La grande villa des Lefèvre, d'habitude si calme, baignait dans une atmosphère de tension. Antoine, mon mari, se tenait là, rayonnant, un bras possessif autour d'une jeune femme inconnue, Chloé Moreau. Il nous l'a présentée, moi, son épouse, et ses sept « fleurs d'or », ses anciennes maîtresses que j'avais recueillies. Un mépris à peine voilé teintait sa voix. Chloé, la neuvième, nous toisait, convaincue d'avoir gagné. Pourtant, j'ai tout juste hoché la tête, un « Enchantée, Chloé. » monotone. Antoine s'attendait aux larmes, aux cris, à une scène de jalousie, mais il n'a eu que notre silence collectif, lourd et puissant. Chloé s'est plainte : « Antoine, chéri, elles ne sont pas très accueillantes, tes... amies. » Il a ri, ce son désagréable. « Ne t'en fais pas, mon amour. Elles vont s'habituer. Elles n'ont pas le choix. » Sa main s'est levée et s'est abattue violemment sur ma joue. « Sors de ma vie ! » a-t-il hurlé, me jetant littéralement sur le trottoir. La douleur fulgurante dans mon crâne n'était rien comparée à la froide détermination qui m'envahissait. Car cet homme ne savait pas qu'il venait de signer son arrêt de mort. Il ne savait pas que je ne l'avais pas quitté à cause d'une banale jalousie, mais parce qu'il m'avait déjà détruite dans une autre vie. Il m'avait épousée, bafouée, et m'avait laissée mourir seule, avec notre enfant à naître. L'univers m'avait offert une seconde chance, me ramenant au jour de notre rencontre. Et cette fois, j'avais juré de le payer de la même monnaie. Vingt ans. Vingt ans pour le dépouiller de tout, comme il m'avait tout pris.
La grande villa des Lefèvre, d'habitude si calme, baignait dans une atmosphère de tension.
Antoine, mon mari, se tenait là, rayonnant, un bras possessif autour d'une jeune femme inconnue, Chloé Moreau.
Il nous l'a présentée, moi, son épouse, et ses sept « fleurs d'or », ses anciennes maîtresses que j'avais recueillies.
Un mépris à peine voilé teintait sa voix. Chloé, la neuvième, nous toisait, convaincue d'avoir gagné.
Pourtant, j'ai tout juste hoché la tête, un « Enchantée, Chloé. » monotone.
Antoine s'attendait aux larmes, aux cris, à une scène de jalousie, mais il n'a eu que notre silence collectif, lourd et puissant.
Chloé s'est plainte : « Antoine, chéri, elles ne sont pas très accueillantes, tes... amies. »
Il a ri, ce son désagréable. « Ne t'en fais pas, mon amour. Elles vont s'habituer. Elles n'ont pas le choix. »
Sa main s'est levée et s'est abattue violemment sur ma joue.
« Sors de ma vie ! » a-t-il hurlé, me jetant littéralement sur le trottoir.
La douleur fulgurante dans mon crâne n'était rien comparée à la froide détermination qui m'envahissait.
Car cet homme ne savait pas qu'il venait de signer son arrêt de mort.
Il ne savait pas que je ne l'avais pas quitté à cause d'une banale jalousie, mais parce qu'il m'avait déjà détruite dans une autre vie.
Il m'avait épousée, bafouée, et m'avait laissée mourir seule, avec notre enfant à naître.
L'univers m'avait offert une seconde chance, me ramenant au jour de notre rencontre.
Et cette fois, j'avais juré de le payer de la même monnaie.
Vingt ans. Vingt ans pour le dépouiller de tout, comme il m'avait tout pris.
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