L'Évasion de la Fille à la Cage Dorée

L'Évasion de la Fille à la Cage Dorée

Milkyway

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J'étais la *sugar baby* d'Alexandre Dubois, sa jolie petite chose. Mais quand je l'ai vu embrasser sa belle-sœur, Hélène – son unique véritable amour – j'ai su que je devais m'enfuir. J'ai planifié ma sortie méticuleusement, dans le but de disparaître à la seconde où mon contrat prendrait fin. Je deviendrais une scientifique, je trouverais un homme gentil et ordinaire, et je construirais ma propre vie. Mais Alexandre ne voulait pas me laisser partir. Il a saboté la carrière de Clément, l'homme bien dont j'étais tombée amoureuse, et a utilisé ma mère, avec qui j'avais coupé les ponts, pour m'humilier publiquement. Tout ça pour me forcer à retourner dans sa cage dorée. « Épouse-moi, Ayla », m'a-t-il proposé, un contrat à vie pour remplacer l'ancien. « Tu seras vraiment libre. Avec moi. » Les cris de ma mère résonnaient dans mes oreilles : « C'est une pute ! Ta pute ! Une marchandise souillée ! » Et Clément, mon Clément, a entendu chaque mot. J'ai regardé les yeux froids et possessifs d'Alexandre, puis ceux de Clément, remplis d'une douleur qui m'a brisé le cœur. Je devais faire un choix. Cette fois, je n'allais pas seulement m'enfuir. J'allais y mettre un terme, une bonne fois pour toutes.

Chapitre 1

J'étais la *sugar baby* d'Alexandre Dubois, sa jolie petite chose. Mais quand je l'ai vu embrasser sa belle-sœur, Hélène – son unique véritable amour – j'ai su que je devais m'enfuir.

J'ai planifié ma sortie méticuleusement, dans le but de disparaître à la seconde où mon contrat prendrait fin. Je deviendrais une scientifique, je trouverais un homme gentil et ordinaire, et je construirais ma propre vie.

Mais Alexandre ne voulait pas me laisser partir. Il a saboté la carrière de Clément, l'homme bien dont j'étais tombée amoureuse, et a utilisé ma mère, avec qui j'avais coupé les ponts, pour m'humilier publiquement. Tout ça pour me forcer à retourner dans sa cage dorée.

« Épouse-moi, Ayla », m'a-t-il proposé, un contrat à vie pour remplacer l'ancien. « Tu seras vraiment libre. Avec moi. »

Les cris de ma mère résonnaient dans mes oreilles : « C'est une pute ! Ta pute ! Une marchandise souillée ! » Et Clément, mon Clément, a entendu chaque mot.

J'ai regardé les yeux froids et possessifs d'Alexandre, puis ceux de Clément, remplis d'une douleur qui m'a brisé le cœur. Je devais faire un choix.

Cette fois, je n'allais pas seulement m'enfuir. J'allais y mettre un terme, une bonne fois pour toutes.

Chapitre 1

Ayla Moreau POV:

Tout le monde savait ce que j'étais. La *sugar baby* d'Alexandre Dubois. Sa fille en cage dorée. Son trophée. Une jolie petite chose qu'il gardait sous la main.

Je souriais quand il voulait que je sourie. Je portais les robes qu'il choisissait. J'acquiesçais au bon moment, je riais aux bonnes blagues. Ma beauté était une performance, un langage silencieux parlé pour un public qui ne me voyait jamais vraiment. Pour eux, j'étais belle, obéissante, et absolument, parfaitement à lui. Une poupée dont les ficelles étaient invisibles à l'œil nu.

Ils voyaient les diamants, les vêtements de créateurs. Ils ne voyaient pas les frais de scolarité, le compte en banque vide, l'avis d'expulsion. Ils ne voyaient pas le désespoir qui me rongeait l'estomac, la peur panique qui m'avait conduite dans cette prison scintillante et étouffante. La Sorbonne n'était pas donnée, et ma famille s'était assurée que je n'aie plus rien.

Il me regardait sans me voir, même lorsque sa main se posait sur mon dos lors d'un gala de charité. Puis il regardait à l'autre bout de la pièce Hélène, sa belle-sœur, son « unique véritable amour », et une lumière différente, un désir désespéré, vacillait dans ses yeux. Je n'étais qu'un substitut, un corps chaud, une distraction commode. Je supportais sa froideur, son indifférence publique, les piques subtiles de son cercle intime. Je le supportais pour Hélène, le fantôme qui hantait chacune de nos interactions, la femme dont l'ombre ne me quittait jamais.

Ils pensaient tous que je finirais seule, brisée, m'accrochant aux miettes de sa fortune. Une histoire à ne pas reproduire. Un autre visage oublié. Ils m'imaginaient me noyer dans les décombres, perdue sans ses chaînes dorées pour me protéger du monde. Un beau jouet, finalement jeté.

Mais ils avaient tort. Je ne faisais pas que survivre. Je planifiais mon évasion. Et ce soir, tout commençait. Le compte à rebours était lancé.

Mon téléphone a vibré. Une notification. Un virement du compte d'Alexandre. Frais de scolarité payés. Un autre mois de gagné. J'ai fermé l'application bancaire, rappel brutal des menottes dorées que je portais encore. J'ai basculé sur une application de messagerie. Chloé, ma meilleure amie, m'envoyait déjà des mèmes sur les partiels.

« Tu es sûre de toi, Ayla ? » La voix de Chloé était tendue d'inquiétude quand je l'ai appelée plus tard. « Il ne va pas te laisser partir comme ça. »

Je me suis appuyée contre la vitre froide de mon luxueux appartement temporaire, regardant les lumières de la ville se brouiller. « Il ne s'en rendra même pas compte au début, Chloé. Je ne suis qu'une commodité. Un bel accessoire. » Les mots semblaient lourds, même si je me les étais répétés mille fois.

« Alexandre Dubois ne passe pas à côté des choses. Surtout pas des choses qu'il considère comme siennes, Ayla. Il est possessif, tu le sais. » La voix de Chloé contenait un avertissement, une peur que je ne comprenais que trop bien. Alexandre me voyait comme une extension de son pouvoir, un bel objet à exposer, jamais à questionner. C'était un homme qui contrôlait tout et tout le monde dans son orbite, un homme dont la présence emplissait une pièce même quand il ne parlait pas. Sa froideur n'était pas un manque d'émotion ; c'était une arme, affûtée et précise.

« Il est obsédé par Hélène. Pas par moi. » J'ai forcé une légèreté dans mon ton, une légèreté que je ne ressentais pas. « Il sera trop distrait. Son monde entier tourne autour d'elle. Tu l'as vu. Nous l'avons tous vu. »

Chloé a soupiré. « D'accord, quand est-ce que tu fais ta grande sortie exactement ? »

« À la seconde où mon dernier contrat se termine. Pas un jour avant, pas un jour après. J'ai tout calculé. » Ma voix était ferme, résolue. Ce n'était pas un caprice ; c'était un plan méticuleusement construit. J'avais choisi une nouvelle ville, même un nouveau nom, un nouveau départ où personne ne connaîtrait la « sugar baby d'Alexandre Dubois ». J'allais trouver un travail tranquille, peut-être dans une bibliothèque, et tomber amoureuse d'un homme ordinaire qui me verrait, me verrait vraiment, pour qui j'étais à l'intérieur. Une vie simple, honnête et libre. C'était mon seul rêve maintenant.

Dehors, le ciel de Paris pleurait, une bruine froide et insistante reflétant le froid qui s'était installé au plus profond de mes os. La pluie rendait toujours les choses plus lourdes, plus dramatiques. Comme si la ville elle-même pleurait quelque chose, ou avertissait de quelque chose à venir. La météo avait annoncé un ciel dégagé, mais Paris n'écoute que rarement les prévisions.

Un éclat de lumière a attiré mon œil dans l'averse en bas. Une voiture noire et élégante, ses phares perçant la pénombre, s'est arrêtée au bord du trottoir. Mon cœur s'est serré. Alexandre. Il n'était pas censé rentrer ce soir. Il était censé être avec... elle.

Un étrange frisson m'a parcourue. Pas de la peur, pas exactement. Plutôt une secousse de reconnaissance, un serrement familier dans ma poitrine qui n'avait rien à voir avec lui et tout à voir avec le rôle que je jouais.

Je l'ai regardé sortir, grand et imposant même dans la faible lumière. Sa silhouette était nette, ses mouvements précis. C'était une ombre de pouvoir sur fond de ville. Il n'a pas levé les yeux, il a juste marché d'un pas vif vers l'entrée, sa présence dégageant une froideur presque palpable.

J'ai pris une profonde inspiration, lissant mon peignoir en soie. Il était temps de jouer mon rôle. J'ai ouvert la porte, un sourire doux et étudié sur les lèvres. « Alexandre, tu es rentré tôt. Je pensais que tu avais une réunion tardive. » Ma voix était légère, avec une subtile pointe de reproche enjoué. J'ai fait un pas en avant, ma main cherchant son bras, un geste doux et familier.

Il n'a pas tressailli, ne s'est pas adouci. Ses yeux, sombres et illisibles, ont croisé les miens une fraction de seconde, puis ont filé derrière moi. « J'ai besoin que tu me fasses couler un bain, Ayla », a-t-il dit, sa voix plate, dénuée de chaleur. « Et prends ce dossier sur mon bureau. Le rouge. »

Alors qu'il passait, une odeur fraîche m'a frappée – un parfum cher mêlé à quelque chose de métallique. Ce n'est que lorsqu'il s'est légèrement tourné que je l'ai vu : un léger bleu commençant à apparaître sur sa mâchoire, presque caché par sa barbe naissante. Une petite coupure, à peine visible, traçait la ligne de sa tempe. Mon souffle s'est coupé. Que s'était-il passé ?

J'ai dégluti, forçant mon expression à rester neutre. « Bien sûr, Alexandre. » Je me suis déplacée rapidement, prudemment, vers la salle de bain, sa froideur un poids familier.

L'odeur de son parfum, un mélange particulier de cèdre et de quelque chose de vaguement fumé, émanait de lui. Ce n'était pas une odeur que j'aimais, mais elle était devenue indissociablement liée à lui, à cette vie. C'était l'odeur du pouvoir, de la richesse, et de la cage dans laquelle je vivais. Elle a provoqué une étrange et malvenue vague de déjà-vu, me ramenant à une autre odeur : celle de l'appartement moisi et exigu que j'appelais autrefois chez moi.

Le hurlement lointain d'une sirène de police a percé le bourdonnement de la ville, un son qui me ramenait toujours en arrière. Ce n'était pas le son lui-même, mais la façon dont il se mélangeait à la pluie, la façon dont il filtrait à travers les murs fins de ma chambre d'enfant. Ce mélange particulier portait le poids du souvenir, un souvenir d'une époque où mon monde avait été irrévocablement brisé.

C'était l'été après ma terminale. La lettre d'acceptation de la Sorbonne était arrivée, une lueur d'espoir, un billet pour sortir d'une vie que je détestais. Mais ensuite, ma mère, Annette, m'avait assise, ses yeux grands ouverts de fausses larmes. « Ta sœur, Ayla, elle en a plus besoin que toi. Sa santé... elle est si fragile. » Ma sœur cadette, toujours la fragile, toujours celle que ma mère choyait, même quand elle était en parfaite santé. Je savais que c'était un mensonge, une manipulation. Mes notes du bac avaient été trafiquées, mon dossier saboté. Des années de ressentiment, des années à être négligée au profit de ma sœur, tout cela culminant dans ce coup final et écrasant.

La voix de ma mère, mielleuse, résonnait encore dans mes oreilles. « Tu es si forte, Ayla. Tu pourras toujours réessayer l'année prochaine. Pense à ta sœur. » Il ne s'agissait jamais de ma sœur. Il s'agissait de la préférence de ma mère, de son favoritisme cruel, de son désir tordu de me garder petite, proche, et soumise.

Mes rêves de la Sorbonne, d'une bourse, d'un avenir pour lequel j'avais si durement travaillé, se sont évaporés. Les moqueries des voisins me piquaient encore : « Oh, Ayla, quel dommage. J'ai entendu dire que tu avais raté tes examens. Ta sœur, par contre, elle est si délicate, elle a besoin de tout le soutien possible. » Leur pitié était une blessure fraîche, un rappel de mon échec public.

« Tu ne peux pas abandonner comme ça, Ayla ! » avait ragé Chloé, sa loyauté féroce. « Tu peux repasser le bac. On révisera ensemble. »

Mais ma mère m'avait de nouveau coincée, sa voix imprégnée du poison du chantage affectif. « N'ose pas nous abandonner, Ayla. Ta sœur a besoin de toi. J'ai besoin de toi. Si tu pars, je ne sais pas ce que je ferai. Nous sommes une famille, Ayla. Tu ne peux pas jeter ça par-dessus bord. »

J'avais senti les murs se refermer sur moi, m'étouffer. Le combat avait drainé chaque once de mon esprit. J'avais capitulé, mes rêves s'effondrant en poussière. J'ai trouvé un travail mal payé, économisant chaque centime, complotant mon évasion. Il m'a fallu deux ans, deux ans à joindre les deux bouts, à endurer les cruautés subtiles de ma mère et la gaieté inconsciente de ma sœur. Deux ans à me sentir comme un fantôme dans ma propre maison.

Quand j'ai enfin eu assez d'économies, j'ai acheté un aller simple, fait une seule valise, et laissé un mot. Un adieu court et sans émotion. L'appel furieux de ma mère était arrivé quelques jours plus tard, un torrent de malédictions et d'accusations. « Ne reviens jamais, Ayla ! Tu m'entends ? Tu es morte pour moi ! » Ses mots, aussi durs soient-ils, étaient une sorte de liberté.

Mais la liberté dans un nouveau pays, une nouvelle ville, était brutale. J'ai enchaîné les petits boulots, étudié sans relâche, pour finalement réunir assez pour la Sorbonne. Mais ensuite, une agression, une rencontre violente et terrifiante qui m'a laissée physiquement blessée et émotionnellement brisée, m'a dépouillée de tout ce que j'avais économisé. Tout l'argent, parti. Ma détermination, brisée. J'ai appelé ma mère, un appel désespéré à l'aide. « On m'a volée, Maman. Je n'ai plus rien. »

Sa voix était froide, distante. « C'est ce que tu mérites pour avoir abandonné ta famille, Ayla. C'est la punition de Dieu. Ne m'appelle plus. » La ligne est devenue silencieuse.

C'est cette nuit-là que j'ai fait mon choix. Mes options étaient nulles. La pauvreté, la rue, ou... ça. Je me suis regardée dans le miroir, non pas moi-même, mais le potentiel. Les longs cheveux sombres, les pommettes saillantes, le genre de beauté saisissante qui pouvait être une monnaie d'échange. J'ai passé des semaines à la peaufiner, à m'entraîner à sourire, à apprendre le langage de la séduction. J'ai teint mes cheveux d'un noir plus profond, plus riche, choisi des vêtements qui accentuaient ma silhouette, me transformant en une femme qui pouvait commander l'attention.

Je suis entrée dans une vente aux enchères caritative de luxe, un endroit où la richesse et le pouvoir se mêlaient. Il était là, Alexandre Dubois, une ombre de froide indifférence dans une pièce pleine de sourires dorés. Il parlait à un homme plus âgé, son expression illisible, même s'il menait la conversation. J'avais entendu des rumeurs à son sujet, sur sa famille, sur sa richesse immense et intouchable. Et j'ai su, avec une certitude glaçante, qu'il était ma seule issue. Il était ma cible.

Je me suis approchée de lui, mon cœur battant la chamade, un verre de cocktail fermement dans ma main. « Monsieur Dubois ? » Ma voix était douce, soigneusement modulée. Il s'est tourné, ses yeux sombres balayant mon visage, une lueur de quelque chose d'illisible dans leurs profondeurs.

Il m'a à peine jeté un regard. « Oui ? » Son ton était dédaigneux, plus froid que la glace dans mon verre.

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