Mariée à l'ombre d'un monstre
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dix ans, j'ai été l'architecte silencieuse de son empire, l'épouse parfaite qui gérait sa vie pour qu'il puisse
turait. C'était la sienne. Des milliers de photos explicites d'un mannequin nommé Dahlia,
il m'a traitée d'hystér
de sa galerie. Dahlia m'a fait droguer et agresser pe
tait dans la pièce d'à côté
ent trahie. Il m'a a
que j'avais épousé était un monstre. Et je n'allais pas
pit
lier que les battements de mon propre cœur. Il souriait, ce sourire parfait et étudié, et la foule rugissait. Je le regardais depuis mon siège, épouse fière, partenaire cachée
te. C'était une dissonance que j'avais appris à ignorer, un minuscule grésillement dans la symphonie autrement harmonieuse de notr
se », a-t-il commencé, sa voix baissant jusqu'à un murmure théâtral qui portait pourtant jusqu'au moindre recoin de la pièce, « ma magnifique épouse, Élise. Tu es ma plus gr
ose la plus romantique du monde. Comme un vœu, une promesse sacrée. J'ai forcé un sourire, mes joues me faisaient mal. Mon cœur, cependant, a senti une min
d'adoration publique et de distance privée. J'avais prévu une soirée tranquille, juste nous deux. J'avais même
sse de café. Le soleil inondait notre cuisine impeccable, soulignant les grains
son téléphone. « Oui, mon amo
rrais peut-être me photographier. Juste pour nous. Comme tu le dis toujours, "garde
nses, étaient voilés par quelque chose que je n'arrivais pas à défi
lange pas le travail et le plaisir. Mon art, c'est mon art.
.. hier soir, tu as dit que j'étais ta m
blic. Tu sais comment ça marche. » Il a bu une gorgée de café, évitant mon regard. « D'ailleurs, je trava
t lourde. « Des projets personnels ? C'est ce que serait
les nerfs. « Écoute, j'ai une réunion. N'en faisons pas toute une histoi
raqué alors qu'il le prenait sur le comptoir. Il était déjà à
e dit, ma voix à peine un murmur
pointe d'agacement distincte. « Je ne te photographie pas. Je ne l'ai jamais fait. C'est notre truc. » Il
m'étais laissée espérer, bêtement. J'avais cru à ses déclarations publiques, à ses m
poitrine. *Il ne me photographie jamais. C'est notre truc.* Ses mots résonnaient, creux
par un ami des années auparavant. Étienne l'avait toujours admirée, avait toujours
œur de Paris. Un espace qu'il louait, soi-disant pour des projets expérimentaux trop bruts pour son studio principal. Il en parlait rare
n'était p
s clés dans le tiroir de son bureau, caché sous une pile de vieilles factures. C'était presque trop facile. Mes mai
un clic silencieux résonnant dans le couloir vide. Le studio à l'intérieur était plus sombre, plus poussiéreux que je
ait déplacé, presque comme un meuble destiné à être caché à la vue de tous. Mes doigts ont effleuré
ouvaient des dizaines d'albums photo. Pas seulement des albums, mais des livres épais, r
dos embossé d'un se
a gloire avait mystérieusement coïncidé avec les travaux récents d'Étienne, plus sombres, plus auda
ahlia. Des poses qui repoussaient les limites. Des expressions à la fois vulnérables et provocantes. Ce n'était pas de l'art professionnel. C'était une obsession. Chaque page tournée était une nouvelle blessure, une nouvelle vague de
es à mon sujet. Il prétendait garder ma beauté pour lui, mais il cataloguait méticuleusement ch
u visage de Dahlia, les yeux mi-clos, un sourire narquois sur les lèvres. Et dans le co
r de notre anniversaire. Le matin même où il avait froidement refusé de me photographier, prétex
hoc. Ce n'était pas seulement une trahison. C'était un mensonge méticuleusement élab
derrière moi. « Élise ? Qu
semblait à de la peur. Il se tenait dans l'encadrement de la porte, la
élangeais pas le travail et le plaisir, Étienne », ai-je dit, ma voix étonnamment calme, un ton plat et monotone que je reconnaissais à peine comme le mi
est pas ce que tu crois. C'est... de l'art. Expérimental. Rien de pl
ne panique désespérée dans leur profondeur. « De l'art ? », ai-je répété, un rire amer s'échappant de ma gorge. « C'est de l'art, ça, É
ement pour l'exploration artistique. Tu sais que je repousse toujours les limites. » Il a commencé à s'approcher de moi,
s trop occupé pour moi, trop occupé pour nous ? Tu étais ici, avec elle, à créer ça ? » Mon regard a balayé la pièce, absorbant les preuv
es. Nous explorons. Nous créons. Toi, plus que quiconque, devrais comprendre ça. » Son ton a changé, devenant condescendant, méprisant. La
rfait inconnu. « Tu étais sur scène hier soir, Étienne, à dire au monde que j'étais ta muse, que tu gardais ma beauté pour toi. Et pendant tout ce temps, tu avais cette co
suis prêt à repousser les limites artistiques ? Tu es irrationnelle. Tu es jalouse. C'est exacteme
irect de ta tromperie délibérée, Étienne. De tes mensonges. De ta trahison. » Les
. *Tu es trop sensible, Élise. Tu imagines des choses. C'est juste un texto amical. Tu sais comment sont les mannequins, toujours à s'ac
s années, flottait lourdement dans l'air. C'était un appel désespéré, un test final. « Ou es
ste de l'agacement d'avoir été pris ? « Bien sûr que je t'aime, Élise », a-t-il dit, trop vite, tro
la table, à côté de son sac d'appareil photo. Ses yeux ont filé vers lui, puis vers m
apé le téléphone. « Je... je dois prendre c
voix rauque. « Tu vas la rejoindr
nion de travail, Élise. Tu n'es pas raisonnable. » Il s'est tourné, déjà à moitié
ve désespérée. Il a fait une pause, la main sur
dressé, a poussé la porte et est sorti. Le clic de la serrure a résonné dans le s
Mon téléphone a vibré dans ma poche. Un texto d'Hugo, mon ami d'enfance, me rappelant qu'il avait réservé une table dans notre
écran. Mon anniversaire était demain. J'ai tapé un
n mensonge. Et j'en ai fini. Ne prends pas la peine
ain, je tournerais enfin la page sur ce chapitre de ma vie. Une nouvelle page,