uis. Elle attrape ma main et m'oblige à croiser son regard. Sur son visage pâle se lit une compréhension qui semble aller au-delà des mots, comme si elle devinai
ntières, les surfaces en aggloméré pourrissent et se désagrègent lentement. Aucun appareil ne fonctionne encore, hormis le réfrigérateur, presque vide de toute façon. Même le plafond ploie sous l'humidité laissée par la dern
ute la sagesse accumulée par une vie de souffrances. Je sais que les souvenirs qui la hantent la poursuivent comme des cauchemars. Nous gardons nos yeux dissimulés la plupart du temps, dans l'espoir de nous fondre parmi les humains qui ont survécu aux conflits. Mieux valait passer pour l'un d'eux que d'être chassée et exécutée comme l'ont été les Sorcières. Ses cheveux, jadis d'un noir profon
e demande-t-elle, son regard s'rado
te toux. Elle persiste depuis trop longtemps », dis-je, la voix pleine d'appréhension. Je ne su
e me lève déjà, bien décidé
ira par passer », tente-t-elle de me convaincre. Elle n'avait pas tort sur le manque
un mouvement pour se lever, avant de retomber aussitôt
er entre deux toussotements. Je lui frotte doucement le dos pour l'apaiser, puis lui ap
sse sans effort, bien trop large désormais pour ses phalanges décharnées. Ce bijou comptait parmi
à vendre les biens de t
transmis par le père de mon propre père, avant de revenir à ma grand-mèr
n attendant », dis-je pour la rassurer. J'attrap
laissée depuis longtemps. Ce n'était pas grand-chose, mais au moins cela nous mettait à l'abri du vent et de la pluie. Je parle de cabane, car ce terme convient mieux que celui de maison : un pan entier s'est
nce, et je priais chaque jour pour que cela dure. Mais vivre en tant que Fée dans cette cité relevait du défi permanent. Trouver du travail s'avérait compliqué, car je ne pouvais jamais rester trop longtemps au même endroit : quiconque m'observait de trop près risquait de deviner ma véritable nature. Ma grand-mère, incapable de recourir à la magie pour se dissimuler, ne pouvait pas non plus travailler. Il ne me restait donc que peu d'options : récupérer de la menue monnaie, échanger des biens, ou parfois voler, quand aucune autre solution ne s'offrait à moi. Je
de croiser des corps sans vie abandonnés sur le trottoir ou au bord des chemins. La faim demeure la première cause de mortalité chez les humains, juste derrière le froid. Les personnes sans toit courent un danger permanent : si les éléments ne les emportent pas, ce sont les prédateurs qui s'en chargent, et ceux-ci ne manquent pas en ville, à commencer par les vampires, q
age, considérant la ville comme leur propriété, nous tolérant tout juste comme des occupants temporaires. Fait étrange : aucune femelle dragon n'était née depuis la grande guerre, ce qui nourrissait la fureur des seigneurs dragons et attisait leur haine envers les fées, également menacées d'extinction. Bien qu'immortels, la plupart avaient fini par vivre seuls ou par choisir un compagnon masculin. J'avais aperçu les seigneurs dragons de loin à plusieurs reprises, sans jamais m'approcher suffisamment pour en rencontrer un, et je priais pour que cela ne change jamais. On racontait, dans les rumeurs qui circul
crocs pointus. Les métamorphes, comme les Rois Dragons, ressemblaient à s'y méprendre à des humains, hormis leurs yeux fendus, semblables à ceux d'un serpent. On disait leur peau plus résistante, presque impénétrable
t de mort. Mon espèce était traquée sans relâche, et les dragons demeuraient nos ennemis les plus redoutables. Ils nous haïssaient pour le rôle que nous avions joué lors de la grande guerre ; être démasquée signifiait une mort certaine. Les vampires restaient les plus faciles à repérer,
, possédaient des compagnons destinés. Les fées, en revanche, échappaient à cette règle. Nous étions libres de choisir notre propre chemin amoureux, contrairement aux dragons et aux autres métamorphes soumis au lien des âmes sœurs. Cela ne signifiait pas pour autant que n
e faisait rare dans le quartier, il acceptait volontiers de troquer ce dont j'avais besoin. L'or demeurait l'une des monnaies les plus rares, mais aussi l'une des plus recherchées. Je baisse à nouveau le regard et
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