Son amour insensé, sa fin amère

Son amour insensé, sa fin amère

CHRISTINA

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Côme de la Roche et moi avons grandi dans le monde gris des foyers de l'Aide Sociale à l'Enfance, jurant de nous construire une vie qui n'appartiendrait qu'à nous. Ce rêve s'est brisé le jour où sa famille, riche et perdue de vue depuis longtemps, l'a retrouvé et l'a emporté, me laissant derrière. Sa mère a clairement fait savoir que je n'étais pas la bienvenue. Elle m'a offert un million d'euros pour que je disparaisse de sa vie à jamais. J'ai refusé, convaincue que notre amour n'avait pas de prix. Cette conviction a mené à un mariage secret, un contrat cruel de trois ans pour produire un héritier, et finalement, à mon échec. Ils ont fait appel à une mère porteuse, Cassandre, qui n'a pas seulement porté son enfant – elle a volé son cœur.

Chapitre 1

Côme de la Roche et moi avons grandi dans le monde gris des foyers de l'Aide Sociale à l'Enfance, jurant de nous construire une vie qui n'appartiendrait qu'à nous. Ce rêve s'est brisé le jour où sa famille, riche et perdue de vue depuis longtemps, l'a retrouvé et l'a emporté, me laissant derrière.

Sa mère a clairement fait savoir que je n'étais pas la bienvenue. Elle m'a offert un million d'euros pour que je disparaisse de sa vie à jamais. J'ai refusé, convaincue que notre amour n'avait pas de prix.

Cette conviction a mené à un mariage secret, un contrat cruel de trois ans pour produire un héritier, et finalement, à mon échec. Ils ont fait appel à une mère porteuse, Cassandre, qui n'a pas seulement porté son enfant – elle a volé son cœur.

Chapitre 1

Audrey Lefèvre et Côme de la Roche ont grandi ensemble dans le monde gris et uniforme des foyers de l'ASE. Ils étaient tout l'un pour l'autre. Dans un lieu où personne ne restait, ils étaient une constante. Ils partageaient leur nourriture, leurs secrets, et la conviction féroce et inébranlable qu'un jour, ils partiraient ensemble pour se construire une vie qui ne serait qu'à eux.

Cette conviction s'est fracassée le jour où une longue berline noire s'est garée devant le foyer.

Une femme en tailleur strict en est sortie, le visage un masque de froideur. Son nom était Éléonore de la Roche, et elle était la mère de Côme. Il n'était pas orphelin, après tout, juste un héritier perdu, une pièce oubliée d'une puissante famille de la vieille bourgeoisie lyonnaise, enfin retrouvée.

Côme a été emporté dans un monde d'hôtels particuliers et de jets privés, laissant Audrey seule dans le silence de leur dortoir partagé. Un fossé s'est creusé entre eux. Immédiat. Infranchissable.

Éléonore de la Roche a clairement fait savoir qu'Audrey n'était pas la bienvenue dans leur nouvelle réalité. Elle l'a convoquée à l'hôtel particulier des de la Roche, un lieu si vaste qu'il ressemblait à un musée. Éléonore s'est assise en face d'elle dans un salon somptueux, un chéquier posé sur la table laquée entre elles.

« Je sais ce que vous voulez », dit Éléonore, sa voix suintant le mépris. « Les filles de votre espèce, c'est toujours la même chose. »

Elle a inscrit un montant sur un chèque et l'a poussé sur la table. Un million d'euros.

« Prenez ça. C'est plus d'argent que vous n'en avez jamais rêvé. Laissez mon fils tranquille et ne le contactez plus jamais. »

Audrey a regardé le chèque, puis la femme qui la haïssait sans autre raison que sa naissance. « Je ne veux pas de votre argent. Je veux juste Côme. »

Le rire d'Éléonore fut un son sec, méprisant. « Vous voulez Côme ? Une estropiée sortie du caniveau ? Vous n'êtes rien. Vous ne serez jamais qu'une tache sur sa réputation. »

Les mots ont frappé Audrey, mais elle a refusé de se laisser briser. Elle a laissé le chèque sur la table et est sortie, son boitement plus prononcé sous le poids de la haine d'Éléonore.

La famille de la Roche a coupé tout contact. Ils ont changé le numéro de Côme, l'ont bloquée sur tous les réseaux sociaux et ont ordonné au personnel du foyer de ne pas lui transmettre ses lettres. Pendant des mois, Audrey a vécu dans le vide, le silence de Côme une douleur constante et lancinante.

Puis, des articles de presse ont commencé à paraître. Côme de la Roche, l'héritier fraîchement découvert, faisait une grève de la faim. Il refusait toute nourriture et tout traitement médical, sa seule exigence étant de retrouver une fille de son passé. Sa vie était en danger.

Face à la mort potentielle de leur fils unique et au scandale qui s'ensuivrait, la famille de la Roche a cédé. Ils ont amené un Côme affaibli mais déterminé la voir. Il l'a serrée fort, son corps frêle mais sa prise puissante.

« Je ne te quitterai plus jamais, Audrey », a-t-il murmuré, la voix rauque. « Je te le promets. Je préfère mourir que de les laisser nous séparer à nouveau. »

Son désespoir l'a émue aux larmes. Elle l'a cru.

La famille a proposé un compromis, un marché de dupes déguisé en acceptation. Ils autoriseraient Côme et Audrey à être ensemble, mais leur relation devait rester secrète. Ils devaient se marier lors d'une cérémonie privée, sans invités ni acte public. Et il y avait une condition, inscrite dans un épais contrat de mariage.

Audrey avait trois ans pour donner un héritier aux de la Roche.

Si elle échouait, stipulait le contrat, la famille engagerait une mère porteuse pour l'enfant de Côme. La lignée devait être assurée.

C'était un piège, et ils le savaient tous les deux. Mais en regardant le visage décharné de Côme, Audrey n'a vu aucune autre issue. Ils étaient jeunes et amoureux, et ils croyaient que leur amour pouvait tout vaincre, même les froides machinations de la famille de la Roche. Ils ont signé les papiers.

Trois ans ont passé. Le mariage secret était solitaire, confiné à la maison d'amis sur le domaine des de la Roche, loin de la demeure principale. Audrey a essayé de créer un foyer, mais la pression du contrat était une ombre constante. Et chaque mois, l'ombre s'épaississait.

Elle n'est jamais tombée enceinte.

Le jour du troisième anniversaire de leur mariage secret, Éléonore de la Roche est arrivée à leur porte. Elle n'était pas seule. À côté d'elle se tenait une femme qui ressemblait étrangement à Audrey. Son nom était Cassandre Dubois.

« Votre temps est écoulé », annonça Éléonore, sa voix dénuée de toute émotion. « Voici la mère porteuse. »

Côme était furieux, mais le contrat était blindé. Il devait s'y plier. L'arrangement était froid et clinique. Cassandre vivrait dans une aile séparée de la maison principale. Elle subirait la procédure, et une fois l'enfant né, elle serait payée et renvoyée.

Mais Cassandre ne voulait pas seulement l'argent. Elle voulait la vie qui allait avec.

Ses interactions avec Côme ont commencé de manière formelle, puis, lentement, elles ont changé. C'était une manipulatrice de génie, jouant le rôle d'une femme douce et gentille prise dans une situation difficile. Elle lui apportait du thé, lui demandait comment s'était passée sa journée et écoutait avec une oreille compatissante qu'Audrey, usée par des années de stress et d'isolement, ne pouvait plus offrir.

Les sentiments de Côme ont commencé à changer. Il a passé plus de temps avec Cassandre, attiré par sa nature apparemment douce. Le changement fut subtil au début, puis indéniable. Il a commencé à voir Cassandre non pas comme une mère porteuse, mais comme une personne, une femme pour qui il commençait à éprouver de l'affection.

Quelques mois plus tard, Cassandre a annoncé qu'elle était enceinte.

Une vague de soulagement a submergé Audrey. Le contrat était rempli. La pression était enfin retombée. Elle pensait que son cauchemar allait prendre fin. Elle pourrait enfin avoir Côme pour elle toute seule.

Elle avait tort.

Un soir, Côme est venu la voir. Il ne pouvait pas la regarder dans les yeux.

« Cassandre veut garder le bébé », a-t-il dit.

Le sang d'Audrey se glaça. « De quoi tu parles, Côme ? Ce n'était pas ce qui était convenu. »

« Elle s'est attachée. Elle aime le bébé », a-t-il expliqué, la voix suppliante. « Audrey, s'il te plaît, comprends. Après cet enfant, nous pourrons avoir les nôtres. Je te le promets. Nous essaierons à nouveau. »

Ses mots étaient une trahison. Il choisissait Cassandre et son enfant au détriment de leur propre avenir, de leur lien de vingt ans.

Avant qu'Audrey ne puisse protester, avant qu'elle ne puisse hurler, il s'est retourné et est parti. « Je dois y aller », a-t-il dit par-dessus son épaule. « Cassandre est angoissée. » Il s'est précipité, laissant Audrey seule dans la maison silencieuse, la promesse de leur avenir se transformant en cendres dans sa bouche.

Le lendemain, elle a reçu un appel de son médecin. Les résultats de son récent bilan de santé étaient arrivés. C'était un rendez-vous de routine qu'elle avait pris en raison d'une fatigue persistante. La voix du médecin était grave.

Elle souffrait d'insuffisance rénale terminale. Son espérance de vie était de moins d'un an.

Le monde a basculé. En raccrochant, son corps s'est engourdi. Ce soir-là, assise dans le noir, essayant de digérer la condamnation à mort qu'on venait de lui signifier, deux hommes en costume noir ont fait irruption dans la maison. Ils l'ont attrapée, lui ont enfoncé un chiffon dans la bouche et l'ont traînée dehors dans la nuit glaciale.

Ils l'ont jetée à l'arrière d'une camionnette. Quand ils se sont finalement arrêtés, ils l'ont sortie et l'ont balancée dans l'eau glacée de la piscine du domaine.

La panique l'a saisie. Elle ne savait pas nager. Un accident d'enfance lui avait laissé une peur panique de l'eau. Elle s'est débattue, ses poumons brûlaient, le froid s'infiltrant jusqu'à ses os.

Juste au moment où sa vision commençait à se brouiller, une silhouette est apparue au bord de la piscine. C'était Côme.

Pendant un instant à couper le souffle, elle a senti une lueur d'espoir. Il allait la sauver.

Mais l'expression sur son visage n'était pas celle de l'inquiétude. C'était de la fureur pure, sans mélange.

« Comment oses-tu pousser Cassandre ? » a-t-il craché, sa voix un sifflement venimeux. « Elle est enceinte de mon enfant ! J'aurais dû savoir que tu étais aussi malveillante. »

L'espoir dans la poitrine d'Audrey est mort, remplacé par une prise de conscience glaçante. Il ne la croyait pas. Il pensait qu'elle était un monstre.

Il avait autrefois promis de la protéger du monde. Maintenant, il était la plus grande menace de son monde.

Il a fait un geste à ses hommes. « Maintenez-lui la tête sous l'eau. »

Ils lui ont replongé la tête dans l'eau glacée. Le monde est devenu un flou de bleu et de noir. Ses poumons hurlaient pour de l'air. Alors qu'elle luttait, un souvenir a refait surface : Côme enfant, plus maigre et plus petit, lui donnant sa maigre portion de pain parce qu'elle était malade.

Ils l'ont sortie de l'eau, haletante, suffoquant.

« Sais-tu qui m'a sauvé la vie il y a cinq ans ? » La voix de Côme était empreinte d'une gratitude cruellement déplacée. « Quand mes reins ont lâché et que j'avais besoin d'une greffe ? C'était Cassandre. Elle m'a donné son rein, Audrey. Elle m'a sauvé la vie. Qu'as-tu jamais fait pour moi, à part me retenir ? »

Le mensonge était si énorme, si audacieux, qu'il lui a de nouveau coupé le souffle.

C'était elle, la donneuse. Elle lui avait donné son rein en secret, lui disant que cela venait d'un donneur anonyme décédé parce qu'elle ne voulait pas qu'il se sente redevable envers elle. L'opération avait compromis son rein restant, menant directement au diagnostic terminal qu'elle avait reçu quelques heures plus tôt.

« Non, Côme... », a-t-elle croassé, l'eau et le désespoir l'étouffant. « C'était moi. C'est moi qui t'ai donné mon rein. »

Son téléphone a sonné. Il a répondu, son ton passant instantanément de la rage à une douce inquiétude. « Cassandre ? Ça va ? Où es-tu ? Ne t'inquiète pas, j'arrive. »

Il a raccroché et a regardé Audrey, le visage dur. Sa famille avait retrouvé Cassandre, saine et sauve, errant sur le domaine. Sa mère et sa sœur étaient au téléphone, hurlant des accusations, exigeant qu'Audrey soit punie.

Côme a pris sa décision. Il s'en occuperait lui-même.

« À genoux », a-t-il ordonné, sa voix glaciale.

Il l'a fait s'agenouiller au bord de la piscine alors qu'une pluie froide commençait à tomber, trempant ses vêtements fins. L'eau se mêlait aux larmes qui coulaient sur son visage. Elle s'est souvenue d'une autre fois, des années auparavant, où il s'était agenouillé devant elle, la suppliant de lui pardonner après une dispute stupide, promettant qu'il ne la ferait plus jamais pleurer.

L'ironie était une douleur physique. Elle est restée agenouillée là pendant des heures, le froid s'infiltrant profondément dans ses os, son corps secoué de frissons, jusqu'à ce que la douleur et le chagrin deviennent insupportables.

Elle s'est effondrée, sa conscience glissant dans une obscurité miséricordieuse.

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