma Plume

Voir plus
Le Jeune Maître et sa Prisonnière

Le Jeune Maître et sa Prisonnière

Romance

5.0

« Dis-moi qui t'a fait ça », exigea-t-il sans détour, le regard planté dans le sien. Devant son mutisme, sa voix éclata soudain, dure et menaçante : « QUI ? » Plaqué contre le mur, le majordome sursauta. La peur étranglait presque ses mots lorsqu'il répondit : « Monsieur... c'était M. Renaud. » Les traits de Daniel se figèrent. Une tension brutale crispa sa mâchoire tandis qu'il tournait lentement la tête vers son employé. « Faites-le venir. Immédiatement. » « M-maintenant, monsieur ? » osa le majordome, hésitant. La nuit était déjà bien avancée. Daniel ne détourna pas les yeux de la jeune femme. Il retira sa main du mur, là où elle se trouvait quelques instants plus tôt, puis se retourna enfin. Le majordome baissa d'abord la tête... avant de relever les yeux, rassemblant un courage qu'il ne se connaissait pas. Daniel inclina légèrement la tête, son ton d'un calme glaçant. « Vous aviez prévu une heure plus confortable ? Ou préférez-vous que je règle ce contretemps en vous brisant la nuque ? » La réponse ne se fit pas attendre. Le majordome quitta la pièce presque en courant. Vingt minutes plus tard, il réapparut avec M. Renaud. « Daniel, quelle surprise... On partage quelque chose de chaud ? » lança ce dernier avec un sourire maladroit. Mais l'atmosphère ne laissait aucune place à la convivialité. Sur la table, une pomme trônait, traversée par un couteau. Daniel remarqua la lame au moment précis où Renaud avançait la main pour le saluer. Avant que le geste n'aboutisse, Daniel attrapa son poignet et le força contre le bois. Le mouvement fut sec, précis, presque banal. La lame s'abattit. Les quatre doigts furent sectionnés d'un coup net, arrachant à l'homme un hurlement de douleur qui résonna dans la pièce. Daniel relâcha enfin sa prise, visiblement lassé. « On ne pose pas les mains sur ce qui m'appartient, » dit-il d'un ton blasé. « J'imagine que cette petite leçon t'aidera à t'en souvenir, la prochaine fois que l'idée te traversera l'esprit. » 1778 La pluie s'abattait sans relâche sur les terres détrempées de Bonelake. Elle tombait si dru qu'elle effaçait les contours du village, noyant les ruelles dans une grisaille épaisse. L'eau glissait le long des pavés, entraînant avec elle la boue accumulée. À l'abri d'un parapluie, une jeune fille attendait, serrée entre son oncle et sa tante. Les yeux vert clair de l'enfant parcouraient les alentours avec inquiétude. Elle finit par rompre le silence. « Tante Marion... vous croyez vraiment qu'il viendra ? Avec ce temps, la pluie devient de plus en plus forte. » Sa tante se frotta nerveusement les mains. « Il viendra, Perry », répondit-elle, sans grande assurance. Le vent tourna brusquement, faisant claquer les vêtements contre leurs corps. Marion échangea un regard tendu avec son mari, les lèvres pincées, tous deux suspendus à l'attente de cet homme qui devait arriver. À leurs pieds reposait un sac lourd, rempli de pommes de terre et de navets mêlés, destinés à la vente du jour. La mère de Perry, celle qui l'avait élevée seule, était morte sept mois plus tôt. Depuis, la famille maternelle l'avait recueillie. Ils tenaient une petite échoppe de légumes, coincée à l'angle du marché. Les affaires allaient mal. Larry Moore, son oncle, travaillait sans relâche, ouvrant avant l'aube pour espérer attirer quelques clients. Mais l'emplacement de la boutique leur était défavorable. Les habitants les plus aisés préféraient les commerces mieux situés, loin de leur modeste étal.

Condamnée à Régner auprès du Roi Vampire

Condamnée à Régner auprès du Roi Vampire

Romance

5.0

Aimer sans retenue, c'est aimer sans calcul. Sans se demander si c'est raisonnable ou non. Lorsque je m'engage, c'est entièrement. Je veux être tienne autant que je te veux mien. - Angela.. « Je t'avais prévenue de ce qui t'attendait. » Ses doigts s'abattirent sur son visage sans douceur, encerclant sa mâchoire d'une poigne inflexible pendant qu'il la repoussait contre la surface froide et rugueuse du mur derrière elle. Elle ne détourna pas les yeux. Malgré la pression, malgré la douleur qui irradiait sous ses doigts, elle tint bon. « Vous en avez déjà fait assez. J'en ai assez. Je m'en vais. » Les mots tombèrent, tranchants, sans la moindre fissure dans sa voix. Un sourire sans chaleur se dessina lentement sur ses lèvres. « Tu n'as pas encore vraiment compris ce que je voulais dire, Princesse. » Il réduisit l'espace entre eux jusqu'à ce que son souffle effleure sa peau comme une brûlure. « Quand je dis que je vais te détruire, ce n'est pas de larmes dont je parle. Ni de blessures. Je parle de te garder. De m'infiltrer en toi si profondément que plus rien, en toi, ne pourra m'ignorer. Je parle de te marquer de façon à ce que chaque regard posé sur toi sache immédiatement la vérité : tu m'appartiens. » Il l'écrasa contre le mur et s'empara de sa bouche avec une faim brutale, comme si ce baiser était le seul moyen de rendre ses mots réels. Eliane Hart n'avait jamais connu la vie facile. Née sous le sceau de l'illégitimité, fille cachée du roi de Hart Morrow City et descendante d'une longue lignée de chasseurs craints de tous, elle avait passé son enfance à longer les couloirs du palais sans jamais vraiment y avoir sa place. Un seul fil conducteur traversait ses jours depuis toujours : retrouver la trace de sa mère et comprendre pourquoi cette femme l'avait abandonnée sans se retourner. Malgré les coups que la vie lui avait portés, Eliane était restée douce. Peut-être trop. Elle encaissait en silence les humiliations que sa belle-mère lui infligeait avec une régularité presque mécanique, et les manœuvres mesquines de sa demi-sœur, elle les absorbait sans broncher. Elle attendait. Elle espérait que la vérité, un jour, lui apporterait ne serait-ce qu'un peu de paix. Serge Martin était son exact opposé. Prince vampire au visage perpétuellement dissimulé derrière un masque, il était de ceux dont on prononçait le nom à voix basse. Impitoyable, disait-on. Dangereux. Capable d'une puissance que ses ennemis n'osaient pas affronter à découvert. Il avait grandi dans la méfiance des autres, dans leur hostilité, dans leur rejet. La haine n'était plus une émotion pour lui. C'était un mode de vie. Le jour où Eliane accepta de prendre la place de sa demi-sœur pour purger une peine d'un an de prison à sa place, elle crut avoir touché le fond. Puis vint la libération anticipée sous caution, inattendue, et avec elle, une lueur d'espoir. Courte. Fragile. Aussitôt éteinte lorsqu'on lui révéla le prix réel de cette liberté : elle devrait épouser le prince vampire. À la place de celle qu'elle avait protégée, une fois de plus. Eliane ne connaissait presque rien du monde des vampires. Elle avait été élevée par des chasseurs pour qui ces créatures n'étaient que des cibles à abattre. Serge, de son côté, portait un mépris tenace envers les humains, qu'il considérait comme cruels, hypocrites, incapables de la moindre sincérité. Ce mariage forcé les jetait l'un contre l'autre. Lui, le monstre des ténèbres, le prédateur que rien n'arrêtait. Elle, la fille de l'ombre, habituée à plier sans jamais rompre. Un soir, dans le silence pesant d'une pièce où chaque mot semblait avoir du poids, Eliane prit le risque de lui poser une question. « Tu ne veux pas savoir à quoi je ressemble vraiment ? » Sa réaction fut immédiate. Il referma la main sur son menton, la contraignant à lever les yeux vers lui. « C'est mon visage qui t'obsède, c'est ça ? » Elle ne se déroba pas. Un sourire calme, presque serein, effleura ses lèvres malgré la prise ferme. « Montre-le-moi quand tu seras prêt à me faire confiance. » Il ne répondit pas. Il n'en avait pas besoin. La réponse était déjà là, claire dans son esprit : cela n'arriverait pas. Pour Serge, elle n'était qu'une pièce sur un échiquier. Un moyen d'atteindre ses cibles. Un instrument au service d'une vengeance longuement mûrie contre ceux qu'il haïssait. Pour Eliane, il était autre chose. Derrière la froideur affichée, derrière la brutalité qu'il portait comme une armure, elle sentait quelque chose de fissuré. Une vérité plus complexe que tout ce qu'on lui avait appris à croire. Et pendant qu'ils se regardaient en chiens de faïence, quelque chose avançait en silence entre eux. Quelque chose qu'aucun des deux n'avait invité. Certains appelleraient ça le destin. D'autres, une fatalité contre laquelle il ne sert à rien de lutter. Pourraient-ils résister à ce que l'avenir semblait avoir décidé pour eux ? Ou finiraient-ils par céder à ce lien qui se tissait malgré tout, au risque de tout perdre en chemin ? Voici l

Inspirés de vos vus

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre
SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME Ma Plume Romance
“Gwendolyn émergea du même rêve, une fois de plus. L'homme aux traits indistincts, l'intimité familière, et cette fois, l'éclat froid d'un diamant glissé à son doigt. Le geste acheva de la convaincre : ce n'était que le fruit de son imagination. La réalité la rattrapa dans un choc violent, un seau d'eau glacée qui l'éveilla en sursaut, haletante et trempée. Ses yeux, encore embués, distinguèrent les silhouettes de Candace, sa belle-mère, et de Felicia, sa demi-sœur, qui la toisaient avec un mépris non dissimulé. Elles lui apprirent qu'elle s'était effondrée lors de la réception familiale. Puis elles lui jetèrent la nouvelle, brutale : elle était enceinte. À dix-huit ans. Le désarroi fut instantané, aussitôt remplacé par une colère froide. Elle comprit. « Vous m'avez droguée », accusa-t-elle, la voix basse et tremblante de rage. « C'est vous qui avez monté tout ça. » Sans réfléchir, elle se rua sur elles, les griffes sorties, aveuglée par un besoin viscéral de leur faire mal. Mais des mains vigoureuses l'agrippèrent par les bras, la maintenant fermement. Les gardes du corps, déjà en place. Candace et Felicia ricanaient, leurs moqueries pleuvant sur elle comme des coups. « Tu crois vraiment que quelqu'un voudrait de toi ? » lança Felicia, cruelle. « Le vieillard que tu as réussi à attirer s'est déjà enfui. Il ne veut plus jamais entendre parler de toi. » L'humiliation brûla plus que l'eau froide. Puis le regard de Candace se fit plus sombre, plus dangereux. Elle sortit un couteau. L'héritage de la famille, expliqua-t-elle avec une froideur terrifiante, devait revenir à sa fille. Gwendolyn était un obstacle qu'il fallait éliminer. La terreur submergea la colère. Gwendolyn se débattit, appela à l'aide de toute la force de ses poumons. Personne ne vint. La lame s'enfonça, déchirant la chair, et une douleur si aiguë, si absolue, qu'elle sembla aspirer toute la lumière. Alors qu'elle s'effondrait sur le sol, le regard voilé, une dernière pensée, plus solide que l'acier, se forma dans son esprit : elle se vengerait. Elle les détruirait. Avant que les ténèbres ne l'emportent, elle entendit les ordres de Candace, donnés sans la moindre émotion. « Débarrassez-vous du corps. Faites en sorte qu'on ne la retrouve jamais. »”
1

Chapitre 1 CHAPITRE 1

25/11/2025

2

Chapitre 2 CHAPITRE 2

25/11/2025

3

Chapitre 3 CHAPITRE 3

25/11/2025

4

Chapitre 4 CHAPITRE 4

25/11/2025

5

Chapitre 5 CHAPITRE 5

25/11/2025

6

Chapitre 6 CHAPITRE 6

25/11/2025

7

Chapitre 7 CHAPITRE 7

25/11/2025

8

Chapitre 8 CHAPITRE 8

25/11/2025

9

Chapitre 9 CHAPITRE 9

25/11/2025

10

Chapitre 10 CHAPITRE 10

25/11/2025

11

Chapitre 11 CHAPITRE 11

25/11/2025

12

Chapitre 12 CHAPITRE 12

25/11/2025

13

Chapitre 13 CHAPITRE 13

25/11/2025

14

Chapitre 14 CHAPITRE 14

25/11/2025

15

Chapitre 15 CHAPITRE 15

25/11/2025

16

Chapitre 16 CHAPITRE 16

25/11/2025

17

Chapitre 17 CHAPITRE 17

25/11/2025

18

Chapitre 18 CHAPITRE 18

25/11/2025

19

Chapitre 19 CHAPITRE 19

25/11/2025

20

Chapitre 20 CHAPITRE 20

25/11/2025

21

Chapitre 21 CHAPITRE 21

25/11/2025

22

Chapitre 22 CHAPITRE 22

25/11/2025

23

Chapitre 23 CHAPITRE 23

25/11/2025

24

Chapitre 24 CHAPITRE 24

25/11/2025

25

Chapitre 25 CHAPITRE 25

25/11/2025

26

Chapitre 26 CHAPITRE 26

07/12/2025

27

Chapitre 27 CHAPITRE 27

07/12/2025

28

Chapitre 28 CHAPITRE 28

07/12/2025

29

Chapitre 29 CHAPITRE 29

07/12/2025

30

Chapitre 30 CHAPITRE 30

07/12/2025

31

Chapitre 31 CHAPITRE 31

07/12/2025

32

Chapitre 32 CHAPITRE 32

07/12/2025

33

Chapitre 33 CHAPITRE 33

07/12/2025

34

Chapitre 34 CHAPITRE 34

07/12/2025

35

Chapitre 35 CHAPITRE 35

07/12/2025

36

Chapitre 36 CHAPITRE 36

07/12/2025

37

Chapitre 37 CHAPITRE 37

07/12/2025

38

Chapitre 38 CHAPITRE 38

07/12/2025

39

Chapitre 39 CHAPITRE 39

07/12/2025

40

Chapitre 40 CHAPITRE 40

07/12/2025