L'architecte de sa propre ruine

L'architecte de sa propre ruine

Sharon

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Chapitres

J'étais une architecte de renom, fiancée à Victor Dubois, l'étoile montante de la politique parisienne. J'avais dessiné notre vie parfaite, et il était sur le point de devenir maire. Puis j'ai trouvé une vidéo sur notre cloud familial. C'était lui, se mariant avec sa directrice de campagne enceinte, il y a trois mois. Je n'étais qu'un accessoire pour son image, une « fausse fiancée » qu'il comptait jeter après l'élection. Pour me garder docile, il droguait secrètement mes jus détox quotidiens, me laissant dans un brouillard mental, fragile. Il a mis en scène un incendie dans mon bâtiment primé pour ruiner ma réputation, puis a tenté de me faire interner, prétextant une dépression nerveuse. Mais le coup de grâce est venu de mon parrain. Il a découvert que la manipulation de Victor avait commencé il y a sept ans, quand il a payé quelqu'un pour saboter mon mémoire de fin d'études, brisant ma confiance juste pour pouvoir fondre sur moi et jouer les sauveurs. Toute ma relation n'était pas seulement un mensonge ; c'était une cage qu'il avait conçue depuis le tout début. Alors je me suis envolée pour Genève et j'ai passé six mois avec l'équipe de production de mon parrain. Nous avons créé un documentaire de quatre-vingt-dix minutes pour exposer chaque crime, chaque mensonge. Et nous avons prévu de le diffuser en direct, en piratant la retransmission de son dernier meeting électoral. Nous l'avons appelé « L'Architecte du Mensonge ».

Chapitre 1

J'étais une architecte de renom, fiancée à Victor Dubois, l'étoile montante de la politique parisienne. J'avais dessiné notre vie parfaite, et il était sur le point de devenir maire.

Puis j'ai trouvé une vidéo sur notre cloud familial. C'était lui, se mariant avec sa directrice de campagne enceinte, il y a trois mois.

Je n'étais qu'un accessoire pour son image, une « fausse fiancée » qu'il comptait jeter après l'élection. Pour me garder docile, il droguait secrètement mes jus détox quotidiens, me laissant dans un brouillard mental, fragile. Il a mis en scène un incendie dans mon bâtiment primé pour ruiner ma réputation, puis a tenté de me faire interner, prétextant une dépression nerveuse.

Mais le coup de grâce est venu de mon parrain. Il a découvert que la manipulation de Victor avait commencé il y a sept ans, quand il a payé quelqu'un pour saboter mon mémoire de fin d'études, brisant ma confiance juste pour pouvoir fondre sur moi et jouer les sauveurs.

Toute ma relation n'était pas seulement un mensonge ; c'était une cage qu'il avait conçue depuis le tout début.

Alors je me suis envolée pour Genève et j'ai passé six mois avec l'équipe de production de mon parrain. Nous avons créé un documentaire de quatre-vingt-dix minutes pour exposer chaque crime, chaque mensonge. Et nous avons prévu de le diffuser en direct, en piratant la retransmission de son dernier meeting électoral.

Nous l'avons appelé « L'Architecte du Mensonge ».

Chapitre 1

Point de vue de Léna Girard :

J'ai découvert que mon fiancé était déjà marié quand ma meilleure amie m'a appelée en hurlant.

« Léna, je viens de voir la vidéo sur le cloud familial de toi te mariant avec ta directrice de campagne à la mairie. Qu'est-ce qui se passe ? » La voix de Chloé était un bourdonnement frénétique dans mon oreille, un frelon piégé dans un bocal.

J'étais debout au milieu de mon salon, celui que j'avais conçu pour être mon sanctuaire de lignes épurées et de minimalisme tranquille. Le soleil filtrait à travers les baies vitrées, illuminant les grains de poussière qui dansaient dans l'air. Tout était calme. Ordonné.

Le cloud familial. Victor l'avait mis en place il y a un an. « Pour une transparence totale, mon amour », avait-il dit en m'embrassant la tempe. « Tu es mon avenir, et je veux que tu voies chaque partie de ma vie. » J'avais trouvé le geste si touchant, si moderne et confiant, que je n'avais jamais ressenti le besoin d'y jeter un œil.

Jusqu'à maintenant.

Mes doigts étaient comme des blocs de glace maladroits alors que j'ouvrais l'application sur mon téléphone. Les dossiers étaient soigneusement étiquetés : « Discours de campagne », « Listes des donateurs », « Apparitions médiatiques ». Et puis, un que je n'avais jamais remarqué auparavant : « Personnel ».

Mon cœur martelait mes côtes, un battement de tambour effréné dans la pièce silencieuse. J'ai cliqué. Il y avait un unique fichier vidéo, daté d'il y a trois mois. Et un sous-dossier. « Audio ».

J'ai lancé le fichier audio en premier. Une voix familière, celle de Victor, douce comme un vieil armagnac. Il parlait à son meilleur ami, Léo.

« Un futur maire a besoin d'une famille traditionnelle », disait Victor, son ton désinvolte, comme s'il discutait d'options en bourse. « Léna, c'est pour l'image ; Corinne, c'est pour la dynastie. Je gérerai ça après l'élection. »

Le téléphone m'a glissé des mains, s'écrasant sur le sol en béton ciré. Le son a résonné dans l'espace caverneux. Je suis tombée à genoux, le froid du sol s'infiltrant à travers mon jean, mais je ne le sentais pas. Un autre genre de froid, un gel profond et cellulaire, se propageait en moi.

J'ai rattrapé le téléphone et j'ai appuyé rageusement sur le fichier vidéo.

Il était là. Mon Victor. Vêtu du même costume Zegna qu'il portait à notre dîner d'anniversaire la semaine dernière. Il se tenait devant un élu à la mairie du 16ème. Et à côté de lui, sa main dans la sienne, se trouvait Corinne Schmitt. Sa directrice de campagne. Une femme effacée, à l'air sévère, que j'avais à peine remarquée.

Elle souriait, une courbe triomphante et possessive sur ses lèvres qui me retourna l'estomac.

L'élu les a déclarés mari et femme. Victor s'est penché et l'a embrassée. Ce n'était pas un baiser de pure forme. C'était un vrai baiser, un baiser de possession.

Mon monde ne s'est pas juste brisé. Il s'est évaporé. Réduit en poussière et balayé par le vent dans le silence serein de mon appartement parfait.

J'ai tâtonné pour revenir au fichier audio, mon pouce tremblant si fort qu'il m'a fallu trois essais pour appuyer à nouveau sur lecture. La voix de Léo, tendue d'incrédulité. « C'est de la folie, Victor. Qu'est-ce qui se passera quand Léna le découvrira ? »

Le rire de Victor était un grondement bas et confiant. « Elle ne le saura pas. Pas avant que je sois prêt. Je mettrai en scène une demande en mariage parfaite, quelque chose de public et de grandiose. Le mariage aura lieu après l'élection. Ça solidifiera mon image d'homme dévoué à sa famille. »

« Et Corinne ? » insista Léo. « Tu viens de l'épouser. Une femme enceinte. »

Enceinte. Le mot fut un coup de poing dans le ventre, me coupant le souffle. Je n'avais pas vu de ventre arrondi dans la vidéo, mais les documents légaux...

« Je l'ai déjà épousée », la voix de Victor était froide, celle d'un chirurgien discutant d'une incision. « C'est une protection juridique pour l'enfant. Ça sécurise la lignée des Dubois. Après l'élection, je ferai rédiger les papiers d'annulation, je dirai à Léna que c'était un malentendu, une manœuvre politique qui a mal tourné. Elle m'aime. Elle me pardonnera. »

Il était si certain. Si absolument, terrifiant certain.

Je me suis relevée en chancelant, titubant vers son bureau. Le coffre-fort était derrière une lithographie contemporaine, le code étant notre anniversaire. L'ironie était si épaisse que je pouvais la goûter, amère comme de la bile au fond de ma gorge.

La lourde porte s'est ouverte. À l'intérieur, niché à côté des plans de mon premier bâtiment primé – le projet même qui avait lancé ma carrière – se trouvait un document officiel, impeccable.

Un acte de mariage.

Délivré à Victor Dubois et Corinne Schmitt.

La date remontait à trois mois. Le jour même où il m'avait dit qu'il était en réunion stratégique à huis clos, le jour où il était rentré tard et m'avait dit que je lui avais tellement manqué qu'il n'arrivait pas à se concentrer.

Ma respiration s'est bloquée dans un sanglot que j'ai refusé de laisser échapper. J'ai fixé les plans, ma propre écriture élégante et précise détaillant un avenir que j'avais bâti à partir de rien. Il les avait gardés. Il les gardait juste à côté de la preuve de son ultime trahison, comme s'ils étaient les deux faces du même prix glorieux qu'il avait remporté.

Le bruit de sa clé dans la serrure en bas m'a ramenée brutalement à la réalité.

Il était rentré.

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