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La pluie tombe sur le pare-brise avec une régularité presque apaisante. Je fixe le déluge à travers le verre, chaque goutte formant et déformant le paysage urbain qui défile. Mon chauffeur, avec la concentration stoïque du vétéran qu'il est, manœuvre prudemment notre voiture sur la route glissante.
- Je suis désolé, monsieur Hawthorne, s'excuse-t-il en jetant un coup d'œil anxieux dans le rétroviseur. La route habituelle est fermée. Nous devrons prendre un itinéraire différent aujourd'hui.
J'hôche la tête, à peine conscient de ses mots. Mon esprit est ailleurs, coincé dans un passé que je ne peux ni échapper ni accepter. La douleur de la perte est toujours aussi vive que le jour où elle est survenue.
C'est alors que je la vois. Là, sur le trottoir, une femme marche seule sous la pluie. La vue de son dos, de ses cheveux trempés collés contre sa nuque, me fait manquer un battement de cœur. Elle a la même stature, la même démarche qu'elle...
- Arrêtez la voiture, ordonné-je d'une voix rauque. Mon chauffeur obéit sans poser de question, tirant sur le frein et faisant crier les pneus sur le bitume mouillé.
J'ouvre la porte et sors dans la pluie, chaque goutte d'eau froide me rappelant douloureusement à la réalité. Je me dirige vers elle, mon cœur battant avec une intensité que je n'ai pas ressentie depuis des mois.
Elle se retourne lorsque j'approche, ses yeux écarquillés de surprise. Mon souffle se bloque. C'est elle, ou du moins, elle lui ressemble tellement. Les mêmes yeux, le même visage, mais une âme différente.
Elle n'est pas elle, et pourtant, en cet instant, elle est tout ce que je désire.
__________ 1. Dolce __________
La pluie tombe en fines gouttelettes contre mon parapluie, la cacophonie constante apaise mes pensées agitées. Chaque pas que je fais résonne sur le trottoir mouillé, mon esprit est ailleurs, perdu dans les soucis et la peine.
Mon frère, mon seul parent restant, est dans un lit d'hôpital, luttant contre le cancer. Chaque jour est un combat, chaque nouvelle est un mélange d'espoir et de désespoir. La responsabilité repose lourdement sur mes épaules, mais je n'ai pas d'autre choix que de continuer.
Mon travail de serveuse ne rapporte pas beaucoup. Les pourboires sont rares, les clients souvent ingrats. Les factures médicales s'accumulent, et malgré mes efforts, je ne peux pas suivre.
Pourtant, je dois continuer. Pour mon frère. Pour moi.
Je serre plus fort mon parapluie, sentant l'eau froide s'infiltrer à travers les coutures de ma veste, mouillant mes cheveux. Je ne cherche pas à m'abriter. La pluie est une distraction, une brève évasion de la réalité.
Une voiture s'arrête à côté de moi, m'arrache à mes pensées. Un homme sort, son visage masqué par la capuche de son manteau. Il s'approche, sa démarche déterminée malgré le déluge.
Mon cœur bat plus vite. Qui est cet homme ? Pourquoi s'est-il arrêté ? Dois-je courir, crier ? Avant même de pouvoir réfléchir à une éventuelle action, il est devant moi.
Il retire sa capuche, dévoilant un visage dur mais pas inamical. Ses yeux me fixent, une intensité inquiétante dans son regard.
- Excusez-moi, dit-il, sa voix rauque s'élevant au-dessus du bruit de la pluie. Je suis désolé de vous avoir arrêtée, mais... vous ressemblez à quelqu'un que je connais.
Je reste figée, surprise et confuse. Je hoche la tête, resserrant ma prise sur mon parapluie.
- Je suis désolée, je ne vous connais pas", réponds-je, mon cœur bat toujours fort dans ma poitrine. Je dois y aller.
Et je m'éloigne, laissant l'homme seul sous la pluie. Je ne sais pas qui il est, ni pourquoi il m'a arrêtée. Tout ce que je sais, c'est que j'ai déjà assez de problèmes sans m'impliquer avec des inconnus.
Je prends une grande inspiration et reprends ma marche, laissant derrière moi l'étranger et son regard intense. Les gouttes de pluie martèlent contre mon parapluie, créant un rythme hypnotisant qui apaise un peu ma nervosité. Je me répète que ce n'est rien, un simple incident de la rue. Néanmoins, son visage et ses mots restent gravés dans mon esprit.
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