L'Abîme de la Trahison

L'Abîme de la Trahison

ELAINE

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Le vertige m'a frappée, non pas celui du labyrinthe de miroirs, mais celui, plus grand, de la trahison. Une seconde avant, j'étais encore une participante, mais l'instant d'après, mon "ami" Marc m'avait poussée dans le piège, m'envoyant, seule et sans prévenir, dans un vide abyssal. Le sol s'est dérobé sous mes pieds, la lumière a cessé, le silence m'a aspirée. Je me suis retrouvée dans le noir absolu, mon corps basculant, mon souffle court, ne sachant plus distinguer le haut du bas. Les jours se sont transformés en semaines dans ce vide, chaque battement de mon cœur résonnant de la douleur brûlante de cette trahison inattendue. Puis, une voix métallique, celle de l'Organisateur du Jeu, a brisé le silence, m'annonçant la prochaine épreuve. "Élimination immédiate" si je refusais de participer, un euphémisme pour la mort qui nous guettait tous. Le sommeil était un luxe que seuls les "gagnants" pouvaient s'offrir, et ce jeu me broyait, me recrachant encore et encore. Mon numéro, 4, avait disparu, remplacé par un lumineux 7 gravé sur ma peau, un chiffre anodin qui pourtant, me glaçait le sang. Qu'est-ce que cela signifiait ? Qui tirait les ficelles de nos vies comme des marionnettes ? La lumière m'a aveuglée, le monde a de nouveau basculé. J'étais plongée dans l'horreur d'une nouvelle épreuve, forcée de survivre aux caprices d'une entité invisible. Je devais comprendre, je devais me battre, et cette fois, plus question d'être seule.

Introduction

Le vertige m'a frappée, non pas celui du labyrinthe de miroirs, mais celui, plus grand, de la trahison.

Une seconde avant, j'étais encore une participante, mais l'instant d'après, mon "ami" Marc m'avait poussée dans le piège, m'envoyant, seule et sans prévenir, dans un vide abyssal.

Le sol s'est dérobé sous mes pieds, la lumière a cessé, le silence m'a aspirée.

Je me suis retrouvée dans le noir absolu, mon corps basculant, mon souffle court, ne sachant plus distinguer le haut du bas.

Les jours se sont transformés en semaines dans ce vide, chaque battement de mon cœur résonnant de la douleur brûlante de cette trahison inattendue.

Puis, une voix métallique, celle de l'Organisateur du Jeu, a brisé le silence, m'annonçant la prochaine épreuve.

"Élimination immédiate" si je refusais de participer, un euphémisme pour la mort qui nous guettait tous.

Le sommeil était un luxe que seuls les "gagnants" pouvaient s'offrir, et ce jeu me broyait, me recrachant encore et encore.

Mon numéro, 4, avait disparu, remplacé par un lumineux 7 gravé sur ma peau, un chiffre anodin qui pourtant, me glaçait le sang.

Qu'est-ce que cela signifiait ? Qui tirait les ficelles de nos vies comme des marionnettes ?

La lumière m'a aveuglée, le monde a de nouveau basculé.

J'étais plongée dans l'horreur d'une nouvelle épreuve, forcée de survivre aux caprices d'une entité invisible.

Je devais comprendre, je devais me battre, et cette fois, plus question d'être seule.

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Manon Dubois était cette énigme ambulante, une lycéenne qui portait des vêtements usés mais parlait de jets privés et de réceptions d'ambassadeurs suédois. Assise à côté de moi en cours de français, elle lançait avec une désinvolture feinte : « L'université ? Oh, mon père a déjà tout arrangé avec le doyen de la Sorbonne. C'est juste une formalité. » Ce mensonge, insulte directe à notre labeur, a glacé l'atmosphère, et ma colère a explosé : « Arrête tes bêtises, Manon. Tout le monde sait que tu mens. » Un masque de supériorité s' est brisé, laissant apparaître une douleur si vive, si profonde, que je l'ai regretté instantanément : « Tes parents, au moins, ils existent. » C'était méchant, gratuit. Et la douleur a cédé la place à une fureur blanche, suivie d'un claquement. Sa main sur ma joue. Le lendemain, la culpabilité me rongeait. Je l'ai aperçue dans les toilettes, lavant à la main son unique polo blanc, un spectacle d'une tristesse infinie. Mon offre d' aide, un sweat-shirt propre, a été rejetée avec mépris : « Je n'ai pas besoin de ta pitié. J'ai plein de vêtements de marque, pas tes trucs bas de gamme. » Puis, au conseil de classe, elle a affirmé que ses parents étaient « rappelés d'urgence à l'ambassade de France à Washington », nous laissant tous sidérés. Plus tard, la proviseur a annoncé que Manon recevait une bourse d' études pour les élèves méritants en difficulté financière. Les mensonges de Manon l' avaient piégée. La foule s'est déchaînée, la jugeant sur ses propres affabulations. Les accusations de favoritisme fusaient, exacerbées par des récits de sacrifice de la part d'autres élèves. Poussée à bout, elle a rétorqué, la voix brisée : « Je refuse votre aumône ! Je n'en ai pas besoin ! Gardez-la pour les vrais pauvres ! » Je suis alors intervenue, folle de rage de la voir se détruire : « Arrête de mentir ! Dis-leur la vérité ! Dis-leur pour tes vêtements ! Dis-leur que tu n'as rien ! » Son visage s'est décomposé, trahi. Elle a hurlé, vidant des années de douleur : « Tes parents, au moins, ils sont là pour toi ! Ils ne sont pas allés se faire tuer bêtement pour des inconnus ! » Ces mots, un venin, ont anéanti ma raison. Folle de rage, je l'ai poussée, violemment. Elle est tombée. La violence physique avait éclaté. Après notre suspension, Manon a réaffirmé, à des élèves plus jeunes, qu'elle avait refusé la bourse pour un stage à l'ONU. La spirale du mensonge continuait. Mais le coup de grâce fut les résultats du baccalauréat. Manon, mention Très Bien, avec un bonus de 20 points. Elle a jubilé : « Un petit coup de pouce du ministère des Affaires étrangères. Mes parents tiennent toujours leurs promesses. » La salle s'est transformée en arène hostile. Je me suis sentie mal. Comment un tel bonus était-il possible ? Le soir, j'ai surpris Manon et le proviseur. 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Le seul lieu où elle trouvait la paix. C'est là que je l'ai trouvée, assise devant un mur de granit noir, où étaient gravés des centaines de noms. Parmi eux, JEAN-PIERRE DUBOIS, ISABELLE DUBOIS. Manon a avoué. Ses parents étaient morts. Assassinés en service, des héros qui avaient démantelé un grand trafic de drogue. Ce bonus de 20 points, c' était la reconnaissance des « pupilles de la Nation », le prix de leur sacrifice. « Vingt points en échange de leur vie. » Elle a éclaté en sanglots, une douleur indicible jaillissant d'elle. Je l'ai serrée dans mes bras, au pied de ce mur froid. Au milieu de cette tempête médiatique, le commissaire Bernard, un collègue de ses parents, a organisé une conférence de presse. Il a rétabli la vérité. Il a raconté l'héroïsme de Jean-Pierre et Isabelle Dubois, morts en mission. « Ils ne sont pas morts bêtement. 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