Après que mon mari m'a trompée, j'ai épousé son plus grand rival

Après que mon mari m'a trompée, j'ai épousé son plus grand rival

Elara Reed

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Pendant trois ans, j'ai été l'épouse parfaite, un simple trophée silencieux dans le manoir des Rambouillet. Tout a basculé le soir où j'ai trouvé un long cheveu blond sur le costume de Julien et ce message sur son écran : « Tu me manques déjà ». Il ne se contentait pas de me tromper. Il m'humiliait publiquement, riant avec ses amis en me traitant de « potiche » pendant que sa jeune maîtresse, Écarlate, se pavanait à ses côtés. Même ma belle-mère prenait le parti de la maîtresse, m'humiliant devant toute la famille. Le soir où j'ai enfin osé me défendre, Julien m'a poussée dans les escaliers en pierre sous une pluie battante. Alors que je gisais au sol, la colonne vertébrale en feu, suppliant de l'aide, il m'a craché que j'étais pathétique avant de rentrer au chaud. Il m'a laissée là, seule, agonisante sous l'orage. J'ai fui en voiture, aveuglée par la douleur, et j'ai fini encastrée dans une barrière de sécurité. Mais ce n'est pas mon mari qui a arraché la portière pour me sauver de la carcasse fumante. C'est son pire ennemi commercial, Alexandre de Valincourt. Julien, lui, est venu à l'hôpital plus tard, uniquement inquiet pour son image publique, m'accusant de simuler pour attirer l'attention. C'était la fin de Viviane la soumise. J'ai déchiqueté ses costumes italiens, j'ai jeté mon alliance de trois millions d'euros dans le caniveau sous ses yeux ébahis, et j'ai signé ma lettre de démission. Julien pense avoir gagné la guerre. Il ne sait pas que je viens d'accepter un poste stratégique chez son rival mortel, et que je suis sur le point de mettre son empire à genoux.

Après que mon mari m'a trompée, j'ai épousé son plus grand rival Chapitre 1 1

La pluie ne se contentait pas de tomber ; elle s'abattait avec violence contre la vitre, comme pour exiger d'entrer.

Viviane d'Argent se tenait devant la baie vitrée de la chambre principale du Domaine de Rambouillet. Son reflet n'était qu'un spectre pâle se détachant sur l'obscurité du dehors. L'horloge ancienne au mur, un cadeau de mariage de sa belle-mère, égrenait les secondes plus fort qu'un battement de cœur. Il était deux heures du matin.

Tic. Tac. Tic. Tac.

C'était le son de sa vie qui s'effritait, seconde après seconde.

Deux faisceaux lumineux tranchèrent l'orage, illuminant l'allée sinueuse. Le gravier crissa sous des pneus lourds. Il était rentré.

Viviane ferma les yeux une seule seconde. Elle inspira profondément, remplissant ses poumons de l'air stérile et climatisé de la chambre. Lorsqu'elle expira, elle n'était plus Viviane la femme. Elle était Viviane de Rambouillet, l'épouse. Ses muscles faciaux, entraînés par trois années d'une discipline rigoureuse, se détendirent pour former un sourire doux et accueillant. C'était un masque de chair et d'os, mais il pesait aussi lourd qu'un heaume de fer.

La porte d'entrée claqua au rez-de-chaussée. Des pas lourds résonnèrent sur le marbre de l'escalier.

La porte de la chambre s'ouvrit à la volée.

Julien de Rambouillet fit entrer la tempête avec lui. Son costume était humide, ses cheveux en désordre, et l'odeur d'un scotch hors de prix lui collait à la peau comme une seconde nature. Il ne la regarda pas. Il ne la regardait plus vraiment. Pour lui, elle n'était qu'un meuble dans la pièce, au même titre que l'horloge ou les rideaux.

- Tu es encore debout, marmonna-t-il en retirant sa veste de costume.

Il tendit le vêtement sans tourner la tête, s'attendant à ce qu'elle soit là pour le saisir.

Elle était toujours là.

Viviane s'avança, ses pieds nus silencieux sur la moquette épaisse. Elle prit la veste. Le tissu était froid et humide contre ses doigts.

- Il y a de l'orage, dit-elle doucement. Je n'arrivais pas à dormir.

- J'ai eu une réunion tardive. Ne pose pas de questions.

Julien desserra sa cravate, ses gestes saccadés trahissant son impatience.

Viviane se tourna pour accrocher la veste sur le valet de nuit. C'est là qu'elle le vit.

Un cheveu.

Il était accroché à la laine sombre du col, brillant comme un filament d'or sous l'éclairage encastré. Il était long. Bien plus long que les siens. Et il était blond. Les cheveux de Viviane étaient d'un châtain profond et riche.

Son souffle se bloqua dans sa gorge, un petit bruit fracturé que le bruit de la pluie engloutit aussitôt.

Elle se pencha un peu plus près, juste d'un pouce. L'odeur la frappa alors. Ce n'était pas seulement le scotch et la pluie. Sous les notes masculines, il y avait quelque chose d'écœurant. Quelque chose de sucré. Vanille et musc lourd.

Rose de Minuit.

C'était un parfum qu'elle connaissait. Elle avait vu le flacon dans les magazines. C'était une fragrance jeune, agressive, qui hurlait pour qu'on la remarque.

La bile lui monta aux lèvres, brûlante et acide. Son estomac se noua si fort que la douleur en devint physique. Ses doigts tremblaient alors qu'elle retirait le cheveu doré du col. Le contact lui brûla la peau comme si elle tenait une braise ardente.

- Viviane ? De l'eau, ordonna Julien depuis l'autre bout de la pièce.

Elle laissa tomber le cheveu dans la poche de son peignoir en soie.

- J'arrive.

Sa voix était stable. Comment sa voix pouvait-elle être si calme alors que son monde s'effondrait ?

Elle versa un verre d'eau depuis la carafe en cristal sur la table de chevet. Sa main tremblait, faisant onduler l'eau dans le verre. Elle força sa prise à se raffermir jusqu'à ce que ses jointures blanchissent.

Julien se dirigeait déjà vers la salle de bain. Il jeta son téléphone sur la table de nuit. L'écran atterrit face visible.

Viviane posa l'eau. Elle ne devait pas regarder. Elle savait qu'elle ne devait pas regarder.

L'écran s'alluma.

Une notification.

Candy : Tu as oublié tes boutons de manchette sur ma table de nuit. Tu me manques déjà.

La pièce tournoya. Le sol sembla s'incliner sous ses pieds. Viviane fixa le nom. Candy. Cela sonnait comme une blague. Comme la chute d'une tragédie dont elle ignorait être l'héroïne.

La douche de la salle de bain s'alluma, le bruit de l'eau noyant le silence.

Viviane ne pleura pas. Elle ne le pouvait pas. Le choc était trop absolu, gelant ses larmes avant qu'elles ne puissent se former. Elle bougea avec la précision d'un automate. Elle prit son propre téléphone, le déverrouilla et le plaça au-dessus de l'écran de Julien.

Clic.

Elle prit une photo du message. Puis elle prit une photo de l'heure.

Elle plongea la main dans sa poche et sortit le petit sachet en plastique transparent qu'elle gardait pour ses bijoux. Elle y glissa le long cheveu blond et le scella.

Son cœur martelait ses côtes, un oiseau paniqué piégé dans une cage. Boum. Boum. Boum. C'était si fort qu'elle était sûre que Julien pouvait l'entendre par-dessus le bruit de la douche.

Elle entra dans le dressing, son sanctuaire. Elle s'agenouilla près du coffre-fort dissimulé derrière une rangée de manteaux d'hiver. Ses doigts volèrent sur le clavier numérique. À l'intérieur, niché entre son passeport et son acte de naissance, se trouvait un ordinateur portable qu'elle n'avait pas utilisé depuis des mois.

Elle l'ouvrit. La lumière bleue de l'écran illumina son visage blême.

Elle navigua vers un serveur cloud sécurisé qu'elle avait nommé Projet Liberté. Elle téléchargea la photo du message. Elle consigna la date et l'heure de la découverte du cheveu.

Puis, elle ouvrit un brouillon d'e-mail adressé à Haie-de-la-Harpe.

Haie-de-la-Harpe était l'avocate spécialisée en divorce la plus féroce de la ville. C'était un requin en Louboutin.

Viviane tapa, ses doigts froids et raides.

Objet : Activation.

Corps : J'ai la preuve. Initiez le Plan B.

Elle cliqua sur envoyer.

La douche s'arrêta.

Viviane referma brutalement l'ordinateur, le fourra dans le coffre et le verrouilla. Elle se releva, lissant son peignoir de soie. Elle croisa son reflet dans le miroir en pied.

Elle avait l'air identique. C'était la partie la plus terrifiante. Elle ressemblait exactement à l'épouse dévouée et soumise que Julien pensait posséder. Mais derrière ses yeux, quelque chose était mort. Et quelque chose d'autre venait de naître.

Elle retourna dans la chambre juste au moment où Julien émergeait, une serviette enroulée autour de la taille. De la vapeur s'échappait derrière lui.

- Tu as sorti mon pyjama ? demanda-t-il sans la regarder.

- Sur le fauteuil, répondit Viviane.

Il laissa tomber la serviette et enfila le bas de soie. Il grimpa dans le lit, lui tournant immédiatement le dos.

- Lumière, grogna-t-il.

Viviane éteignit la lampe. L'obscurité inonda la pièce, lourde et suffocante. Elle se glissa de son côté du lit, restant aussi près du bord que possible pour ne pas tomber.

Julien bougea. Son bras vint entourer sa taille.

Viviane se figea. Chaque muscle de son corps se raidit. La peau de son mari lui sembla être du fer brûlant contre son flanc. L'odeur de son savon ne pouvait masquer le parfum fantôme de Rose de Minuit qui persistait dans sa mémoire.

- Viens là, marmonna-t-il, endormi.

- Je... J'ai mal à la tête, Julien, chuchota-t-elle. Je crois que je couve quelque chose.

Il grogna, agacé, et retira son bras.

- D'accord. Ne me refile pas tes microbes.

En quelques minutes, sa respiration se régularisa en un ronflement.

Viviane resta allongée dans le noir, fixant le plafond. Elle pouvait sentir le fantôme de l'alliance à son doigt. Elle la fit glisser, tenant le lourd diamant dans sa paume. Il semblait froid. Il ressemblait à une chaîne de bagnard.

Elle la posa sur la table de nuit. Puis, après un long moment, elle la reprit et la remit à son doigt.

Pas encore.

Elle avait besoin de plus. Elle avait besoin de tout.

Dehors, l'orage faisait rage, mais la tempête à l'intérieur de Viviane ne faisait que commencer.

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