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est toujours ce chaos vivant, cette ville trépidante où tout le monde court après le temps, et moi la première : je file vers mon poste au café, en retard, comme
s milliers de kilomètres, l'est beaucoup moins. Si mes résultats sont assez solides, j'espère pouvoir reprendre mes
ime sur moi. Mon cœur se serre en voyant les passants détourner les yeux, comme si cet homme n'existait tout simplement pas, comme s'il n'était qu'un détail gênant du décor urbain. Comment en sommes nous arrivés à ignorer ainsi la misère ? On préfère croire qu'il boit ou qu'il se drogue, c'est plus confort
t de savoir ce qu'il va faire. Qu'il n'ose pas le brusquer, sinon je me jure d'intervenir. Cet homme ne fait de mal à personne, qu'on le laisse tranquille. Dans ma tête, je me vois déjà bondir pour défendre le pauvre homme contre ce riche trop sûr de lui. Mais l'inconnu en costume dit quelque chose, et le sans abri hoche la tête en retour. Puis je le vois sortir un portefeuille de sa veste,
sinfectant sorti de sa poche. Ça me touche étrangement, il a attendu d'être hors de vue pour le faire, comme s'il ne voulait pas blesser le mendiant par ce geste. Prévenant, en plus d'être généreux. Je m'arrête pour le regarder mieux : bel homme, la trentaine sans doute. Je me demande, l'espace d'
je réponds en fronçant les sourcils. « On m'a rappelé en urgence », soupire t il. « Franchement, j'ai aucune envie de passer ma journée dans cette fournaise. » « Bienvenue au club », dis je en nouant mon tablier noir et blanc avant de re
Théo, occupé à découper des cartons. « On a du lait de chèvre pour un latte au curcuma ? » Il grimace. « Qui boit un truc pareil ? » « Une cliente, là devant. » « Sérieux », soupire t il, « les gens en font trop, question tendance. Curcuma et lait de chèvre, j'ai tout vu. » « Donc c'est non ? » « C'est même pas la peine d'y penser. On n'élève pas de chèvres ici. » Je ris malgré moi. Léa
ci, c'est un café sans lait de chèvre. » « C'est inadmissible. Je veux voir le responsable. » Va te faire voir, pensé je, je n'ai vraiment pas la patience aujourd'hui. Il n'y a même pas de responsable ici. « Tout de s
suivant. « Bonjour. » Il me sourit. Oh non, pas lui. « C'est moi, Julien », précise t il. « Oui, je me souviens », dis je en grimaçant intérieurement. « Bonjour Julien, qu'est ce que je vous sers ? » « La même chose que d'habitude », répond il avec un clin d'œil appuyé. J
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