POINT DE VUE D'ARIA Je savais que c'était une erreur. Mais certaines erreurs ont ce goût dangereux... celui auquel on ne résiste pas. Ethan Barringer est debout devant moi, trop proche, trop réel. Et pourtant, pendant des années, il n'a été qu'un rêve. Un rêve que je n'avais pas le droit de toucher. Ses yeux plongent dans les miens comme s'ils cherchaient quelque chose... ou quelqu'un que j'ai peut-être cessé d'être. - Tu es sûre de vouloir faire ça ? murmure-t-il. Non. Je ne suis pas sûre. Je ne suis sûre de rien... sauf d'une chose : Je le veux. Pas demain. Pas pour toujours. Juste... maintenant. Alors je m'approche. Mon cœur cogne contre ma poitrine comme s'il voulait me retenir, mais mon corps, lui, a déjà choisi. Ses mains tremblent légèrement quand elles effleurent ma peau. Ethan n'a jamais été hésitant. Sauf avec moi. - Si on commence... dit-il d'une voix brisée, on ne pourra plus revenir en arrière. Je souris, même si mon cœur est en train de se fissurer. - Alors ne revenons pas. Et quand ses lèvres capturent les miennes, je comprends que cette nuit va tout changer. Même si, au fond de moi... je sais déjà qu'elle va me détruire.
POINT DE VUE D'ARIA
Je savais que c'était une erreur.
Mais certaines erreurs ont ce goût dangereux... celui auquel on ne résiste pas.
Ethan Barringer est debout devant moi, trop proche, trop réel.
Et pourtant, pendant des années, il n'a été qu'un rêve.
Un rêve que je n'avais pas le droit de toucher.
Ses yeux plongent dans les miens comme s'ils cherchaient quelque chose... ou quelqu'un que j'ai peut-être cessé d'être.
- Tu es sûre de vouloir faire ça ? murmure-t-il.
Non.
Je ne suis pas sûre.
Je ne suis sûre de rien... sauf d'une chose :
Je le veux.
Pas demain.
Pas pour toujours.
Juste... maintenant.
Alors je m'approche.
Mon cœur cogne contre ma poitrine comme s'il voulait me retenir, mais mon corps, lui, a déjà choisi.
Ses mains tremblent légèrement quand elles effleurent ma peau.
Ethan n'a jamais été hésitant.
Sauf avec moi.
- Si on commence... dit-il d'une voix brisée, on ne pourra plus revenir en arrière.
Je souris, même si mon cœur est en train de se fissurer.
- Alors ne revenons pas.
Et quand ses lèvres capturent les miennes, je comprends que cette nuit va tout changer.
Même si, au fond de moi...
je sais déjà qu'elle va me détruire.
POINT DE VUE D'ETHAN
J'aurais dû partir.
Dès l'instant où elle a ouvert cette porte.
Dès l'instant où j'ai senti son parfum.
Dès l'instant où j'ai compris que je ne la voyais plus comme avant.
Aria Jensen n'est plus la fille que j'ai juré de protéger.
Elle est devenue la seule femme que je devrais fuir.
- Tu me regardes comme si j'étais un danger, dit-elle doucement.
Elle ne se trompe pas.
Elle est un danger.
Pour ma discipline.
Pour mes règles.
Pour tout ce que j'ai construit pour ne jamais ressentir ça.
Parce que ce que je ressens pour elle...
n'a rien de simple.
Rien de contrôlable.
Et surtout, rien de sans conséquence.
- Tu ne devrais pas me vouloir, je souffle.
Mais elle s'approche quand même.
Toujours plus près.
Comme si elle n'avait pas peur de tomber.
Comme si elle ignorait que je suis celui qui va la faire chuter.
- Trop tard, murmure-t-elle.
Et c'est là que je perds.
Le contrôle.
La raison.
La promesse que je m'étais faite de ne jamais la toucher.
Quand je l'embrasse, ce n'est pas doux.
Ce n'est pas innocent.
C'est un aveu.
Un aveu que je refuse de dire à voix haute :
Je la veux depuis des années.
Et maintenant que je l'ai entre mes bras...
Je sais que je ne saurai plus jamais m'en détacher.
Même si ça doit tout détruire.
CHAPITRE 01
Ethan Barringer était aux anges. Après d'innombrables nuits quasiment sans sommeil, d'interminables négociations et une charge de travail écrasante, sa détermination sans faille et sa totale concentration avaient fini par payer, au-delà même de ses espérances. Perry Construction avait remporté l'appel d'offres pour la rénovation du bâtiment du Texas Cattleman's Club, l'association des éleveurs de Houston. Sterling Perry, propriétaire de la société âgé de soixante-dix ans, allait probablement s'attribuer tout le mérite de ce coup de maître, mais Ethan, son jeune P-DG, avait la satisfaction de savoir que c'était lui qui en était l'auteur.
Il tourna la bouteille de bière glacée entre ses doigts. Sous l'effet de l'adrénaline, son genou droit s'était mis à trembler sous la table. Jamais il n'avait eu à ce point besoin de célébrer un événement, mais, par une étrange ironie du sort, il avait tellement négligé sa vie sociale, ces derniers mois, qu'il n'avait personne avec qui trinquer ce soir.
Il était venu au Royal Diner parce que c'était un établissement confortable et convivial, où personne ne s'étonnerait de voir un homme dîner seul. Sans compter que les menus proposés étaient tout à fait à son goût.
Après avoir expédié un énorme steak avec tous ses accompagnements, suivi d'une exquise tarte au citron glacée, il se trouvait confronté à la perspective d'une longue soirée de solitude.
Le lendemain, il s'envolerait pour Houston, et il ne reviendrait que dans six semaines au plus tôt. Même s'il possédait un pied-à-terre à Royal, sa résidence et son bureau étaient à Houston. Il avait pris l'habitude de ces allers-retours entre la métropole et la petite ville où il était né. Chacune avait son propre charme.
Il adorait l'anonymat de Houston, où l'activité ne cessait jamais, mais rien ne pouvait remplacer le sentiment d'appartenance qu'il éprouvait chaque fois que son travail le ramenait à Royal.
Soudain, la porte du restaurant s'ouvrit violemment, et une brusque rafale du vent de janvier faillit l'arracher de ses gonds. Précédée par un tourbillon d'air glacé, une jeune femme entra et, s'adossant à la porte, remit de l'ordre dans sa coiffure.
Amanda Battle, épouse du shérif et propriétaire du restaurant, leva une main pour la saluer et lui offrit un grand sourire.
- Bonsoir, Aria. Vous avez l'air frigorifiée. Si vous êtes seule, venez vous asseoir au comptoir avec moi. Nous pourrons bavarder.
La nouvelle venue n'avait pas jeté un seul regard dans sa direction, mais Ethan la reconnut aussitôt. Aria Jensen. Des yeux aussi bleus que le ciel immense du Texas, de longs cheveux blonds et bouclés, un peu ébouriffés à cet instant précis. Et des courbes qu'aucun homme ne pouvait ignorer.
Une brusque vague de désir déferla sur lui. À trop travailler sans s'accorder le moindre plaisir, un homme finissait par ressentir une certaine fringale. Et pas seulement pour les fabuleux desserts d'Amanda Battle.
- Qu'est-ce qui vous amène chez nous par une soirée aussi épouvantable ? s'enquit Amanda en posant une tasse de café et la carte des menus devant Aria.
- Je mourais de faim, répondit la jeune femme avec un sourire, ôtant son manteau pour l'accrocher au dossier du tabouret de similicuir rouge voisin du sien.
Le décor du restaurant était celui d'un établissement des années 1950. Les box étaient assortis aux tabourets, et un linoléum à carreaux noirs et blancs recouvrait le sol. La pendule au-dessus de l'antique fontaine à soda annonçait qu'il était 18 h 30, et la salle était presque déserte. La plupart des gens étaient probablement restés chez eux, bien au chaud. En règle générale, les hivers n'étaient pas trop rigoureux, à Royal, mais cette semaine passée avait été particulièrement froide.
- Je vous comprends, déclara Amanda, hochant la tête. Après une longue journée de travail, aucune femme de ma connaissance n'a envie de se mettre aux fourneaux. Je suis ravie que vous soyez venue.
- Je vais prendre le menu numéro trois, dit Aria en sirotant son café, la carte ouverte devant elle. J'ai besoin d'une nourriture consistante.
Ethan jeta un coup d'œil au menu sur sa table, et nota qu'Aria avait choisi un sandwich au fromage grillé et une soupe aux légumes. Traditionnel. Ici, à Royal, le passage du temps n'avait presque rien changé.
Il se leva et, traversant la petite salle, alla tapoter l'épaule d'Aria.
- Bonsoir, belle inconnue, murmura-t-il. J'ai fini de dîner, mais j'apprécierais un peu de compagnie. Me ferez-vous l'honneur de vous joindre à moi ?
Aria se retourna, et ses yeux immenses bordés de longs cils se posèrent sur lui.
- Ethan ! Quel plaisir de te revoir !
Ses paroles étaient certes cordiales, mais son regard restait méfiant, ce qui froissa un peu son amour-propre. Aria et lui se connaissaient depuis l'école communale, mais il est vrai que ces dernières années ils s'étaient éloignés l'un de l'autre.
Il répéta son invitation, cette fois-ci sans la toucher. Son attitude quelque peu réservée lui suggérait de garder ses mains pour lui.
- Viens t'asseoir avec moi, lui suggéra-t-il. Il y a longtemps que je ne t'ai pas vue. Nous rattraperons le temps perdu.
Amanda vint à sa rescousse.
- Allez-y, Aria, dit-elle. Je vous apporterai votre commande à votre table lorsque ce sera prêt. On ne peut pas dire que je sois surchargée de travail, ce soir.
- C'est gentil, merci, répondit Aria, souriant à Amanda.
Elle prit son manteau et son sac et suivit Ethan jusqu'à son box.
Ses joues avaient rosi, nota-t-il, mais bien sûr il pouvait s'agir d'une réaction à la chaleur de la salle après le froid vif de l'extérieur. Ou alors ce n'était qu'une simple manifestation d'embarras.
Cette idée le contraria. À une autre époque, des années auparavant, il lui était arrivé de penser qu'Aria et lui étaient destinés à vivre une relation passionnée, mais il avait très vite repris ses distances avec elle. Aria ne pensait visiblement qu'au mariage, et, lui, il était plutôt allergique à toute domesticité.
Malgré tout, il était heureux de la revoir aujourd'hui.
Il attendit qu'elle soit installée, puis il s'assit à son tour.
Amanda lui apporta une seconde bière et remplit à nouveau de café la tasse d'Aria. Après quoi ils se retrouvèrent seuls. Tout du moins aussi seuls que deux personnes pouvaient l'être dans un lieu public.
- Tu as une mine superbe, Aria, fit-il remarquer en souriant.
- Merci. Toi aussi.
- Y a-t-il un homme dans ta vie, en ce moment ? Cela fait près de deux ans que je n'ai pas discuté avec toi.
- Probablement davantage, précisa-t-elle d'un ton léger. Tu es le plus souvent à Houston. Quant à moi, j'ai deux jobs en même temps.
Dans le silence qui suivit, Ethan sentit planer une certaine tension, comme un étrange courant qui le rendait un peu nerveux. Elle n'avait pas répondu à sa première question, un peu trop directe, reconnut-il, et, en mentionnant ses deux emplois, elle ne suggérait pas qu'elle y avait été poussée par des contraintes financières. Elle n'était pas dans la misère, le magasin d'articles de sport de ses parents rapportant de jolis bénéfices, et surtout elle était la directrice administrative du Texas Cattleman's Club de Royal.
- Es-tu heureuse ? s'enquit-il.
Cette question avait franchi ses lèvres presque malgré lui, et il le regretta aussitôt. Là encore, le sujet était peut-être un peu trop intime pour deux personnes qui ne s'étaient pas vues depuis longtemps, même si, à une époque, Aria et lui avaient été assez proches.
Des années plus tôt, en refusant d'avoir une relation avec elle, il avait cru lui rendre service. Aujourd'hui, il se demandait si ce sacrifice n'avait pas été une absurdité.
Son père avait été un coureur de jupons notoire, et il craignait d'avoir hérité ses gènes. Alors il faisait en sorte que ses relations féminines restent brèves, et que les sentiments n'entrent pas en jeu.
Et cependant il était là, brûlant de revisiter le passé avec une femme qui, au cours des années, avait été témoin de ses meilleurs et de ses pires moments.
Aria hocha la tête, et, plongeant son regard dans le sien, déclara d'une voix ferme :
- Oui. Je suis très heureuse. J'ai une vie formidable.
- Très bien, marmonna-t-il. Parfait.
Il réprima une grimace, conscient de lui parler comme un vieil oncle un peu gâteux. Heureusement, Amanda lui sauva la mise en arrivant avec la commande d'Aria.
- Voilà, dit-elle en le regardant d'un air curieux. Bon appétit.
Lorsqu'elle fut partie, Aria se jeta sur son sandwich et sa soupe comme si elle n'avait rien mangé depuis des jours.
Il ne put s'empêcher de l'observer. Son enthousiasme et la volupté évidente que lui procuraient ces mets tout simples éveillèrent en lui des sentiments totalement déplacés. Était-elle aussi passionnée au lit, lorsqu'un homme lui donnait du plaisir ?
Il avait la bouche sèche, tout à coup, et une embarrassante érection tendait son pantalon.
N'était-il pas bizarre de ressentir un tel désir en regardant simplement une femme en train de déguster un bol de soupe ?
Heureusement pour lui, Aria ne paraissait pas consciente de son trouble. Elle fit disparaître d'un petit coup de langue une miette de fromage au coin de sa bouche, et lui lança un regard interrogateur par-dessus le bord de sa tasse de porcelaine blanche.
- Et toi, Ethan ? Es-tu heureux ? J'ai entendu vanter le travail que tu fais. Et pourtant je suis certaine que travailler sous les ordres de Sterling Perry n'est pas une partie de plaisir.
Cette remarque le fit éclater de rire, et le stress de ces dix dernières semaines commença à se dissiper. Piloter le vaisseau géant constitué par Perry Holdings consumait en effet toute son énergie vitale.
- Là, tu n'as pas tout à fait tort, convint-il. Mais Sterling et moi nous entendons raisonnablement bien. Suffisamment, en tout cas, pour faire du bon boulot.
- C'est probablement parce que tu ne fais pas partie de sa famille, répliqua Aria d'un ton moqueur.
- Sûrement. Les quatre enfants de Sterling ont des relations compliquées avec leur père.
- J'ai entendu quelques rumeurs très excitantes au club, aujourd'hui.
- Elles sont vraies. Je viens d'apprendre cet après-midi même que notre division travaux publics avait obtenu le contrat pour la rénovation du nouveau bâtiment du Texas Cattleman's Club de Houston. Cela couronne des mois de travail. Je suis épuisé.
- C'est fabuleux ! s'exclama Aria, lui offrant un sourire franc pour la première fois depuis qu'il l'avait abordée au comptoir. J'en suis très heureuse pour toi.
La sincérité de cette réponse et le sourire éblouissant qui l'accompagnait lui mirent du baume au cœur.
- Je n'étais pas sûr que nous gagnerions la partie, reconnut-il.
- Alors pourquoi es-tu ici, à Royal ?
- J'ai participé à quelques réunions avec le conseil d'administration du Texas Cattleman's Club de Royal, pour m'assurer que nous comprenons bien ce qu'ils désirent. Dorénavant, je travaillerai principalement à Houston, mais je ferai de fréquents allers-retours.
- J'ai été surprise par ce projet de rénovation. Je n'étais pas toujours en ville, et j'ai manqué une partie des débats. Pourquoi ne pas avoir opté pour une construction neuve ?
- Ryder Currin a déniché un bâtiment magnifique situé à un carrefour stratégique, en plein centre-ville, expliqua-t-il. C'était une boutique-hôtel de luxe qui a fait faillite durant la récession, et qui était à l'abandon.
- Et à présent tu comptes lui offrir une seconde jeunesse.
- Une rénovation totale, du sol au plafond.
L'enthousiasme d'Aria lui faisait plaisir. Il aurait menti en affirmant que ce projet serait un travail facile. Même si Sterling Perry avait remporté l'appel d'offres pour cette rénovation, son plus grand rival, Ryder Currin, un homme beaucoup plus jeune, avait été le vrai moteur de la décision de créer une nouvelle branche du prestigieux club de Royal à Houston.
Et à présent les deux hommes étaient en compétition pour s'en assurer le contrôle. Comme ils se détestaient cordialement, on pouvait s'attendre à quelques dommages collatéraux.
Mais il chassa vivement ces préoccupations de son esprit.
Pour l'instant, il profitait pleinement de la présence d'Aria. Et il ne s'agissait pas simplement du plaisir de discuter avec son amie d'enfance. La jeune fille qu'il avait repoussée était devenue une belle jeune femme dont les charmes l'émoustillaient dangereusement...
- Tu devrais venir à Houston, suggéra-t-il soudain. Dès que nous aurons fait quelques progrès, je te ferai faire le tour du propriétaire.
- Que je vienne à Houston ? répéta-t-elle d'un air étonné.
- Ce n'est pas le bout du monde. Nous avons des appareils très modernes que l'on appelle « avions ».
- Très drôle, dit-elle en rougissant de nouveau. Mais oui, j'adorerais cela.
Quelque chose dans son regard augmenta encore son embarras. Il aimait à considérer Aria comme une amie d'enfance. Et pourtant cette femme n'avait plus rien d'enfantin. Elle était sexy et absolument adorable dans son exquise féminité.
Il imaginait sans peine une bonne douzaine de manières de lui ôter un à un tous ses vêtements jusqu'à ce qu'elle soit totalement nue et voir ce qui se passerait ensuite.
À son immense surprise, elle s'empara de sa main.
- Je suis tellement fière de toi, Ethan !
Le contact de ses doigts délicats sur sa main déclencha un éclair de désir dans tout son corps.
- J'avais envie de fêter l'événement, avoua-t-il d'une voix un peu rauque. Le problème, c'est que j'ai perdu de vue tous mes amis depuis bien longtemps.
- C'est parce que tu ne vis que pour ton travail.
- C'est tout ce que j'ai, dit-il en soupirant. Je suis ambitieux. Personne ne réussit dans le monde où nous vivons, à moins d'y mettre tout son cœur.
- Et tu ne désires rien d'autre ?
Sa question, prononcée à mi-voix, lui coupa le souffle. Bien sûr que si ! Il désirait bien davantage. Mais Aria n'était pas une femme pour lui. Elle était douce, pure. Elle rêvait de bébés et d'une bague à son doigt.
- Dans la vie, on est obligé de faire certains choix, dit-il, effleurant délicatement sa paume, incapable de la regarder en face, craignant qu'elle ne devine sa fringale sexuelle et qu'elle ne soit effrayée.
- C'est peut-être simplement que tu as peur, fit-elle remarquer en retirant sa main, le laissant désemparé et surtout blessé par sa remarque acide.
- Je n'ai peur de rien, protesta-t-il.
Aria croisa les bras, attirant son regard vers le doux renflement de ses seins. Elle portait un pull de cachemire rose pâle à col roulé, et elle était resplendissante comme une rose d'hiver.
Ce face-à-face silencieux ne dura que quelques secondes, mais elles lui parurent durer une éternité.
Amanda réapparut pour débarrasser leur table ; elle ne semblait pas consciente du flot d'émotions qui circulait entre Aria et lui.
Lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, Aria lui décocha un sourire malicieux, un peu moqueur.
- Prouve-le, répliqua-t-elle.
- Prouver quoi ? s'enquit-il, s'efforçant d'ignorer sa douloureuse érection.
- Prouve-moi que tu n'as pas peur.
Il la regarda, surpris. L'avait-il jamais réellement connue, ou avait-elle changé à ce point ? C'était un défi sexuel, et celle qui le lui lançait était une femme qu'il avait crue passive. Peut-être même un peu refoulée.
Son regard vif affirmait le contraire. Sous la douce laine de son pull, on devinait à présent les pointes durcies de ses seins, suggérant qu'elle était émoustillée par leur échange.
Ethan sentit son front se couvrir de transpiration.
- Eh bien, je...
- J'ai du champagne chez moi, dit-elle d'une voix douce. Je le gardais pour l'anniversaire de mariage de mes parents, mais ils sont partis en croisière avant que nous ayons pu leur organiser une fête. Ce soir, j'aimerais faire sauter le bouchon en ton honneur. Qu'en dis-tu ?
Il aurait dû refuser, bien sûr. Rien n'avait changé entre eux. Aria et lui étaient des amis d'enfance, et c'était tout. Le sexe entre eux ne faisait pas partie de l'équation.
Aurait-il la volonté de la raccompagner chez elle, de déguster une coupe de champagne pour fêter ce qui était un grand jour pour lui, puis de rentrer chez lui ?
Il en doutait fort, mais il allait quand même accepter. Parce qu'il lui était impossible de résister au sourire d'Aria. Et à cette étincelle malicieuse dans ses yeux. Et à son parfum.
- Avec plaisir, répondit-il d'une voix qu'il ne reconnut pas. J'ai le temps de boire une petite coupe, je suppose. Habites-tu toujours à la même adresse ?
- Exactement la même, répondit-elle en enfilant son manteau avant de prendre la note qu'Amanda avait déposée discrètement sur la table.
- C'est moi qui aurais dû t'inviter, dit-il, fronçant les sourcils. Pardon, je n'ai pas fait attention.
- Ne sois pas ridicule. Ceci n'est pas un rendez-vous d'amoureux.
Elle se glissa hors du box, dégageant ses longs cheveux du col de son manteau.
- Rejoins-moi chez moi, ajouta-t-elle.
Et, sur ces mots, elle se dirigea vers le comptoir pour régler son repas à Amanda et quitta le restaurant.
Ethan se leva à son tour. Il avait l'impression d'avoir reçu un coup de massue sur la tête. Que diable s'était-il passé ?
- Amanda, dit-il en s'approchant du comptoir, puis-je avoir mon addition ?
- Aria a tout réglé, l'informa cette dernière avec un grand sourire. Elle a dit que c'était pour célébrer la réussite de votre nouveau projet.
- Les nouvelles vont vite, marmonna-t-il.
- C'est ainsi à Royal, en tout cas.
Ethan quitta le restaurant dans un état second.
Une force aussi inexorable que mystérieuse l'entraînait en avant. Celle de la destinée, de la curiosité ou simplement du désir sexuel masculin, il ne savait pas trop. Ce qui était certain, c'était qu'il lui était impossible de lui résister.
Il allait se rendre chez Aria Jensen, et ils allaient partager une bouteille de champagne, tous les deux.
Il lui fallut moins de quinze minutes pour arriver à destination. Ce quartier de Royal avait été bâti dans les années 1930. La plupart des maisons avaient été entièrement restaurées, et avaient retrouvé leur gloire d'origine.
Il trouva une place pour se garer le long du trottoir juste devant chez Aria, une maison de briques, aux portes et fenêtres encadrées de moulures blanches, et dotée d'un grand porche. Il remarqua deux fauteuils à bascule, quelques jardinières vides, mais qui créeraient une explosion de couleurs dès le retour du printemps.
Une maison parfaite pour une famille avec un chien ou un chat et deux bambins.
Ethan imaginait facilement Aria en train de préparer des petits plats dans une jolie cuisine, ou de lire des histoires à un fils ou une fille aux cheveux couleur de blés mûrs, à l'heure du coucher. Cependant, l'homme qui partageait la vie d'Aria, ce n'était pas lui...
Il sentit sa gorge se serrer.
Il devait tourner les talons et retourner à sa voiture. Tout de suite.
Toutes les raisons qui l'avaient incité à éviter Aria par le passé existaient toujours. Il la désirait – il l'avait toujours désirée –, mais il aurait eu une influence néfaste sur elle.
Lorsqu'ils étaient enfants, à l'école communale, il l'avait toujours protégée des petites brutes de la cour de récréation. Il veillait sur elle, et il avait toujours fait en sorte qu'elle se sente heureuse et protégée.
Mais, en entrant dans l'adolescence, il avait découvert une douloureuse vérité : les innombrables liaisons extraconjugales de son père. Sa mère n'en avait jamais soufflé mot, chez eux. Seulement, un jour, il l'avait trouvée en larmes, et il avait mené sa petite enquête. La vérité l'avait laissé effondré.
Après cela, chaque fois que l'idée de faire l'amour à la délicieuse Aria lui traversait l'esprit, il s'éloignait d'elle.
Pour son bien.
Sans lendemain
CHRONIQUEUSE
Aventure
Chapitre 1 CHAPITRE 01
29/04/2026
Chapitre 2 Chapitre 02
29/04/2026
Chapitre 3 Chapitre 03
29/04/2026
Chapitre 4 Chapitre 04
29/04/2026
Chapitre 5 Chapitre 05
29/04/2026
Chapitre 6 Chapitre 06
29/04/2026
Chapitre 7 Chapitre 07
29/04/2026
Chapitre 8 Chapitre 08
29/04/2026
Chapitre 9 Chapitre 09
29/04/2026
Chapitre 10 Chapitre 10
29/04/2026
Chapitre 11 Chapitre 11
29/04/2026
Chapitre 12 Chapitre 12
29/04/2026
Chapitre 13 Chapitre 13
29/04/2026
Chapitre 14 Chapitre 14
29/04/2026
Chapitre 15 Chapitre 15
29/04/2026
Chapitre 16 Chapitre 16
29/04/2026
Chapitre 17 Chapitre 17
29/04/2026
Chapitre 18 Chapitre
29/04/2026
Chapitre 19 Chapitre 19
29/04/2026
Chapitre 20 Chapitre 20
29/04/2026
Chapitre 21 Chapitre 21
29/04/2026
Chapitre 22 Chapitre 22
29/04/2026
Chapitre 23 Chapitre 23
29/04/2026
Chapitre 24 Chapitre 24
29/04/2026
Chapitre 25 Chapitre 25
29/04/2026
Chapitre 26 Chapitre 26
29/04/2026
Chapitre 27 Chapitre 27
29/04/2026
Chapitre 28 Chapitre 28
29/04/2026
Chapitre 29 Chapitre 29
29/04/2026
Chapitre 30 Chapitre 30
29/04/2026
Chapitre 31 Chapitre 31
29/04/2026
Chapitre 32 Chapitre 32
29/04/2026
Chapitre 33 Chapitre 33
29/04/2026
Chapitre 34 Chapitre 34
29/04/2026
Chapitre 35 Chapitre 35
29/04/2026
Chapitre 36 Chapitre 36
29/04/2026
Chapitre 37 Chapitre 37
29/04/2026
Chapitre 38 Chapitre 38
29/04/2026
Chapitre 39 Chapitre 39
29/04/2026
Chapitre 40 Chapitre 40
29/04/2026