La Moisson de la Trahison

La Moisson de la Trahison

Gavin

5.0
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Au fond de ma fromagerie, un soir, mes mains trouvaient la paix loin du grand château où régnait ma belle-mère. C'est alors que mon mari, Luc, entra, tenant un nourrisson. Il jura l'avoir trouvé abandonné, mais je discernai immédiatement le mensonge et la coûteuse couverture en cachemire trahissant sa perfidie. J'ai pris le bébé, Désiré, décidant de l'élever comme mon propre fils, tandis que vingt ans de patience commençaient. Devant ma belle-mère, qui me raillait pour ma prétendue stérilité, et une société qui me plaignait, je n'ai rien dit. Luc, qui me croyait trop "simple" pour comprendre, continuait sa double vie avec Chloé, m'offrant des cadeaux pour mes "bons services". Ils pensaient me manipuler, me jeter après usage, sans imaginer l'ampleur de ma discrète collecte de preuves qui grandissait. Le soir du triomphe espéré de Luc, où il prévoyait de me répudier publiquement et de présenter Chloé, ma propre surprise allait faire voler en éclats leur monde arrogant et mettre en lumière leur cruauté.

Introduction

Au fond de ma fromagerie, un soir, mes mains trouvaient la paix loin du grand château où régnait ma belle-mère.

C'est alors que mon mari, Luc, entra, tenant un nourrisson.

Il jura l'avoir trouvé abandonné, mais je discernai immédiatement le mensonge et la coûteuse couverture en cachemire trahissant sa perfidie.

J'ai pris le bébé, Désiré, décidant de l'élever comme mon propre fils, tandis que vingt ans de patience commençaient.

Devant ma belle-mère, qui me raillait pour ma prétendue stérilité, et une société qui me plaignait, je n'ai rien dit.

Luc, qui me croyait trop "simple" pour comprendre, continuait sa double vie avec Chloé, m'offrant des cadeaux pour mes "bons services".

Ils pensaient me manipuler, me jeter après usage, sans imaginer l'ampleur de ma discrète collecte de preuves qui grandissait.

Le soir du triomphe espéré de Luc, où il prévoyait de me répudier publiquement et de présenter Chloé, ma propre surprise allait faire voler en éclats leur monde arrogant et mettre en lumière leur cruauté.

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Je m' appelle Jeanne Dubois, la dernière de ma lignée à pouvoir tisser le destin. Mes parents m' avaient prévenue: ne jamais utiliser ce pouvoir, sous peine d' un contrecoup dévastateur. Ils m' avaient aussi arrangé un mariage avec la riche famille Moreau pour me protéger. Le jour de mes noces, l' homme que je devais épouser, Antoine, a épousé une autre à ma place. Humiliée, j' étais devenue la risée de tous, quand Lucas Moreau, le fils illégitime de la famille, est venu me secourir. Il m' a dit : « Si mon frère ne veut pas de toi, je te prends. » Cette nuit-là, accusés d' une liaison secrète, nous avons été drogués et enfermés. Lucas, se cognant la tête contre le mur pour ne pas me toucher, murmurait mon nom et disait qu' il m' aimait. J' ai cru avoir trouvé l' homme qui me protégerait pour toujours et nous nous sommes mariés. Peu après, Lucas a eu un grave accident. Les médecins ne lui donnaient que quelques heures. Désespérée, j' ai ignoré les avertissements de mes parents et utilisé mon pouvoir pour « retisser son destin ». Le prix fut immédiat et terrible : j' ai fait une fausse couche. Depuis, chaque grossesse se terminait par le même drame. Cinq fois, j' ai perdu un enfant. Lucas, toujours présent, me réconfortait. J' étais enceinte de mon sixième enfant, pleine d' espoir, cherchant désespérément une solution à cette malédiction. Mais un jour, en passant devant un restaurant, j' ai aperçu Lucas et Antoine. Leurs mots ont réduit mon monde en miettes. « Antoine, Jeanne a une destinée exceptionnelle, son placenta est le plus efficace. Je vais intensifier ma recherche d' une 'tisseuse de destins' pour Clara, pour en finir une bonne fois pour toutes ! » La mort de mes enfants n' était pas une malédiction. C' était un meurtre. Je n' étais pas sa femme. J' étais une usine à placenta. Mon cœur s' est empli d' une rage si pure qu' elle a gelé toute autre émotion. Aujourd' hui, libre et forte, j' ai trouvé ma propre destinée.

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J'ai annoncé ma retraite anticipée, et toute la ville a poussé un soupir de soulagement. « Jeanne Dubois, la capitaine qui a perdu son flair, prend enfin sa retraite. » C'était le titre qui tournait en boucle sur les chaînes d'information locale. Seule ma petite sœur détective, Sophie Moreau, a paniqué. Lors de son banquet de célébration, elle m'a cherchée publiquement, son visage crispé par une anxiété que personne ne pouvait comprendre. « Jeanne ? Ma sœur, où es-tu ? J'ai besoin de toi. » J'ai souri avec mépris, ignorant ses appels. Sa source d'inspiration venait de se tarir. Ma vie d'avant ? Une capitaine de police criminelle renommée. Chaque affaire, une obsession. Mais tout a basculé quand Sophie, fraîchement sortie de l'école, a rejoint mon unité. Soudain, chaque indice que je découvrais après des nuits blanches était annoncé en premier par elle, avec une assurance déconcertante. « J'ai eu un flash, » disait-elle. « Je peux partager la vision du criminel. » L'admiration de nos collègues s'est transformée en pitié pour moi. J'étais comparée à ma "géniale" petite sœur. Pour me prouver, je me suis épuisée sur une affaire de trafic humain. J'ai localisé la planque. Le jour de l'assaut, Sophie était déjà là, entourée de journalistes. Elle avait libéré les otages une heure avant notre arrivée. Elle est devenue la nouvelle détective star. Moi, j'ai été clouée au pilori de l'incompétence. Mon nom est devenu synonyme d'échec. La pression était insupportable. Lors de la traque des derniers trafiquants, j'ai commis une erreur fatale. Une balle en pleine poitrine. Ma dernière pensée fut pour Sophie. Puis, l'obscurité. À mon réveil, j'étais de retour. Dans ma voiture, le talkie-walkie grésillant. Mon équipe attendait mon signal pour l'assaut du repaire des trafiquants. J'étais revenue au jour de ma plus grande humiliation. Une chance de tout recommencer. Cette fois, je ne commettrai pas la même erreur. « Capitaine Dubois ? On attend vos ordres. » « Attendez. »

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