Le milliardaire qui avait oublié l'amour
er. Je m'allonge sur le sable et patiente, la gorge sèche et le g
ce que je fuis... il
je ne pourra
tout ce lot d'émotions intenses, grisantes et angoissantes, je rentre me coucher dans ma chambre de motel. Sans même allumer la lumière. Sans même me déshabiller. Je ne veux voir ni le décor étranger, miteux, ni mon corps
*
i, je voulais être tout sauf un bébé. Avec mes genoux écorchés, mes mains sales et mes cheveux courts de garçon manqué, que je coupais moi-même au couteau à dents, je me donnai
dégageait jamais sa main de la sienne. De son épaule ou de sa nuque. Il était à elle. Et elle fuyait dès qu'on s'en approchait. Personne n'aurait pu se douter que quelque chose clochait. Sauf moi. Un gamin perdu dans le désert du Nevada. Qui n'est pas d'ici, qui n'a pas toujours grandi là. Comme moi. Un gosse cloîtré chez lui, au point de faire l'école à la maison. Aucun sport, aucune activité dehors. Aucun ami, si ce n'est ce stupide alligator en peluche aux grosses pattes sales
il s'endorme. J'ai glissé une lampe de poche, un petit couteau et une barre de céréales dans le sac à dos de toile noire que je traîne depuis toujours. Et je suis sortie sans faire de bruit. Les fugues, ça me connaît. J'ai parcouru en courant les deux kilomètres qui me séparaient du ranch des Newman. J'ai franchi la barrière verte. J'ai grimpé à la go
t bleues. Un épi au sommet de sa coupe au bol. Ses billes azur se sont encore écarquillées, pendant que sa bouche formait le plus grand O que j'ai vu de ma vie. Lui, à la vue du sang sur mes genoux, il a failli tourne
sses entrer,
N
cle les règles de Sadie la Sadique : ne pas parler aux étrangers, ne laisser entrer personne
dire des mots affreux, à grimper aux gouttières et à courir plus vite que les grands. Il avait les yeux qui brillaient. Il avait l'air aussi heureux qu'effrayé. Comme si c'était la première fois qu'il avait un petit bout de vie rien qu'à lui. Et moi, j'ai eu cette sens
Je souriais bêtement. Il se sentait fier et courageux. Ça me plaisait que ce soit grâce à moi. Alors j'ai eu l'idée d'appuyer un tout petit peu sur nos doigts, à la pointe de mon couteau, pour faire sortir une goutte de sang. On a joint nos index blessés, on a mélangé nos sangs et on a fa
le pour toujours. Tous les
mme je venais de l'apprendre à l'école, en lettres bâton qui tremblent
ix ans. Je ne l'