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Préface
C’était un message, il y a trois semaines :
« ça y est Claude, mon livre sur le Champo est terminé… J’aimerais beaucoup que tu fasses la préface ! »
Très flatté bien sûr, mais aussi très angoissé : quand aurais-je le temps de faire cela sans bâcler ?
Et quoi ?!
Dominique ne comprend-il pas que nous sommes en pleine tempête, nous, les derniers petits cinémas indépendants parisiens ?
Combien de temps m’appellera-t-on encore « Le dernier des Mohicans », comme le fit une fois en riant Marie-Louise Troadec, dont la famille tenait le Cluny Écoles, juste en face du Champo ?
C’est plus que « Grand Frais » pour le cinéma en ce moment « Post Confinements-Covid », et au Saint Michel, c’est genre « Capitaine Carlsen » seul sur son rafiot en 1951 qu’on arrivait pas à remorquer sur la Manche déchaînée.
Ou Buster Keaton dans « Steamboat Bill Junior » : on passe son temps à réparer en attendant que ça casse ailleurs.
Pour les petites salles indépendantes qui ont survécu au quartier latin comme le Champo et le Saint-Michel, depuis les années 50 à 80 et aujourd’hui, ça a pas mal changé…
Les écrans trônent de plus en plus seuls face aux têtes clairsemées de quelques amateurs survivants du 7eArt, comme ces espèces mal protégées en voie de disparition.
Plus besoin de demander à la dame ou au monsieur devant de retirer son chapeau ou de baisser un peu la tête pour voir le film…
Mais pas grave, il faut le faire !
Dominique est plus qu’un ami.
Lui, quinze ans de moins que moi, littéraire Khâgneux à Henri IV, et moi matheux Taupin à Louis-le Grand, pas pareil ?
Mais nous avons quelque chose de commun qui est plus que rare : nous faisons partie de ce petit club : « Les imprégnés du cinéma ».
Là où les oies de Lorentz apprenaient à voler avec leur maître, nous, nous avons appris la vie avec le cinéma.
Et notre Lorentz à nous avait plusieurs noms dont je ne peux citer au hasard que quelques-uns, sans nommer les réalisateurs qu’on ne voit pas quand on a neuf ans :
Louis Jouvet, Arletty, Clark Gable, Ava Gardner, Gérard Philippe, Gina Lollobrigida, Gary Grant, Grace Kelly, Fernandel, Jean Gabin et Yves Montand, Micheline Presle et Danielle Darrieux, Simone Signoret…
Imprégnés de cinéma.
Dominique Charlot, dans son appartement au-dessus du Champo qui collait son oreille sur le parquet pour entendre Charlotte Rampling dans « Portier de nuit » de Lilia Cavani projeté dans la salle en dessous.
Et Claude Gérard, qui, quinze ans plus tôt, se planquait derrière l’écran du Saint-Michel pour voir Pascale Petit et Jacques Charrier dans « Les Tricheurs » de Marcel carné.
Et tous les deux, dès neuf ans, qui sortions de l’école de la rue Saint-Jacques pour nous précipiter dans la salle de cinéma, une fois les devoirs faits et la récitation bien apprise et récitée à notre mère…
Vous allez comprendre en lisant ce livre ce que voulait dire le cinéma, il y a quarante ans :
Le père de Dominique, Monsieur Marcel comme nous l’appelions alors, c’était le Papa du Champo, depuis les années 50 quand il en est devenu Directeur tout en restant Chef projectionniste.
Le Papa d’un petit cinéma d’auteur indépendant, j’ai appris ce que ça veut dire au Saint-Michel depuis que mon père m’en a confié les rênes en 1986.
Cela implique beaucoup d’humilité, de respect, et d’exigence par rapport au public, et c’est ce que Dominique Charlot s’applique à décrire dans ce que vous allez lire.
Ce cinéma que j’ai connu dans mon enfance et que j’essaie de faire vivre encore.
Ce cinéma, c’était la famille, l’amitié qu’il ne faut pas confondre avec le paternalisme, mais aussi la rigueur, l’exigence et la précision, comme la copie dont on devait savoir le métrage exact et l’état à sa sortie du stock.
Tous ensemble, avec un seul but : que les spectateurs ressortent heureux de la salle.
Comme au cirque ou au théâtre.
Ne pas se louper…
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