L'Héritage d'Edmond
tré de la maison familiale. Les flammes dans la cheminée dansaient et projetaient des ombres mouvantes sur les murs, transformant la pièce en un théâtre de mystè
e monde qui ne se laissent pas apprivoiser par la raison. Des êtres, que l'on appelle les changeurs, se
a chaleur rassurante de son grand-père. Edmond poursuivit, ses mains marquant l'a
fondes. Ils revêtent des apparences multiples, se fondant dans la foule, dans les recoins sombres de notre existence. Tu doi
comme si elles prenaient vie pour illustrer ses paroles. Clara, les yeux brillants d'une fascination mêlée
outable, capable de changer d'apparence à volonté, et nul ne pourra se fier à ce qu'il montre. Tu devras, quoi qu'il arr
sons. Elle ne comprenait pas tout à fait la portée de ces paroles, mais le ton grave et le regard perçant d'Edmond lui
vraiment quittée. Chaque geste, chaque regard dans la ville semblait lui rappeler cette leçon du passé. Même si les années avaient adouci les traits d'
Clara ne pouvait s'empêcher de jeter un regard méfiant aux ombres mouvantes qui se dissipaient sous le passage d'un réverbère. Le souvenir d'Edm
ant, derrière cette apparence banale, Clara pressentait que des forces invisibles se tramaient, prêtes à rompre l'équilibre fragile entre le quotidien et l'extraordinaire. Ce pressent
t avec une douceur réconfortante. Pourtant, malgré ce cadre rassurant, le cœur de Clara battait au rythme des échos anciens, et une partie d'elle
sein une profondeur insoupçonnée. La réalité de Clara, construite sur des fondations de routine et de chaleur humaine, n'était qu'un masque d
ne pouvait s'empêcher de se perdre dans ses pensées. Elle se rappelait ces instants où, enfant, elle avait été fascinée par les récits fantastiques de son grand-père. Ces histoires n'étaien
ouis. Ce sentiment, à la fois doux-amer et insidieux, rappelait à Clara que les avertissements d'Edmond n'étaient pas de vaines supercheries. Ils étaient bien le
ormais déserté, elle contempla une vieille photographie accrochée au mur – celle d'Edmond, souriant d'un air énigmatique, un livre ancien à la main. Ce simple regard figé dans le temps l
la ville s'endormait sous un voile de silence, elle murmura presque inaudiblement les mots qui résonnaient encore en elle : « Garde en toi la lumière, pour ne pas te perd
ents entendus jadis étaient bien plus qu'un écho du passé : ils étaient la clé d'un mystère dont l'ombre allait bientôt envelopper le monde tout entier. Et, dans le silence de la nuit, al
lé dans un quartier autrefois prospère mais aujourd'hui marqué par le temps et les rumeurs, le diner semblait à première vue un havre de réconfort et de routine. Pou
tout était en ordre. Les néons scintillants au plafond, les banquettes en cuir usé et la petite jukebox installée dans un coin faisaient écho à des souvenirs d'une époque révolue, où le diner
avaient vu le jour entre ces murs. Malgré la façade paisible du lieu, le diner semblait imprégné d'une aura mystérieuse. Des rumeurs circulaient, évoquant autrefois des événements inexplicables, des disparitions ou d
café fraîchement moulu se mêlait à celle des viennoiseries encore chaudes, et la conversation animée de quelques habitués réchauffait l'atmosphère, contrastant avec le froid extér
ui, j'espère, sera sans histoires ? » lança Ro
ne certaine mélancolie. « On ne peut jamais être trop prude
oucement. « Mystères ou légendes, ta
'antan, fit son entrée. Son regard pétillant et son sourire bienveillant apportaient une note rassurante à l'ensembl
peu de réconfort dans la routine. Cependant, la quiétude de l'après-midi allait bient
ce d'un éclat rougeâtre. C'est à ce moment-là qu'un homme fit son entrée dans le diner. Il n'était pas grand, plutôt mince, et portait un long mant