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Bêafrîka

Chapitre 5 No.5

Nombre de mots : 1434    |    Mis à jour : 13/12/2021

e 3La c

novemb

nvers moi, me contant l'Afrique, ou plutôt ce qu'il pensait en connaître. Je ne le déçus pas, sachant que l'accueil de Jeanne au lycée le lendemain dépendait de ma patience et de mon apparente humilité. Son épouse, gironde tout autant, offrait au regard un visage lumineux qui exprimait une joie de vivre volontiers contagieuse. Elle aimait visiblement recevoir et cuisiner pour ses invités. C'était leur seconde expatriation, le proviseur ayant, auparavant, occupé un poste d'adjoint

relever que d'une simple erreur. J'appris plus tard qu'il avait œuvré pour faire revenir une coopérante dont il était très proche mais que cela lui avait été refusé. L'arrivée d'un nouvel expatrié, contre les consignes obtenues du Ministère par le poste diplomatique, ne pouvait, dans ce contexte, qu'être commanditée par d'autres. Bangui, terre de prédilection des barbouzes et des trafiquants d'influence de toutes natures, se prêtait parfaitement à ce genre de fantasmes. Sans doute ai-je dû à ce climat délétère, où cha

ne pouvait se faire sans distribuer des prébendes à tel ou tel et sans doute n'y serais-je pas arrivé sans la connaissance parfaite de ces pratiques qu'avaient les collègues de Jeanne et plus particulièrement sans l'aide précieuse de Marc, notre chauffeur de l'aéroport à l'hôtel qui m'accompagna dans cette course d'obstacles. Au lycée, l'intendante découvrait les joies de la « gestion parentale » des établissements sous contrat. L'ass

mage, de l'eau pétillante ou de l'alcool, nous achetâmes un véhicule et

t au même rythme que l'habitat. Les constructions récentes en dur devenaient, dans cette mer de cases provisoires, les témoins avancés d'une stratégie de conquête urbaine qui avait échoué. Le palais des sports était celui du sacre de Bokassa. L'armature du trône de l'empereur était encore visible dans ce qui avait dû être des vestiaires, le reste n'était plus qu'un amoncellement de détritus de toutes natures. Et puis, vers le « PK 12 », la ville devenait un vaste marché distendu que parsemaient des cases rudimentaires regroupées en îlots d'habitation. Les quartiers se nommaient selon leur distance à la place Bogand

prétexte à faire payer l'automobiliste expatrié. Après l'immobilisation du véhicule s'engageait une négociation légère qui débutait sur une somme astronomique pour s'achever, le plus souvent, « au prix de la bière ». Le marchandage s'appuyait d'un côté sur la menace de « confisquer les papiers » et de l'autre sur c

cisme ! Au moins trois Centrafricains sont passés devant vous sans ceinture et vo

saient ses yeux rieurs, la « fliq

re qui l'a inventée, la ceintu

, ce jour-là, d'un peu plus que la valeu

d fiscal était passé entre le pays où ils travaillaient et leur pays d'origine, les coopérants payaient leurs impôts dans leur pays d'affectation. À Bangui, l'on devait s'en acquitter en liquide. Quand le contribuable arrivait avec son petit s

de mal à justifier ma présence sur le territoire et surtout mon non-emploi, nous finîm

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Bêafrîka
Bêafrîka
“En 1993, Jeanne et Pierre ont vingt ans de mariage et un peu plus de vie commune lorsqu'ils décident de partir en Afrique. Pierre obtient un poste de coopérant à Bangui. La Centrafrique connaît alors les premiers soubresauts de ce qui mènera à l'explosion de 1996, à la guerre civile et à l'intervention militaire française. Pierre décrit à la première personne ces années passées au cœur de l'Afrique (Bêafrîka en Sangho).Du fait des violences qu'ils y subiront, des drames dont ils seront les témoins et des liens qu'ils tisseront, ces quatre années bouleverseront leurs vies. Pierre continuant à jouer sa vie au service de la Françafrique tandis que chaque nouvelle menace fragilise Jeanne. Pierre, loyal jusqu'au bout à une administration qui exige de lui chaque jour un peu plus, s'interroge sur ce à quoi il accepte de collaborer. Une question lancinante traverse ce roman : comment conjuguer déterminisme et responsabilité ? À PROPOS DE L'AUTEUR Après des années consacrées à l'éducation en Afrique, au service de plusieurs pays, parfois en situation de crise, Denis Lacouture pilota, à Dakar, un projet d'amélioration de la qualité du français. Ce projet lui permit de travailler avec les plus grands auteurs sénégalais et français. Il comprit alors que c'est par l'écriture qu'il pourrait, à son tour, fort de ce qu'il avait vécu, susciter, dans un moment de partage, émotion et réflexion chez les lecteurs.”