Quatre-vingt-dix-neuf engagements, une trahison

Quatre-vingt-dix-neuf engagements, une trahison

CORRINE

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Après quatre-vingt-dix-neuf fiançailles ratées, j'ai finalement épousé Baptiste de Courcy, un magnat de la tech stoïque qui semblait être le seul homme sur terre à trouver mon débit de mitraillette « charmant ». Mais son acceptation silencieuse n'était qu'un mensonge. Je n'étais qu'une simple potiche, une épouse dont il avait besoin pour cacher son amour obsessionnel, quasi incestueux, pour sa sœur adoptive, Éléonore. Quand j'ai découvert leur secret et exigé le divorce, il m'a enfermée dans une pièce sombre, sans fenêtres, utilisant la claustrophobie de mon enfance comme une arme pour me briser. Il avait besoin que je porte le chapeau pour les crimes d'Éléonore, pour la protéger à tout prix. Pendant trois jours, il m'a regardée hurler et griffer les murs. Ma terreur n'était qu'un spectacle pour ses yeux froids et calculateurs. Il n'était pas indifférent. C'était un monstre. Je n'ai pas cédé. Au lieu de ça, j'ai attendu. Le soir d'un gala retransmis en direct, j'ai regardé la caméra et j'ai souri. « Éléonore, ma chérie, félicitations. J'ai déjà divorcé. Il est tout à toi. »

Chapitre 1

Après quatre-vingt-dix-neuf fiançailles ratées, j'ai finalement épousé Baptiste de Courcy, un magnat de la tech stoïque qui semblait être le seul homme sur terre à trouver mon débit de mitraillette « charmant ».

Mais son acceptation silencieuse n'était qu'un mensonge. Je n'étais qu'une simple potiche, une épouse dont il avait besoin pour cacher son amour obsessionnel, quasi incestueux, pour sa sœur adoptive, Éléonore.

Quand j'ai découvert leur secret et exigé le divorce, il m'a enfermée dans une pièce sombre, sans fenêtres, utilisant la claustrophobie de mon enfance comme une arme pour me briser. Il avait besoin que je porte le chapeau pour les crimes d'Éléonore, pour la protéger à tout prix.

Pendant trois jours, il m'a regardée hurler et griffer les murs. Ma terreur n'était qu'un spectacle pour ses yeux froids et calculateurs. Il n'était pas indifférent. C'était un monstre.

Je n'ai pas cédé. Au lieu de ça, j'ai attendu. Le soir d'un gala retransmis en direct, j'ai regardé la caméra et j'ai souri. « Éléonore, ma chérie, félicitations. J'ai déjà divorcé. Il est tout à toi. »

Chapitre 1

Mes quatre-vingt-dix-neuvièmes fiançailles se sont terminées comme toutes les autres : par une conversation polie, bien que gênante, sur nos « différends irréconciliables ». En réalité, le différend était toujours le même. Ma bouche. Elle bougeait trop vite, trop souvent, trop. J'étais un moulin à paroles, une pipelette, un podcast sur pattes que personne n'avait demandé. C'est comme ça qu'on m'appelait, à voix basse, dans les cercles élitistes de Paris.

« Alix, ma chérie, tu es si vibrante », soupirait ma mère en me lissant les cheveux. « Mais parfois, le moins est le mieux. »

Le moins n'a jamais été le mieux pour moi. Plus de mots, plus d'histoires, plus de rires, plus de vie. C'était mon mantra. Mais apparemment, ça faisait fuir les hommes. Tous les quatre-vingt-dix-neuf.

Après que la quatre-vingt-dix-neuvième bague a glissé de mon doigt, je me suis fait une promesse. Plus jamais. Plus jamais je ne courrais après un conte de fées qui n'était clairement pas pour moi. Le mariage était un piège, une cage dorée pour ma personnalité exubérante. C'était fini.

Puis j'ai rencontré Baptiste de Courcy.

Il était tout ce que le Tout-Paris admirait à voix basse, avec une sorte de révérence. Grand, brun, d'une beauté impossible, avec des yeux qui avaient l'intensité silencieuse d'une tempête d'hiver. Un magnat de la tech de Lyon, vieille fortune, précis, stoïque. Chaque mot qu'il prononçait était mesuré, chaque mouvement contrôlé. Il était mon antithèse. Et pour une raison inexplicable, j'étais attirée par lui.

Notre première rencontre a eu lieu lors d'une vente aux enchères caritative. J'étais un tourbillon d'énergie nerveuse, mes mots dévalant comme des billes dans un escalier. J'enchérissais sur une sculpture ridiculement chère que je n'aimais même pas, juste pour le frisson de l'interaction.

« Une fois, deux fois... » tonna le commissaire-priseur.

« Cent mille euros ! » ai-je crié, ma voix se brisant légèrement.

Un murmure discret parcourut la salle. Baptiste de Courcy, assis à quelques mètres de moi, tourna lentement la tête. Son regard, habituellement si impassible, contenait une lueur que je ne pouvais pas tout à fait déchiffrer.

« Alix », chuchota mon amie en tirant sur ma manche. « Tu es sûre ? Tu avais dit que tu détestais l'art moderne. »

« Oh, je le déteste », ai-je répondu, peut-être un peu trop fort. « Mais c'est pour la bonne cause, et en plus, j'adore le drame d'une guerre d'enchères ! »

Les lèvres de Baptiste tressaillirent. Un fantôme de sourire.

« Deux cent mille », une voix profonde et résonnante fendit l'air. C'était lui.

Ma tête se tourna brusquement vers lui. Il me regardait, vraiment, avec ces yeux calmes et stables. Mon cœur fit une étrange petite cabriole.

« Trois cent mille ! » ai-je déclaré, un défi dans la voix.

Il haussa un sourcil, un geste minuscule qui en disait long. « Quatre cent mille. »

Cela a continué pendant quelques minutes vertigineuses, le prix grimpant avec une folle insouciance. Chaque fois que je parlais, je ressentais une étrange exaltation. Chaque fois qu'il répondait, un frisson silencieux. Il n'essayait pas de me faire taire. Il jouait le jeu.

« Un million ! » ai-je finalement hurlé, la voix rauque.

Baptiste marqua une pause, puis, lentement, délibérément, il baissa sa pancarte. Un hoquet collectif emplit la pièce. Il m'avait laissé gagner.

« Félicitations, mademoiselle », rayonna le commissaire-priseur.

Je me suis approchée de lui, un sourire triomphant sur le visage. « Vous avez abandonné facilement. »

Il offrit un petit sourire poli. « Certaines batailles ne valent pas la peine d'être gagnées, surtout quand l'autre partie est si... enthousiaste. »

« Enthousiaste ? » J'ai éclaté de rire, une cascade de sons. « C'est comme ça qu'on dit maintenant ? D'habitude, c'est "insupportablement bruyante" ou "incapable de la fermer". »

Il pencha la tête. « J'ai trouvé ça plutôt charmant. »

Charmant. Personne n'avait jamais qualifié mon bavardage de charmant. Mon sourire vacilla, une chaleur nouvelle et inconnue se propageant dans ma poitrine.

« Vous savez », commençai-je, ma voix plus douce maintenant, « une fois, j'ai acheté un tableau dans une galerie à Florence. C'était censé être un chef-d'œuvre perdu, une œuvre de jeunesse d'un maître de la Renaissance. J'ai marchandé pendant des heures, je me sentais comme une vraie connaisseuse d'art. Je l'ai eu pour une bouchée de pain, du moins c'est ce que je pensais. Je l'ai ramené à la maison, je l'ai montré à tous mes amis. Il s'est avéré qu'il avait été peint par un étudiant en école d'art, l'année dernière. Le "chef-d'œuvre" était encore en train de sécher. » Je gloussai, un son authentique, non forcé. « Mes amis me charrient encore avec ça. »

Un léger sourire joua sur ses lèvres. Il ne se moquait pas de moi. Il écoutait.

Son assistante, une femme à l'air sévère dans un tailleur noir impeccable, s'éclaircit la gorge. « Monsieur de Courcy, votre prochain rendez-vous est dans dix minutes. »

Baptiste leva une main, la faisant taire sans un mot. Ses yeux étaient toujours sur moi. « S'il vous plaît, continuez. Je trouve vos anecdotes... éclairantes. »

Mon cœur s'emballa. Éclairantes. Pas ennuyeuses. Pas trop. Cet homme, ce stoïque et silencieux Baptiste de Courcy, me trouvait réellement éclairante.

« Eh bien », continuai-je, enhardie, « il y a aussi eu la fois où j'ai acheté une voiture de collection à Deauville. Le vendeur a juré que c'était un classique, ayant appartenu à un obscur duc français. Je m'imaginais la conduire à travers la campagne normande, un foulard flottant au vent. Il s'est avéré que c'était un accessoire d'un film de série B, tenu par du ruban adhésif et de bonnes intentions. Elle est tombée en panne sur les Champs-Élysées. J'ai dû appeler une dépanneuse qui avait l'air plus vieille que la voiture elle-même. » Je ris de nouveau, un peu plus fort cette fois.

Il eut un petit rire. Un son grave et vibrant qui me fit frissonner. C'était un vrai rire, pas une toux polie.

À cet instant, je l'ai su. C'était lui. Les quatre-vingt-dix-neuf fiançailles n'étaient qu'un prélude. Baptiste de Courcy était le bon. Il était l'homme qui me voyait, me voyait vraiment, et n'essayait pas de ternir mon éclat. Il acceptait mes histoires sans fin, mes pensées décousues, mon essence même.

Ma famille, habituée à mon défilé de fiancés, était prudemment optimiste. Mes amis, plus pragmatiques, m'ont conseillé de prendre mon temps. Mais j'étais dans un tourbillon. J'avais trouvé ma personne. L'homme qui me comprenait vraiment.

En quelques mois, nous étions mariés. Une romance éclair, un mariage éblouissant qui a fait taire même les plus cyniques des mondains parisiens. J'avais brisé la malédiction des quatre-vingt-dix-neuf. J'étais Madame Baptiste de Courcy. Et pendant une brève et glorieuse période, j'ai cru avoir trouvé mon bonheur éternel.

Mais ensuite, le silence a commencé à ressembler moins à de l'acceptation qu'à un vide. Son stoïcisme, que je trouvais autrefois apaisant, ressemblait maintenant à un mur. Je parlais, je parlais, remplissant le silence, m'attendant à ce qu'il se joigne à moi, qu'il partage, qu'il se connecte. Mais il le faisait rarement. Ses réponses étaient toujours minimales, polies, vagues.

J'ai tout essayé. Je lui racontais ma journée dans les moindres détails, espérant déclencher une conversation. Je l'interrogeais sur son travail, son enfance, ses rêves. Il écoutait, hochait la tête et offrait un calme : « C'est intéressant, Alix. »

« Intéressant ? » pensais-je. « C'est tout ce que tu as à dire ? Je viens de te parler du scandale de mon patron et de ma tentative désastreuse de faire un soufflé ! »

J'ai commencé à me sentir désespérée. Je lui laissais de longs messages vocaux décousus, sachant qu'il n'interromprait pas. J'essayais de provoquer une réaction. Je mettais la musique trop fort, je laissais mes vêtements partout, je renversais accidentellement-exprès du café sur ses chemises blanches impeccables. N'importe quoi pour susciter une émotion plus forte que son calme habituel.

Il se contentait de sourire, un sourire doux et indulgent. « Alix, ma chérie, tu sais que je préfère une maison bien rangée. » Pas une dispute. Jamais une dispute. Juste une douce redirection.

Son calme inébranlable, autrefois un réconfort, est devenu un tourment. J'avais l'impression de crier dans un abîme, et l'abîme me souriait en retour, patiemment. Quelque chose n'allait pas. Je ne pouvais pas mettre le doigt dessus, mais le malaise grandissait, un nœud froid dans mon estomac.

Puis, Éléonore est revenue. Sa sœur adoptive.

Je l'ai rencontrée brièvement lors d'un dîner de famille. Elle était fragile, éthérée, avec de grands yeux innocents. Baptiste était instantanément prévenant, son attention silencieuse amplifiée en sa présence. J'ai ressenti une pointe de quelque chose que j'ai rejeté comme de la jalousie de belle-sœur.

Quelques semaines plus tard, mon téléphone a sonné. Il était tard, après minuit.

« Alix ? Baptiste ne répond pas à son téléphone. Peux-tu venir me chercher ? Je suis au commissariat. » Sa voix était un murmure tremblant.

Mon cœur s'est immédiatement serré pour elle. « Oh, Éléonore ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu vas bien ? »

« C'est... c'est une longue histoire. Je me suis un peu embrouillée. Une bagarre dans un bar, en fait. Stupide, vraiment. Mais la police est assez déraisonnable. »

Une bagarre dans un bar ? La délicate, la fragile Éléonore ? C'était certainement une histoire que je voulais entendre.

« J'arrive », dis-je, attrapant déjà mes clés. « Raconte-moi tout. Contre qui tu t'es battue ? C'était un homme ? Il t'a fait mal ? Ne t'inquiète pas, je vais les convaincre de n'importe quoi. Je suis très douée pour parler, tu sais. Une fois, j'ai réussi à éviter une amende pour excès de vitesse avec un officier très grincheux. Il a été tellement surpris par mon monologue sur l'énergie cinétique d'un véhicule en mouvement qu'il m'a juste laissé partir. » Je ris, le flot familier de mots coulant librement.

Éléonore écouta patiemment, ses reniflements occasionnels étant la seule interruption. J'ai ressenti une vague de chaleur. Enfin, quelqu'un qui écoutait !

Je l'ai trouvée blottie dans un coin du poste de police, l'air complètement désemparé. Quand j'ai appelé Baptiste, il était en réunion du conseil d'administration, mais il a écouté, sa voix calme, pendant que je racontais l'histoire dramatique d'Éléonore défendant une inconnue contre un ivrogne agressif. J'ai un peu embelli, présentant Éléonore comme une héroïne, bien que maladroite, défenseure de la justice.

« Je suis tellement désolée d'interrompre ta réunion, mon chéri », me suis-je exclamée. « Mais Éléonore, elle est si courageuse ! Et la police, ils ne comprennent tout simplement pas. Je leur ai tout dit, bien sûr, sur l'agression non provoquée et la légitime défense, et comment Éléonore a juste une boussole morale si forte qu'elle ne pouvait pas rester là à regarder l'injustice se dérouler. Je veux dire, qui pourrait vraiment lui en vouloir ? Et la pauvre fille, elle a des mains si délicates, je veux dire, tu devrais les voir, Baptiste, elles sont pratiquement couvertes de bleus, et oh, l'injustice de tout ça, vraiment ! »

Il a écouté, son silence un réconfort familier. Il a dit qu'il serait là dès que possible. J'ai attendu, et attendu, et attendu.

Puis, la porte arrière du commissariat s'est ouverte en grand. Ce n'était pas Baptiste. C'était un avocat, qui payait déjà la caution d'Éléonore. Quelques minutes plus tard, elle était escortée dehors, l'air soulagé, mais toujours fragile. Elle m'a jeté un regard, un rictus rapide, presque imperceptible, avant d'être emmenée.

J'étais encore assise là quand Baptiste est finalement arrivé, une heure plus tard. Il ne m'a même pas remarquée au début. Il est entré d'un pas décidé, son visage un masque de fureur, ses yeux flamboyants. Il n'était pas calme. Il n'était pas stoïque. Il était une tempête.

« Éléonore ! » tonna-t-il, sa voix résonnant dans le commissariat silencieux. « Qu'est-ce que tu as encore fait ? »

Ses mots étaient vifs, chacun empreint d'une émotion brute et sauvage. Il ne se contentait pas de parler. Il ressentait. Et tout était pour elle.

Mon souffle se coupa. Ce n'était pas le Baptiste que je connaissais. C'était un homme déchaîné.

Il parlait. Beaucoup. Et avec tant de passion. Un torrent de mots, vifs et mordants. Il n'exprimait pas seulement de l'inquiétude. Il exprimait une colère profonde, profonde. Et tout était dirigé contre sa sœur, mais teinté d'une protection indéniable et féroce.

Puis il s'est tourné, ses yeux se posant enfin sur moi. Son expression furieuse s'est instantanément adoucie, remplacée par une lueur de surprise. « Alix ? Qu'est-ce que tu fais encore là ? »

Le changement a été brutal. La tempête s'est instantanément calmée. Le silence est revenu. Mais il était trop tard. Je l'avais vu. Le vrai Baptiste. Celui qui pouvait déchaîner un torrent de mots, une tempête d'émotions. Mais seulement pour elle.

Ma voix, habituellement une cascade, s'est tarie. Ma gorge était serrée, ma poitrine douloureuse. Je ne pouvais pas parler. Je me suis juste levée, mes jambes comme du plomb, et je suis sortie. La vérité, brute et hideuse, venait de me gifler en plein visage.

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