Une passion inattendue

Une passion inattendue

DoLin

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Ethan est un homme qui a tout pour plaire plein de charme. Il en joue très bien auprès de la gente féminine. Le vrai coureur de jupons par excellence. Les relations sérieuses ? Très peu pour lui. Mais voilà à 27 ans il se voit contraindre par sa famille de se ranger. C´est alors que lui vient l´idée de proposer un accord à Johanne, barmaid dans un club : feindre le grand amour. Ils n´avaient pas prévu être autant attirés l´un par l´autre. Se laisseront-ils portés par la passion, leur désir ou au contraire feront-ils le choix de la raison.

Chapitre 1 I.

Johanne

Il est 18 h 30 et dans une heure, je dois prendre mon service au club. Je descends de la trame. L'odeur horrible de la gare me prend à la gorge. Comme à son habitude la station est bondée. Heure de pointe. Cela ne m'avait pas manqué du tout. Je ne parierai plus jamais contre Ryan, ce petit filou. Tout ceci à cause d'une partie de poker. Une mauvaise main tu parles ? J'ai joui de malchance pendant presque toute la soirée. Et à court d'argent, je me suis quand même laissée convaincre par une dernière partie pour prendre ma revanche. Revanche que j'ai demandée, presque suppliée les deux dernières fois en me répétant que ce serait ma chance. Mais cette fois, il m'a convaincu de parier le fait que je me déplacerais en métro dans cette immense ville et lui réquisitionnerait ma voiture pour une journée. Bourrée comme j'étais, je n'ai pas vu de piège. -Ou alors qu'inconsciemment, je veux passer ce test du métro pour enfin me décider à mettre ma voiture en vente afin d'éponger une partie de mes dettes.-

À vrai dire je n'avais bu que deux verres de ce vin rouge italien qu'il nous a apporté à l'appartement. Je préfère rejeter la faute sur un verre de trop que de faire face à ma stupidité ou mon obstination. De toute manière, cela ne change rien au fait que je me suis laissée tenter. Et à chaque pas vers la sortie, je regrette cette soirée tout en maudissant monsieur La Chance. Je n'aurais aucune pitié pour lui le week-end prochain. Et je compte bien le battre cette fois.

Une mélodie délicieuse me sort de mes réflexions. Je tourne la tête de gauche à droite afin de trouver l'instigateur de ce son. Je l'aperçois près des marches. Il est là. Une jeune artiste, ses cheveux verts couverts d'un bonnet qui joue de la guitare. Je m'arrête un instant pour profiter de la mélodie dans le style Billy Ray Cyrus. Elle est douée. J'enfonce ma main dans la poche de mon manteau et ressort un billet de 20 dollars que je dépose dans son chapeau. Elle me sourit avec ravissement et opine du chef. Ce doit être son meilleur pourboire de la journée. Je pense que l'on devrait payer pour profiter de l'art surtout quand il est aussi beau et nous fait un si grand bien. Je crois que cet air, c'est la première chose qui me fait sourire depuis plusieurs mois. Un vrai sourire, pas un de ceux crispés ou tristes que je lui offrais à l'hôpital pour qu'elle ne s'inquiète pas trop. Depuis son départ... Il ne faut pas que j'y pense.

Je dois garder la pêche de ce petit moment. Je me remets en route pour mon travail. J'émerge de la station, un vent sec me fouette le visage. Je resserre les pans de mon manteau. C'est la fin de l'hiver, mais les températures sont toujours aussi capricieuses. Pour chasser la peine qui commence à me regagner, je ferme les yeux puis j'inspire profondément. Entre la fumée des cigarettes et les fumées des tuyaux d'échappement des véhicules, l'air est pollué, mais on s'en accommode dans une grande ville comme New York. Les voitures, les passants qui ont constamment le nez sur leurs téléphones. Ou alors les touristes dont le nez pointent vers le haut admirant les immenses gratte-ciel. Tout est commun rien n'a changé, c'est tout ce qui fait New York. Alors je décide de faire fit du tumulte en moi. Je regarde ma montre 18:53. Il faut que je me presse. Mon service, je dois le prendre dans une demi-heure environ. Bon je me hâte sur le trajet en évitant de renverser quelques étourdis. Il me faut 20 minutes pour arriver à destination. J'entre par l'avant saluant Mike, l'un des videurs au passage. Je rentre, Sylvia est déjà là derrière le comptoir. Elle attend l'ouverture. Elle est en pleine discussion avec le manager. Il doit certainement lui demander où je suis passée. Elle me voit et me fait des signes discrets pour dire qu'elle me couvre. Je file à l'arrière-salle puis dépose mon sac et mon manteau. Je passe par les toilettes pour arranger mon apparence. Une chose importante quand on bosse dans le secteur de la nuit surtout serveuse. J'arrange le décolleté de ma courte robe noire à pois rouges à col rond et à lacets coupe cintrée. Sans oublier le bas évasé et mon sublime dos nu. Une vraie pin-up rock. Elle n'est pas vulgaire, mais attrayante. J'adore. Je ne crains pas de mains baladeuses, car je reste uniquement derrière le bar. Puis c'est au tour de mes cheveux et de mon maquillage dans les tons du jour. Une fois que je suis satisfaite, je m'en vais rejoindre Sylvia derrière le bar principal. Nous nous entendons bien. Si je ne me fermais pas ostensiblement aux autres, nous pourrions même devenir des amies. Aujourd'hui c'est là que je travaille aussi. Je m'avance vers elle et elle me sourit. Je le lui rends. Elle ne me fait pas la bise, je n'apprécie pas trop les contacts physiques inutiles. Elle le sait. C'est pour ça que je l'aime bien. Enfin, ça et ses cheveux bleus. Ils changent au gré de ses envies. Elle porte une petite robe noire qui met en valeur ses formes métisses. Elle est vraiment belle. Elle porte des hauts talons. Je me demande bien pourquoi, vu qu'elle aussi sera derrière le bar et debout toute le nuit. Même avec ces chaussures de quelques centimètres, plus hautes que les miennes, elle m'arrive aux épaules. Normal, je suis très grande.

-Salut Jo. Comment tu vas aujourd'hui ?

-Salut Sylvia. Je vais bien et toi ? Est-ce qu'Andrew a remarqué mon léger retard ? Je demande en nettoyant le comptoir pour avoir quelque chose à faire. -Tu sais comme je suis. Toujours d'attaque. Et pour Andrew tu sais comment il est, quelques caresses sur ses bras, des yeux de biche et tout est oublié.

-Merci, tu es merveilleuse.

-Pas si vite. Ça te coûtera un café de mon coffee shop préféré. Me taquine-t-elle avec une tape sur l'épaule.

Je fais de mon mieux pour qu'elle ne s'aperçoive pas de mon mouvement de recul. Parfois, j'oublie à quel point elle peut être tactile avec moi. Surtout qu'elle est à fond sur moi. Elle est branchée filles à 100 %. Cela ne l'empêche pas de jouer de ses charmes avec les hommes comme ce pauvre Andrew, que je pense vraiment mordu. Tellement amoureux qu'il a quitté sa petite amie pour lui prouver la profondeur de ses sentiments. Trop kitch. Il a dû oublier qu'on ne quitte pas la personne qui nous aime pour celle que l'on aime parce qu'elle nous quittera pour celle qu'elle aime. Les tenues de Sylvia font aussi forte impression auprès des clients notamment masculins parce que ce sont eux qui donnent les meilleurs pourboires. Je pars me mettre à l'autre bout du bar. Les premiers clients commencent à arriver.

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ZACH LAMB
5.0

J'étais en train de sceller nos faire-part de mariage avec de la cire pourpre quand j'ai entendu mon fiancé à travers la porte entrouverte de son bureau. Étienne ne récitait pas les poèmes qu'il m'avait écrits ces sept dernières années. Il était en train de planifier les détails de sa trahison. « Si je simule une amnésie après l'accident de ce soir, je peux repousser le mariage sans que la famille annule la fusion », ricana Étienne, le bruit des glaçons s'entrechoquant dans son verre. « Et Eva ? Le Serin ? », demanda son ami. « Eva est un bien matériel. On entretient un bien matériel, on ne s'amuse pas avec. Pendant qu'elle jouera à l'infirmière, j'aurai un joker médical pour coucher avec Chloé. » Mon univers a volé en éclats. J'ai fui dans la nuit pluvieuse, aveuglée par les larmes, jusqu'à ce que des phares mettent mon monde sens dessus dessous. Je me suis réveillée dans la carcasse de la voiture, le bras en miettes, un goût de sang dans la bouche. Étienne est arrivé quelques instants plus tard. Mais il n'a pas couru vers moi. Il a enjambé mon corps ensanglanté pour réconforter Chloé, qui avait une égratignure sur le front. « Je suis là, mon bébé », a-t-il roucoulé à sa maîtresse, me regardant avec un mépris glacial. « Ne t'inquiète pas pour elle. Elle s'en remettra. » Il m'a laissée sur le pavé. Le lendemain matin, le scénario était écrit : le tragique héritier avait perdu la mémoire de sa fiancée, mais se souvenait miraculeusement de son « véritable amour », Chloé. Il m'a expulsée de notre penthouse pendant que j'étais encore au bloc opératoire. Il pensait avoir gagné. Il pensait que le Serin allait juste mourir de froid. Il avait oublié une chose. Je savais où il cachait les cadavres. Littéralement. Je suis entrée en plein milieu de sa demande en mariage publique, j'ai balancé ma bague sur la table et j'ai glissé une note en dessous. *Je me souviens de tout. Et toi aussi.* Puis je suis montée dans un avion, son journal intime compromettant dans mon sac. L'empire allait brûler.

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