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L'héritier de Khan

L'héritier de Khan

Honey Goldfish

5.0
avis
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Chapitres

Anne Claude est une conseillère en placement très doué vivant au Luxembourg. Khan est un trafiquant d'armes qui voudrait bien en faire sa maitresse, car il n'a jamais oublié cet été très chaud de ses vingt-quatre ans qu'il avait passé au Luxembourg en compagnie de la séduisante femme à la chevelure rousse et aux formes très riches et voluptueuses. Mais Anne Claude possède un secret qu'elle se refuse à lui révéler et qui l'empêche de se donner à lui... Cependant, quand la vie de son fils est en jeu, elle n'a d'autre choix que de s'en remettre au père de l'enfant pour le sauver, même si elle aurait bien voulu continuer à lui cacher son existence... Ses deux parents sauront-ils mettre de côté leurs griefs afin de mettre le jeune Yanis au centre de leurs priorités ? Mafia romance. Série Graveyard

Chapitre 1 Anne Claude

Anne-Claude

— Anne-Claude! Ton rendez-vous de quatre heures est arrivé... signale la secrétaire dans le téléphone.

Je la remercie et raccroche le combiné. Je me presse ensuite de retirer plusieurs portraits à la droite de mon écran d’ordinateur sur mon bureau et de les ranger dans un des tiroirs. Je me lève ensuite et je lisse mon tailleur, je jette un œil à mon reflet dans la baie vitrée de mon cubicule. Ma tignasse rousse est parfois trop rebelle.

Enfin, je prends une profonde inspiration avant de franchir la séparation entre mon espace de travail et celui des autres dans la grande banque. Je traverse la vaste aire ouverte et je me dirige vers la salle d’attente. Je peux déjà l’apercevoir, grand et costaud, blond et les yeux bleus, sa barbe courte soigneusement rasée tout comme sa chemise propre, son gilet en cuir et ses pantalons à bretelle…

Il a comme toujours de la prestance, de la noblesse.

Je vais accueillir le chef d'entreprise Islandais. Enfin, c’est ce qu’il prétend être comme toujours...

— Monsieur Drakniss!

Il se lève de sa place avec élégance, ne me quittant pas du regard. Un regard charismatique.

— Mam’zelle Eckhart! Toujours aussi séduisante!

Je lui rétorque de manière sarcastique, prenant cette main tendue:

— Monsieur Drakniss... toujours aussi irrévérencieux!

Il sourit de manière tout à fait arrogante tandis qu’il me serre la main avec une légère pression, son pouce sous mon poignet, comme pour assurer sa dominance sur moi tout en me témoignant de la tendresse. C’est son petit rituel... Chaque fois, ça ne rate pas de faire son petit effet sur moi. Mon tailleur me parait soudain trop serré, la température a grimpé de quelques degrés et un frisson me parcourt l’échine.

Je combats cette émotion pour conserver un calme apparent quand je l’invite à me suivre dans mon bureau.

Son homme de main sur sa droite demeure assis comme toujours, jouant à un jeu stupide sur son cellulaire en patientant après son boss.

Khan Drakniss en profite toujours pour me draguer lors de notre rendez-vous bisannuel... Moi, je demeure très polie avec lui, mais je n'entre pas dans son jeu. Je me contente de lui donner les résultats de ses derniers placements en bourse, de lui conseiller quelques investissements. Comme toujours, il aura de l’argent liquide, beaucoup d’argents liquides, qu’il désire transférer dans un autre compte offshore, d’une de nos succursales qui se situe dans les iles Caïmans.

Comme toujours bien sûr, je ne poserai aucune question parce que notre banque du Luxembourg se spécialise dans ce genre de transactions, pour ce genre de client... et jamais au grand jamais je ne chercherais à savoir ce que vend monsieur Drakniss, autre que des spiritueux et des bières de microbrasserie, entreprise qui doit lui servir de couverture à des activités bien plus louches.

Je suis suffisamment bien payée pour fermer les yeux devant des clients comme cet Islandais et je suis également suffisamment bien payée pour supporter qu’il me drague à chacune de ses visites.

Cette fois, le trafiquant de je-sais-quoi me demande une autre carte Amex Black pour son cousin qui a perdu celle qu'il lui avait remise la dernière fois. Il désire aussi en avoir une autre, toujours reliée au même compte, cette fois pour sa sœur Emma, qui s'en va étudier à Oxford... Tout comme lui. Eh! Il en est très fier.

Je suis tout de même un peu surprise qu’il ait une sœur, car il ne l’a jamais mentionné auparavant.

Pendant que j’entre les informations de la nouvelle carte, il remarque alors le dessin d'un enfant épinglé sur mon babillard. Mon cœur cesse de battre une fraction de seconde. J’avais complètement oublié ce dessin! Je m'efforce de ne pas montrer mon trouble quand je lui prétexte que c’est mon neveu qui l’a fait.

Rapidement, j’attire son attention sur le lecteur que je viens de placer devant lui pour qu'il entre un code pour la nouvelle carte, celle de sa jeune sœur... et monsieur Drakniss me demande de le faire à sa place. Cette carte pourrait même être la mienne si j’acceptais de le suivre dans sa chambre d'hôtel...

Je n'aurais plus jamais à travailler, car il m'entretiendrait... J’aurais un superbe penthouse et je pourrais réaliser mon ancien rêve. Il pointe une des petites ses sculptures de bronze représentant des dragons sur une étagère. Je serais enfin reconnue pour mon talent. Il serait mon mécène et nous pourrions…

Je lui jette un regard empli de froideur. Je lui demande quel est l'anniversaire de naissance de sa sœur et je m'en sers pour le code de la nouvelle carte Black Amex.

— Je t’ai insulté. constate le bel homme. Ce n'était pas mon but... Ace... Ça cliquait déjà entre nous dans cet hôtel…

Ace... C’était le surnom qu’il m’avait donné. À cause des initiales de mon nom : Anne-Claude Eckhart. Et moi, je l’appelais Key à cause du «K» de son prénom, que je croyais être Kevin à l’époque! Des images de moi, de lui, enlacés dans le lit de cette suite luxueuse qu’il occupait me viennent à l’esprit. Des images que je chasse férocement.

Il poursuit son baratin :

— Il y a dix ans, dans cet hôtel où on s’était croisé, nous avions eu bien du plaisir! Ces vacances sont parmi mes plus mémorables ACE! Ça tient du miracle, si huit ans plus tard on s’est de nouveau croisés dans cette banque…

— Oui! Surtout que vous m’aviez donné un faux nom, à Marseille!

Il persiste comme toujours à me tutoyer alors que moi je cherche à mettre une distance entre nous:

— Tu m’en veux toujours? Après tout ce temps? Ace! Je crois bien t’avoir prouvé que je n’ai plus l’intention de disparaitre! Ça fait deux ans que je viens dans cette banque… Je suis sûr que je suis ton client le plus fidèle... et ton plus fervent admirateur!

—… et surtout le plus collant!

— Allez quoi! Ace! Tout c’que j’désire, c’est une chance… Je t’apprécie et je sais que c’est réciproque… On pourrait s’faire beaucoup de biens tous les deux!

— Oui hein! Vous m’appréciez, dites-vous! Mais pas suffisamment pour faire de moi autre chose qu'une maitresse! Vous en avez combien des maitresses, monsieur Drakniss? Une dans chaque ville que vous visitez?

Il hausse les épaules. Il n'y a rien de mal à ça... Si l'entente est profitable pour tous les partis en cause... ose-t-il même me dire, me faisant un clin d'œil coquin.

Je termine en vitesse de faire le tour de son portefeuille d’investissement avec lui, et je le reconduis jusqu'à la sortie, un sourire plastique sur le visage. Son homme de main, un grand type à la Arnold Schwarzenegger, au crâne rasé, quitte la salle d’attente et lui emboite le pas automatiquement...

Comme je lui serre une dernière fois la main, devant les grandes portes vitrées de la sortie principale, mon cellulaire se met à vibrer dans la poche de la veste de mon tailleur. Je regarde vitement. C’est un message de ma voisine qui me dit qu’elle et Yanis sont au parc et que mon fils s’exerce à arrêter les balles dans le filet du terrain de soccer.

Devant moi, Khan me dit qu'il est descendu à l'hôtel Place d'Armes, dans la suite Cristal et qu'il y sera jusqu'au lendemain si jamais je change d'avis.

— Désolé, mais j'ai déjà un rancard avec un séduisant jeune homme. Le vendredi soir c'est notre soirée popcorn.

— Ah oui? Un jeune homme? Ça ne serait pas ton neveu... des fois? devine Key, me prenant au dépourvu.

Je ne le nie aucunement et il argumente en me concédant que la famille passe avant tout... Mais que rien ne m'empêche par la suite de passer faire un tour à son hôtel quand le môme se sera endormi. Enfin quoi, c'est vrai! S'il dort, ce p’tit gars ne se rendra pas compte de mon absence...

— Vous feriez un très mauvais père, monsieur Drakniss.

Il me répond qu'en Islande, les mômes sont plus costauds qu'au Luxembourg apparemment parce que lui, il se gardait déjà seul à l'âge de six ans...

Je lui jette un regard qui veut tout dire et il hausse les épaules, se dirigeant vers son SUV aux vitres teintées qui est stationné non loin. Je tourne les talons et je retourne à l’intérieur. Ce sera bientôt la fermeture... j’ai encore quelques comptes à voir avant de pouvoir rentrer enfin rejoindre ma version miniature d’un homme qui ne fera jamais, oui, jamais partie de la vie de mon enfant! J’en suis bien décidée!

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