Aime-Moi, Hais-Moi

Aime-Moi, Hais-Moi

PR

5.0
avis
88.2K
Vues
834
Chapitres

Une année auparavant, Eleonora et Quentin convolèrent en justes noces. Ce mariage, qui n'aura duré qu'un an et trois mois, a été pour elle un véritable supplice. L'année suivante, heureusement pour elle, ils divorcèrent. Cependant, elle fut tournée en ridicule dans toute la ville. Elle savait qu'elle faisait office d'objet de vengeance pour une faute présumée commise par son père à l'égard de son ex-a belle-famille. Elle devait en payer les frais par son corps. Lorsque l'accord de divorce fut signé, elle avait cru pouvoir prendre un nouveau départ ; hélas ! Elle devait continuer à souffrir le martyre et assouvir les fantasmes de son ex-mari, qui pourtant eût scellé une autre union seulement deux jours après leur divorce. Quelques temps après, elle fut recrutée par l'une des entreprises dans lesquelles elle avait déposé ses dossiers. Mais contre toute attente, elle eut Quentin comme collègue de travail. Ils devaient alors collaborer régulièrement. Eleonora pensait qu'il la haïssait toujours. Mais elle aura réalisé plus tard qu'il était tout sauf cet être rempli de haine à son égard. C'est ce qu'elle avait toujours perçu en lui, et que lui-même d'ailleurs la laissait voir. Quentin lui disait ouvertement qu'il la détestait. Pourtant certains actes qu'il aura posés envers elle, en témoignaient totalement le contraire : il l'épaulait, l'aidait dans l'accomplissement de son travail, et était plutôt attentionné à son égard.. S'il était vrai qu'au fond il n'avait que de l'aversion pour elle tel qu'il le faisait croire, pourquoi aura-t-il démontré à son égard tant d'affection ? Au fil des jours, Eleonora s'éprit de lui, et renonça à garder ses distances ; mais lui, l'aimerait-il sincèrement en retour ?

Chapitre 1 Chapter 1

( Tard dans la nuit, dans le manoir de la famille Lance, située dans le quartier résidentiel de la ville A )

Eleonora jeta ses regards de part et d'autre et éprouva une très grande amertume. Le grand salon luxueux et romanesque ! Sa demeure conjugale quelques temps plus tôt !

C'était leur foyer, Quentin Lance et elle. Ils y avaient vécu pendant une année entière. Un sentiment d'impuissance marquait son visage.

Elle trouva un journal qui traînait sur la table, et le rangea avec empressement. Il se trouvait sur la première page du journal, une image de son ex-époux enlaçant une belle femme.

Quand ils étaient mariés, les images de ce genre couraient de temps en temps dans les journaux, les magazines et même les chaînes de télévision, mais elle avait appris à s'y habituer.

Elle s'allongea confortablement dans le canapé, replia ses jambes, et son regard se perdit dans le vide. Un filet de liquide froid glissa inconsciemment des coins de ses yeux.

Tout à coup, des bruits de pas sourds commencèrent à résonner de l'autre côté de la porte. Même s'ils lui étaient familiers, ces pas suffisaient à troubler ce moment d'abattement et de solitude dans lequel Eléonora trouva momentanément refuge. Elle se hâta d'essuyer ses larmes, de crainte qu'en la voyant, il redevînt malheureux. Car, il lui avait dit qu'il détestait les pleurs et l'écoulement des larmes.

Eleonora soigna rapidement sa posture en se redressant.

Puis, la porte s'ouvrit.

Un silence envahit momentanément le salon, et sa respiration s'accélérait.

Eleonora se retourna et vit son beau et hautain visage, mais indifférent. Son regard froid trahissait un état d'ébriété.

Il était à nouveau ivre.

Eleonora ne pouvait s'empêcher de frissonner.

Malgré qu'il eût été son époux l'année précédente, il lui paraissait inconnu, même s'il venait là fréquemment .

À chacune de ses visites, Eleonora souffrait psychologiquement et physiquement. Quand il se saoulait, elle vivait le supplice.

Son arrivée fit que Eleonora sentit monter en elle un ressentiment qui datait de juillet.

« Tu... es de retour ? », demanda-t-elle timidement.

Quentin fronça les sourcils, sans répondre.

Il dépoussiéra gracieusement ses chaussures et déboutonna sa chemise. Sa large poitrine était partiellement exposée.

« Viens ici ! » lança Quentin, le regard dédaigneusement fixé sur Eleonora, toujours assise sur le canapé, l'air très mécontent.

« N'as-tu pas vu ton mari rentrer ? »

Elle se leva et se dirigea timidement vers lui.

Avant qu'elle ne puisse s'approcher de lui, il la tira par les cheveux et la tint fermement en face de lui. Elle renifla son parfum qui résistait à l'odeur du vin sur son corps.

Eleonora ressentit une douleur lancinante dans son cœur, et se mordilla la lèvre.

Le journal qu'elle vit traîner, présentait Yvonne Moore comme ayant été dernièrement plus proche de Quentin. Cette femme était une des meilleures amies d'Eleonora à l'université ; celles avec qui elle avait entretenu une très bonne relation. Cette femme avait un poids politique énorme, et ce, à cause de sa famille qui était fort engagé politiquement.

Quentin l'emmenait à toutes sortes d'événements importants. Même Eleonora pensait qu'Yvonne devrait être la femme que Quentin aimait le plus, alors que ce n'était qu'un leurre. C'était elle Eleonora qui sera prise par Quentin pour épouse.

Cependant, l'épouse restait seule dans la chambre conjugale, tandis que l'époux s'enlaçait dans les bras d'une autre femme ailleurs .

Eleonora se rappela ce jour, veille de leur divorce, où elle avait vu ce journal qui présentait les images de cette femme, blottie dans les bras de son mari comme un petit oiseau. Dans le temps, leurs photos intimes faisaient la une des journaux.

Eleonora n'était pas une marionnette. En voyant cela, elle était chaque fois naturellement chagrinée et en souffrait intérieurement. Mais, elle ne s'était jamais disputée avec Quentin à ce sujet.

Ce n'était pas qu'elle n'osait pas le faire, mais c'était parce qu'elle connaissait ses limites. Ce mariage n'existait que de nom pour lui.

En tant qu'épouse, elle pouvait être répudiée à tout moment par l'époux très colérique qu'était Quentin.

Le jour de leur mariage, il lui avait clairement déclaré : « Tu connais certainement la raison de ce mariage. Ne t'attend pas à ce que je t'aime, et n'espère pas avoir de place dans mon cœur. Quand ça m'enchantera, tu pourras à tout moment ne plus être Madame Lance ! »

Jusqu'à présent, ce qu'il lui avait dit, ivre ce jour-là, demeurait comme une profonde cicatrice gravée dans son cœur. En parler la ferait saigner.

De fait, quels que fussent les déboires conjugaux, elle, en tant quand bien même que sa femme, qu'il ne considérait même pas comme telle et qu'il aura pu répudier quand il l'aura voulu, n'avait aucun droit de se plaindre.

Lorsque Quentin constata que Eleonora était perdue dans ses pensées, il ricana.

Cette femme était-elle toujours aussi distraite ?

Il s'en moqua, puis commença à caresser le corps d'Eleonora à travers sa légère chemise de nuit.

Les actions de Quentin sur Eleonora étaient toujours plus que des mots.

Avant même que Eleonora ne s'en rendit compte, les lèvres de Quentin avaient déjà envahi les siennes. Il la caressait avec frénésie, et très vite, déchira son pyjama en soie.

Continuer

Autres livres par PR

Voir plus

Inspirés de vos vus

SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME

SACRIFICES POUR CEUX QU'ON AIME

Ma Plume
3.5

Gwendolyn émergea du même rêve, une fois de plus. L'homme aux traits indistincts, l'intimité familière, et cette fois, l'éclat froid d'un diamant glissé à son doigt. Le geste acheva de la convaincre : ce n'était que le fruit de son imagination. La réalité la rattrapa dans un choc violent, un seau d'eau glacée qui l'éveilla en sursaut, haletante et trempée. Ses yeux, encore embués, distinguèrent les silhouettes de Candace, sa belle-mère, et de Felicia, sa demi-sœur, qui la toisaient avec un mépris non dissimulé. Elles lui apprirent qu'elle s'était effondrée lors de la réception familiale. Puis elles lui jetèrent la nouvelle, brutale : elle était enceinte. À dix-huit ans. Le désarroi fut instantané, aussitôt remplacé par une colère froide. Elle comprit. « Vous m'avez droguée », accusa-t-elle, la voix basse et tremblante de rage. « C'est vous qui avez monté tout ça. » Sans réfléchir, elle se rua sur elles, les griffes sorties, aveuglée par un besoin viscéral de leur faire mal. Mais des mains vigoureuses l'agrippèrent par les bras, la maintenant fermement. Les gardes du corps, déjà en place. Candace et Felicia ricanaient, leurs moqueries pleuvant sur elle comme des coups. « Tu crois vraiment que quelqu'un voudrait de toi ? » lança Felicia, cruelle. « Le vieillard que tu as réussi à attirer s'est déjà enfui. Il ne veut plus jamais entendre parler de toi. » L'humiliation brûla plus que l'eau froide. Puis le regard de Candace se fit plus sombre, plus dangereux. Elle sortit un couteau. L'héritage de la famille, expliqua-t-elle avec une froideur terrifiante, devait revenir à sa fille. Gwendolyn était un obstacle qu'il fallait éliminer. La terreur submergea la colère. Gwendolyn se débattit, appela à l'aide de toute la force de ses poumons. Personne ne vint. La lame s'enfonça, déchirant la chair, et une douleur si aiguë, si absolue, qu'elle sembla aspirer toute la lumière. Alors qu'elle s'effondrait sur le sol, le regard voilé, une dernière pensée, plus solide que l'acier, se forma dans son esprit : elle se vengerait. Elle les détruirait. Avant que les ténèbres ne l'emportent, elle entendit les ordres de Candace, donnés sans la moindre émotion. « Débarrassez-vous du corps. Faites en sorte qu'on ne la retrouve jamais. »

La revanche d'une femme sous-estimé

La revanche d'une femme sous-estimé

IlianaH
5.0

Elivia Grayson croyait avoir épousé l'homme qui illuminerait sa vie. Trois ans aux côtés d'Axel Mindy, trois années à aimer, à espérer, à s'accrocher... mais face aux dix années qu'il avait dédiées à son premier amour, Mélissa Kent, elle n'était qu'une ombre. Le jour où on lui diagnostique un cancer de l'estomac, Axel n'est pas à ses côtés : il accompagne Mélissa à une visite pédiatrique. Alors Elivia comprend. Elle cesse de lutter, signe les papiers du divorce en silence, prête à disparaître sans demander plus que le nécessaire. Mais sa résignation déclenche chez Axel une cruauté insoupçonnée. Ce mariage, qu'elle avait cru sincère, n'était qu'un théâtre de vengeance. « Voilà ce que ta famille me doit », lui murmure-t-il en lui relevant le menton, le regard plein d'une haine qu'elle ne comprend pas. Et tandis que la maladie la ronge, le monde s'effondre autour d'elle : son père sombre dans le coma après un accident suspect, leurs finances sont ruinées, les portes se ferment une à une. Sans soutien, sans avenir, Elivia vacille. Elle tente de mettre fin à ses jours, prête à rejoindre l'enfant qu'elle a perdu, mais ses derniers mots font exploser la façade glaciale d'Axel. Lui qui se montrait si imperturbable sombre dans une panique déchirante, la suppliant de revenir, comme si l'idée de la perdre ouvrait une brèche dans ce cœur qu'il prétendait avoir fermé. Qui ment ? Qui souffre ? Qui se venge, et pourquoi ?

Chapitres
Lire maintenant
Télécharger le livre