“Ma fille, Chloé, est morte dans mes bras. Les mots du médecin étaient une sentence de mort : « Négligence grave. Malnutrition. Multiples blessures internes. » Mais mon mari, le célèbre coach de vie Julien Marchand, n'a pas pleuré. Il a publié un communiqué. Il a qualifié Chloé d'« enfant au caractère difficile » et a transformé sa mort en une tragédie sur la santé mentale, tout ça pour soigner son image de grand compatissant. Il a même pardonné publiquement au garçon qui la tourmentait, ce même garçon qu'il avait fait entrer chez nous pour apprendre à Chloé la « résilience ». Ma propre vie s'est achevée dans un incendie, une libération finale et violente d'un monde qu'il avait créé. Alors que les flammes me dévoraient, je ne pouvais pas comprendre. Comment l'homme que j'aimais avait-il pu bâtir sa légende sur la tombe de notre fille et les ruines de ma vie ? Puis, j'ai ouvert les yeux. Les papiers du divorce étaient sur la table, sa signature une tache noire et crue. C'était des années plus tôt. Avant l'incendie. Avant la mort de Chloé.”