Quand le Sultan Amir Al‑Rashad est rappelé d'urgence à Nahrun pour stopper des fouilles archéologiques non autorisées, il ne s'attend pas à y retrouver la docteure Iris Jackson - la femme qu'il a aimée une seule nuit, sept ans plus tôt. Il ne s'attend pas non plus à découvrir qu'elle lui a caché lui avoir donné une fille. Naïla, six ans, devient instantanément le centre de son monde. Et Amir se jure de ramener la petite étoile du Soleil levant ainsi que sa maman à leur juste place : auprès de lui, au cœur du palais, sous la protection du trône de Nahrun. Mais Iris n'est plus la jeune femme timide et naïve qu'il avait connue. Rejetée par la communauté scientifique, abandonnée par sa famille et ses amis en raison de ses théories sont devenues trop controversées, elle s'est endurcie. Elle ne se laissera pas reconquérir par un homme qui n'est plus l'inconnu tendre de cette nuit-là... mais un souverain dominant, calculateur, et prêt à tout pour protéger son royaume. En effet, les fouilles qu'elle mène ne sont pas anodines. Elles se déroulent dans une zone politiquement sensible, au cœur de terres sacrées qui font l'objet d'une dispute - un terrain où chaque découverte peut devenir un levier diplomatique. Certains des individus qui convoitent ces anciennes ruines ont des objectifs très peu louables, capables de mettre en péril bien plus que sa carrière. Entre tensions politiques, mensonges, manipulations et un amour impossible, Amir devra protéger la future héritière de son trône, mais aussi tenter de reconquérir la femme qu'il n'a jamais cessé d'aimer... et bien sûr, lui révéler enfin qui il est vraiment. Car le Sultan porte deux visages : celui du souverain sans image, et celui du secrétaire de Sa Majesté, que personne ne reconnaît pour ce qu'il est vraiment. Quand Iris découvrira le secret d'Amir... sera-t-elle prête à endosser les nouvelles responsabilités qu'un mariage royal lui infligerait? Et Amir? Saura-t-il protéger sa famille de toutes ces intrigues politiques le cernant de toute part?
*6 juin - Musée de New York*
La chaleur de fin juin colle aux vitres du musée comme une seconde peau moite. Même avec la climatisation poussée à fond, l'air reste lourd, chargé d'excitation estivale et de sueur enfantine.
Depuis huit heures ce matin, les groupes scolaires défilent : gamins surexcités qui courent dans tous les sens, ados avachis sur leur téléphone, enseignants aux yeux cernés qui rêvent déjà des vacances.
Je souris. Comme toujours. Un sourire professionnel, crispé aux coins, celui qui cache les factures en retard, le loyer qui augmente encore, et les nuits où je me demande comment je vais nourrir Naïla le mois prochain. Guide touristique au Megapol Museum. Mon dernier rempart avant la précarité totale.
- Et ici, vous pouvez voir une reproduction du disque de Phaistos, dis-je en guidant mon groupe de sixième. On ignore encore sa signification exacte, mais certaines civilisations anciennes utilisaient des symboles similaires pour...
Un garçon au premier rang m'écoute avec plus d'attention que les autres. Grand pour son âge, cheveux bruns en bataille, sac à dos trop lourd qui lui courbe les épaules. Ses yeux brillent d'une curiosité sincère. Ça me réchauffe le cœur. Les enfants comme lui sont rares en fin d'année scolaire. Ils me rappellent pourquoi j'ai tout sacrifié pour l'archéologie... avant que tout s'effondre.
Un éclat de voix strident me coupe net.
- Non, mais regardez-moi ça !
Cette voix. Je la reconnaîtrais entre mille. Mon sang se fige. Je me retourne lentement.
Charlotte Ferguson.
Tailleur beige impeccable, lunettes de soleil relevées sur le front comme une couronne de victoire, sourire carnassier de prédatrice. La femme qui, il y a sept ans au Pakistan, avait transformé ma présentation en exécution publique, puis à mon retour au pays, m'avait traînée devant le recteur de Columbia et avait ruiné ma carrière d'un seul coup de téléphone.
Tout ça pour récupérer mon poste ensuite.
Elle avance dans la salle, ravie de l'effet produit sur la foule.
- Mais c'est bien elle! La fameuse docteure Iris Jackson! La chercheuse qui inventait des peuples disparus et des contes de fées préhistoriques !
Les élèves se retournent en masse. Les enseignants haussent les sourcils. Le garçon attentif fronce les siens, confus.
Mon estomac se noue violemment.
Pas ici. Pas devant eux.
Pas devant le seul revenu qui me reste. Je serre les poings le long de mon corps, les ongles enfoncés dans mes paumes. Je ne suis plus la jeune archéologue naïve d'il y a sept ans. J'ai une fille de six ans à nourrir.
- Professeure Ferguson, dis-je d'une voix que j'espère ferme, ce n'est ni le lieu ni le moment. Nous sommes en pleine visite guidée. Si vous souhaitez discuter de mes travaux, je serai ravie de le faire en privé après.
Elle éclate d'un rire théâtral, haut perché, qui résonne dans toute la salle.
- En privé ? Oh non, ma chère! Pourquoi cacher vos... brillantes théories? Dites-moi, comment qualifiez-vous encore ce tissu de mensonges que vous avez défendu devant des experts internationaux? Des êtres originels? Stonehenge comme terrain de jeu pour créatures magiques? Des races oubliées incluant fées et loup-garou? Et n'oublions pas les reptiliens!
Elle se tourne vers le groupe, triomphante.
― Franchement, c'était pathétique!
Quelques élèves ricanent. D'autres sortent discrètement leur téléphone. Le garçon attentif baisse les yeux, mal à l'aise.
Je sens la chaleur me monter aux joues, mais je garde la tête haute.
- Vous déformez volontairement mes propos, comme toujours. Je n'ai jamais affirmé que les fées existaient littéralement. J'ai suggéré que les récits folkloriques pouvaient conserver la mémoire déformée d'êtres anciens, d'une humanité aux origines plus complexes que ce que la science mainstream accepte. Mais bien sûr, c'est plus facile de me caricaturer en illuminée pour booster votre carrière.
Ferguson s'approche, son parfum entêtant m'envahissant.
- Caricaturer? Ma pauvre Iris, vous avez ruiné votre vie toute seule. Virée de Columbia, blacklistée dans tous les milieux académiques dignes de ce nom... Et maintenant...? Guide touristique?
Elle rit encore, plus fort.
― Le musée vous paie combien pour raconter des histoires à des enfants?
Les murmures s'amplifient. Les regards pèsent sur moi comme des pierres.
Les gardiens alertent le conservateur. Monsieur Halberg arrive, cravate de travers, front luisant de sueur.
- Iris... qu'est-ce qui se passe ici ?
Ferguson ne lui laisse pas le temps de respirer.
- Ce qui se passe? Vous avez engagé une pseudoscientifique, une menteuse professionnelle! Voilà ce qui se passe! Et maintenant, elle défend ses théories de reptiliens et de lutins préhistoriques! Ignorez-vous donc que la femme que vous avez engagée a été virée de son université pour incompétence, il y a 7 ans!
Halberg pâlit. Il ne savait pas. Il m'avait engagée par pitié, parce que ma mère lui avait sauvé la vie. Pas pour mon CV.
- Iris... suivez-moi dans mon bureau. Tout de suite!
- Monsieur Halberg, je peux tout expliquer, c'est une déformation totale de...
- Pas ici, me coupe-t-il sèchement.
Dans le couloir près des locaux de direction, à portée d'oreilles de tout le personnel, mais plus des clients, il me renvoie sans même fermer la porte.
- Je suis désolé, Iris. Je ne peux pas risquer la réputation du musée. Avec votre... passé. Ce scandale public...
- C'est un malentendu. Cette femme me harcèle depuis sept ans. Accordez-moi cinq minutes et je vous...
Il soupire, évite mon regard.
- Votre mère m'a sauvé la vie. Je lui devais bien ça. Mais je ne peux plus. C'est terminé.
Les épaules basses, je vide mon casier sous les regards de pitié. Dehors, la brise légère me frappe comme une douche froide en plein visage. Dans le parking, Ferguson m'attend, adossée à sa BMW rutilante.
- Bonne chance pour trouver un autre boulot, chérie!
Je l'ignore, allant déposer mes effets dans le compartiment arrière, puis je monte dans ma vieille Jeep cherokee qui tousse, claque la portière. Je démarre en trombe et bien sûr, je lui fais un doigt d'honneur bien visible à travers la vitre quand je passe près d'elle en voiture.
Dans le trafic de la fin d'après-midi, les voitures klaxonnent, les touristes de passage ont envahi les rues de New York dès que nous avons entamé le mois de juin. La ville bourdonne d'activité.
Le monde continu, mais moi je stop ma jeep après avoir fait trois pâtés de maisons, tout juste en face d'une pâtisserie. Je frappe le volant de ma voiture une ou deux fois.
Une larme roule sur ma joue.
Une seule.
Je ne m'en permets pas d'avantage, parce que dans deux petites heures... j'ai tant à faire encore, avant le retour de ma fille à la maison.
Je pense à demain.
À Naïla.
À ses six ans.
À ce fichu gâteau d'anniversaire de petite princesse que je lui ai commandé dans cette pâtisserie. Je songe à tout le reste. Les décorations déjà achetées, aux invitations envoyées, aux dépenses que je ne peux plus assumer, aux enfants qui viendront.
Je me penche en avant, appuyant mon front sur le volant. Au même instant, mon cellulaire émet un son de notification. L'attrapant d'une main, je relève la tête et je constate que je viens de recevoir un message vocal de ma fille.
Je me penche en arrière, appuyant sur le message pour l'entendre.
― Mom! Grand-p'pa fait dire qu'on va manger une glace avant de rentrer!
Mon père passe toujours prendre Naïla pour moi après l'école. Aujourd'hui, il s'est sans doute dit que ce serait bien d'occuper Naïla pour que je puisse faire les préparatifs de la fête de demain sans lui gâcher la surprise.
Je serre le téléphone contre ma poitrine.
Mes parents... qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur dire...?
J'entends déjà ma mère commenter et me réprimander... elle qui réprouve mon mode de vie depuis toujours.
Sa Sultane adorée
Honey Goldfish
Romance
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