pit
l
es murales s'efforcent de dissimuler sous des scènes de chasse. Je me tiens droite sur une chaise au dossier trop haut, les mains jointes sur le
ec l'attention méticuleuse d'une marchande d'art devant une toile qu'elle n'est pas certaine d'acheter. Elle doit avoir soixante ans passés, mais son cou est tendu vers le haut, sa peau polie par
ov et le cousin du milliardaire I
prochait de
ographies, madame Sokolova, dit-elle d'
née se cabre. L'avocat énumère les clauses d'une voix monocorde : mon titre d'épouse, l'accès à la résidence Orlov sur la perspective Koutouzov
en se tournant vers la fenêtre, le dos à présent offert. Ou bien vous
s'ouvre, et une femme en tenue médicale s'avance : l'infirmière en chef, une certaine Olga, le vis
encontre avec
les bruits de pas. L'air devient plus épais, saturé de désinfectant et de ce silence que l'on réserve aux
porte, mes jambes s'a
ux, et des appareils médicaux ronronnent doucement autour d'un lit à baldaquin sobre, presque monacal.
kh
ion où les traits humains se perfectionnent. Ses cils dessinent des arcs sombres sur ses pommettes hautes. Sa bouche est légèrement entrouverte, et je devine le bord nacré de ses dents. La cicatrice qui barre sa tempe droite, une fine ligne pâle, ajout
de mon sang dans mes oreilles. Je m'approche sans en avoir conscience, attirée par un aimant d'une force insensée. Mes doigts se
er la main, autorise Ol
autel, et je glisse ma paume sous sa main droite, inerte. Ses doigts sont longs, soignés, glacés. Je les serr
ais pas qui vous êtes, mais je suis là pour veiller. C'est peut-être absurde, et peut-être que vous me
L'infirmière ne bronche pas. Moi, je sens sous ma paume un frémissement, un presque ri
, une génuflexion muette. Son parfum lourd d'iris flotte encore quan
ague trop grande glissera à mon annulaire. Je ne connaîtrai pas la sensation de ses mains à lui, mais je connaîtrai
de parler, de me vider de toutes ces années de silence éduqué, de déposer mes secrets dans le creux de son oreille comme on remplit un coffre scell
ères, je le vois qui ouvre les siens, des yeux que j'imagine d'un bleu d'orage, et qui se posent sur moi avec reconnaissance. Ce songe est
ccrochent aux rideaux, glissent sur les cadrans lumineux. Je chante pour lui et pour moi, pour cette union absurde, pour l'amour qui ne viendra peut-être jam
, mes yeux fixés sur ce corps immobile, ce sanctuaire que je viens de m'engager à habiter. Au mome
de mon crâne, que cet homme entendra chaque mot
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