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nventions destinées à m'endormir. Ce n'est qu'en devenant adulte que j'ai compris la vérité : ces récits n'étaient ni des fables ni des fictions, mais les souvenirs bien réels de sa
livrance. L'Héritier des Cendres n'était plus à mes yeux qu'une invocation désespérée, un vœu pieux que l'on formulait faute de mieux, une manière de continuer à espérer quand il ne restait plus rien à espérer. Comment croire encore à un sauveur, quand nos propres ancêtres nous avaient abandonnés ? Depuis la grande guerre, nous n'avions connu que la mort, la destruction, la douleur et la misère. Autrefois, je me raccrochais à ces récits
oin de moi si jamais ils ne rentraient pas. Quand nous avons refait surface, plus rien n'était comme avant, ni le monde, ni ma propre existence. Mes parents s'étaient volatilisés. Aucun survivant n'avait été retrouvé, ni chez les elfes, ni chez les fées, ni chez les anges. Même l'espèce humaine avait été décimée, la Voyante comprise. Sa disparition fut une perte immense, car avec elle s'éteignit également notre magie. Je faisais désormais parti
des Vampires. Nous venions juste avant les Elfes, les Pixies, puis les Sirènes. Tout en bas se trouvaient les humains. Nous partagions désormais leur sort, réduites à récupérer les restes que les autres espèces daignaient laisser derrière elles. Une fée privée de sa magie ressemblait presque à une simple humaine. Nous avions leur apparence, à l'exception des yeux, dont la couleur variait selon notre lignée d'origine. Les miens étaient d'un violet profond, hérités de la lignée maternelle. Cette lignée avait pourtant été presque totalement anéantie. Nous appartenions autrefois à l'une des pl
is, une mort particulièrement cruelle censée racheter les fautes de leurs ancêtres. Voilà pourquoi il ne subsistait presque plus aucune fée. Voilà pourquoi ma grand-mère et moi vivions dans l'ombre, nous fondant dans la masse humaine pour échapper à tout regard. Atteindre vingt et un ans représentait un moment décisif pour les créatures magiques : c'était censé être le jour où leur magie se révélait enfin. Mais depuis le soulèvement, aucune créature féerique n'avait été signalée, du moins à ma connaissance. On racontait que notre défaite avait provoqué la colère des Mo
Pour elle, la magie méritait d'être honorée, non condamnée à disparaître dans le sang. Dans une semaine à peine, mon tour viendrait. Nous restions cachées toutes les deux, espérant que je passerais entre les mailles du filet. Ma grand-mère refusait catégoriquement l'idée qu'on puisse me découvrir. Elle ne supportait pas l'idée que je finisse vendue comme du bétail. Pourtant, au fond de moi, je savais qu'ell
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