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Ma lumière dans les ténèbres.

Ma lumière dans les ténèbres.

EstelleCramail

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Aux yeux de tous Lucianna à une vie de rêve : une famille aimante, des études intéressantes et surtout un petit-ami passionné, doux et tendre. Ça c’est ce qu’elle veut faire croire. En réalité depuis deux ans Lucianna vit un enfer quotidien. Son amoureux et son bourreau, il a fait d’elle sa poupée qu’il martyrise, brise et déchire selon ses désirs. Et il exerce sur elle le plus odieux des chantages :  si elle lui échappe….sa petite sœur prendra sa place. Alors Lucianna se sacrifie sans savoir combien de temps elle pourra tenir. Mais sa rencontre avec Zac un escort boy aux yeux lumineux, pourrait bien tout bouleverser.

Chapitre 1 Lucianna

Aujourd’hui, tout va changer.

J’ai du mal à croire ce que je m’apprête à faire. Et, pourtant je vais le faire. Il faut dire que mon sens critique et moral est réduit à néant depuis quelque temps. Tout comme moi. Alors ne me demandez pas pourquoi je vais le faire ni ce que ça va m’apporter car je n’en sais rien. Je ne sais plus rien.

J’ai l’impression étrange que c’est mon dernier espoir, la dernière façon de savoir si je pourrai me relever de tout ça.

Sans que j’y pense mes doigts composent le numéro. Ça sonne. Je peux encore raccrocher ce n’est pas trop tard .

- Alicia à votre service. Que puis-je faire pour vous ?

- Je… Non, je n’aurais pas dû vous appeler. Je regrette.

- Ne raccrochez pas mademoiselle. C’est normal d’hésiter. Mais notre société est là pour vous guider. Avez-vous consulté notre site ?

- Oui, oui…

- Il y a un modèle en particulier qui vous attire ?

Un modèle ? Bordel mais qu’est-ce que je fous ?

– Non, je…

– Ce n’est pas grave. Donnez-moi vos critères et je vous enverrai une sélection.

– Non, pas de sélection.

– Vous préférez la surprise alors ? Vous ne serez pas déçue, donnez-moi vos envies, vos attentes ou vos besoins.

Ce n’est pas ce que je voulais dire. Pourquoi je ne raccroche pas ? Argh !

– Mademoiselle ?

– Oui, je…

– Grand, petit, brun, couleur de peau ? Des choses classiques pour commencer. Laissez-vous aller !

– Oh euh… Quelqu’un de jeune, grand et patient. Ça suffit ?

– Hu hum. Et concernant les accessoires ?

Je l’entends pianoter sur son clavier alors que je rentre dans un état second.

- Quoi ?

- Uniformes, menottes ? Pratiques ou mœurs particulières ?

- Non, non, surtout pas.

- Parfait. Je peux prendre le numéro avec lequel vous appelez comme référence ? Et une adresse mail s’il vous plaît.

- Oui. Je vous la donne.

- Parfait ! Je vous envoie un mail de confirmation avec nos clauses et plusieurs précisions. Si vous avez le moindre doute ou des questions, n’hésitez pas.

- Très bien.

- Au revoir et merci de nous avoir choisis pour votre commande.

Elle a raccroché. À moins que ce ne soit moi ? Ma commande ? Putain mais qu’est-ce qui me prend ? Me voilà un monstre au même titre qu’E.

Ding. Ma messagerie s’affole déjà. Bon sang ils n’ont pas perdu de temps.

Lucianna ?

– Oui professeur ? Excusez-moi.

Je suis avec ma prof de lettres. Une femme adorable avec des lunettes en forme de demi-lunes et des cheveux en bataille. Je crois qu’elle lit plus qu’elle ne dort. Mais elle enseigne vraiment bien. Elle m’aide à tenir sans le savoir.

Trois fois par semaine, on se retrouve en petit groupe pour un atelier d’écriture. Il y a quelque temps, elle a été absente pendant plusieurs semaines. J’ai cru mourir. On m’avait retiré mon seul moment de liberté. Et si elle n’était pas revenue ? Je préfère ne pas y penser.

– Tu vois, c’est ce que je disais. Tu es distraite depuis quelques mois pendant les cours. Tu ne rends pas tes devoirs à temps et tes notes ont chuté. J’en ai discuté avec les autres professeurs et tous sont du même avis. Tu es l’une de nos meilleures élèves, Lucianna, mais tu sembles ailleurs. Et je m’inquiète pour toi.

– Je sais, oui, je suis désolée. Je vais tout faire pour me reprendre et faire remonter mes notes. Ne me renvoyez pas s’il vous plaît, je tiens trop à ce cours.

– Qui parle de renvoi ?

– Je connais la procédure. Si mes notes ne remontent pas, on va me forcer à stopper les cours non obligatoires.

– Je sais que tu tiens à l’atelier d’écriture. Et tes écrits sont toujours aussi étonnants. Je ne vais pas te renvoyer. Je voulais juste te dire que si tu as des soucis, tu peux m’en parler.

– Merci, c’est très gentil de votre part. Je n’hésiterai pas.

Elle me libère mais je sens qu’elle n’est pas convaincue par ma réponse. Il va falloir que je sois plus vigilante. Et que je fasse quelque chose pour me sortir de ce merdier.

En fait, j’ai fait quelque chose. Hier, j’ai lu le mail, retenu la migraine qui m’a envahie et les nausées. Et j’ai validé mes choix un par un, sans ciller. Je suis une garce, il a raison. À force de me le répéter, il a fini par me convaincre. Ce sera plus facile sans le connaître. Si je ne franchis pas cette étape, ce sera inutile de continuer.

Je regarde les bus qui s’éloignent. Plus d’une fois j’ai pensé à me jeter sous l’un d’entre eux. Mais il ne m’a pas laissée faire. Non pas qu’il s’en doutait, non. Mais il était tout le temps avec moi, du matin au soir et du soir au matin. À me surveiller, à m’épier, à m’observer. Consignant chacun de mes faits et gestes afin de se mettre quelque chose sous la dent à me reprocher le soir venu.

Ce n’est pas le moment d’y penser.

Je surveille mon téléphone. Ils ont dit qu’il allait m’envoyer un message pour savoir où et quand. Je pourrai toujours ne pas répondre. Ce n’est pas trop tard.

– Salut toi !

Je manque de faire tomber mon téléphone.

– Bordel Emmy, tu m’as fait peur !

– Qu’est-ce qu’elle te voulait la prof ?

– Discuter, c’est tout.

– Tu surveilles si ton amoureux t’a envoyé un message ? Il a appelé hier et a dit qu’il n’arrivait pas à te joindre depuis son arrivée à Cambridge.

– Je n’arrive pas à le contacter non plus, c’est bizarre.

– Votre amour fait exploser les lignes, que veux-tu !

– Oui, sûrement…

Je suis rentrée chez moi. E essaie de m’appeler. Cinq fois en une minute. Fait chier. Je sais que plus je vais attendre pour répondre et pire ce sera.

Un texto :

[Réponds-moi ou je te jure que je fais le trajet du retour en trop peu de temps pour que tu achètes assez d’antidouleurs pour t’en remettre.]

Enfoiré.

Évidemment il rappelle.

– Allô !

– Génial ! Avec toi il n’y a que les menaces qui marchent. À croire que tu aimes ça quand je suis dur avec toi ! Mais ne me pousse pas trop, réponds-moi ou je te jure que tu vas le regretter.

– Je te crois, oui.

– C’est ça, fais la maligne. J’ai dû appeler mes parents hier et ma sœur pour savoir ce que tu faisais. Tu te rends compte de ce qu’ils ont dû penser ?

– Je m’en fiche. Tu ne peux donc pas me laisser tranquille quelques jours ? Je te signale que j’ai loupé presque une semaine de cours par ta faute.

– Oh chérie je t’en prie, il fallait bien fêter mon départ.

Bon sang, je vais gerber.

– Tu as perdu ta langue ?

– Non.

– Tu te remémores les nuits de folie qu’on a passées ensemble ?

La folie, ça, c’est sûr que ça le qualifie très bien. Ça et salopard, pourri, dégueulasse, enfoiré.

– Qu’est-ce que tu veux ?

– Toi. Viens me rendre visite ce week-end.

– Non.

J’ai raccroché. Je sais qu’il va s’énerver. Je m’en fous. Qu’il revienne s’il veut. Qu’il me cogne avec sa ceinture et ses poings jusqu’à ce que j’en crève. Tout plutôt que de revivre ça.

Mon téléphone ne cesse de vibrer. Il est en train de faire exploser ma boîte vocale. J’efface ses messages sans les lire.

Soudain j’en reçois un d’un expéditeur que je ne connais pas. Et s’il se servait du téléphone d’un de ses connards de potes ? Tant pis, je dois savoir.

[Bonsoir. Où souhaitez-vous me rencontrer ? Votre heure sera la mienne. Zac.]

Merde, j’ai soudain super mal au ventre. Je cours aux toilettes et vomis tout mon déjeuner.

Je m’assois sur le carrelage. Zac, c’est un joli prénom. Peut-être que ça se passera bien. Ou alors c’est l’idée la plus stupide que j’ai jamais eue. Peu importe. Dans le mail que j’ai reçu, on me proposait de le rencontrer dans des suites réservées aux membres avec un vigile à chaque porte pour nous rassurer.

Tu parles. Ce site est bien trop fréquenté par les mondaines du quartier pour embaucher des mecs dangereux. Et si je dois mourir d’un couteau dans le ventre, j’aime autant que ce soit dans un endroit que je connais.

[1360 Revello Avenue, appartement 361, à 19h30. Lucianna.]

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