ncore, et cette idée me rongeait. Pelena et sa fille, assises en face de moi, ne laissaient rien paraître. Elles gardaient les yeux fixés sur le paysage, perdues dans
calèche ralentit brusquement. Je
ster ici pour l'instant », annonç
ait une petite maison de bois, modeste, solitaire. Rien qui expliquait pourquoi nous avions parcouru tant de chemin pour atteindre un endroit pareil,
? » demandai-je,
i... comme ton oncle »,
. Un bruit si profond qu'il fit s'envoler une nuée d'oiseaux. On aurait dit le cri d'un
un appr
gigantesque fonçait droit sur nous. Mais ce n'étai
de n'importe quel guerrier que j'avais pu croiser. Et surtout ce regard dur, presque sauvage, qui ne tr
s touchaient presque le sol. Sans un mot pour nous, il traversa la c
stai
vec les inconnus », murmurai
is, en réalité. Mais si tu prends le temps de le connaître
étrange : tout, dans l'attitude de cet homme, semblait nous dire de f
a porte, frappa et lan
'est moi,
nt à l'intérieur. On aurait pu
ins
re ! C'est
t d'un geste brusque. Ronk a
u veux ? » demand
J'ai besoin d'un endroi
ui
n. Une seconde, puis deux... Il me détailla comme s
lanquer un gamin. Trouve
e, mais elle posa la main dess
is des années. Le descendant de loup. Un paren
ait plus à un refus. La porte s'ouvrit de nouveau. Son vis
, finit-il
ait derrière nous. Ronk s'approcha de la cheminée, alluma le feu et la pièce se réchauffa peu à peu. Les fla
réellement seul, ou si ce
de la table. Une fois assis
s tôt », dit-elle d'une voix posée. « M
e courte pause
ton oncle a agi comme il
uoi avait-il pris cette décision si brusquement ? Aucune réponse ne me venait. Je
. Comme s'il cherchait à me cacher quelque chose... ou p
uillement sur sa
. Il y avait des choses qu'il
d'une voix do
nes. Il ne s'agissait pas de malveillance. Il savait que
rd se fi
érent. Miron sait que tu es un descend
, incrédule. Vous parlez de l'homm
traque tous les descendants un par un, utilisa
fixa lon
r, et il ne laisse aucune chance. Chaque rencontre avec lui était une épreuve, m
a ? demandai-je, la
eur, répondit Ronk simplement. I
urna ver
pas que Kaika a
on enfant, expliqua-t-ell
y a dix-huit ans. Il n'aurait
ns, né le jour où son père est mort.
r. Je ne savais rien de son apparence ni de ses traits. Je ne savais pas comment Pelena l'avai
ant chaque détail de mon visag
on père ? demandai-j
t-il avec gravité. L'homme le pl
aliser l'ampleur de ma proximité avec lui. Chaque souvenir
soit pas encore manifesté, ajouta Ronk, prono
ivit-il. Toi seul peux éveiller ce pouvoir. Je
ntraîner ? m'exclamai-je. Kaika était
ais il avait prévu que tu dirais cela. Voilà pou
à Ronk. Il semblait avoir été conservé longtemps, avec soin. Mais pourquoi mon oncle avait-il préparé une
cheminée. La flamme engloutit le papier ancien sans que son expre
ifeste. Je t'entraînerai de toutes les façons possi
se révélera... ce se
ras découvrir ce pouvoir toi-même,
à accepter sans discuter. Pelena s'avanç
ersonne en qui nous pouvons avoir confiance pour l'ins
nier signe avant de disparaître. Laissant derrière elles un
timidante m'empêchait de bouger, de parler, de respirer normal
ement comme
hors, où l'air glacé me mordait la
chaussures et
ce froid ?
ue je dis !
nnant à chaque geste. Ronk démarra alors
reste pas
es durant, nous avons couru, sans un mot de sa part, sans qu'aucune pause ne soit permise. Le froid, la do
rcouru la lettre, Ronk la lança dans la cheminée. La flamme engloutit le papier ancien, et pourtant, il ne montra aucune émoti
'une voix ferme. Je t'enseignerai tout ce qui est nécessaire. Tu suivras
siras toi-même comment utiliser ton p
m'en a jamais parlé ! m'exc
en temps voulu, ré
sourire, pas un mot de réconfort. Son expression glaciale, immobile, me fit
ors, posant sa ma
s compris. Maintenant, c'est
dernière fois, sa
est lui seul en qui nous pouvons avoir confiance. Tu dois suivre
înement, et elle regrettait de me laisser ainsi. Mais face à quelqu'un c
artir, elle me lança un dernier avertissement : prends soin de toi,
t glaciale me rendait nerveuse, comme si un simple mot pouvait déclencher sa colère. Je
vint, il me sec
înement commence. A
malaise. Nous sortîmes sans prendre de petit-déjeuner, le fro
vêtements, ordonna-t-il d'une
froid ? balbutia
ne indulgence et
t ! Fais ce
eil supplémentaires, mais sa rigidité rendait toute obje
i pas le
et chaque mouvement me semblait un défi. Je tremblais de tout mon corps, mais il n'y avait pas d'échappatoire
derrière, lanç
ais attraper un rhume. Pourtant, je continuai à courir, cherchant à le rattraper, même sans comprendre exactement pourquoi. Le sol accidenté me griffait les pieds nus à chaque pas ; les pierres poi
longtemps ? murmurai-
Suis-moi, répond
faut. Ronk alluma un feu et réchauffa la viande de la créature qu'il avait abattue la veille, m'en tendant un gros morceau. Pour la première fois, il int
terminé que le
. L'entraînement con
ourés de rochers au milieu de la montagne. Je compris rapidement qu'un nou
s de la pente, dit-il en
pouvoir réussir. Mais avant q
lui-là.
s envisagé. Mon souffle se coupa. Après des heures de course et d'exposition au froi
le bouger ? Il est énorme
calmement. Tout semble difficile
i de pro
ire ça plus tard... je n'
que je te dirai.
rrière le rocher, pliai jambes et bras, e
criai-je in
se tenait dans un coin, immobile, observant. Pendant une demi-heure, je m'acharnai sans succès, tremblant de
e boug
ez d'efforts, répliq
ale ne peut pas la déplacer ! fis-je,
concertante. Le rocher, que j'avais essayé de déplacer pendant des heures, flottait désormais dans ses mains comme une plume. Il me
er le moindre effort, tandis que moi, j'avais passé des minutes, puis des heures, à essayer en vain. Débutante ou non, comment un être humain pouvait-il accompl
et poser la question qui m
ements faudra-t-il pour q
ndit-il, l'ai
vant que ma force se
es progrès ne se voient qu'une fois qu'un certain seuil est
réserver encore bien des surprises. Après le r
etirer mes chaussures et mon t-shirt, et nous reprîmes le parcours en courant. Le jog
et de créatures inquiétantes dont les cris glaçaient le sang. R
s, annonça-t-il. Un endroit où tu
? Que suis-je censée fair
ns chez toi, répo
ment ça, « survivre
t leur sens. Je me retrouvai seule au milieu d'une forêt immense, remplie de bêtes e
s profondes entravaient ma course. Je tombais, escaladais des rochers, me cachais des créatures qui semblaient surgir de nulle part.
t devant moi. C'était un ours à deux têtes, gigantesque et terrifiant, beaucoup plus imposant qu'un ours ordinaire, avec des crocs acérés. On l'appelait « Bearos ». Mon oncle m'en avait souvent parlé quand j'étais petite. Pour un humain, affronter une créature pareille signifiait presque toujours la m
a forêt. Bearos détourna son attention et disparut dans les arbres. Je pro
qui tombe sur ce genre de situa
semblable à une grotte et m'y réfugiai pour attendre l'aube. La fatigue me submergea,
éjà à la porte. Il devait s'attendre à ce que je parle sans arrêt, comme toujours. Mais je n'ouv
viande flottait dans la pièce. Ronk
aim, viens manger
que d'habitude. Je me jetai sur la nourr
e laisserais tranquille dans la for
ne connaissais ni douleur, ni fatigue, ni l'effort réel. Sans cela, tu te berçais d'illusions. Avec la force qui sommeille en toi, tu ne peux pas te permett
ta, d'un ton
plus dures... ou ne jamais t'en sortir. C'est la pire situation possible. C'est pour
irrité, avait montré une inquiétude sincère pour moi. La peur que j'avais ressentie alors m'avait marquée profondément. Maintenant, fac
choses, je posai simplement
'as sauvée dans le
irer, silencieux. Je s
leva et
r le plus vite possible. Repose-toi maintena
t vidée de forces. Ronk m'attendait à la porte. Sans un mot, je rentrai, me rhabillai et me réchauffai avant de retomber dans le sommeil. À mon ré
voir faim,
l ne cherchait pas à me pousser dans une épreuve insensée. Et co
ue tu me laisserais tranquille dans l
ente. Tu ignorais ce que signifiaient la douleur, la fatigue ou l'effort. Sans les connaître, tu te berçais d'illusions. Avec la force qui est en toi, tu ne peux pas te p
outa, d'un
e encore, être morte. Tu aurais pu finir dans un endroit sans aucun espoir. C'est le pire qui puisse t'arri
éprimandant quoi que je dise. Pourtant, derrière son regard sévère, il y avait une inquiétude sincère, un désir réel de veille
de provoquer regrets et souffrances pour lui ou pour moi. Dans un sens, ce qu'il attendait de moi était exactement cela : apprendre à apprécier, à s
es choses, je me content
'as sauvée dans le
rer, silencieux. Je sav
a ensuite e
e plus vite possible. Repose-toi maintenant, c
t. Le lendemain, à mon retour à la maison, je n'avais presque plus de forces. Ronk m'attendait à la porte, comme s'il ant
e fois, son attitude semblait plus douce, presque humaine, et ne me donnait pas l'impression que j'allais ê
sais et que je ne voulais pas infliger à Ronk ce que j'avais moi-même ressenti. Je voulais apprendre à ressentir, à anticiper, à éviter de répéter mes erreurs
es choses, je me content
'as sauvée dans le
ncieux, et je sus que c'était lu
plus rapidement possible. Repose-toi bien, ca
plaintes et mes commentaires habituels. Mais je ne dis rien. Je me rhabillai, pris quelques instants pour me réchauffer, puis
aim. Viens, mange
in, et ne donnait pas l'impression de vouloir me pousser au bo
ue tu me laisserais tranquille dans l
regard sérieu
la fatigue, ni l'effort. Sans les vivre, tu te berçais d'illusions. Avec la force qui est en toi, tu ne peux pas te permettre de te reposer su
nsuite, d'u
e jamais revenir. Tu aurais pu finir dans un endroit sans espoir. C'est le pire qui puisse t'arriver. V
e puisse me défendre. Pourtant, derrière sa colère, il y avait de l'inquiétude, une vraie volonté de veiller sur moi. Sa nervosité m'avait fait
erreurs. Peut-être que c'était exactement ce que Ronk attendait de moi. Et je me sentais soulagée de ne pas être confr
pérer autant que possible, car la
ur le seuil, probablement prêt à entendre l'un de mes bavardages habituels. Mais je passai devant lui sans un mot. Je retirai mes v
viande grillée emplissait la pièce. Ronk sur
ns manger, dit-il en se décal
n de la dureté qu'il affichait d'ordinaire. Mon estomac me rappelant que je n
e laisser seule au milieu de la forêt, grogn
n posé, comme s'il m'e
ur, l'épuisement, l'effort. En refusant d'y faire face, tu te trompais toi-même. Avec la force que tu portes, rester immobile n'est plus une option.
pause avant d'ajout
revenir de là où je t'ai envoyée. Certains ne trouvent aucun avenir à l'endroit où ils échouent.
iétude, m'avait réprimandée sans m'écouter, persuadé que j'avais encore agi sans réfléchir. Sous sa colère, j'avais pourtant distingué autre chose : une crainte sincère, presque
oulais apprendre à comprendre les autres, à corriger mes travers, à éviter de reproduire ce qui avait blessé mon entourage. Peut-être que c'é
a discussion, je me con
bois... c'était
mer ni nier. C'était suffisant :
s, comme pour clo
ir au plus vite. D'ici là, dors autant que n
effondrement, et passai la porte sans annoncer ma présence. Je me dé
te flottait dans l'air. Ronk préparait, encore une
s manger, répéta-t-il avec
attendre, pous
me laisser me débrouiller seule là-ba
lme mais ferme, presque id
r, la fatigue... tu les évitais. Mais c'était te tromper toi-même. Avec la force que tu portes, rester dans l'ignorance sera
il co
rais pu tomber sur quelqu'un qui t'aurait brisée... ou ne jamais revoir ce toit. Il e
ver, à ma cheville enflée et au visage tendu d
ent de la colère : quelque chose, dans la façon dont son regard tremblait, trahissait une peur sourde, la peur de me voir blessée. Cette fragilité, que je n'avais encore jamais
aladresses, à avancer sans que mes regrets ne m'entraînent toujours en arrière. Peut être était-ce exactement ce qu'il tentait de m'inculquer. Et, malg
discussion inutile, je m'éta
du dans les bois... c'é
ref, ni approbation ni refus
te redressé, série
lus vite. Repose toi tant que tu le p
Je m'étais changée, m'étais laissée réchauffer par la pièce tièd
m'avait tirée du lit. Ronk, penché sur le feu, surveilla
t-il simplement. T
dans son attitude, ne laissait penser qu'il comptait me pousser jusqu'à la fol
que tu comptais me laisser seule l
répondit même avec un c
ais te convaincre que tout allait bien, mais ce n'était qu'un mensonge. Avec le pouvoir que tu portes, rester passive te mettra en danger. Les m
ence, puis repri
it pas hésité à te briser. Ou ne jamais revenir de cette forêt. Il existe des endroits qui avalent les gens et ne leur lais
, et mon oncle penché sur moi, incapable de masquer son agitation. Il me grondait, mais ce que j'avais vu ce jour-là, c'était
encore, à quel point je ne voulais pas imposer à Ronk ce que mon oncle avait ressenti. Je voulai
s heureuse d'être i
is en
aissante
ps, j'avais compris que je grandissais, que je devais apprendre à ne pas répéter les mêmes erreurs. Je ne voulais pas infliger à Ronk ce que j'avais ressenti face à mon oncle. D'une certaine manière, je cherchais à être empathique,
on inutile, je me contentai d
les bois...
ns un mot de plus. Cela me suffi
va, sérieu
ouvoir rapidement. Repose-toi bien, la su
nourriture sans attendre, en
ir que tu me laisserais
ondit ave
que tu ne les avais pas affrontés, tu te trompais toi-même. Avec ce pouvoir, tu ne peux pas te contenter de rester inactive. Les dan
ivit, le
ou pire, si tu ne revenais jamais. Tu pourrais te retrouver dans un endroit sans espoir. C'est le pire qui puiss
faisais, mais dans son regard se lisait autre chose : de l'inquiétude, le désir de protéger mon bien-être. Cette tension me terrifiait, mais elle éveill
prendre à anticiper, à ne pas reproduire mes regrets passés. C'était peut-être exactement ce que Ronk souhaitait : que je comprenne, que je me prot
hoses, je lui posai alors la
les bois ? C'était toi
ans prononcer un mot. Je
essa, ferme
u plus vite. Repose-toi correctement
sans espoir. C'est pour cela qu'il est crucial de respecter et d'apprécier chaque bienfait que la vie offre. Ce rappel me fit penser à nouveau à ce jour d
/0/30909/coverbig.jpg?v=bf25a176b00c418376355bc8252f0915&imageMogr2/format/webp)