Le milliardaire qui avait oublié l'amour
ines devenues des années. Pour moi aussi, ça fait sept ans sans lui. Une éternité. Une torture. Et quelque ch
'il s'est allongé pour dormir ? Est-ce qu'il a enfilé un pyjama de gamin à rayures ? Est-ce qu'il a rejoint une fille avec qui passer la nuit ? Bien sûr que non. Bien sûr que oui. Mes idées s'emmêlent et je confonds les époques. Je s
direction du néon affreusement
es, lampe torche, bombe lacrymogène, nouveau téléphone, vieux couteau, papier froissé. Je le déplie. Relis les mots de notre pacte que je connais pourtant par cœur. Effleure les traces de doigt qui forment presque un cœur. Ça me fait mal. Autant que ça me fait du bien. Cette stupide feuille écornée et sale est
y, je n'ai qu'elle. Abby. Un des piliers de mon ancienne vie. Je m'affale sur le lit e
Ne t'en fais
es-t
pas te le di
écuri
je c
me débro
u sais.] [Alor
ne vas pas bien.
envie qu'on trac
e te trahirais pa
'aider si tu as
à aider. Tu es toujours débordée. Tu n'as qu'à prendre ma
et, petite maline. Po
décidé que c'é
our de
. Ma vie va recomm
s le moteur. Mais pour l'instant, il roule et c'est tout ce que je lui demande. Il m'emmène jusqu'à la villa d'Harrison Quinn, sans que j'aie besoin de chercher le chemin. Il se gare dans la ruelle adjacente, à quelques centaines de mètres. Je parcours le reste du chemin à pied, presque sans réfléchir. Avec le cœur qui tambourine contre le bout de papier. Je contourne la maison endormie, pour que personne ne me voie escalader depuis la rue. Et je me mets à grimper le long des colonnes blanches en remerciant l'architecture victorienne. Je n'ai pas fait ça depuis des années. Mais je ne
onnaîtra
torse nu, dans ce corps d'homme que je ne lui connais pas. Ses yeux gris plissés vers un livre qu'il tient d'une mai
e à sa
laissée
touj
ie à l
voir décider s'il lui est familier ou étranger. Ou les deux à la fois. Il descend le long de mes bras recouverts de traces sombres de saleté, il comprend que j'ai grimpé. Que je suis toujours aussi imprudente. Il dérive vers mon débardeur blanc un peu sali aussi, un peu distendu. Il observe mes jambes nues aux genoux éraflés. Il r
este figée sur ce balcon froid, plus confortable que le toit du ranch auquel je grimpais enfant. Mais bien plus effrayant. Le nageur torse nu saute sur ses pieds, au milieu de sa chambre à peine éclairée, et avance lentement vers la fenêtre. Sa bouche aux lèvres ourlées forme un O qui se referme crescendo. Pour disparaître au milieu de
E.